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Etienne de Nevers el à raaciedffe église abbatiale de Preuilly, bâties toutes les deux an commencement du xi* siècle, les nefs mineures sont voûtées de manière a faire arc-boutant pour soutenir les voûtes de 1 1 nef principale. Les voûtes de ces nefs collatérales sont en quart de cercle, et forment ainsi un arc-rampant, remplissant absolument le môme office que les arc-boutants construits au xm* siècle. 11 faut convenir que eette disposition est fort ingénieuse. Elle montre que les architectes du xr siècle étaient effrayés de la poussée des grandes voûtes en plein cintre, et qu'ils cherchaient les moyens de la neutraliser par des supports habilement combinés. Malgré leurs précautions, ils n'ont pu assurer aux voûtes à plein cintre, de grande portée, une solidité complète : aujourd'hui, malgré de nombreuses réparations faites aux divers siècles du moyen âge, les voûtes des églises du xi° siècle menacent ruine en poussant les murailles qui les supportent.
Les nefs mineures, à la fin du xiV siècle et au commencement duxnr,sont surmontées de galeries qui les couvrent entièrement, comme un étage de même largeur.
C'est ce que l'on voit à Saint-Etienne de Caen, à S dnt-Remi de Reims, et à Notre- Dame de Paris. Il en est de même à Notre- Dame de Laon et à l'ancienne cathédrale de Noyon .
Dans les églises qui ont un double rang de bas-côtés , les premières nefs mineures sont plus élevées que les secondes, et sont ornées de verrières.
Dans un grand nombre d'églises de petite dimension , en quelque style d'architecture qu'elles soient construites, la voûte de la nef principale est plus haute que celle du chœur ou au moins que celle de l'abside. Dans les édifices importants, les voûtes de la nef, du chœur et du sanctuaire sont également élevées.
Voy. Bas-côtés, Collatéraux, Déambulatoire, Galeries.
NERVURES. — Les nervures des voûtes sont des arcs saillants qui se croisent sous la voûte d'ogives.
Les nervures des voûtes sont toujours en pierre et remplissent trois fonctions : 1° elles constituent l'ossature de la voûte et en déterminent la forme essentielle ; 2° elles sont destinées à répartir la charge aussi également que possible sur les quatre piliers des angles ; 3° elles simplifient la construction de la voûte, puisque les valves de la voûte ne sont plus, après l'établissement des nervures, qu'un simple remplissage, qu'on faisait souvent en blocage.
Les nervures ne commencent à se montrer que vers la fin de la période romano-byzantine. Alors, en effet, commença à s'introduire, dans nos monuments religieux, la construction des voûtes d'une large portée. Les premières nervures sont d'abord extrêmement «impies, et sont formées premièrement par un tore, comme dans les belles églises de Saint-Maurice d'Angers, de Saint-Maurice
de Chinon el de quelques églises mojna importantes de l'Anjou et de la Touraine. A partir de cette époque jusqu'au \vi' siècle, les nervures des voûtes vont toujours en se compliquant : elles sont composées à la fin de fines moulures prismatiques, sans nombre, pour ainsi dire. [Voy leslig. à la fin du vol.)
Jusque vers le milieu du xv' siècle, les nervures n'avaient été appliquées que sur les arôtes des voûtes. Mais à partir de ce moment, elles se multiplièrent sous les noms de liernes et de tiercerons, et formèrent parfois des réseaux d'une complicat on extraordinaire. A l'époque de la Renaissance française, on fit encore usage des nervures dans les voûtes, mais bientôt elles se transformèrent en caissons, comme à la gracieuse église de Montrésor, en Touraine.
Nous avons placé à la fin du volume une figure où sont indiquées les différentes parties d'une voûte, avec les termes correspondants.
