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l'abside. Chacune des figures qu'on y distingue est séparée par des bordures formant des compartiments. Le Sauveur est représenté dans un magnifique ovale , accompagné de quatre anges , dont deux placés près de la partie supérieure de l'ellipse, et deux près de la partie intérieure ; plus loin , après les anges, et dans des compartiments séparés, se voient les symboles des évangélistes. Cette fresque , qui garnit toute la voûte de l'abside, devait être d'un très-bel effet : elle parait dater de la fin du xii* siècle.
Fresques de Saint-Junien de Brioude. — A Saint-Junien de Brioude , on voit des fresques importantes qui peuvent dater de la fin (lu xii' siècle ; elles représentent le Christ dans un cadre elliptique, entouré des figures symboliques des quatre évangélistes , puis le jugement dernier, et divers autres sujets. Fresques de la cathédrale du Puy. — Les fresques de la cathédrale du Puy étaient fort curieuses dans leur état primitif. Elles représentaient divers traits empruntés à l'Evangile, saint Michel, etc. On y reconnaissait le travail byzantin , à différents traits, comme, par exemple, à la manière grecque de donner la bénédiction.
Fresque cVAuxerre. — Dans les cryptes de la cathédrale d'Auxerre on voit de beaux restes de peintures à fresque. Le principal sujet en a été gravé avec soin, et se voit dans Y Iconographie chrétienne de M. Didron.
Fresque de la cathédrale du Mans. — La chapelle de la Sainte-Vierge, à la cathédrale du Mans, est entièrement peinte et dorée. Ces peintures et ces dorures étaient cachées sous une triple couche de badigeon : elles ont reparu , depuis quelques années seulement, dans un état de mutilation déplorable. Fresque de l'église de Crotelles. — Dans la pauvre église de Crotelles , au diocèse de Tours , on voit encore des restes assez considérables d'un tableau à fresque du xin* siècle. Il représentait un festin, les noces de Cana probablement.
Fresque de Véglise de Rivière. — L'église de Rivière, au diocèse de Tours, est une des plus curieuses églises du xu' siècle, sur les bords de la Vienne, où l'on voit un grand nombre d'églises curieuses. Elle était peinte à l'intérieur et à l'extérieur. On voit encore aujourd'hui des restes considérables d'une fresque, à l'extérieur, représentant la résurrection de Lazare.
Fresque de la chapelle du Liget. — Près de l'ancienne Chartreuse du Liget, dans les environs de Loches, au diocèse de Tours, il existe une chapelle fort intéressante , couverte de peintures à fresque sur toutes les murailles intérieures. Cette chapelle a été récemment achetée par le gouvernement :
les peintures vont être dessinées et publiées avec le plus grand soin parle Comité historique des arts et monuments.
Fresques de Nohant-Vicq (diocèse de Bourges , départ, de l'Indre). — Le sanctuaire , large de 3 mètres 2o centimètres , profond de 3 mètres 10 centimètres, se trouve revêtu
de peintures à fresques, représentant, sur la voûte, le Christ dans une gloire, environné des quatre évangélistes, avec les emblèmes qui les distinguent : l'Aigle , l'Ange et le Taureau, etc.
Plus bas, on voit la Visitation représentée par deux personnages qui s'embrassent. Au bas on remarque dos restes de lettres r.ui forment ces noms : Marie, Elisabeth.
A côté de la Visitation apparaît le martyre de saint Pierre, crucifié la tête en bas.
De l'autre côté de la croisée se trouve le Christ, les mains liées, amené devant Hérode, qui le raille , ainsi que les courtisans qui l'entourent. Ce tableau porte pour inscription le nom (ÏHérode.
Ce dernier sujet se trouve interrompu par l'ouverture d'une croisée ogivale , qui a dû être pratiquée pour donner du jour au sanctuaire, quand on a fermé la grande croisée du fond.
Le cintre qui ferme le sanctuaire offre aux regards des personnages dont deux seulement existent en entier; les autres ont été détruits par des réparations.
Le chœur, long de 5 mètres 75 centimètres, large de quatre mètres 90 centimètres, est tout entier revêtu de scènes chrétiennes et bibliques. Le côté droit de ce cintre représente l'entrée triomphale de Jésus-Christ a. Jérusalem. Une foule de personnages tiennent à la main des branches de palmier, et étendent leurs vêtements sur le chemin du Sauveur.
