‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 134 sur 276 · PER · texte numérisé non relu

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dans l'Eglise des lieux consacrés par la dévotion des fidèles, des sanctuaires célèbres par les reliques qui y avaient été déposées , ou par les prodiges qui s'y étaient opérés par Tintercession de la sainte Vierge ou des saints. On comprend aisément que la piété reconnaissante se soit plu à les embellir et à leur offrir des présents de toute espèce. Voy. Ex-voto.

Quelques églises ont été rebâties avec la plus grande magnificence, à l'aide des dons offerts par les pèlerins. Nous citerons ici l'église de Notre-Dame de l'Epine , près de Clu\lons-sur-Marne. C'est une des plus charmantes églises du xve siècle qui aient été construites en France , et c'est un des plus beaux ornements d'architecture de la Champagne, où l'on admire un si grand nombre de magnitiques monuments.

PELICAN. — La figure du pélican a été employée dans les églises comme symbolique. On en voit des exemples dans les vitraux peints. Le P. Cahier a expliqué longuement ce symbole dans le texte des vitraux du xme siècle de la cathédrale de Bourges. On employait quelquefois le pélican à la place de l'aigle, dans le chœur de quelques églises en Angleterre. On voit encore un spécimen de pupitre de ce genre à la cathédrale de Norwich, et David dit, dans son ouvrage intitulé : Anciens Rites , qu'il y en avait un semblable dans la cathédrale de Durham, avant l'époque de la réformation.

PENDENTIF. — Ce mot a plusieurs significations. Dans une voûte sphérique percée de baies cintrées , les pendentifs sont les parties qui se trouvent entre ces baies. — On appelle aussi pendentifs les espaces compris dans les angles que forme une voûte d'arète à ses points de naissance. — On appelle encore pendentifs les encorbellements placés dans les angles d'une tour carrée que couronne une coupole , et qui sont destinés à soutenir une partie de cette coupole, en en rachetant la forme circulaire. Ils sont alors ordinairement formés par de petits arcs , ou disposés en trompe ; quelquefois ils ne consistent qu'en de simples plans inclinés.

C'est le cas le plus habituel lorsqu'ils sont placés dans les clochers à la naissance des flèches. — On désigne , enfin, sous le nom de pendentifs ou de clefs enpendentifs, les clefs qui descendent des voûtes en présentant quelque ressemblance avec les stalactites suspendus par la nature à la voûte de certaines grottes. Ce genre d'ornement des voûtes n'a commencé à être employé que dans la dernière partie du xve siècle et au xyic siècle ; il surprend toujours par sa hardiesse , et il étonne ceux qui ne connaissent pas par quel savant artifice sont maintenues ces énormes clefs pendantes. Ces pendentifs sont parfois ciselés avec un ait prodigieux, et sont des chefs-d'œuvre de patience et d'adresse. Pour avoir une idée de l'appareil usité pour rendre solides ces pendentifs, voy. la figure à la fin de ce volume.

