‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 111 sur 276 · NEF · texte numérisé non relu

NEF

?» l'intérieur, d'ornements entrelacés, figurant des nattes.

NAVIRE. — Chez les anciens, un navire voguant à pleines voiles était l'emblème du uonheur et du succès, Winckelmann en cite pour exemple une médaille de l'empereur Adrien. Les chrétiens des premiers âges s'emparèrent de cet emblème et lui donnèrent une nouvelle signification. Placé sur le tombeau des martyrs, il indiquait le triomphe céleste, de même que le navire au port indiquait le repos de l'âme au port du salut. Vay. Catacombes.

NÉBULES. — Ornement d'architecture de la période romano-byzantine, représentant des dents arrondies en forme de nuages pendants, ou plutôt des espèces de festons saillants, qui remplacent quelquefois la frise, dans les monuments du xnc au xiue siècle.

Le Comité des arts et monuments a donné le nom de tore ondulé à la frette ondulée, que quelques antiquaires appellent ncbule.

NEF. — La nef ou le vaisseau d'une église, dans son sens le plus général, est la partie comprise entre le portail de l'ouest et le transsept. On distingue, dans les grands monuments, la nef majeure ou grande nef, et les nefs mineures ou collatéraux, que l'on appelle encore quelquefois les bas-côtés. Il y a des édifices, môme de grande dimension, qui n'ont qu'une seule nef, comme la cathédrale de Saint-Maurice d'Angers; il y en a qui ont deux nefs mineures, qui se prolongent en déambulatoire, autour du sanctuaire, comme la cathédrale de Reims, celle de Tours, etc. ; il y en a qui ont cinq nefs mineures, comme la cathédrale de Paris, celle de Bourges, etc. ; il y en a qui en ont sept, comme la cathédrale d'Anvers ; il y en a qui ont deux nefs mineures à la partie inférieure du monument, et quatre à la partie absidale, comme à la cathédrale du Mans, où la nef majeure est du xie et du xne siècle, et la région absidale du xiue siècle, comme à l'ancienne abbatiale de Saint-Julien de Tours, qui est tout entière du plus pur style ogival primitif.

On a remarqué que les églises conventuelles des ordres mendiants avaient une nef majeure, accompagnée d'une seule nef mineure. Cette irrégularité était destinée à marquer la pauvreté de la communauté.

Beaucoup d'églises rurales, même des plus élégantes dans l'ensemble de leur construction, présentent la môme disposition. Ce n'était pas pour faire montre de pauvreté, mais c'est que ces églises étaient pauvres en réalité.

On a observé que, dans un certain nombre d'églises, une des nefs mineures, celle de droite, était plus large que celle du côté opposé. On a prétendu que le côté droit étant destiné autrefois aux hommes, devait indiquer leur prééminence sur les femmes qui occupaient lu côté gauche. Cette explication est -elle bien admissible, surtout quand il s'agit d'églises bâties h une époque où la séparation des sexes était tombée en désuétude depuis longtemps?

Les nefs sont séparées les unes des autres par de grandes arcades, largement ouvertes, à plein cintre ou en ogives portées sur des colonnes monocylindriques ou sur des piliers. Quelquefois , comme à Noyon et à Bourges, les colonnes et les piliers alternent, ou au moins les piliers sont de dimensions variées. Cette disposition est fort élégante, et donne naissance à des voûtes d'une grande hardiesse et d'une combinaison hardie et savante.

Jusqu'au xiv* siècle, le plan normal des grands édifices était à trois nefs seulement. Les chapelles accessoires ne furent ajoutées, à partir du xie siècle et jusqu'à la fin du xiue, qu'autour du chœur et du chevet. Les murailles qui bornaient les collatéraux de la nef majeure étaient percées de hautes fenêtres, sa xme siècle, comme à la cathédrale de Reims, lesquelles fenêtres furent ouvertes entièrement de la base au sommet des murailles, et transformées en arcades au xive siècle ; elles donnèrent alors accès dans des chapelles accessoires établies le long des nefs secondaires. Cette modification est une des plus importantes qui ait été faites au plan géométral des édifices sacrés. Aussi remarque-t-on que ces chapelles accessoires furent ajoutées postérieurement à la construction du corps du monument, dans certains édifices importants, comme la cathédrale d'Amiens.

Dans les églises ou l'abside est terminée brusquement par une muraille plane, il y avait communément des autels à l'extrémité des nefs mineures. A l'ancienne abbatiale de Saint-Julien de Tours, on a complété, au xvr siècle, les secondes nefs mineures absidales, en les terminant par de charmantes petites chapelles dans le style de la Renaissance. Les premières nefs mineures sont terminées par de belles fenêtres a nombreuses divisions, qui terminaient la perspective d'une manière très-agréable.

La façade principale offre ordinairement autant de voussures et de portails qu'il y a de nefs. On a remarqué cependant quelques églises ayant trois portes pour la nef majeure et une pour chaque nef mineure. Mais les faits de cette nature sont exceptionnels, et la règle générale est que chaque nef est indiquée au frontispice occidental par une porte particulière.

Les transsepts ont ordinairement un portail qui conduit dans les nefs mineures et le déambulatoire. II faut noter que plusieurs cathédrales ont des entrées spéciales pour les nefs mineures, c'est ce qu'on appelle vulgairement en Angleterre des porches de Galilée. En France, on trouve aussi parfois de ces portails ou porches secondaires. C'est ainsi qu'il y en a un qui est fort curieux à la cathédrale du Mans. Les entrées de la cathédrale de Coutances sont disposées un peu à la manière de celles des monuments d'Angleterre.

Les nefs mineures sont toujours moins spacieuses que la nef majeure. Dans les églises roraano-bvzantim-s, comme à Saint-

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