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On a proposé des désignations spéciales pour certaines moulures usitées dans les édifices du moyen âge. (A. Berty, Dictionn. d'archit. du moyen âqe, pag. 21V.) Nous devons les faire connaître.
Le chanfrein est une forme bien connue. On peut distinguer le chanfrein ordinaire, fig. n° IV; le chanfrein renversé, fig. n° 15: le chanfrein double, fig. n° 16.
Le mot anglet désigne une rainure rectangulaire. On peut distinguer : Y anqlet carré, fig. n° 17; Yanglet à chanfrein ordinaire, fig. n°18: Yanglet à chanfrein renversé, fig. n° 19; Y onglet à chanfrein double, fig. n° 20 ; Vanglèt à cavet ordinaire, fig. n° 21; Yanglet à caret renversé, fig. n" 22; V onglet à double cavet, 6g. n°23; Yanglet trapézi forme, fig. n° 2'i-; Yanglet trapézi forme rectangulaire, fig. n° 2o.
Les moulures curvilignes sont beaucoup plus difficiles à distinguer; elles offrent en etfet, surtout aux xve et xvic siècles, des contours si compliqués, qu'il serait impossible de les classer toutes dans un ordre parfaitement méthodique. On peut néanmoins distinguer :
Le tore elliptique, dont la coupe est une demi-ellipse, coupée suivant son petit diamètre: fig. n" 26.
Le tore elliptique plat, dont la coupe est également une demi-ellipse, mais coupée suivant son grand axe; fig. n° 27.
Le tore ogive, dont la coupe est une forme ogivale ; fig. n° 28.
Le tore lancéolé, qui affecte la lorme lancéolée; fig. n° 29.
Le tore en soufflet, celui dont les contours ressemblent aux lames d'un soufflet; fi-?- n"30. MOUVEMENT et Décadence dk l'Architecture chrétienne. — Après les luttes sanglantes du moyen Age, après les terreurs inspirées par une interprétation erronée des paroles du Maître, les chrétiens reprirent confiance, et le premier résultat de la certitude un moment ébranlée fut un élan de reconnaissance, une prière sublime, que les architectes chrétiens traduisirent dans un langage nouveau. De ce jour, tous les termes généraux de la synthèse catholique furent groupés, et les premières conséquences de ce travail furent tics chefs-d'œuvre.
Ln France, ce mouvement architectural se
fait sentir déjà au temps de Louis le Gros, pendant l'effervescence qui accompagne l'affranchissement des communes ; il s'accélère sous Philippe-Auguste et saint Louis, et la progression en diminue avec l'intensité de la foi dès les premiers appels de Fégoïsrae qui signalèrent le schisme des deux papes Urbain VI et Clément VIL En Allemagne, il est facile de saisir la trace d'une marche en ligne parallèle à celle-ci. En effet, à Fribourg, l'école de Herwin combinait les lignes du portail de la cathédrale avec les constructions d'une partie de la nef et le transsept, que le siècle précédent avait élevés; à Nuremberg, c'était le chevet de Saint-Sébalde et le portail latéral sud, qui opposaient des lignes pures, élancées, et une ornementation gracieuse, mais aussi large et sévère, aux combinaisons rudes et heurtées de la nef; enfin à Augsbourg, nous avons vu quelques travées ogivales remplacer dans la nef des pleins cintres romans, élevés à une époque un peu antérieure.
En laissant de côté, sauf à la renroduire plus tard , la question de priorité de la part de la France ou de l'Allemagne dans la rénovation de l'architecture chrétienne, nous observons que, dans la partie méridionale que nous avons visitée, nous avons rencontré bien peu de ce style transitoire si commun en France, qui semble retracer l'image d'une lutte entrp deux systèmes, comme à l'abside de Vézelay et au portail de Saint-Pierre de Lisieux. 11 ne faut pas non plus oublier le génie de l'Allemagne, qui se cramponne volontiers aux débris du passé : encore aujourd'hui elle compte au nombre de ses gloires les efforts de la Germanie pour conserver son organisation celtique et sa* résistance à la force militaire de Rome, qui préparait le sol de la civilisation moderne. De là vint que le christianisme ne fit en quelque sorte que l'effleurer ; il ne put en extirper une foule de crovances et d'habitudes de la civilisation antérieure, qui aujourd'hui encore forment le fond de la poésie allemande, et qui autorisent encore la passivité sociale des femmes. Aussi la voix de Luther y trouva-l-elle un auditoire tout préparé. Ajoutons encore que Raoul Glaber (Glaber Radulphus), en notant le mouvement architectural de son temps, dit que c'était principalement la France et l'Italie oui se jetèrent avec joie dans la voie nouvelle, et qu'il ne fait nulle mention de l'Allemagne. Mais il nous suffit d'avoir posé la question ; il faudrait un travail spécial pour faire partager a nos lecteurs notre conviction à cet égard.
Si le doute est permis dans cette question, il est difficile, après un voyage an delà du Rhin, de n'être pas convaincu que la décadence s'y est inan testée un peu plus tôt qu'en France, et par des caractères particuliers. Nous avons déjà fait renwqu t que l'individualisme s'était fréquemment manifesté dans les œuvres d'art de ce pays par les statues d'architectes et de tailleurs de pierre, comme à Weissembourg, à Nurem-