Le reste de la fresque a été détruit par l'ouverture d'une chapelle.
Sur les côtés du cintre on aperçoit encore une multitude de saints sous des arceaux qui reposent sur des colonnes romaines.
Ces saints sont dominés par une grande figure.
A côté un ange poursuit, une épée à la main, deux personnes effrayées, sans doute Adam et Eve chassés du paradis terrestre.
Au-dessus delà voûte du sanctuaire, trois personnages en pied tiennent des banderoles , sur lesquelles on lit : Duo bene servit Jeremia prophètes , Isaïas propheêa Domino, Elias propheta.
L'embrasure de deux petites croisées qui éclairent le chœur par-dessus le sanctuaire est aussi revêtue de figures d'anges.
Le côté gauche du chœur se divise en trois zones , séparées chacune par d'élégantes guirlandes de feuillages.
On voit dans la première case Jésus-Christ à table avec Marthe , Marie et Lazare ; dans la seconde , le lavement des pieds, la trahison de Judas, qui embrasse le Sauveur et est suivi d'une cohorte armée de bâtons , et saint Pierre, qui lève son épée et coupe l'oreille à Malchus renversé.
Dans la troisième, une foule de personnages pleurent sur une femme que supportent leurs genoux , tandis que d'autres déposent un lit funèbre dans une sorte de souterrain. Il ne paraît pas possible de rattacher ce sujet ni à l'Evangile ni à la Bible ; il doit rappeler quelques traits d'histoire locale.
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Il n'existe aucun chiffre , aucune légende qui puissent donner quelque éclaircissement à ce sujet.
Le côté du chœur faisant face au sanctuaire représente la Cène et le Sauveur à taille avec ses apôtres.
C'est le tableau le plus rempli d'expression et de beautés. Une joie mélangée d'inquiétudes se lit sur la tigure des apôtres; Jésus-Christ semble leur annoncer sa mort prochaine. Devant la table s'avance le sacrilège Judas, qui met une main dans un vase, et qui reçoit du Sauveur un morceau de pain.
Au-dessus de la cène , de chaque côté de l'entrée du chœur, se trouvent deux personnages : Moïse et David , ainsi que l'indiquent leurs noms écrits sur les banderoles.
On ne saurait assigner une époque tout à fait précise à ces peintures , puisque l'on manque d'inscriptions qui la déterminent.
Cependant les draperies, l'attitude, la pose et le dessin des personnages , la nature des caractères de l'écriture , les ornements qui appartiennent à l'époque romane, indiquent que les fresques doivent dater du xie siècle ou du commencement du xii*.
Fresques de Saint-Martin ( diocèse de Limoges). — Le chœur tout entier de l'église paroissiale de Saint-Martin est peint de fleurs; dans le calice de chacune d'elles est assis un ange vêtu d'une longue robe blanche, et qui joue d'un instrument de musique. Les attitudes et les instruments sont très-variés. Au centre de ce bouquet rayonne le Père éternel, qui préside au concert. Ces figures, endommagées à la Révolution , sont peintes à grands traits sur un fond blanc : elles datent de la Renaissance.
Les peintures murales de la période ogivale sont moins nombreuses dans les églises que celles du xne siècle. Pourquoi ont-elles disparu ? Il serait impossible aujourd'hui d'en assigner la véritable cause. Ce qui est certain , c'est qu'elles étaient supérieures à celles de la période romano-byzantine. On en voit encore des fragments où les couleurs et les dorures ont conservé un éclat extraordinaire. Au xme siècle, les peintures murales ont une grande analogie, pour ne pas dire ressemblance de style, avec les peintures sur verre.
De même que la peinture sur verre a laissé une très-grande quantité d'œuvres au xv* siècle et au xvie , de même la peinture murale avait exécuté, à cette môme époque, un grand nombre de tableaux à fresque.
Voy. Fresque, Encaustique , Polychromie.
Nous ne saurions terminer cet article sur la peinture murale, sans parler des ouvrages de trois écrivains du moyen âge qui ont traité longuement et ex professo de la peinture et de ses procédés.
1. Le premier est Eraclius, qui vivait probablement au xi" siècle. 11 était Romain , ou
au moins Italien de naissance. Le livre qu'il a écrit est intitulé : De coloribus et de artibus Romanorum. Eraclius était peintre. Nil tibi scribo quidem , dit-il , quod non prias ipse probassem.