PENTURE.— Les pentures proprement dites sont des bandes de fer clouées aux van-

taux des portes pour en assurer la solidité, et terminées par un œil dans lequel s'enfoncent les gonds sur lesquels tournent ces portes L'art du moyen Age se plut , de bonne heure, à embellir les pentures, et à changer de simples bandes de fer en gracieux enroulements de feuillages, de fleurs, de fruits, au milieu desquels on voit des oiseaux et d'autres animaux. Les plus anciens monuments, en fait de pentures, que nous connaissions, ne semblent pas remonter au delà de la fin du xie siècle ou du commencement du xir. Les premières pentures consistent en enroulements ordinaires, sans ornements. Elles sont entremêlées de bandes libres, en forme de C largement ouverts. A l'hôpital Saint- Jean d'Angers, monument admirable du railieu du xiie siècle, on voit les portes garnies de pentures de genre fort curieuses. Dans le Glossaire d'architecture publié à Oxford par H. Parker, il est dit que le premier exemple de pentures aux portes des églises se trouve dans une miniature d'un manuscrit de Cœdmond, de l'an 1000 ou environ. Ce manuscrit se trouve à la bibliothèque de Rouen. Il serait trop long de mentionner toutes les églises où l'on a trouvé des pentures plus ou moins remarquables ; nous en ferons connaître quelques-unes seulement. C'est surtout au xnr' siècle que les pentures d'ornementation acquirent toute leur perfection. Les plus célèbres sont celles qui décorent les portes de Notre-Dame de Paris. Celles qui ornent les portes de la chapelle de Windsor, en Angleterre, ne leur cèdent guère ni en complication, ni en magnificence. M. A. Lenoir , dans la Monographie des monuments de Paris , a donné de magnifiques dessins, parfaitement gravés , qui représentent les pentures de Notre-Dame de Paris. Nous avons dessiné nous-même des pentures curieuses qui ornent les portes de la cathédrale de Rouen, celles de Saint-Etienne de Beauvais, de Laon, de Chartres, etc. Les récits populaires rapportent que les pentures de Notre-Dame de Paris furent faites par un ouvrier qui avait fait un pacte avec le démon. 11 ne put en garnir que les portes latérales de la façade principale, et jamais il ne put réussir à en placer sur la porte centrale , parce que c'est par cette porte que passait lo saint sacrement, quand se faisaient les processions solennelles. Voy. Ferrures.

Les pentures cessèrent d'orner les portes lorsque celles-ci furent composées de panneaux sculptés. Ainsi, à partir du xve siècle, il est rare de trouver des pentures d'un travail riche et compliqué. On en trouve encore des spécimens dans les églises rurales, parce que les portes de ces églises ne sont pas ouvragées.

PÉRIPTÈRE. — Un temple périptère est celui qui est entouré extérieurement d'un rang de colonnes isolées , formant des ailes ou des espèces de galeries.

PÉRISTYLE. — Cour ou vestibule orné de colonnes, et, par conséquent, garni do portiques. On appelle quelquefois péristyle la partie antérieure d'un temple, d'une église,

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le vestibule du porche qui est formé par des colonnes.

PERLES. — Ce sont de petits ornements globuleux en forme de perles, qui se voient fréquemment dans les églises de la période romano-bvzantine. Les perles sont quelquefois réunies en chapelets. Elles ornent les archivoltes, les bandelettes, les nervures dos feuillages , les étoffes qui revêtent les statues, etc. VoiJ. BANDELETTES.

PERPENDICULAIRE (Style). — Le style ogival perpendiculaire est celui qui fut en vigueur en Angleterre tandis que chez nous florissaii le style ogival flamboyant. Il est caractérisé par la direction des meneaux et la forme du réseau qui termine les fenêtres, et que les antiquaires anglais appellent traeery. Nous n'avons que de très-rares exemples du style perpendiculaire en France. If en est de même en Allemagne. Yoy. Style anglais. Nous avons donné d'assez longs détails, sous ce titre, sur le style perpendiculaire anglais et le style Tudor, comme disent les arebéologues delà Grande-Bretagne.

PERSIL (Feuilles de). — On appelle feuilles de persil des feuillages d'ornementation dont les découpures sont plus fines que celles de la feuille d'acanthe.

PHARE. Yoy. Fanal et Lanterne.

N'eus avons dit également en quoi consistaient lespharcs qui se trouvaient dans le sanctuaire pour orner les autels, à l'article Autel. (Yoy. ce mot : Accessoires des autels.) Yoy. encore Couronne.

PHÉNIX. — On trouve le phénix représenté en plusieurs endroits des catacombes dans une intention symbolique.

PHYLACTÈRES. — Charlemagne avait donné à Guillaume, duc d'Aquitaine, phylaclerium adorandum (il renfermait un fragment de la vraie croix) gemmarum splendoribus et auro purissimo... perornatum. [Vita B. Guillelmi.)

