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Les temples des anciens étaient tellement bâtis, que ceux qui y priaient avaient la face tournée vers l'orient, mais ce n'est, pas de là que cet usage est parvenu aux chrétiens et a prévalu parmi eux. Le cardinal Bona suppose que la première raison en était, qu'exilés et pèlerins que nous sommes ici-bas, nous puissions par là tourner les yeux vers la terre d'où nous fûmes bannis, Vers le paradis terrestre, que Dieu planta à l'orient dans l'Eden. Saint Rasile dit qu'il en est peu qui connaissent cette raison, quoique KEglise l'ai! en vue pour nous ramener
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vers notre ancienne patrie. Les plus anciennes basiliques étaient toujours bâties dans la direction de l'orient équinoxial, parce qu'alors le soleil est supposé se lever au-dessus du paradis terrestre.
On a cependant donné une autre raison de cette direction des temples : c'est, a-t-on dit, parce que c'est dans l'orient que le Soleil de justice, le Christ, notre Dieu, a paru sur la terre.
Saint Justin, martyr, y assigne encore une autre cause, c'est que le devoir des hommes est de dévouer et de consacrer à Dieu tout ce qu'ils ont de meilleur, et (pie cette partie du monde était regardée comme la plus excellente et la [lus noble. C'est à cette opinion que le Dante fait allusion lorsqu'il dit, en parlant de l'Orient : Celle région, ou le monde est plus vivant. On donne encore une autre raison ; c'est que le Christ était la vraie lumière, l'Orient véritable, et par conséquent, dit saint Chrysostome, en nous détournant de l'Occident nous regardons l'Orient, espérant dans le Dieu tout-puissant.
Saint Âthanase fait voir aussi que nous regardons vers l'Orient, non que nous supposions que Dieu soit circonscrit dans aucune limite, mais parce que Dieu est la vraie lumière, et, par conséquent, nous tournant vers la lumière créée, nous adorons le Créateur de cette lumière.
Saint Clément d'Alexandrie parle dans le même sens. Elpidius, qui vécut vingt-cinq ans dans un caveau sur le sommet d'une montagne, faisait tant de cas de la pratique de ce symbole, qu'il est dit , pendant ce temps, avoir toujours regardé l'orient ; et Jean Moschus, dans sa Prairie, spirituelle, rapporte d'un jeune homme qu'ayant été faussement accusé par des soldats, il les pria de le pendre la face tournée vers l'orient, afin qu'il put le regarder en mourant.
Mais la principale raison de cet usage est mentionnée par Damascène et Cassiodore : c'est que Notre-Seigneur, sur la croix, avait la face tournée vers l'occident, et qu'en conséquence nous nous tournons vers l'orient en priant, afin de voir la face du Christ.
L'Eglise de Dieu tient d'autant plus à cette coutume, que tous ceux qui sont séparés de sa communion ont l'habitude de la dédaigner; les anciens hérétiques aimaient mieux se tourner vers l'occident , le midi et le nord. Les Sarrasins se tournaient xevs le midi ; les manichéens, vers le nord, et les juifs, vers l'occident.
L'église de Saint-Benoît, à Paris, ayant, au xive siècle, son grand autel tourné à l'occident, portait le nom de Saint-Benoit-mal- Tourné (Sanctus Benedictus maie versus) ; mais, rebâtie sous le règne de François i'r, avec son grand autel au levant, elle fut appelée Saint-Benoît le Détourné (Bene versus).
Du reste, dans celte question comme dans bien d'autres, chacun abonde dans son sens : mais, comme le dit très-bien un écrivain du moyen âge, le Seigneur est toujours près de ceux qui l'invoquent en vérité, et le salut est toujours loin des pécheurs ; et ni l'orient ni
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l'occident ne nous laissent un chemin ouvert pour la fuite ; car c'est Dieu qui est juge, et il humilie l'un et il exalte l'autre.