IL L'ouvrage de Théophile, dont nous avons parlé fréquemment, est intitulé : Divcrsarum artium schedulœ. C'est un traité fort remarquable sur la pratique des arts chrétiens au moyen âge. Aussi nous avons jugé à propos de* mettre ici une courte notice sur Théophile et son livre.
Notice sur le moine Théophile et sur son livre
intitulé : Diversarum artium schedulœ.
Depuis que les idées ont fait un juste retour vers une époque longtemps oubliée, on apprécie plus impartialement l'œuvre du moyen âge. L'observation attentive des faits, l'examen critique des monuments, l'application des premiers principes de l'art, la puissance des lois d'une sage esthétique devaient hâter la ruine de jugements injustes et passionnés. La réhabilitation s'est accomplie en présence de témoignages irrécusables : témoignages éloquents rendus par les monuments eux-mômes.
Les monuments édifiés, sculptés, peints, ciselés, gravés, se montrent en foule ; il n'en est pas de même des œuvres littéraires ou des écrits destinés à transmettre la connaissance des procédés de l'art, à en consigner la marche et les progrès. Le livre du moine Théophile, Essai sur les différents arts, est un des plus complets et des plus importants qui nous soient connus. Au milieu de la multitude des détails techniques , cet ouvrage laisse fréquemment apercevoir le sentiment artistique et l'élévation de la pensée du moine auteur.
Le livre du moine Théophile présente aux antiquaires un immense intérêt : pour juger parfaitement de l'état de l'art à ses diverses époques et dans ses différentes branches, il ne suffit pas d'inventorier et de décrire les monuments ; il faut encore pénétrer dans l'atelier de l'artiste, le surprendre en quelque sorte au milieu de ses travaux, découvrir ces procédés matériels, et pour ainsi dire grossiers, sans lesquels pourtant le plus sublime génie ne saurait donner un corps à la pensée. Parmi les quatre ouvrages que la littérature du moyen âge ait produits sur cette matière importante, celui de Théophile appelle surtout l'attention par son étendue, par le nombre et la variété des arts qu'il embrasse, et par la date de sa rédaction.
Avant de parler de VEssai sur les différents arts, il eût été convenable de donner quelques détails sur la vie de l'auteur. Mais semblable à un grand nombre d'hommes éminents ses contemporains, Théophile ne nous est connu que par son travail. Le nom que la religion lui avait imposé est seul arrivé jusqu'à nous. On a conjecturé, d'après certains détails techniques, qu'il était Allemand; d'autres ont pensé qu'il était Lombard ou Italien, d'autres enfin qu'il appartenait à la France septentrionale. Au milieu de tant
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d'incertitudes, il est bien difficile d'émettre une opinion et surtout de la soutenir. Quelques manuscrits portent le nom de Ilugerus ajouté à celui de Théophile. Si cette addition n'était pas de beaucoup postérieure à la première apparition de VËsêai sur les différents arts, la solution du problème de l'origine serait trouvée. Quoi qu'il en soit, le nom de Théophile est un nom qui appartient avant tout à la religion, cela suffit : il est glorieux. Tous ceux qui tiennent à garder intact le patrimoine de la religion et à conserver le souvenir de leurs prédécesseurs dans les sciences théologiques et artistiques , qui se tenaient autrefois par la main, le revendi- 2 lient avec honneur, à quelque nation qu'il oive sa naissance et son rang.
A quelle époque appartient le livre du moine Théophile? Cette question a été parfaitement éclaircie par M. Marie Guichard , dans une introduction savante qui précède la traduction du texte latin, faite par M. le comte Charles de l'Escalopier. Voici les paroles de l'académicien érudit : a La publication d'un traité où le peintre, le verrier, le mosaïste, le miniaturiste, le ciseleur et le fondeur de métaux, le calligraphe, le facteur d'orgues, l'orfèvre, le joaillier, etc., viennent chacun puiser des instructions, ne saurait être un fait isolé ; et elle n'a pu avoir lieu qu'à une période de renouvellement et de renaissance. Tel est en effet, dans l'histoire moderne, le caractère des xn' et xmc siècles, qui ont donné aux sciences Roger Bacon, Raymond Lulle et Vincent de Beauvais. »
Les détails dans lesquels le moine artiste se complaît dans toute l'étendue de son livre semblent démontrer l'opinion de M. Guichard. Certaines formes indiquées d'une manière plus explicite corroborent cette idée, en se rapportant assez clairement au système que nous avons appelé ogival. Les fenêtres allongées, dont la colonnette centrale est surmontée d'une petite fenêtre arrondie, ne rappellent pas évidemment les lancettes géminées, surmontées d'une rosace, d'un trèfle, d'un quatrefeuilles , ou d'une ouverture circulaire, comme on en voit à Notre-Dame de Paris et dans une foule de monuments de la fin du xir siècle ou du commencement du
XIIIe.
