‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 131 sur 276 · PE · texte numérisé non relu

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Rapta sepuHuris ammavit corpora pictor.

Fxmera viva vident mors cal in tumulos. JUorum lamen is'e locus compleetitur iwtus,

Quos paries facie, mens tenel aima fuie.

Saint Paulin , dent nous parlions tout à l'heure, dans un poëme à l'honneur de saint Félix, mentionne des peintures apposées aux murailles des portiques (bas-côtés) qui représentaient l'histoire de Moïse. Il rend raison de ce fait en disant que la multitude des paysans, qui ne savait pas lire {non docta legendi), était édifiée en voyant les actes des martyrs; enfin, pour que ceux qui passaient la nuit dans l'église nourrissent leur esprit de la vue de ces peintures, et fussent détournés d'aller s'exciter en prenant des boissons trop abondantes.

Ces peintures ou images n'étaient pas précisément sur l'autel, mais seulement sur les voiles et les arcades du ciborium , ce que le savant Du Cange fait très-bien observer dans la description de l'église de Sainte-Sophie.

Nous pourrions peut-être encore appeler ici en témoignage ce que saint Optât, lib. m, rapporte de Paul et de Macaire, qui devaient venir assister au sacrifice , et cum altariasolemniter optarmtur , proferrent Mi imag'inem, quam primo in altari ponerent; et sic sacrificium offerretur.

Nous ne savons pas au juste en quel endroit de l'église de Narbonne était cette peinture dont parle saint Grégoire de Tours : Pictura quœ Dominum nostrum, quasi prœcinctum (inteo, indicabat erueifixum. (Greg. Tur. lib. i, de Glor. martyr., cap. 23.) Le Christ apparut durant la nuit à un prêtre, et se plaignit à lui de ce qu'on avait exposé son corps dans un pareil état de nudité aux yeux des spectateurs. L'évèque, informé de cette vision, fit couvrir le crucifix.

Un grand nombre de textes, dont le sens est précis , prouvent que la décoration des églises par la peinture murale était commune dès les temps les plus reculés de notre histoire. Nous avons déjà cité quelques passages des écrits de saint Grégoire , évêque de Tours; nous pourrions en rapporter d'autres encore. Ruricius, évêque de Limoges, et dans son voisinage la noble dame Céraunia, avec une louable émulation, entretenaient auprès d'eux des peintres pour la décoration des églises. Ruricius écrivait à Céraunia : Ut pictorem vobis antea non transmitterem, hœc res fuit, quia , etc.. Scd... pictorem, quamlibet hic esset occupatus, cum discipulo <lrstinavi, quia malui meœ detrahere necessitati, unde vestrœ satisfacerem petitioni... Qucmadmodwm Ule parietes variis colorum fucis multimoda arle depintjit , ita vos animant vestrum, quœ est templum Dei, diversis virtutum generibus excolatis. (Ap. Canisium, Lcct. anliq., toin. I, pag. 389.)

Du temps de saint Grégoire do Tours et de saint Fortunat de Poitiers, dans la plupart des provinces des Gaules, à Toulouse, à Clermont, à Tours, à Rouen, à Saintes, à Bordeaux, on s'enorgueillissait d'employer des architectes et des peintres de nation gau-

loise : Ce ne sont point des artistes venus d'Italie, disaient-ils, ce sont des barbares qui ont exécuté ces grands ouvrages.

Qno'l nultus veniens Romana gente fabrivil ; Hoc vir baub.uuca PROLE perecjil opns.

(Fortuit., lib. ii, carm. 9 )

Les peintures et les mosaïques de cette époque primitive dégénérèrent promptement en ornements brillants , parce que le mauvais goût prend aisément la richesse pour la beauté. Elles furent surchargées de dorures et d'une multiplicité do couleurs : aussi appelait-on doreur le peintre chargé d'orner les églises. De là cette confusion des mots d'où sont venues les dénominations de Sainte- Marie la Daurade, Saint-Martin au Ciel d'Or, Saint-Germain le Doré.

En Italie, la peinture monumentale ne fut jamais complètement abandonnée. La reine des Lombards , Théodelinde , fit peindre à Monza, sur les murs de son palais, des traits puisés dans l'histoire nationale. Muratori, Ciampini et Frisi ont publié des gravures d'après les monuments de Théodelinde qui existent encore à Monza, à Pavie et à Naples. (Script, vet. rer. ita!., tom. I, part, i, p. 460; Vet. monim., tom. II, cap. k, tab. iv; Mem. di Monza, var. loc) On exécutait à Vérone, dans les souterrains de l'église de Saint-Nazaire, des peintures qui subsistent encore. (Scip. Maifei, Veron. illustr., part, m, cap. 3, col. 55.) Maifei les croit du vi* ou du vu' siècle. (Ouv. cit. cap. 6, col. Ii3.) Le chevalier Dionisi les a fait graver.

Les papes Jean III et Pelage II ornaient les églises de nouvelles mosaïques et les Catacombes de nouvelles peintures. On peut consulter à ce sujet les Vies des papes par Anastase le Bibliothécaire. On voit dans Ciampini la gravure d'une mosaïque de Pelage II, qui existe encore à Rome dans l'église de Saint-Laurent, dite in Agro Verano. (Tom. II, cap. 13, pag. 101.)

Nous ne finirions pas si nous voulions mentionner les faits de ce genre relatifs à la peinture, et consignés dans la Vie des Papes par Anastase. Dans nos provinces, de riches prélats, Siagrius à Autun, saint Colomban à Nevers, Didier et Pal lad e à Auxerre, firent exécuter dans leurs églises des peintures et des mosaïques. A cette époque, la peinture murale est désignée par les mots honestas parietum.

La peinture murale, comme les beaux-arts en général, fut florissante sous le règne de Charlemagne. L'opinion que les églises devaient être peintes sur toute leur surface intérieure avait cours en France de mémo qu'en Italie. L'empereur la confirma par une loi. Les envoyés royaux, missi dominici, qui, plusieurs fois chaque année, parcouraient les provinces, étaient chargés, en inspectant les églises, d'examiner non-seulement l'état où se trouvaient les murs , les pavés et les autres parties essentielles des édifices, mais encore la peinture. Volumus iiaque ut missi no i tri persingiUos paqos prœvidcre studeant...

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