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ornements en bas-reliefs; la frise, placée immédiatement sur l'architrave, ornée de triglyphes dans l'ordre dorique, et décorée de sculptures de tout genre dans les grands édifices; la corniche, composée d'un assemblage de moulures plus ou moins riches.
C'est toujours la colonne qui détermine l'ordre et en donne les proportions.
On admet cinq ordres d'architecture antique : trois grecs , qui sont : le dorique, 1 ionique , le corinthien; deux latins ou romains, savoir : le toscan , le composite.
Pour le caractère et les proportions des divers ordres et des parties essentielles qui les constituent, voy. tous les mots qui s'y rapportent.
Il n'y a point d'ordres d'architecture proprement dits pour le moyen âge. Les monuments sont déterminés par le style et Y époque auquels ils appartiennent. Voy. Classification.
Les ordres de l'architecture antique, ayant des proportions déterminées, ne peuvent s'élever qu'à des hauteurs peu considérables. Il arrive de là, que lorsque l'on veut élever une façade devant un édifice considérable, on est forcé d'y placer plusieurs ordres superposés. Dans l'architecture gothique, l'artiste possède une plus grande liberté. Ses colonnes ne sont pas strictement modulées; elle peuvent s'allonger tant que l'on veut et se prêter à mille combinaisons différentes.
ORFÈVRERIE. — L'orfèvrerie, telle qu'on l'entend aujourd'hui, est l'art de travailler l'or et l'argent. Mais autrefois, que les métaux précieux étaient moins abondants, les orfèvres ne dédaignaient pas de travailler le cuivre, l'étain et le fer, avec le même soin que l'or et l'argent. C'est ainsi que les cuivres dinandés, les buires en étain de Rriot, les bronzes ou les fers ciselés de Cellini appartiennent à l'orfèvrerie.
Le talent des orfèvres, au moyen âge, s'est exercé sur une infinité d'objets religieux ou civils. Malheureusement le plus grand nombre de ces objets a péri, et la richesse de la matière a été la principale cause de leur destruction. Peu de pièces ont échappé à la cupidité, aux désordres sans cesse renaissants de siècles agités, et, il faut le dire, à ce désir qui porte sans cesse les hommes à faire du nouveau, et h remplacer les objets anciens par des objets à la mode.
L'art de l'orfèvrerie était très-eslimé dans l'antiquité. On en peut juger par une foule de passages des écrivains grecs et latins ; on en possède même encore quelques échantillons. Le triomphe de la religion chrétienne, sous Constantin, fit prendre à cet art un nouvel essor. 11 suffit de parcourir le Liber Pontificalis d'Anastase le Bibliothécaire , pour voir comment les églises reçurent de l'empereur des présents magnifiques. Ce furent dos croix d'or et d'argent, des calices pour ie sacrifice, des calices ministériels avec
leurs patènes, des burettes, des lampes, des couronnes, des encensoirs, des devants d'autel, et même des statues d'or et d'argent.
Les papes, successeurs de saint Sylvestre, continuèrent à enrichir les églises de Rome de dons précieux en orfèvrerie. Le pape Symmaque (498-514) fut celui de tous, depuis saint Sylvestre, qui fit fabriquer les pièces d'orfèvrerie les plus précieuses. Suivant le relevé que Séroux d'Agincourt a eu la patience d'en faire [Hist. de Varl par les monum., tom. 1er, pag. 99) sur le Liber Pontijicalis, elles se seraient élevées au poids de 130 livres d'or et de 1700 livres d'argent.
Lorsque Constantin fit de Byzance la capitale de l'empire, il y attira les artistes, ei les arts de luxe surtout y prirent un développement rapiJe et extraordinaire. Les pafais des grands se remplirent de richesses incalculables, et les femmes étalèrent d;uis leurs bijoux un luxe inouï. « Toute notre admiration est aujourd'hui réservée pour les orfèvres et les tisserands, » disait saint Jean Chrysostome dans la chaire de Constantinople.
