‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 115 sur 276 · NOR · texte numérisé non relu

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tle la plus riche texture, des chariots aussi bien adaptés à la guerre que ceux des Egyptiens eux-mêmes. Il n'est môme pas improbable que beaucoup des arts dans lesquels ils excellèrent ne leur soient venus des nations de l'Asie occidentale , et que beaucoup des choses qui leur sont communes n'aient pris naissance sur les rives du Tigre. Et, de fait, rejeter la notion d'un royaume indépendant en Assyrie à l'époque la p!us reculée, ne serait rien moins que mettre en question l'existence même d'une population dans ces contrées : ce qui se trouverait en contradiction directe avec le témoignage uniforme de l'Ecriture et de la tradition

« Une tentative pour prouver que le plus ancien palais de Nimroud fut fondé par le Ninus qui donna son nom à la capitale des Assyriens, ne manquerait certainement pas d'arguments plausibles. J'hésite, pour le moment, è me fixer sur l'opinion du major Rawlinson, qui identifie le nom que nous rencontrons sur les inscriptions avec celui du Ninus de l'histoire ; et cependant tout aperçu venant d'une autorité semblable mérite les plus grands égards.

« Les ruines elles-mêmes nous fournissent un argument additionne] pour attribuer la construction de cet édifice au Ninus que la tradition, au moins, regarde comme le fondateur de l'empire assyrien, et qui donna son nom à la capitale. Remarquons, 1° que le palais nord-ouest, à Nimroud, est le plus ancien qu'on ait jusqu'ici découvert en Assyrie : et comme toutes les grandes ruines de l'emplacement de Ninive ont été au moins partiellement explorées, on peut présumer qu'il n'existe pas, dans ce genre, d'édifice dont la date soit plus reculée. 2° Suivant Castor, le dernier roi assyrien, ou l'un des derniers de la seconde dynastie, peut-être le Saracus d'Abydène, s'appelait Ninus II. On se souviendra que les noms de ceux qui bâtirent les plus anciens et les plus récents édifices découverts en Assyrie, sont identiques; et, autant que l'on peut juger l'apparence, il y a toute raison de croire que le palais sud-ouest de Nimroud fut détruit avant d'être entièrement achevé ; on peut donc en inférer qu'il fut le dernier des palais d'Assyrie. 3° Diodore de Sicile nous rapporte que dans le palais de Ninus ou Sémiramis, à Babylone, on avait représenté des scènes de chasse, dans lesquelles on voyait la reine frappant une panthère de son javelot, et Ninus perçant un lion de sa lance. Or, il est remarquable que, tandis qu'à Khorsabad et à Kauyunjikon n'a rien encore découvert de semblable, ces représentations sont nombreuses dans le plus ancien palais de Nimroud. Elles ne constituent pas seulement des bas-reliefs séparés, mais on lésa introduites dans toutes les broderies des vêtements que portent les principaux personnages. K° Etésias et d'autres écrivains font mention de l'expédition de Ninus et de Sémiramis dans la Bactriane et les Indes. L'obélisque découvert à Nimroud appartient à 1'époqu.e da plus vieux palais, puisque, à ce

qu'il paraît, il a été érigé par le fils de celui qui jeta les fondements de l'édifice ; or, sur ces faces sont sculptés le chameau bactrien, l'éléphant, le rhinocéros, tous animaux de l'Inde et de l'Asie centrale, amenés en tribut par le peuple conquis au roi conquérant.

« Nous concluons, enfin, de toutes les remarques précédentes : 1° qu'il y a en Assyrie des édifices qui sont si différents dans leurs sculptures , leurs symboles mythologiques et sacrés, les caractères et la langue des inscriptions, que nous sommes autorisés à distinguer deux périodes dans l'histoire d'Assyrie. Nous en concluons, de plus, ou bien que les peuples habitants de cette contrée, à ces deux époques distinctes, étaient soit de différentes races, soit de branches de la même race ; ou bien que par le mélange avec des étrangers, peut-être des Egyptiens, de grands changements sont survenus dans leur langage, leur religion, leurs mœurs, entre la construction du premier palais de Nimroud et celle des é Jifices de Rhorsabad et de Kauyunjik.

« 2° Que les noms des rois qu'on lit sur les monuments indiquent même une période de plusieurs siècles entre les constructions des uns et des autres.

« 3° Que, d'après les symboles introduits dans les sculptures de la seconde période assyrienne, et d'après le caractère égyptien des petits objets trouvés dans la terre au-dessus des ruines de la plus ancienne période, il faut admettre d'intimes relations avec l'Egypte, effets de conquêtes ou de cordiale entente , entre l'époque de l'érection du plus ancien et du plus nouveau des palais ; que les monuments d'Egypte , les noms de rois dans certaines dynasties égyptiennes, les ivoires de Nimroud, l'introduction do quelques divinités assyriennes dans le Panthéon égyptien, et d'autres preuves, signalent le xiv° siècle comme l'époque probable du commencement de ces relations, et le îx' comme celle qui les ait vues se terminer.

« 4° Que les plus anciens palais de Nimroud étaient déjà en ruines et enfouis avant la construction des autres ; et qu'il est probable qu'ils ont pu être détruits vers le temps de la 14e dynastie égyptienne.

