TAU
4Si
monts do murailles formés de pierres taillées on pointes de diamant ou en moulures prismatiques.
PAREMENT. — Le parement , appelé par les antiquaires anglais appareil, est un ornement qui relevait autrefois le bord do l'amiet, les manches et la partie inférieure! des aubes. Yoy. Aube et Amict. Au mot Aube, nous avons donné des détails sur les anciens parements.
On appelle aussi parement d'autel ce que les auteurs liturgistes nomment communément devant d'autel. Yoy. Devant d'AUTEL et Autel.
PAROISSIALE (Église). — L'église paroissiale est celle où le curé , au nom de l'évoque dont il est délégué, fait l'office public et administre les sacrements aux personnos sur lesquelles il a reçu juridiction. Les églises paroissiales ne commencèrent à exister d'une manière distincte qu'à partir du ive et du ve siècle. Ce n'étaient primitivement que des chapelles, établies par les évêques, dans les villes populeuses ou dans les campagnes remplies de nombreux fidèles, et qui étaient desservies par les prêtres qui entouraient l'évêque et formaient son presbytère. Lorsque la religion fut dominante, des prêtres furent attachés au service des chapelles qui devinrent des paroisses, et chaque prêtre eut un territoire déterminé sur lequel s'étendait sa juridiction.
Grégoire de Tours, dans la Vie qu'il a écrite des évoques ses prédécesseurs sur le siège de Tours, rapporte exactement la fondation des églises paroissiales. Parfois ces églises sont désignées sous le nom de plebanœ ecclesiœ. On appelait toujours ainsi les églises baptismales, celles qui avaient le privilège d'avoir des fonts baptismaux, privilège considérable à une époque où les évêques administraient encore eux-mêmes le baptême aux fidèles, la veille des grandes solennités de Pâques et de la Pentecôte. On désignait encore ces mêmes églises sous le nom d'églises de la chrétienté', parce que c'était sur les fonts baptismaux que l'on était admis au nombre des membres de la grande famille chrétienne. Ce fait explique l'origine d'un titre qui a paru extraordinaire et que portaient les doyens duchapitredela cathédrale deNantes : ils s'appelaient doyens de la chrétienté.
Les églises paroissiales furent ordinairement très -modestes. Elles étaient bâties d'une manière simple, et les richesses de l'architecture étaient réservées pour les cathédrales, les abbatiales et les grandes églises des prieurés.
Il faut ajouter à ce que nous avons dit tout à l'heure que souvent l'origine des églises paroissiales provient de l'établissement des Obédiences, Celles ou Abbatiales [Voy. ces mots). Les églises qui y furent bâties par les monastères furent généralement plus remarquables que les autres. On y reconnaît l'influence d'une institution grande, vivace et libérale. Ces églises, qui conservèrent le titre de prieurés, furent toujours consacrées su service paroissial.
Depuis la révolution française de 1789, les collégiales, les abbatiales et'les prieurés ont disparu en France. Plusieurs de ces grandes églises servent actuellement d'églises paroissiales, et à ce titre elles ont été conservées. Plût à Dieu que toutes eussent éprouvé le môme sort ! Nous n'aurions pas tant de ruines à déplorer.
PARQUET dans les églises. — I. Au lieu du pavé ordinaire, et surtout de ce pavé historié du moyen âge, si bien approprié aux éditices religieux, on a placé dans quelques églises modernes , surtout à Paris, des parquets comme dans les salons. Cet usage est en désaccord complet avec toutes les habitudes liturgiques et transporte jusque dans le lieu saint les habitudes mondaines. Nos églises sont faites pour tous, pour le pauvre surtout, qui a le plus besoin des consolations de la religion , * paupercs evangelizantur. Pourquoi paver et meubler une église de manière à en éloigner les pauvres et les gens du peuple? C'est précisément ce qui a lieu quand on emploie ces procédés qui annoncent le luxe et le confortable de la vie, bien plus que la simplicité et l'égalité chrétiennes. Nous croyons que l'introduction des parquets dans les églises doit être sévèrement condamnée.
PARVIS. — Le parvis d'une église, atrium, est la place, enceinte ou portique qui la précède. Les anciennes églises étaient presque toujours précédées d'un parvis, et la place qui se trouve devant la façade principale des cathédrales en conserve toujours le nom.
L'étymologie du mot est fort intéressante. Les plus anciens documents historiques désignent le parvis sous le nom latin de paradisus. On peut voir à ce sujet les notes cà* dessous. De paradisus on a fait le mot français partie
Dans la note suivante extraite des notes et observations surlesœuvresdesaintPaulin, évêque de Noie, par le P. Lebrun, on trouve d'excellents renseignements sur les parvis des basiliques romaines. Après avoir fait là description de l'antique basilique de Saint- Pierre de Rome, saint Paulin parle du portique ou parvis qui la précédait. Fuit hic porticus marmorea , dit le P. Lebrun , nunc magna ex parte dirula, quadrangularis forma?, quam Domnio 1 tanta magnificentia ornavit, vt paradisus nppellaretur. De quo loco ita Paulus Diaconus , lib. v , cap. 31 : « Domnio pontifex Romance Ecclesiœ locum, qui paradisus dicitur , ante basilicam B. Pétri, candidis lapidibus marmoreis mirifice stravit. » lta Attilius Serranus de septem urbis ecclesiis, cap. 1, agens de ecclesia sancti Pétri in Vaticano. « An locus ille a tempore Domnionis seu Doni papœ ob eam causam paradisus dictus sit,equidem nescio.» PariaDiacono habet Anastasius in Dono 1 : « Hic atrium B. Pétri aposloli superius, quod paradisus dicitur, estque ante ecclesiam in quadriporticum , magnis marmoribus stravit. » Quœ tolidem verbis repetit Aimoinus lib. iv, cap. 35. Paradisi ante ecclesiam B. Pétri meminit quoque Léo Mar-