Le plus ancien orfèvre français qui soit connu est mentionné dans le testament de saint Perpet, évêque de Tours (vers kïkK Voici le passage de ce testament, qui a été publié en entier dans le spicilége de d'Achery, tom. V. pag. 106 et suiv. : « A toi, frère et évêque, très-cher Eufronius, je donne et lègue mon reliquaire d'argent.
J'entends celui que j'avais coutume de porter sur moi; car le reliquaire d'or qui est dans mon trésor, les deux calices d'or et la croix d'or fabriquée par Mabuinus, je les donne et lègue à mon église. »
Il ne reste que bien peu de chose de l'orfèvrerie des premiers siècles du moyen Age. Les seules pièces qui aient survécu sont trois ou quatre vases en argent, conservés dans le Muséum christianum de la bibliothèque Vaticane, qui ont dû servir de burettes (Séroux d'Agincourt, Hist. de Vart, tom. 1er, pag. 106); un coffre de toilette en argent ciselé, trouvé en 1793 à Rome, sur le mont Esquilin , dont d'Agincourt a donné la gravure (Hist . de Varl. sculpt., planche ix), et que Visconti a décrit; l'épée, avec quelques ornements de manteau trouvés dans le tombeau de Childéric, à Tournay, en
Théodelindc, reine des Lombards (Cl 6) offrit à la cathédrale de Monza des présents qui subsistent encore. Ils consistent en une riche boîte renfermant un choix d'Evangiles, une couverture d'Evangéliaire, ornée de pierres de couleur, et la célèbre couronne de fer qui servait au couronnement des rois d'Italie.
Au vu* siècle, la France avait des orfèvres en réputation, et Limoges possédait alors Albon, orfèvre et monétaire, chez lequel se forma saint Eloi. L'élève surpassa le maître, et saint Eloi fut appelé h la cour du roi Clotaire II, pour lequel il fit deux trônes d'or
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enrichis de pierreries. L<-.-. k.il-.iIS el la probité de saint Lloi lui concilièrent aussi l'affection de Dagob'ert Ier, qui le.chargea de travaux d'orfèvrerie considérables. Saint Oueo, qui a écrit la Vie de sainl Eloi, et le moine historien anonyme de saint Denis, nous ont laissé I énumération de ses ouvrages d'art. Les principaux sont une grande croix d'or rehaussée de pierres fines pour la basilique de Saint-Denis; la châsse de sainte Geneviève , celle de saint Germain, rt surtout la châsse en or, d'un travail merveilleux, qu'il lit pour renfermer les reliques de saint Martin, évêque de Tours.
Avant 171)0, un grand nombre d'églises et. de monastères, notamment Saint-Denis et I "abbaye de Chelles, possédaient encore des p ôces d'orfèvrerie attribuées à saint Eloi; elles ont toutes disparu.
Saint Eloi avait fondé le monastère de Soligoac, où les arts restèrent florissants. H y avait placé un de ses élèves, Thillo, connu sous le nom des Tbéau, qui pratiquait l'orfèvrerie. Les monastères, à cette époque, comme plus tard, renfermaient les plus habiles artistes. Ce fut là que Charleraagne trouva ceux qu'il employa.
Les papes, sous le règne de Charlcmagne, donnèrent au-x diverses églises de Home une quantité d'objets d'orfèvrerie.. Les dons olferts par Léon 111, suivant la supputation de Séroux d'Agincourt, ne s'élèvent pas à moins de 1075 livres d'or et 24,74.4' livres d'argent (Hisl. de fart, lom. 1", pag. 101).
