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plusieurs dés superposés, réunis les uns aux autres par des glacis.
PIÉDOUCHE. - Petit piédestal dont le galbe général est plus ou moins en cymaise, el par conséquent se distingue de celui d'un piédestal ordinaire, dont la partie la plus importante est toujours perpendiculaire.
PIÉDROIT ou Pikd-dkoit. — Le piédroit est la partie d'un trumeau, ou du jambage d'une porte ou d'une croisée, qui comprend le bandeau ou chambranle, le tableau, la feuillure, l'embrasement et l'écoinçon.
PIERRE. — Traits historiques sur la pose de la première pierre des églises. En 1700, lorsque les moines de Jumiéges allaient agrandir leur couvent en bAtissaut un nouveau dortoir, la première pierre fut bénie par le prieur et placée par l'homme le plus pauvre delà paroisse, que l'on avait fait habiller à neuf pour cette occasion. Ou augmenta ensuite de moitié les aumônes générales de la semaine, pour attirer la bénédiction du ciel sur le travail des ouvriers. Quand lys premières pierres de la nouvelle église de l'abbaye de Crowland furent posées, au temps de l'abbé Joll'ridus, cet abbé donna un grand dîner au peuple et aux nobles, tous assemblés en commun, ainsi que les femmes et les enfants, le riche et le pauvre. Le réfectoire en contenait quatre cents; les barons et les comtes dînaient dans le salon de l'abbé, d'autres dînaient dans les cloîtres, d'autres en plein air, dans la cour; et il y avait à ce dîner plus de cinq mille hommes et femmes ; le Seigneur y répandit sa bénédiction, et tous étaient contents, tous se réjouiss dent dans le Seigneur. Le jour finit, et tout se passa dans la plus grande paix et la gaîté la plus douce, sans que la moindre dispute, sans que le moindre murmure, se fissent entendre; c'étaient les moines eux-mêmes qui servaient à table. Voici maintenant une description détaillée de la construction de l'église de Salisbury, dans le lieu où elle se trouve maintenant.
Le primat, le jeune prince Henri III et tous les autres personnages principaux, furent invités à venir lorsqu'on en poserait les fondements ; la messe lut dite par l'évêque dans une chapelle provisoire en bois; après la messe, au milieu de son clergé chantant les litanies, il se rendit pieds nus, et en procession, sur l'emplacement de l'église future ; il en consacra le sol, harangua le peuple et posa la première pierre au nom du pape, la seconde au nom de l'archevêque, et la troisième en son propre nom; la q lalrième fut posée par Guillaume Longue-Lance, comte de Sarum, la cinquième par Ela de Vitri, son épouse. Alors les nobles qui étaient présents posèrent chacun la sienne, et, après eux, le doyen, le chapitre, le trésorier, l'archidiacre, les chanoines de l'église de Sarum, chacun à son tour. Le peuple pleurait de joie et contribuait à l'œuvre sainte par des aumônes qui venaient du cœur, et qui se proportionnaient aux moyens que le ciel avait mis à la disposition de chacun.
D'autres nobles qui passaient par là, et qui
voulaient aussi placer leur pierre et participer au mérite de l'œuvre, s'engagèrent à y contribuer de leur bourse pendant sept ans. Au bout de la cinquième année, l'édifire était si avancé que tous les chanoines furent invités à se rendre à la célébration de la première messe qui devait s'v dire.
PIERRES TOMBALES. Yoij. Tombales [Pierres).
PIGNON. — C'est la partie supérieure et triangulaire d'un mur, fermant un comble, et dont les rampants suivent ou déterminent les pentes d'un toit à double égout. Le pignon des plus anciennes églises romano-byzantines fut orné de diverses manières, de façon à figurer une espèce de fronton. Les premiers frontons gothiques ne furent que des pignons plus ou moins ornés; et dans l'ornementation de la période ogivale, on employa souvent les pignons ou frontons dans les dais ou pinacles. Voy. Jérusalem céleste. Yoy. aussi Façade.
