‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 113 sur 276 · NIM · texte numérisé non relu

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qui s'explique plus difficilement , c'est quo le démon est quelquefois représenté la tête entourée du nimbe , de même que le traître Judas et les vierges folles.

On donne habituellement un nimbe aux figures qui personnifient les vertus.

Disons maintenant un mot des ornements que l'on donne quelquefois au nimbe.

Le nimbe circulaire peut être double, c'està-dire avoir un double cercle à sa circonférence. Il est orlé, lorsque la ligne de la circonférence est saillante ; perlé, lorsqu'il est garni d'un ou de deux rangs de perles ; festonné, quand la circonférence est formée d'une bandelette enrichie de braderies ou de festons ; polylobé, quand la circonférence est garnie de lobes nombreux ; quelquefois ces lobes se prolongent jusqu'au centre du disque ; rayonnant, lorsque le disque est environné de rayons lumineux, droits, ou flamboyants, ou alternés.

Le disque du nimbe est le plus souvent lisse, cependant on en trouve dont le champ est strié tantôt en zigzags , tantôt en ondulations, ou bien orné de légères broderies. Le disque est transparent quand il est seulement indiqué par des traits ; il est opaque quand il forme saillie.

Le cercle est le symbole du ciel; le carré, au contraire , dit M. l'abbé Crosnier , dans son Iconographie, est le symbole de la terre. C'est pourquoi les artistes du moyen âge donnent le nimbe circulaire aux personnes qui ont déjà quitté la terre ; quant aux personnes vivantes, quelle que soit leur dignité, elles n'ont que le nimbe carré. 11 est assez fréquent en Italie , mais on ne le rencontre jamais en France. Quelquefois ce nimbe s'allonge et ressemble à un volumen ou à un cartouche un peu large.

Le nimbe était connu des peuples anciens. ( Voy. ci-dessous le n° II. ) On sait que les Romains environnaient de cet ornement la tête de leurs dieux et de leurs empereurs: il suffit, pour s'en convaincre, de jeter les yeux sur leurs monuments et sur leurs médailles. C'est peut-être par scrupule, et pour ne point adopter un ornement que le paganisme avait profané, que les premiers chrétiens répugnèrent à l'admettre.

Quoi qu'il en soit, on prétend que pendant les quatre premiers siècles de l'Eglise, il fut inconnu, et il est à croire que les sarcophages qui le présentent ne sont que du vc ou du vic siècle. Pendant la première époque de la période romano-byzantine, il n'est pas constant et il semble être admis à volonté; à partir du xic siècle et pendant toute la période ogivale, il devient, en quelque sorte, un attribut obligé pour Dieu , la sainte Vierge, les anges et les saints : les exceptions sont rares.

Avant le xir siècle, le nimbe est diaphane, c'est-à-dire qu'il ne présente pas la ligure d'un corpssolide. Au xiii* et au xiv' siècle, il devient opaque ; après le xiv% le disque se rétrécit, il devient plus épais.

A litre de renseignement, nous plaçons à

la suite de l'article Nimbe, des détails fort curieux sur l'origine de cet ornement, extraits du Traité des saintes images, de Jean de Meulen, cap. 26, de communi sanctorum pictura.

« Restant communes sanctorum picturœ.

Et primum pinguntur cum corona in capile, quia perceperunt immarcescibilem coronam glorirc et vitœ, quam repromisit Deus diligentibus se [IPetr.\,k; Jac. i, 12; Apoc.u, 10).

« Lumen additur, et radii quidam ignei, e capitibus eorum in modum circuli undequaque emicantes , juxta illud (Matlh. y, lk) : Vos estis lux mundi. Pulchre Durandus ( lib. i Rationalis, cap. 3) : « Omnes sancti pinguntur coronati. Jusli enim accipient regnum decoris et diadema speciei , de manu Domini (Sap. v, 17). » Corona autem hujusmodi depingitur in forma scuti rotundi , quia sancti Dei protectione divina fruuntur. Unde cantant gratulabundi (Psal. v, 13) : Domine, ut scuto bonœ voluntatis coronasti nos. In dictum autem psalmi Jocurn sic commentatur sanctus Thomas Aquinas : « Innuit Psalmista quod voluntas Dei'bona est, sicut scutum, contra omnia mala , juxta secundi Regum cap. xxni : Dominus scutum et robur meum; vel est hic ut scutum protegens , in patria vero ut scutum coronans. Consuetudo namque fuit Romanis antiquitus uti scutis rotundis , et in illis habebant spem victorise ; et quando triumphabant, illomet scuto utebantur ut corona. Et inde sancti pinguntur cum scuto rotundo in capite ; quia, de hostibus adepti triumphum , scutum rotundum, ad instar Romanorum, gerunt in capite, pro corona. »

« Verumtamen Christi corona per crucis figuram a coronis sanctorum distinguitur. In Italia tamen, et potissimum Romœ (quod etiam in imaginibus inde allatis observavi), Deo Patri appingitur scutum triangulare, quod significat fidem sanctœ Trinitatis, ut interprelatur, ad psalmum quintum, anonymus Psalterii interpres. Animadvertendum est etiam quod hujusmodi corona nemini debeat appingi, nisi iis quos Ecclesia canonizavit , sive coronavit ; hoc est, iis quos Ecclesia habet pro sanctis. »

De corona sanctis appingi solita. Ex Anselmi Solerii, seu Theophili Raynaudi, libro de Pileo, sect. xvm. (Edit. Amstel. 1671, p. 358- 379.)

« Quod... hic exponendum suscipimus »

spectat ad tegmina quse passim videmus apponi capitibus sanctorum in picturis ac statuis. Passim quippe exhibentur capitibus umbella radiante operlis, veluti scuto fulgente contectis. Esseque hoc tegmen sanctis peculiare usus docet : nam quod Allemannus, in dissertatione de Lateranensibus parietinis, cap. 9, negat eam esse sanctitatis notam, difficile suadetur; et quod unum opponit de imaginibus Constantini et Salomonis, quorum neuter est probatœ in Romana Ecclesia sanctitatis, facile enodalur. Nam Constantinum Greeci passim et Latinorum plerique, habent pro sanclo; Salomonem quoque san-

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