Le magnifique autel d'or de la basilique «le Saint-Ambroise, à Milan, connu sous le nom de Paliotlo, qui a pu traverser dix siècles pour arriver jusqu'à nous, peut nous donner une idée do l'état de l'orfèvrerie au commencement du ix" siècle. Ce monument a été exécuté en 83a, par Yofvinius, sur lesordres de l'archevêque Angilbert IL
L'église d'Auxerro possédait de beaux objets d'orfèvrerie de l'époque carlovingieune. On peut consulter à ce sujet les Mémoires de l'abbé Lelxcuf sur l'histoire d'Auxerre. On connaît les noms de deux chanoines de Sens, Bcrnuin et Bernelm, orfèvres, qui firent une table d'or incrustée de pierreries.
Les pièces d'orfèvrerie du ixf siècle qui soient arrivées jusqu'à nous sont fort rares. Outre l'autel d'or de Saint-Ambroise et la couronne de ClMrlemagne, on peut citer la couverture des Heures écrites par Charles le Chauve, entre 84-2 et 800, et qui se trouve à la Bibliothèque Nationale.
L'orfèvrerie du x.r siècle fut assez (loris— .-ante. Llle est empreinte d'un caractère byzantin assez fortement marqué. Ce fait est remarquable en Italie, où les patriarches grecs, par des dons considérables, réveillèrent, dit Cicognara, le goût pour les matières d'or et d'argent travaillées. Quant à l'Allemagne, une autre cause y produisit les mêmes conséquences. Le mariage d'Othon 11 avec la princesse grecque Théophanie attira naturellement des artistes byzantins à la cour de <;e! empereur. On e.i trouve la
preuve daus quelques monuments de celle époque qui subsistent encore en Allemagne.
Henri II (1003-1024) trouva plusieurs artistes grecs établis à la cour d'Allemagne, lorsqu'il fut élevé à la dignité impériale. Ce prince lit aux églises des dons d'une grande magnificence; mais il n'en est aucun qui surpasse l'autel en or de la cathédrale deBale. Nous en avons donné la description à l'article Autel, ainsi que celle de l'autel d'or Paliotlo ou Pallad'oro de Saint-Ambroise de Milan.
Vers le même temps, le roi de France Hubert encourageait également l'art de l'orfèvrerie en faisant exécuter des pièces magnifiques, dont il dotait un grand nombre d'églises et de monastères qu'il avait fondés. Mais nous n'avons rien conservé de ces travaux d'orfèvrerie.
L'impulsion artistiquefut très-grande dans le cours du xne siècle. Nous ne pouvons omettre le nom de l'abbé Suger : ce fut, nonseulement un grand ministre, mais encore un puissant protecteur des arts.
Un homme qui mérite une mention particulière, c'est Théophile. Simple moine, humilis presbytcr, indignas nomine et professionemonachi, comme il se qualifie lui-même, il fut un artiste éminent et nous a laissé dans son livre Diversarum artium schedula, un traité des arts cultivés de son temps. Soixante-dix-neuf chapitresdu livre m sont consacrés à l'orfèvrerie.
Le xni' siècle s'écarta peu du style noble et sévère en vigueur dans le siècle précédent, pour les œuvres d'orfèvrerie. Les calices ont alors une coupe large et fortement évasée, portée sur un pied circulaire, dont le diamètre est quelquefois plus grand que celui de la coupe. Les chasses sont faites en l'orme de petite église ou de tombeau h couvercle prismatique; les croix, les couvertures des livres saints sont enrichies de pierreries, de figures en relief, de fines gravures, de nielles et d'émaux ; les encensoirs, de forme sphéroïdale, sont surmontés (fédifices ou de personnages. Auxi' siècle, et jusque vers la fin du xn% le mode de décoration des vases sacrés consistait principalement eu pierres fines, perles et émaux cloisonnés, rapportés sur un fond de filigrane d'or. Au xiu' siècle, on préférait les bas-reliefs et les ornements exécutés au repoussé et ciselés, les nielles, les émaux incrustés et les gravures au burin niellées d'émail coloré. Les progrès que firent les arts du dessin doivent être Tune des causes qui ont entraîné le goût vers ce système de décoration.
