‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 107 sur 276 · David tranche la tète à Goliath · texte numérisé non relu

David tranche la tète à Goliath

Les sujets historiques dont nous venons ne donner l'énumération sont complétés par plusieurs autres placés sur les rampes des montées. C'est l'Ancien Testament mis en tableaux. Quant au Nouveau Testament, il a fourni texte à une grande quantité 'de sculptures de dimension plus considérable situées sur les hauts dossiers des stalles. En voyant cette série si bien suivie des principaux traits de l'Ancien et du Nouveau Testament, on est étonné d'abord du génie de l'artiste , mais on comprend l'ordre établi dans les sujets, quand on sait que le chapitre (1 Amiens avait délégué quatre de ses membres pour diriger et surveiller l'exécution «le ces stalles.

MITRE. — La mitre épiscopale se terminait originairement en pointe et n'était pas divisée en deux parties au sommet. Mabillon en a [iguré de curieux exemples dans le tom. Ier des Annales bénédictines, pag 5^8 Les mitres qu'il a fait dessiner avaient appartenu à des évêques antérieurement au x* siècle. Les plus anciennes mitres à deux pointes étaient très-basses, comme celle de saint Thomas de Cantorbéry, que l'on voit à la cathédrale de Sens. Au xiv< siècle, elles lurent élevées davantage et enrichies avec un grand luxe : elles atteignirent alors la perfection sous le rapport de la forme et de la décoration. Les ornements en étaient riches et de bon goût, les côtés étaient garnis ue feuilles grimpantes, et les pointes terminées par des croix garnies de pierreries. Du xv siècle, les mitres s'accrurent démesurément en largeur et surtout en hauteur, iusqna ce qu elles atteignirent, au xvir siècle, cette hauteur disgracieuse qu'on leur a souvent conservée jusqu'à nos jours

Dans son livre de Lit. Rom. pont., Georgi dit que la mitre est mentionnée parmi les ornements du pontife romain dès les plus anciens temps. Ceux qui ont étudié la question de l'antiquité des mitres, ont été forcés d avouer qu'on la trouvait dans les plus anciens monuments; c'est ainsi que l'on découvrit que le corps de saint Léon le Grand

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avait été enseveli a^ec une espèce de mitre

ém Vonn- ^\^***3 et Visconli ont ouït pour défendre l'antiquité des mitrestandis que Pannini et Meuard ont soutenu quel usage en était inconnu dans l'Eglise pendant les dix premiers siècles après Jésus-Christ. Le cardinal Bona dit que la mitre comme elle existe à présent, était h la venté inconnue jusqu'au x' siècle, mais qu'un certain ornement de télé était à l'usage de quelques évoques, sinon de tous les évêques, avant ce temps. Mabillon, et après lui Martenne, disent que les mitres furent toujours en usage dans l'Eglise, mais que le privilège de la porter fut une concession du saint-siége. On a la preuve d'un privilège de cette nature accordé à Arschaire, évoque de Hambourg, par le pape Léon IV. Mabillon dit que le même privilège lut accordé aux évoques d'Utrecht par le pape Alexandre III. La forme de la mitre portée parles papes avant le temps de Boniface VIII différait, selon Mabillon, de celle que portaient les évêques. Saint Bruno , évèque de Segni, parlant de la mitre, dit : « La mitre parce qu'elle est de lin, signifie la pureté et la chasteté. » Du temps donc de saint Bruno, qui mourut en 1123, la mitre était de toile ou de lin, et non d'argent. Honorius d'Autun et Hugues de Saint-Victor disent de môme : Ex btjsso confie itur : « La mitre est faite de lin. » Durand, évoque de Mende, disait, au xnie siècle, qu'autrefois la mitre était blanche et de toile fine.

Les souverains pontifes ont accordé l'usage de la mitre aux cardinaux, non-seulement aux prêtres, mais aux diacres; et \ca cardinaux ont le droit de la porter dans toutes les cérémonies solennelles. 11 parait que les cardinaux-prêtres avaient ce privilège avant l'an 1130, et les cardinaux-diacres avant 1 an 1192. Ce fut Je pape Paul II qui permit aux cardinaux d'avoir des mitres d'argent, attendu qu'auparavant ils ne pouvaient en avoir que de lin et sans ornements.

Au xe siècle, des distinctions honorifiques furent concédées par les papes aux abbés des monastères, comme la permission de porter la dalmatique et les sandales. Au xi° siècle, le pape Léon IX étendit aux cathédrales les. mêmes concessions. A la consécration du. grand autel de l'église de Saint-Etienne, «î Besançon, au mois d'octobre 1050, le même pape, entre autres concessions, ordonna que sept chanoines de cette église auraient le titre de cardinaux, et qu'ils pourraient porter, lorsqu'on dirait la messe au grand autel, dalmatique, mitre, sandales, gants , et que l'un d'eux, le doyen, porterait l'anneau, etc.; et qu'à toutes les fêtes de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge, et quelques autres encore, le diacre et le sous-diacre, aussi bien que le célébrant, porteraient la mitre, les sanda'es et les gants. Le même Léon IX, en 1053, donna aux chanoines de l'église de Bamberg le droit de porter la mitre, mais avec certaines restrictions. Après lui, le pape Alexandre II, par un privilège singulier, accorda au duc de bohème, WratislaWj l'usage de la mi-

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