PI£I
1 > I L ï"* s par M. Deschamps de Pas , dans les Annales archéologiques, tom. X et XI, sons le titre suivant : Essai sur le pavage des églises.
Le pavé des églises présente encore à notre examen les grandes dalles ou pierres tombales, gravées, qui remplissaient l'étendue des nefs. Yoy. Tombales (Pierres). Nous avons placé également quelques détails sur les cuivres funéraires sous le même titre. PÉDICULE. — Le pédicule , en général, est une espèce de petit pilier destiné à soutenir un objet que l'on appuie dessus, comme un bénitier des fonts baptismaux, etc.
PEDUM. — Le pedum était un bâton recourbé à l'usage des bergers, et que porte en main le bon Pasteur dans les peintures des Catacombes. Quelques antiquaires ont cru que le lituus ou bâton augurai était l'origine de la crosse épiscopale. C'est une erreur : c'est le pedum ou bâton pastoral qui doit en être regardé comme le premier modèle. Voy. Crosse, Raton.
PEINTURE MURALE. — I. « Il est hors de doute, pour nous servir ici des expressions de M. Eineiïc David, que jamais, quoi qu'on en ait dit, la peinture ne cessa d'être cultivée chez aucun peuple de l'Occident; que ce ne sont pas seulement des miniatures, mais de vastes tableaux qui furent exécutés parmi nous aux temps de Charlemagne, du roi Robert et de Louis le Jeune; que l'intérieur des églises était couvert , dans tout son contour, de peintures destinées à instruire le peuple et à décorer le monument; que les lois môme s'occupaient du maintien de cet usage religieux; que chaque siècle, chaque pays, eut ses artistes, et que la France et l'Allemagne se montrèrent longtemps rivales des provinces où les pontifes romains déployaient ^leur plus grande raagnificence. » Le mêm'Oiâuteur, dans un grand nombre d'articles de la Biographie universelle, montre, entre vingt exemples, Hugues, moine de Montier-en-Der, peintre et sculpteur du xe siècle, chargé par Giboin, évoque de Châlons-sur-Marne , de renouveler les peintures de sa cathédrale, effacées par l'effet du temps , ad renovanda opéra suœ ecclesiœ quœ erant obnubilata multorum temporum vetustate. (Act. SS. ord. Bened., tom. Il, pag. 856.) Or ce qui était vrai, appliqué aux siècles antérieurs aux croisades , aux époques mêmes des ravages des iconoclastes et des irruptions dévastatrices des Normands, put-il cesser de l'être , en général , lorsque des relations plus suivies entre l'Italie et l'Orient, dans les expéditions d'outre mer, et le progrès de l'art, devenu une espèce de culte pour les deux nations, et en même temps pour l'Allemagne et la Flandre , si avides de celle sorte de gloire, durent plutôt accroître qu'amoindrir ces premières dispositions? Si l'usage assez local des églises blanchies s'introduisit vers la fin du xn' siècle, témoin la Dalbade de Toulouse, qui date de 1177, et qui fut ainsi nommée par opposition à la Daurade, assez d'autres basiliques
des xiue et xiv siècles, où l'on trouve encore des traces de peinture, empruntèrent, comme fit l'art italien pour l'église gothique d'Assise , leur système de décoration intérieure à l'école byzantine, pour que nos peintres français n'aient pas eu trop à se plaindre de la survivance des artistes grecs, si longtemps chargés de nos décorations religieuses.
Nous avons donné le titre do Peintures morales à cet article sur la peinture, parce que les peintures murales sont les seules qui soient véritablement monumentales. Les tableaux sur toile, comme nous en voyons aujourd'hui un si grand nombre, et tant de médiocres, pour ne pas dire davantage, font ordinairement mauvais effet dans les églises, où il est difficile de leur donner un jour convenable. L'œil n'est-il pas péniblement affecté en voyant le plus souvent ces tableaux accrochés aux murailles, aux piliers, aux colonnes, à toutes les saillies, rompant disgracieusement toutes les lignes de l'architecture, sans pouvoir être vus sinon de quelques points de l'édifice? Les peintures murales, au contraire, sont composées pour la place qu'elles occupent; elles ont un ton plus mat, qui permet qu'on les voie commodément de toutes les parlies du monument. Aussi l'Eglise a-t-elle toujours recommandé l'usage des peintures murales pour la décoration des temples. Voy. Fresque, Encaustique.
Saint Grégoire de Tours , dans plusieurs passages de ses écrits , parle de peintures murales. Au liv. i" de la Gloire des martyrs, chap. 65, en parlant du temple du martyr Antolien , en Auvergne , qui avait été bâti par deux femmes de condition distinguée, il s'exprime ainsi : Erectis parietibus super aitare œdis illius, turrem a columnis, pharis, heracliisque , transvolutis arcubus erexerunt, miram camerœ fucorum diversitatibus imaginatam adhibentes picturam. Saint Grégoire ajoute que cet ouvrage était élégant et léger, elegans et subtile.
Les soldats insultant Gundebaud , fils de Clotaire IV (comme il le prétendait), lui disaient , au rapport de Grégoire de Tours (Uist. lib. vu, cap. 36) : Tune es pictor ille, qui tempore Chlotharii régis per oratoria parietes atque caméras caraxabas? Au chap. xxn, il est question des fils et des filles d'Ebérulfe , qui suspiciebant picturas parietum, rimabanturque ornamenta sepulcri B.
Martini.
Il y avait aussi des peintures dans le baptistère que Sulpice-Sévère avait fait construire, où il avait fait peindre les portraits de saint Martin et de saint Paulin de Noie, quoique ce dernier vécût encore; ce dont saint Paulin se plaignit, quant à ce qui le concernait, dans une ietlre à Sévère (epist. 32).
Voici de beaux vers d'Ennodius , placés dans un baptistère où étaient déposées les reliques de plusieurs martyrs dont les images étaient peintes sur les murailles :
PEI