Nous pouvons citer quelques belles pièces d'orfèvrerie desxir et xiir* siècles-. Le calice de l'abbaye de Weingartcin en Souabe [d'Agincourt', Hist. de l'art, sculp. pi. x\ix, tom. III, pag. 25); ce calice porte la signature de son auteur, Hfagister Cùonradtu de Huse. Daus le trésor du dôme de Ratisbonne, une belle croix enrichie de pierres fines; une autre croix ornée de nielles et un calice avec, des bustes de saints sur le pied exécutés au repoussé., et des médaillon? émaillés sur le
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nœud. Dans le trésor de ja cathédrale du Mayence, un beau calice. A la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, la magnifique châsse de Notre-Dame, donnée par l'empereur Frédéric liarberousse. Dans la Biche-Chapelle du palais du roi, a Munich, un autel portatif en or du xne siècle, enrichi de pierres tines cabochons. Dans la cathédrale de Cologne, la châsse des trois rois Mages; à Deutz.la châsse de saint Héribert. Au musée de Cluny, des chandeliers de la fin du xue siècle. A la bibliothèque Vaticane, un magnifique encensoir en l'orme de chapelle circulaire à deux étages, du xmc siècle. À Evreux, la chasse de saint Taurin ; à Rouen, la chasse de saint Romain.
Au commencement du xiv" siècle, l'art de l'orfèvrerie, cultivé jusque-là surtout dans les cloîtres et travaillant pour les églises, sortit des monastères et se mit au service des grands et des riches particuliers. Le luxe fit promptoment de tels progrès, que des lois restrictives parurent nécessaires. Une ordonnance de 1326, rendue par le roi Jean, défend aux orfèvres « d'ouvrer vaisselle, vaisseaux ou joyaux de plus d'un marc d'or ni d'argent, si ce n'est pour les églises. » Mais ces ordonnances ne pouvaient atteindre les princes, qu'elles favorisaient, au contraire, en donnant à eux seuls le droit d'avoir une argenterie considérable. Nous ne connaissons plus les magnifiques pièces d'orfèvrerie du xiv' siècle que par les descriptions des historiens : elles ont toutes été détruites.
Les calices ne sont plus à coupes évasées, avec un large pied circulaire, comme au xue siècle ; les coupes prennent la forme semiovoïde, et les pieds se découpent en contrelobes. On voit dans Yllistoire de l'abbaye de Saint-Denis, par Félibien, la gravure d'un calice donné à l'église de cette abbaye par Charles V, gravure qui fait connaître la forme des calices de cette époque.
Les encensoirs décrits dans les inventaires du duc d'Anjou et de Charles V se montrent encore sous les formes prescrites par Théophile; voici comment ils sont décrits :
« Ung grant encensier d'or pour la chapelle du roy ouvré à huict chapiteaulx en layon de maçonnière, et est le pinacle dudict encensier ouvré à huict osleaulx et est le pie ouvré à jour.
« Ung encensier d'or à quatre pignons et à quatre tournelles. » {Invent, de Charles V, fol. 33.)
Les châsses en forme d'église furent, au xive siècle, réservées pour les cathédrales. On préférait, pour les chapelles et les oratoires, des statuettes d'or et d'argent qui portaient les reliques, ce qui permettait davantage aux artistes orfèvres de faire valoir leur talent dans la sculpture. Voici comment sont décrits quelques-uns de ces reliquaires : « Ung ymage <le S. Jehan l'Evangéliste, tenant ung reliquaire où est une grosse perle. » ( lnv. de Charles F, fol. 218.)
« Douze ymages des douze apostres d'argent doré, lenanz reliquaires en une main, et en l'autre espées, glaives, bastons et cail-
loux, assis chacun sur un entablement d'argent doré esmaillé des armes de France. » (Ibid., fol. 97.)