Dans quels endroits le moine Théophile a t-il puisé les éléments qui doivent composer son ouvrage? La lecture des premières pages nous fait voir immédiatement que c'est un artiste qui découvre les secrets d'un art qu'il exerce lui-même. Mais ce n'est pas uniquement dans son expérience personnelle qu'il puise les recettes qu'il veut faire connaître. Il parle des procédés particuliers usités chez les Byzantins, les Italiens, les Allemands, les Français. Il en parle comme un juge et comme un appréciateur. Il a vu, il compare, il rend compte.
Quelle est l'étendue du travail de Théophile? il embrasse tous les arts exercés au moyen âge, à l'exception de l'architecture.
Quelle récompense demande-t-il ? « Lors-
que tu auras souvent relu ces choses et que lu les auras bien gravées dans ta mémoire, toutes les fois que tu te seras servi utilement de mon œuvre, en retour de mes préceptes, je ne te demande que d'adresser pour moi une prière à la miséricorde du Dieu toutpuissant. » — Ce fait rappelle un trait analogue : Gerson ne demandait aux enfants qu'il instruisait d'autre récompense que cette invocation : « Mon Dieu, mon Créateur, ayez pitié de votre pauvre serviteur Jean Gerson. »
Quelle idée avait-il de l'art? « L'art, dit-il, émane de Dieu même, et en se livrant à un labeur assidu et fructueux, l'homme accomplit une Ulche divine ; que celui qui aura reçu ce noble héritage ne s'en glorifie pas en lui-même , qu'il n'enveloppe pas ce bienfait d'un silence jaloux; mais que, écartant toute ostentation, il en fasse part aux disciples avec une gracieuse simplicité. »
Le passage suivant indique clairement le but que s'est proposé le moine Théophile en écrivant la Schedula diversarum artium.
Quœ adhuc desunt in ustensiliis domus Domini , ad explendum aggredere toto mentis conamine, sine quibus divina mysteria et officiorum ministeria non valent consistere. Sunt enim hœc : calices, candclabra, thuribula, ampullœ, urcei, sanctorum pignorum scrinia, cruces, plenaria et cœtera , quœ in usum ecclesiastici ordinis poscit utilitas necessaria. (Lib. m, Prolegom. , pages 123, 124.)
III. Dans un voyage fait en Grèce, en 1839, M. Didron rapporta du mont Athos un manuscrit grec intitulé : 'Eopjjveia ta; Çwy/îa-iôaj?,
Guide de la peinture. Ce manuscrit, traduit avec le plus grand soin par M. Paul Durand, a été annoté et publié par M. Didron, en ISio. Ce livre est fort intéressant en luimême, et de la plus haute importance pour l'iconographie du moyen âge. Il renferme des détails techniques, dans la première partie, sur les procédés de la peinture ; et clans la seconde partie , il s'étend sur la manière dont il faut représenter les sujets religieux, sur les inscriptions qui doivent les accompagner, sur les attributs et signes symboliques qui les doivent distinguer.
« Pour l'iconographie byzantine, dit M. Didron , dans l'introduction, pag. xxxv, cet ouvrage est d'une importance capitale. Rédigé à une épouue ancienne par le moine Denis, peintre du couvent de Fourna, près d'Agrapha, qui avait étudié avec amour les belles et célèbres peintures de Pansélinos, cet ouvrage s'est complété de siècle en siècle jusqu'à notre époque. Il résume donc l'ensemble du système de la peinture grecque : c'est un traité presque complet sur la matière.
« Pour l'iconographie latine et môme gothique de nos contrées, il est d'une valeur réelle, évidente. En effet, entre l'Eglise grecque et l'Eglise latine les relations ont été fréquentes. Jusqu'au schisme, les deux communions n'en faisaient qu'une ; après la séparation , les échanges détournés , directs même, ont été nombreux.»
PÈLE1UNAGE. — 11 y eut de tout temps
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