A mur extérieur. — C pilier séparant le bis -côté de la nef. D demi-pilier engagé dans l'épaisseur du mur A. — 1, 1, arc-doubleaux ; — 2, formeret ; — 3, formeret engagé dans l'épaisseur du mur ; — k, k, croisées d'ogives; — 5, 5, tiercerons; — 6,6, liernes; — 7, clef de voûte ; — 8, point de jonction des liernes et des tiercerons, souvent orné d'une clef pendante ou d'une rosace. ,
NICHE. — L'architecture romano-byzanline et l'architecture ogivale ont fait usage fréquemment de statues pour la décoration des édifices religieux, mais rarement elles les ont placées dans des niches creusées dans l'épaisseur des murailles. Les niches profondes sont empruntées de l'antiquité, et on a souvent abusé de cette forme dans les églises modernes. Les statues, au moyen fige, sont mises dans des niches à peine indiquées dans le sens de la profondeur, mais elles sont toujours couronnées de dais ou de pinacles. En regardant le portail de l'une de nos grandes églises, on se fera facilement une idée juste de cette disposition.
Nous ne saurions condamner trop sévèrement l'étrange coutume qui s'est introduite dans beaucoup d'églises, de transformer des fenêtres en niches. C'est ce que l'on a fait pour l'autel principal, et plus souvent encore pour l'autel consacré à la sainte Vierge. La première condition pour conserver ou restaurer une œuvre d'architecture, c'est de respecter la disposition des pleins et des vides, i\cs piliers, des murailles, des arcades et des fenêtres, disposition essentielle au plan. Voy. Enfeu.
NIELLE. — Dès les plus anciennes époques artistiques de l'antiquité, de même qu'au moyen âge, les orfèvres et les armuriers, comme ceuxqui fabriquaient les belles lames de Damas, cultivaient deux arts dont la gravure en creux était la base. L'un était la Damasquin-ure ( Voy. ce mot), pratiquée parles Grecs avec le plus grand succès;
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l'autre était l'art de nieller, également connu des anciens et porté par les Florentins au plus haut degré de perfection, et aujourd'hui totalement abandonné. Dans la damasquinure les ornements en or ou en argent sont incrustés sur un métal ordinairement moins brillant qui leur sert de fond : dans la niellure, au contraire , après avoir gravé des dessins d'une finesse quelquefois prodigieuse sur un fond d'argent ou d'or, on faisait pénétrer un mélange de plomb, d'argent et de cuivre en fusion dans les creux les plus déliés tracés par le burin. L'effet de cette matière noirâtre attachée à un fond clair était à peu près le même que celui du erayon noir sur une surface blanche. D'habiles artistes représentaient, par ce moyen, sur des poignées d'épées, sur des bijoux servant à la parure des femmes, sur des boîtes, sur des croix, et notamment sur les instruments de paix ou déosculatoires, instruments destinés à recevoir le baiser de paix dans les cérémonies religieuses, des ornements étrusques, des arabesques, des portraits et même des compositions historiques.
Les mots italiens niella et niellare viennent du latin nigellum, noirâtre. Les procédés de l'art de nieller nous ont été couservés par Renvenuto Cellini, dans son Traité de Vorfévrerie (lib. i , pag. 11 à 13, édit. de 1508), et par Yasari, dans son Introduction aux trois arts du dessin , cap. 33, tom. I, délie vite, pag; lxi, édit. 1759). Ils avaient été décrits minutieusement longtemps auparavant par le moine Théophile, dans sa Diversarum artiumschedula.V. l'édit. que nous en donnons d'après celle de M. le comte de l'Escalofoier.
Le moine Théophile n'est pas le seul écrivain du moyen âge qui parle de l'art de nieller. Nicéphore, archevêque de Constantinople, envoya des bijouxornés de niello au pape Léon III, en l'an 811. Sa lettre se voit dans les Annales de Baronius (tom. XIII, pag. 48i).