11 existe à Paris plusieurs belles pièces de cette orfèvrerie sculptée du xiv* siècle. Au musée du Louvre, entre autres pièces:
1° une statuette en or de la Vierge, tenant l'Enfant-Jésus : elle fut donnée, en 1339, h l'abbaye de Saint-Denis par Jeanne d'Evreux, veuve du roi Charles le Bel ; 2° deux anges qui tiennent des reliquaires : ces statuettes en or ont les carnations colorées ; 3° un reliquaire en or, de 30 centimètres environ de hauteur, offrant une espèce de portique dans le style ogival, décoré de dix niches qui renferment des figurines émaillées : le Christ, la Vierge, des saints et des saintes; des rubis, des saphirs et des perles, montés à gritfes, sont répartis sur toute l'étendue du monument. A la Bibliothèque Nationale, on trouve quelques belles couvertures en or de divers manuscrits précieux. Nous en avons parlé à l'article Email, à l'article Evangéliaire et à l'article Couverture. Voy. ces mots.
Le genre gothique, qui dominait dans l'orfèvrerie au xiv* siècle, se perpétua pendant toute la durée du xv% tant en France qu'en Allemagne, avec les modifications qui s'introduisirent alors dans l'architecture et dans l'ornementation. Ainsi, la magnifique châsse de l'abbaye de Saint-Germain des Prés, à Paris, que fit exécuter l'abbé Guillaume en 1408, par trois fameux orfèvres de Paris, Jean de Clichy, Gautier Dufour et Guillaume Bocy, figurait une église dans le style ogival du xve siècle. Ce superbe morceau d'orfèvrerie a été détruit ; mais on peut juger de la beauté du style par la gravure qu'en a donnée Dom Bouillard dans son Histoire de l'abbaye de Saint-Germain des Prés, et de sa richesse par la description qu'y a jointe le savant bénédictin.
Au XVIe siècle, l'orfèvrerie française et allemande ne fut qu'une imitation de l'orfèvrerie italienne. Les œuvres des artistes italiens parurent alors si remarquables de dessin, l'influence des idées de la Renaissance était si forte, que bientôt on abandonna complètement les traditions artistiques de notre pays.
Les œuvres de l'orfèvrerie italienne sont fort nombreuses et bien connues. Il en est de même de celles de la Renaissance française. Nous ne nous y arrêterons pas davantage. Nous renvoyons le lecteur désireux d'avoir de plus longs détails sur cet objet, à un très-remarquable article sur l'orfèvrerie, de M. Labarto (Introd. historique à la description de la collection Debruge- Dumesnil, pag. 206 et suiv.). Nous y avons puisé plusieurs des faits et des appréciations qui précèdent. Dans les Annales archéologiques, on trouvera égalera: nt de bons renseignements. Dans les Annalesde Philosophie chrétienne, tom. XIV, pag. 322, on trouvera aussi un article curieux sur Yorfévrerie sous les Mérovingiens.
ORFROl. — L'orfroi est une bande ou plusieurs bandes de riches broderies d'or, atla-
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ou»;
chécs sur les vêlements. Le mot latin auri- [risiuin en indique In signification el l'étymologie. Les vêlements ornés, chez les anriens Romains, s'appelaient auriclavœ <»u elavatœ. Le clarus était une bande qui servait à orner la tuuique ; mais il était réservé aux patriciens, sénateurs et chevaliers. Les uns portaient le laiiclave, les autres Vangusticlâve. Le mot chrysoclavus qui se lit dans les écrivains ecclésiastiques est le même que auriclavus. Toutes les chapes ont un orfroi sur le bord. Les chasubles ont actuellement un large orfroi, modifié quant aux ornements du tissu, el en l'orme de croix. Autrefois, elles avaient des orfrois semblables par devant et par derrière, de même forme que le pallium, comme on en voit de fréquents modèles dans les monuments du moyen Age.
Dans l'histoire des évoques d'Auxerre, citée par DomCÎ. de Vert, il est fait mentiond'une chasuble ornée d'un orfroi ad modum pallii archiepiscopalis. Les parements des anciennes aubes et des amicts constituaient aussi une espèce d'orfroi.