Phylacterium , ncm grec des reliquaires passé dans la basse latinité, et plus tard dans la langue française du moyen âge. — Espèces d'amulettes que les chrétiens d'Orient aimaient à porter sur eux pour se préserver ou se guérir des maladies. — Sentences écrites à l'encre rouge, que les anciens scribes ou pharisiens portaient avec ostentation attachées à leur manteau [S. Epiphanius). — Bède le Vénérable cite les phylacteria, comme synonymes d'enchantements et de secrets diaboliques : Quasi missam a Deo plagam per incantationes, vel phylacteria, velalia quœlibet dœmonicœ artis arcana cohibere valerent (Bède, lib.iv Uisl. Anglorum, cap. 27). — Les effigies d'Alexandre le Grand gravées sur des anneaux, des bracelets ou ornements quelconques, étaient aussi des phylactères (Trebellius Pollio, in Quicto imperatore) et autres exemples cités dans le Concordia regularum de Hugues Mena ni, p. 116. Yoy. aussi Du Cauge. — Les phylactères étaient d'or, d'argent ou de cristal, etc., le plus souvent avec la forme d'une croix dans laquelle on enfermait les reliques. Le pape saint Grégoire dit dans unede ses lettres: Transmittere

Diction k. u'Ar' hlologie sacrée. II.

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phylacteria curavimus , cruceni cum ligno crucis Domini , et lectionetn evangelii theca persica inclusam (lib. xn, epist. 6). — Dans la Vie de saint Benoit, par saint Ardon, nous voyons un prêtre portant un de ces phylactères suspendu à son cou : Cruccm in qua liqnum erat Dominicum (A p. Mabill , iv sœculi, p. 206).

Orderic Vital livre vi) parle du phylactère donné à Charlemagne par le prêtre Zacharie, de la part du patriarche de Jérusalem.

PIÉDESTAL. — I. Le piédestal est un corps solide, déforme carrée ou ronde, orné d'une base et d'une corniche, destiné h porter une colonne, un pilastre, une figure, un groupe, un vrse, etc. La partie inférieure, ornée de quelques moulures, est fa base; le corps carré ou rond, posé sur la base, est lo dé; et le couronnement du dé, orné de quelques moulures, est la corniche du piédestal. Les profils, ainsi que les proportions de la base, du dé et de la corniche, varient suivant les ordres auxquels le piédestal appartient, quel que soit l'objet qu'il soit destiné à porter.

Le piédestal toscan a pour base une plinthe et un filet, un dé dont la partie inférieure se termine en adoucissement , et pour corniche un talon et un réglet.

Le piédestal dorique a sa base composée d'une plintne, d'un tore et d'un filet surmonté d'un cavet ; son dé est couronné d'une corniche composée d'un cavet avec son filet au-dessus, d'un larmier surmonté d'un filet et d'un quart de rond.

Le piédestal ionique a sa base composée d'une plinthe, d'un filet surmonté d'une doucine, au-dessus de laquelle est un autre filet avec son congé; son dé se joint à la corniche par un congé, et un petit filet surmonté d'un astragale, au-dessus duquel est une frise, qui, par un congé, se réunit au filet, lequel porte un quart de rond, ensuite un larmier, couronné d'un talon avec son filet.

Le piédestal corinthien se compose à sa base d'une plinthe, d'un tore, d'un filet, d'une gorge, d'un astragale, d'un dé qui finit par un adoucissement et un filet, et dans sa corniche on distingue un astragale, une frise, un filet ; un autre astragale, un ove, un larmier taillé en demi-creux, et un talon couronné d'un filet.

Le composite est semblable, en proportion, au piédestal corinthien. Un filet avec son congé, un gros astragale, une doucine avec son tilet, un larmier et un talon avec son filet, forment la corniche de ce piédestal.

L'architecture chrétienne, durant la période romano-byzantine,a donné des piédestaux aux colonnes ; mais ils n'ont pas les mêmes proportions que ceux des ordres classiques. Ils sont ordinairement très-simples; quelquefois ils sont tres-ornés..

Il en est de même durant la période ogivale. Le piédestal alors est formé d'un simple dé, ou socle, ou massif à plusieurs pans. yoy. Base. Quelquefois il est composé de

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