‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 121 sur 276 · OUI · texte numérisé non relu

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mcncé, au xm' siècle, à placer ces Ions chromatiques dans '.'orgue de l'église de Saint- Sauveur, à Venise. On prétend que ce premier clavier chromatique avait une étendue de deux octaves. L'invention du clavier de pédale, due à un Allemand, nommé Bernbard, contribua beaucoup au perfectionnement de l'orgue : cette invention eut lieu à Venise, et date de 1V70. Entin, les améliorations introduites successivement dans la soufflerie, de manière h introduire un volume d'air considérable et aie répartir avec beaucoup d'égalité h tous les jeux, amenèrent l'orgue à rétat de perfection où nous le voyons de nos jours, état qui nous semble pouvoir être dépassé difficilement, à moins que l'on ne dénaturele caractère de l'instrument, comme on peut le craindre, d'après certaines tentatives faites sous nos yeux.

ORIENTATION. — I. Disposition particulière des églises, dont l'axe longitudinal se dirige du couchant au levant, de manière à ce que l'abside soit tournée à l'orient. La coutume d'orienter les édifices chrétiens parait très-ancienne, puisque les constitutions apostoliques la prescrivent. Beaucoup de basiliques primitives à Rome ne furent pas orientées; mais cela tenait, sans doute, a la position de l'évèque ou du prêtre à l'autel, lorsqu'il disait la messe. 11 était tourné sans cesse vers le peuple, de sorte qu'il avait le visage vers l'orient, et qu'il ne se tournait jamais pour donner le salut do paix au peuple, en disant : le Seigneur soit avec vous.

Quoi qu'il en soit des faits plus ou moins nombreux que l'on pourrait citer en désaccord avec la coutume d'orienter les églises, toujours est-il, qu'à partir du xic siècle, en France, l'usage d'orienter les édifices sacrés est constant et général. Cette direction fut donnée aux églises, soit pour que le soleil en éclairât l'intérieur de ses premiers rayons, symbole de la lumière céleste du soleil de justice qui doit éclairer nos cœurs; soit afin que les fidèles qui viendraient y prier eussent la face tournée vers la contrée qui fut le berceau du christianisme. On remarque dans beaucoup d'églises une inclinaison de l'axe très-marquée par rapport à l'orient vrai, inexactitude qui peut tenir scit au peu de soin apporté par les constructeurs à établir une orientation exacte; soit, comme l'ont supposé quelques antiquaires, à ce que l'on se sera dirigé sur le point du ciel où s'élevait le soleil, à l'époque de l'ouverture des travaux. Sur l'antique coutume d'orienter les églises, on peut consulter Origène, hom. 5, in Num., cap. 4; Tertullien, Apol. cap. 16, et ad Nation, i, 13; Clément d'Alexandrie, Strom. vu, antemed. — lu//, encore sur le même sujet Annules de philosophie chrétienne, tom. XIX, pag. .'352.

L'Orientation des églises ne s'applique pas seulement a la position déterminée et symbolique de l'autel et du chœur tournés vers l'uneil : la même loi embrasse l'édifice en-

tier, et le lieu où doivent être traduits, par la peinture ou la sculpture, les divers enseignements de l'Eglise, était déterminé à l'avance. L'occident est la contrée de l'ombre, du sommeil et de l'ignorance des choses divines ; au-dessus de la porte qui s'ouvre de ce côté, le Christ législateur était représenté au milieu des symboles des évangélistes, et la façade est dominée par les tours qui portent au loin dans les airs la voix de la prière. Toute cette face de l'édifice est consacrée a représenter celui qui est la vérité et la vie : « Le centre du portail occidental « n'admet rien d'inférieur a Jésus— Christ . « Le nord est la région des frimas et des ora- « ges, c'est-à-dire des passions et de l'en- « durcissement dans le péché : à i'homme « qui habitait la région des ténèbres il n'a « fallu que la lumière; quant à celui qui « s'est laissé vaincre par le prince de 1 A- « quilon, souvent il aimera ses chaînes. Il « faut que la crainte ou l'espoir fassent naî- « tre en son cœur le désaveudu passé.» Ans- i les vieux architectes représentaient-ils au portail du nord les effrayantes scènes du jugement dernier. La même pensée fit plus tard consacrer ce côté septentrional, des églises à la gloire de celle qui est le refuge des pécheurs.

Le midi n'a jamais été pris en mauvaise part : aussi le côté méridional était affecté à la représentation du règne de Jésus-Christ , à la gloire des martyrs et des saints. Les mystères du triomphe de l'Evangile y sont développés, le Fils de Dieu y apparaît comme « pontife suprême, environné des vertus , consommant par son sacrifice toutes Les oblations de la loi ancienne et sanctifiant les élus par l'efficacité de son sacerdoce éternel ; » ou bien,. « c'est le nouvel Adam réparant la chuté de l'ancien, et rendant au monde par l'Esprit-Saint une fécondité plus précieuse que le première ; » ailleurs, «c'est la loi de grâce portée par les prophètes, et le Rédempteur exalté par le concert de tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, sous la figure biblique des vingtquatre vieillards qui adorent l'agneau en présence des quatre animaux évangéliques.»

Tous ces inytérieux et profonds enseignements du portail méridional paraissent s'adresser spécialement au clergé : c'est au midi en effet qu'ordinairement se trouvent l'évèché ou le cloître des chanoines.

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