Les Marseillais excellaient dans dans l'art de nieller, dès le temps des rois Clotaire 11 et Dagobert. Un abbé , Léodebod , légua au monastère de Fleury, par son testament fait en GiG, deux coupes en argent doré niellé, fabriquées à Marseille : Scutellas duas minores Massilienses deauratas, rjuœ habent in medio cruces nicllatas (Helgaud , ap. Duchène, Hist. Franc, scriptor., tom. IV, pag. 61). On trouve d'autres passages relatifs à la niellure dans le Glossaire de Du Cange aux mots Nigellum, Nigcllatus , Niellât us, et dans le Dictionnaire étymologique de Ménage, aux mots Nellure et Nillce.
NIMBE. — 1. Le nimbe, comme la Gloire et I'Auréole [Voy. ces mots), est l'attribut de la sainteté, dans l'iconographie chrétienne. Le nimbe entoure la tète des personnages qui participent à la sainteté , à la gloire et à la puissance de Dieu. On voit un nimbe autour de la tète des anges, des saints, el quelquefois des empereurs et des rois, à cause de leur puissance et de leur dignité. Le nimbe a des formes variées : nous allons indiquer les plus remarquables.
Le nimbe triangulaire ou bi-triangulairo ne convient qu'à Dieu, et exprime les trois personnes de la sainte Trinité, sans en désigner une en particulier. 11 n'y a que depuis le xve siècle que l'on a quelquefois , mais à tort , employé cet ornement pour désigner Dieu le Père. Le nimbe triangulaire est rare en France; il se rencontre plus souvent en Italie. Le nimbe bi-triangulaire est particulier aux Grecs.
Quelquefois le triangle est renfermé dans un nimbe circulaire ; c'est toujours le même symbole auquel on a joint l'emblème de l'éternité : Deus tinus, trinus, œternus.
Le nimbe circulaire convient à Dieu, aux anges et aux saints; cependant, quand il environne la tête d'une des personnes divines, il est marqué d'une croix et prend alors le nom de nimbe crucifère, ou bien des gerbes de rayons forment la croix au milieu du disque lumineux, ou même le remplacent entièrement. Il est rare , dans les figures du moyen âge, de trouver l'image du Sauveur avec un simple disque, non marqué de la croix. Les exceptions à la règle générale sont très-rares.
Quand le nimbe crucifère porte de petites croix dans les croisillons, on le nomme nimbe crucifère recroise'. On ne s'est pas contenté de donner le nimbe divin à la figure réelle de Notre-Seigneur , on l'a même donné aux symboles qui le représentent, comme le lion de la tribu de Juda (Vicit leo de tribu Juda), et l'Agneau de Dieu (Ecce Agnus Dei qui tollit peccata mundi). On a fait la même chose à la main bénissante , emblème de la providence de Dieu , ou marquant l'action immédiate de Dieu. Il en est de même de la colombe, lorsque la figure de cet oiseau est prise comme emblème de l'Esprit-Saint.
Les Grecs placent ordinairement les lettres à wv dans les croisillons du nimbe crucifère. Ce sont deux mots qui signifient l'Être, Celui qui est : Ego sum qui sum. Les Latins ont mis quelquefois au même endroit le mot LVX, lumière, en séparant chacune des lettres qui composent ce mot.
Les anges et les saints portent le nimbe circulaire, mais sans croix ni gerbes lumineuses entrecroisées. Les noms des anges et des saints sont quelquefois inscrits sur la circonférence du nimbe ou dans le champ du disque. Ce fait n'est pas rare, et c'est ainsi qu'on a reconnu , sans la moindre incertitude, des personnages ornés du nimbe, quoiqu'ils ne fussent pas canonisés, comme on en dislingue plusieurs aux vitraux peints de la cathédrale de Strasbourg.
Quand les évangélistes sont représentés uniquement sous la figure des animaux symboliques, on voit ordinairement le nimbe autour de la tète de ces animaux.
Quant aux saints de l'Ancien Testament, ils portent communément le nimbe en Orient ; l'Eglise grecque; sous ce rapport, a des traditions ou des usages différents de ceux de l'Eglise latine. En Occident, ils ne sont pas décorés ordinairement du nimbe.
Ce qui peut paraître extraordinaire et ce
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