« 5° Que l'existence des deux dynasties assyriennes distinctes, et la fondation d'une monarchie en Assyrie, à peu près 2000 ans avant Jésus-Christ, peut se déduire du témoignage des plus anciens auteurs , et est d'accord à la fois avec l'Ecriture et les monuments égyptiens. »

NORMAND (Style). — Les antiquaires anglais désignent sous le nom de style normand le style d'architecture qui a précédé le règne de l'ogive, et qui a été introduit en Angleterre à l'époque de la conquête desNormands. Cette dénomination n'est pas plus juste que celle de style anglais, appliquée à l'architecture ogivale dans la Grande-Bretagne. Les monuments de la Normandie, comme ceux qui ont été bâtis en Angleterre sous l'influence et ladirection des Normands, ne constituent en aucune façon un style particulier

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d'architecture. Us sont bàlis selon les procédés et avec les caractères qui lurent usités dans toute la France à la même époque. Voy. Classification.

NUMISMATIQUE. —La numismatique est une science qui a pour objet la connaissance des monnaies anciennes. Ce mot vient du grec numisma, qui veut dire une pièce de monnaie. Le mot médaille, en français, a souvent la même signification que monnaie antique. Une médaille cependant est souvent une pièce d'or ou d'argent ou de bronze, destinée à perpétuer le souvenir d'un événement important, et qui n'a pas eu cours de monnaie: telles sont surtout les médaillons.

L'étude de la numismatique est une des

plus importantes et en môme temps une dos plus intéressantes pour l'archéologie sacrée et profane.

Il faut regarder une collection demédailles comme un trésor de connaissances et non de numéraire. Juvénal disait que c'est une collection de portraits en petit. Ainsi, une pièce antique tire sa valeur non pas tant du métal dont elle est composée que des renseignements historiques qu'on en peut tirer.

Nous ne pouvons pas donner de plus amples détails sur la numismatique sans sortir du plan de ce Dictionnaire : nous renvoyons aux traités spéciaux, et au Dictionnaire de numismatique qui fait partie de la présente Encyclopédie.

OBÉDIENCE. Voy. Abbatiale, Celle , Prieuré.

OBELISQUE. —Les obélisques sont des monuments religieux et historiques, sur l'origine desquels on n'a pu rien dire encore de certain. Les recherches des archéologues modernes, celles même du docte Zoéga, n'ont répondu que d'une manière incomplète à cette question, en rapportant l'idée première de ces monolithes aux pierres commémoratives, d'abord nues, puis écrites, ensuite taillées dans la forme de tableaux, ou stèles, et dont les développements successifs amenèrent la forme élancée qu'on leur voit aujourd'hui. Les anciens eux-mêmes paraissent s'être mépris sur le sens qu'il fallait donnera ces monuments; les uns croyaient voir dans les inscriptions qui les décorent l'interprétation des lois de la nature et les résultats ou le résumé delà philosophie des Egyptiens; d'autres les regardaient comme le symbole d'une idée religieuse, profonde et métaphysique, qui n'admettait point de forme semblable à elle-même.

Les découvertes deChampollion le Jeune, sans résoudre définitivement la question d'origine, ont du moins jeté une grande lumière surîe point le plus important, l'objetdes inscriptions qui couvrent ces monuments, leur emploi dans la décoration extérieure des édifices et leur sens à la fois symbolique et figuratif dans l'écriture sacrée des Egyptiens.

Les différents rapports des anciens nous apprennent, d'accord avec les monuments originaux, que les obélisques étaient principalement consacrés au dieu Soleil, dont l'épervier était le symbole, à cause de l'élévation du vol de cet oiseau et de la faculté qu'on lui attribuait de pouvoir fixer le soleil. Le nom mêmedesobélisques,selonPline, exprimait, dans la langue égyptienne, l'idée d'un r.iyon du soleil, et leur forme en offrait à leurs yeux la ressemblance.

Les obélisques sont en granit extrait des carrières de Syène; monolithes, c'est-à-dire d'une seule pierre, et taillés à quatre faces, lesquelles s'élèvent en diminuant, jusqu'à une certaine hauteur, où ils se terminent en une pointe pyramidale qu'on nomme pyra-

midion. Us étaient placés sur un cube ou dé carré de même matière, dépassant de peu la largeur de leur fût, et posé lui-même sur un ou plusieurs degrés. Chacune de leurs faces est décorée de figures et de caractères hiéroglyphiques sculptés en creux avec le plus grand soin, et l'on est fondé à penser qu'il étaient peints de diverses couleurs, aussi bien que les temples dont ils décoraient l'entrée, et les statues colossales faites de la même matière. Ce genre de monuments» qui appartient en propre à l'ancienne Egypte, était destiné à décorer les temples et les palais des rois ; on plaçait ordinairement les obélisques par paire devant la porte ou pylône d'entrée.

Le pyramidion des obélisques était généralement décoré de sculptures en basrelief où le roi était représenté faisant à la divinité l'offrande soit du vin et de l'eau, emblèmes d'abondance et d'inondation, soit de l'obélisque lui-même.

Les inscriptions hiéroglyphiques gravées en colonnes verticales sur le fût de ces monolithes rappellent toujours, comme sur les autres monuments publics de l'Egypte, les titres royaux, noms et prénoms des princes qui les ont fait élever. Ces noms, par une distinction honorifique particulière à la royauté, et pour être plus facilement distingués dans l'écriture courante, sont renfermés dans un cadre elliptique terminé à l'une de ses extrémités par une base, et auquel on a donné le nom de cartouche ou cartel.

Ces cartouches peuvent être regardés comme la clef des notions chronologiques fournies par les monuments égyptiens, et c'est par Jeur présence sur les obélisques que nous sommes à même de déterminer, du moins approximativement , la période historique à laquelle chacun de ces monolithes peut appartenir.

Nous n'entrerons pas dans des détails descriptifs sur les obélisques lesplus célèbres et les mieux connus. Cela nous entraînerait trop loin du plan de ce Dictionnaire. Nous renvoyons à une curieuse notice, de M. Nestor L'Hôte, enlevé prématurément à la science des antiquités égyptiennes, dans laquelle il

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