OBIFLAMME. — L'oriflamme était une espèce de gonfanon ou de bannière, comme en avaient autrefois toutes les églises, et qui appartenait en propre à l'abbaye de Saint-Denis. Cette espèce d'étendard était mis entre les mains du comte de Vexin, quand il s'agissait de défendre les biens de l'abbaye. L'oriflamme était de soie couleur de feu et se terminait par trois fanons. Les rois de France ne se servirent pas de l'oriflamme avant Louis VI, qui acquit le comté de Vexin. Depuis ce temps jusqu'au moment où elle disparut sur le champ de bataille d'Azincourt, l'oriflamme était portée à toutes les guerres où les rois de France allaient en personne.
OBLE. — Ce mot vient de l'italien orlo, ourlet ; c'est un petit filet sous l'ove d'un chapiteau. L'orle est souvent orné de perles dans les monuments d'architecture romano-byzantine.
OBNEMENTS, OBNEMENTATION. — La forme et le caractère des ornements employés à la décoration des édifices par la sculpture et la peinture sont empruntés 5 la nature, que l'art ensuite idéalise à son gré, ou à la géométrie.
Les premiers sont ceux qui se composent de feuillages, de fleurs ou de tous autres objets appartenant au règne végétal, ou qui représentent des individus ou des portions d'individus appartenant au règne animal, naïvement imités, ou défigurés d'une manière fantastique.
Dans la première section se rangent les guirlandes, les festons, les bouquets, les couronnes, puis les palmottes, les rinceaux, 1rs fleurons, les rosaces, les feuilles et Jes Heurs, les fruits isolés, etc. Dans la seconde, sont les têtes, les demi-figures, les figures entières d'hommes ou d'animaux de toutes les espèces ; puis les masques ou mascarons, les satyres, les centaures, les sphynx, les syrènes, les chimères de toutes sortes, les pieds de chèvre, les griffes de lion, les tètes de Méduse, etc.
On peut faire une troisième classe des ornements empruntés à l'industrie humaine et représentant les choses créées par elle, comme des patères, des boucliers, des vases, des candélabres, des rubans, des diadèmes, des colliers, des torsades, des autels, des instruments de sacrifice.
Les ornements géométriques sont ceux qui, ne représentant absolument que des combinaisons de lignes droites, de lignes courbes, ou de droites et de courbes entremêlées, sont toujours susceptibles d'être tracés à la règle et au compas , sans aucune imitation propre des choses de la nature ; tels sont, d'une part, proprement les moulures de l'architecture, continues ou assujetties soit à une ilexion, soit à une déviation quelconque ; de l'autre part, les polygones, les cercles ou les segments de cercle
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combinés qui forment les arcs, les trèfles, les qualrefeuilles et toutes les figures h un nombre de lobes ou pétales quelconques, ainsi que tous les compartimenta de l'architecture flamboyante, les bâtons ou finettes plies sous tous les angles, ou coupés par tronçons, les compartiments ou réticulaires, les enroulements courants ou postes, les oves, etc.
L'ornementation végétale se montre dans les monuments de toutes les époques, mais sous des formes et avec des caractères fort différents. Celle de l'antiquité est large et splendide1; celle de la période romane et de la période gothique est souvent maigre, quand elle n'est pas lourde, et no perd pas cette physionomie même lorsqu'au xve siècle l'art remplace le crochet ou petite crosse née au xn* siècle, et dont se hérissent bientôt ses chapiteaux, les rampants de ses pignons et de ses clochetons, ses corniches, par d'énormes touffes de choux frisés, de chicorée, de chardon, inconnues dans l'ornementation grecque ou romaine. Une de ses particularités, c'est que l'artiste gothique, puisant constamment dans la végétation indigène qu'il a sous les yeux, est beaucoup plus varié que l'artiste antique.
Mais c'est tout le contraire dans la décoration tirée du règne animal et des productions de l'homme. La période romane ne prend guère, à la première partie, que les mascarons auxquels elle donne un cachet particulier sur ses corbeaux ou sous les arceaux de ses archivoltes, quelques demi-figures d'homme, quelques chimères sur ses chapiteaux, à part ses chapiteaux historiés, dont la sculpture appartient plus à l'iconographie qu'à l'ornementation.
La seconde partie produit quelques chapiteaux imitant la corbeille réelle, d'autres décorés, ainsi qu'une foule de dais couronnant les longues figures des portails, de murs crénelés, de petites églises et d'autres édifices.