Du Gange a recueilli, dans les documents du moyen Age, les mots aurifrigia, aurifrisia, auri frisa, aurifrasus , aurifrixus, auriphrygium, et d'autres, pour désigner l'orfroi.
ORGUES. — L'orgue est un instrument de musique à vent, le plus beau par sa variété, par son étendue et par l'éclat de ses sons. Il est composé d'un grand nombre de tuyaux qui se partagent en plusieurs jeux, et un en joue au moyen d'un clavier. Nous n'avons point ici à en faire connaître le mécanisme; nous nous bornerons adonner quelques détails historiques et archéologiques.
On ignore à quelle époque et dans quel pays l'orgue fut inventé. Ce que l'on sait, c'est qu'il fut employé de bonne heure dans les églises, pour donner plus de solennité aux cérémonies sacrées. Le mot organum est très-vague, et les anciens auteurs latins s'en servent pour désigner d'un nom commun nulle espèce d'instruments de musique. Ce qui fait qu'il y a incertitude et quelquefois même confusion dans certains textes anciens, où il est question de musique et d'instruments de musique. Saint Augustin, dans un passage de son commentaire sur le i.vi' psaume, donne une définition nette et précise de l'orgue : « On appelle organa, dit il , tous les instruments de musique; le nom d'organum est donné non-seulement a ctt instrument de grande dimension et dans lequel l'air est introduit [tardes soufflets, mais aussi à tout instrument qui sert au musicien pour exécuter une mélodie. » Organa dicuntur omnia instrumenta musicorum; non solum illud organum dicîtur, quod grande est et injlntur fullibus, sed cliam quid- </uid aptatwr ad canlilenam et corporeum at, quù instrumenta utilur qui vantât, organum dicilur. Le même saint Augustin .s'exprime très-clairement sur le sujet de l'orgue dans son commentaire surle cl' psaume. Organum générale nomen est omnium vasorum musicofittn, quamvisjam oblinuerit eonsuetudo, ut organa proprie dicantur ca quœ
injlanlur fullibus ; quod genus signifivalum hic esse non arbitror. Nom cum organum vovabulum grœcum ait, ut dixi, générale (se. opyavov, quasi ÊjayKvov, ab fpym, opus), omnibus instrumentas musieis conveniens; hoc cui folles adhibentur, alio Grœçi nomine appel- Itint. Ut autem organum divatur, magis Latiua et ea usitataet tulgaris est vonsurtudo.
Ima conjecture, généralement admise et qui offre assez de vraisemblance, c'est ((un la syrinx ou flûte de Pan doit être considérée comme l'origine de l'orgue à tuyaux. Pour faire, en effet, un orgue de la syrinx, il suffisait d'introduire l'air dans les tuyaux autrement qu'avec les lèvres et les poumons. On essaya, mais les tâtonnements furent longs et pénibles, parce qu'il était difficile d'introduire l'air d'une manière uniforme et de le distribuer aux tuyaux d'une manière égale. On employa l'eau comme moteur de l'air dans les tuyaux : on donna alors à l'instrument le nom d'hydraule, et plus tard ou l'appela orgue hydraulique.
Nous ne connaissons guère que par des descriptions fort embrouillées le mécanisme de l'orgue hydraulique. Ce que nous savons, c'est que ce mécanisme était compliqué et que l'instrument rendait des sons forts et variés.
L'orgue à soufflets et à air, ou orgue pneumatique, paraît être pour le moins aussi ancien que l'orgue hydraulique. Mais le premier l'emporta promptement sur le second, et fut le seul conservé dans les églises, surtout après avoir éprouvé plusieurs perfectionnements, qui le rendirent le roi des instruments de musique.