Ce dernier motif, étendu môme à quelques autres membres décoratifs, et les crochets à petites tôles tenant lieu de volutes, sont les derniers emprunts faits par l'architecture gothique aux deux classes de décoration dont nous venons de parler. Dès le milieu du nu1 siècle, elle cessa absolument d'y puiser, si ce n'est pour donner a, ses gargouilles leurs formes fantastiques.
Les ornements géométriques dominent durant les deux périodes romane et gothique ; aux cables, aux frettes crénelées ou grecques, aux billot tes, aux entrelacs, aux échiquiers, aux gaudrons, aux méandres, aux étoiles, qu'on voit, pour la plupart, sur les mosaïques antiques , le goût romain ajoute les chevrons parallèles, ou opposés, les losanges enchaînés, les zigzags, lus dents de scie, les tôtes de diamant ou de clou, les écailles (ou imbrications), les lacis ou treillis, qu'elle applique en sculpture sur les moulures, sur le fut de ses colonnes, et même sur une de ses murailles ; qu'elle dessine en grosses mosaïques bieolon s sur
ses pignons, autour des arcs de ses fenêtres, ou au-dessous de ses corniches.
Aux ornements géométriques généralement rectilignes de la période romane, dont celte période ne conserve quelques traces, comme les dents de scie, les petits chevrons, que pendant peu de temps, elle en substitue de nouveaux où domine la forme curviligne. Ce sont les petites ogives, les trèfles, les quatre, cinq et six feuilles d'abord arrondies, puis en lancette, isolés, ou inscrits dans un cercle en forme de rosaces, aux xiv et xve siècles, le triangle ou quadrilatère rectiligne ou curviligne; à partir du xv* les formes ondulées ou galbées, des cœurs, des flammes, des fleurs de lis, des réseaux à mailles renflées.
La Renaissance entremêle les motifs et les formes de l'ornementation antique avec ceux de l'ornementation de la période avec laquelle elle se confond pendant un demi-siècle; coquette et légère, elle recherche la finesse dans ses moulures, la grâce et la variété dans ses arabesques, où tous les motifs de décoration se confondent sans autre loi que celle du génie personnel do l'artiste.
Dès le milieu du xvi' siècle, la source gothique se ferme, et la source antique est la seule où l'art va puiser; mais l'art devient moins scintillant, moins fleuri sous Louis XIII ; prend une ampleur , une pesanteur particulière sous Louis XIV , pour s'éteindre dans les rocailles et les lignes bizarrement contournées du règne de Louis XV.
OSSATURE DES VOUTES.— L'ossature d'une construction c'est le squelette ou, si l'on peut employer cette expression, c'est la carcasse d'un bâtiment. Ce mot est emprunté de l'italien ossatura. L'ossature d'une voûte d'arête, construite d'après le système en usage au moyen âge, consiste dans les arcs-doubleaux, les formerets et les croisées d'ogive.
OSSUAIRE. — C'est la même chose que charnier. C'était, dans toutes les églises, et c'est encore dans quelques églises de la Bretagne, un endroit où l'on déposait les ossements que le fossoyeur trouvait dans les fosses où il y avait eu des sépultures et que l'on rouvrait pour faire de nouvelles sépultures. Quelquefois les cryptes ont été transformées en ossuaires. En certains endroits, on rencontre aujourd'hui des osseinenls nombreux sur les voûtes des églises : c'est a défaut d'ossuaire, qu'on les avait mis sur les voûtes. Voy. Charmer.
OSTENSOIR. Voi/. Moxstrance.
OUTREPASSÉ (Arc). — On appelle arc outrepassé, celui qui est formé de plus delà moitié d'un cercle. Voy. Arc.
OVE. — L'ove est un petit ornement d'architecture qui ressemble à un œuf. Il est fort usité dans l'architecture antique. On en trouve quelques échantillons dans les monuments de la période romano-hyzantine, surtout dans le midi de la France.
OVIGULE. — L'ovicule est un petit ove.
Quelques auteurs prétendent qu'on doit ap-
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