L'introduction du premier orgue en France parait n'avoir eu lieu que vers le milieu du vme siècle, sous le roi Pépin. Eginhard nous apprend que parmi les présents qui lui furent envoyés à Compiègne par l'empereur Constantin, il y avait des orgues, organa. Voici le texte de l'historien. Constantinus imperator Pipino régi multa misil mimera, inter quœ et organa, quœ ad eum in Compendio villa pervenerunt, ubi tune populi sui convention gênerai rm habuit. ( Ann. rerum gestarum Pipini régis. )
Au nombre des présents que le même empereur envoya plus tard à Charlemagne, il y avait aussi un orgue. Le texte du moine de Saint-Call ne laisse aucune incertitude à cet égard. Adduxerunt etiam iidem missi (Constantin! Copronymi ) omne genus organorum , sed et variarum rerum secum, que ciincla ab opificibus sagacissimisCuroli, quasi dissimutanùr aspecta, accuratissime sunt in opus conversa ; et prœcipue illud musicorvm organum prœstanlissimum, quoddoliis ex œre conflatis , follibusque taurinis per fislula* œreas mire per fiant tbus, rugitu quidam tonitrui boatum, garrulitatem vero Igrœ vel vijmbail dulcedinem coœquabat. Quod ubi position fuerit, quandiuque duraverit, et quomodo inter alla rei publicœ damna perierit, non est hujus loci vel temporis enarrare. (Lib. 11 de Rébus bvllivis Caroli Magni , cap. 10.) On peut conjecturer avec vraisemblance
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que l'orgue, ainsi imité par les ouvriers de la cour de Charlemagne, était de petite dimension. Wilfrid Strabon parle avec beaucoup d'emphase d'un orgue qui existait de son temps dans l'église d'Aix-la-Chapelle. La douceur des sons de cet instrument fut cause, selon lui, de l'évanouissement profond et de la mort d'une femme.
Dans les Annales de Louis le Débonnaire, il est encore question d'un orgue qui fut fabrique par Georgius, venu de Venise, en Italie, et qui fut placé à Aix-la-Chapelle. C'était un orgue hydraulique, et Eginhard, en faisant mention 'de ce fait, le désigne sous le nom à'hydraula.
Il paraît qu'au ixr siècle, l'Allemagne avait une certaine réputation dans l'art de fabriquer les orgues et d'en jouer, d'après une lettre qui a été insérée par Baluze dans ses Miscellanea. Le pape Jean VIII écrivit à Hannon, évoque de Frisingue, en Bavière, pour le prier de lui envoyer en Italie un orgue, avec un artiste capable d'en jouer et de Je réparer au besoin.
Wolstan, chanoine et chantre de Winchester, au xe siècle, a donné dans la Vie de Switun, une description en vers de l'orgue que l'évêque Elfège avait fait construire, en 951, pour l'église de Winchester. D'après cette curieuse description, cet orgue surpassait en grandeur toutes les orgues qu'on avait vues jusqu'alors. Il était composé de deux parties dont chacune avait sa soufflerie, son clavier et son organiste. Douze soufflets à la partie inférieure, quatorze à la partie supérieure, étaient mis en mouvement avec beaucoup de peine par soixante-dix hommes robustes. L'air, refoulé d'abord dans un sommier sur lequel étaient rangés quatre cents tuyaux, se distribuait ensuite, par quarante soupapes, dans chaque chœur ou groupe composé de dix tuyaux, mais ingénieusement d'accord. Le récit de Wolstan, que l'on trouve dans les Acta sanctorum ordinis Benedictini, tom. VII, pag. G17, publiés par Mabillpn, est trop curieux pour n'être pas transcrit ici.
Talia et aitxistis hic organa, qualiu nusquam
Cernnnlur, gemino conslabilila sono.
Bissetii supra sociantur in ordine folles,
Inferiusque jacent quatuor alque decem ; Vlatibus altérais spiracula muxima reddunt.
Quas agitant validi septuaginta viri Urackia versantes, multo et sudore madenles,
Certalimque suos quisque monet socios, Mribus ut totis impellanl (lamina sursum,
llugiat et pleno kapsa referta siriu.
Sola ijuadringenlas quœ sustinet ordine musas,
Quas manus organici tempérât ingenii.
lias aperil clausas, iter unique lias cluudil apertus,
Exigit ut varti certa camœna soni.
Coufiduntaue duo concordi pectore fratres,
Kl régit alphabetum rector uterque suum. Suntque qualer dénis occulta foramin.a lingnis,
lnque suo retinet ordine quoque decem.
Hue aliœ currunt, illuç aliœque recurrunt ;
Servantes modulis singula puncta suis.
Et feriunl jubilum septem discrimina vocum,
Permixto lyrici carminé semiloni.
lnque modum tcnilrus vox ferrea verberat auics,
Vrœtcr ut liunc sohtm ni! capiat sonijum,
Cuncrepat in lanlum sonus hinc, illineque resultans,
Quisque manus patulas claudal mit auriculaf, Haudquaquam sufferre valais propiando rugitum,
Quem reddunt varii concrepitando soni :
Husarumquc melos auditur nbique per urbem,
El peraqrat totam fama volans patriam.
Hoc decus ecclesia novit tua cura tonanti
Clavigeri inque sacri slruxil honore Pétri.
Les sons de cet orgue étaient tellement éclatants qu'on les entendait de toute la ville, s'il faut prendre à la lettre le récit de Wolstan. Ce bruit, semblable à celui du tonnerre, n'était guère favorable à l'harmonie ; aussi, ajoute le même auteur, était-on obligé de se boucher les oreilles, lorsque les deux organistes en jouaient a la fois concordi pectore. Si toutes les orgues avaient été perfectionnées de cette manière, il y a longtemps qu'elles auraient disparu de nos églises. Aussi, au moyen âge, trouvons-nous des détracteurs de l'orgue. Un abbé de Bicval, Ealred, se plaignait vivement du bruit assourdissant de cet instrument. « A quoi sert, disait-il, je le demande, ce terrible fracas de soufflets qui ressemble au bruit du tonnerre, plutôt qu'à la douceur delà vuixtvAdquid, rogo, terribilis ille follium fîatus, tonitrui potins fragorem quam vocis exprimens cha~ ritatem? {Spéculum charitatis,\\h. il, cap. 23.) Baudry, évêque de Dol, et auparavant abbé de Bourgueil, prend la défense des orgues; mais il n'ose pas mettre en avant l'harmonie de cet instrument; il en justitie l'usage en s'appuyant sur l'exemple de David et d'Elisée. Il n'ose pas cependant condamner ceux qui le repoussent (les églises. (Episl. Balderici ad monachos Fiscamn. )
Il résulte des détails qui précèdent que le mécanisme des orgues primitives était rude et grossier. L^s touches étaient tellemenldures, qu'elles ne pouvaient être mises en mouvement qu'à coups de poing, et que l'on s'armait les mains de gants épais, de peur de srj blesser.
Malgré les imperfections des orgues, chaque grande église était jalouse d'en posséder, et c'était un moyen d'attirer la foule, quelquefois de fort loin, auxjours de grande solennité, car on jouait rarement de cet instrument. Les chroniques mentionnent toutefois plusieurs moines fort habiles dans l'art déjouer de l'orgue; sans doute que le mécanisme s'en perfectionnait de plus en plus, et offrait des ressources au talent des musiciens. Au xve siècle, le perfectionnement de l'orgue fit un pas immense; on luidonna plus d'étendue et on imagina de séparer les différents registres les uns des autres, de manière à faire imiter par chacun les sons d'un instrument particulier.
En augmentant et en séparant les registres et les voix, il fallut donner plus d'étendue au clavier de l'orgue. On n'avait eu jusque-là que l'échelle diatonique et à peine quelques octaves ; on plaça alors, dans le clavier, les tons chromatiques et on augmenta le nombre des octaves. Dom Bedos de Celles, dans son livre intitulé : L'art du facteur d'orgues, pensa que l'on avait déjà corn-