PILASTRE. — Suivant la définition des modernes, un pilastre est une espèce de colonne plate, engagée et peu saillante. Les Grecs considérèrent primitivement le pilastre comme une espèce de contrefort, distinct de la colonne, et ils ne lui donnaient ni base ni chapiteau, semblables à ces mêmes parties de la colonne. Ce furent les Romains qui firent cesser cette différence. Voy. Antes.
L'architecture ogivale a fait rarement usage de pilastres : c'est à peine si l'on en peut citer quelques exemples bien caractérisés. Il n'en est pas de même pour l'architecture romano-byzantine, dans les édifices religieux de la Bourgogne. Les églises de la Bourgogne, du Bourbonnais, du Nivernais, bâties au xn' siècle, présentent fréquemment des pilastres cannelés. Citons la cathédrale d'Aulun et la belle église de la Charité-sur- Loire.
PILIER. — On confond quelquefois les piliers avec \m colonnes, mais il y a une grande différence entre eux. Le pilier diffère de la colonne en ce qu'il n'est jamais soumis aux règles des proportions classiques, et qu'il ne consiste pas nécessairement en un fût de colonne, ou en une colonne monocylindrique. Les piliers usités dans l'architecture du moyen âge ne sont assujettis à aucune règle "déterminée ; ils diffèrent les uns des autres, à la fois, quant à la forme et quant aux proportions, d'une manière surprenante, dans les édifices d'une même époque architecturale, et parfois dans un même édifice. Sous plusieurs rapports, leur configuration varie à chaque époque archéologique, surtout aux deux grandes périodes architectoniques; mais les variétés qui existent à une même époque sont également fort remarquables , et on pourrait ajouter fort nombreuses. Dans le style romano-byzantin, ils sont généralement lourds et massifs; ils sont fréquemment circulaires, avec des chapiteaux de même forme, et quelquefois carrés. Dans le centre des constructions, on trouve des piliers rectangulaires ou carrés. On en trouve encore, mais plus rarement,
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rpui sont octogones, ou a plusieurs pans. Vers 1 n fin de la période romano-byzantine, les piliers sont plus élancés. La forme la plus communément adoptée, et qui se conserva durant le règne entier de l'architecture ogivale, consiste en un pilier rentrai rond, cantonné de quatre fortes colonnettes. Ce plan se complique quelquefois par des accessoires, comme colonnettes et nervures qui correspondent aux arcs de la voûte, mais le plan essentiel et primitif reste toujours le même.
A ers la fin du xv' siècle, le pilier subit souvent dans sa disposition un changement considérable : au lieu de la colonne centrale, cantonnée de quatre colonnettes, ce sont di'> nervures prismatiques nombreuses, qui s'élancent d'un seul jet jusqu'aux arcs-doubleaux de la voûte. Quelquefois, au commencement du xvie siècle, le pilier reste rond ou polygonal, sans ornements ; et les nervures des" arcades, des arcs-doubleaux et des croi- - s d'ogive de la voûte viennent mourir à son sommet. Cette disposition est fort commune dans les charmantes églises de la fin du xve siècle, si nombreuses dans cette partie du diocèse de Nevers, qui appartenait, avant la révolution, au diocèse d'Auxerre.
Le pilier extérieur destiné à fortifier un mur se nomme pilier butant ou contrefort. La forme et la disposition en ont varié aux diverses époques du moyen âge. Yoy. Contrefort et Akc-boltant.
PINACLE. — Le pinacle est une espèce de petite tourelle, terminée par un clocheton ou une petite pyramide ornée de crochets ou de feuilles grimpantes sur ses angles, et de feuilles épanouies à son sommet. Le pinacle fut usité principalement dans les édifices de la période ogivale, pour terminer les contreforts. Voy. Clocheton. On le voit encore dans les balustrades ou parapets des galeries extérieures, spécialement aux angles, quelquefois au sommet des galbes, ou pour former le couronnement d'une partie élevée. Les pinacles proprement dits ne furent pas construits durant la période romano-byzantine, quoiqu'il existe déjà de petites" tourelles avec un couronnement pyramidal, lesquelles en furent sans doute l'origine, comme on en voit au tianssept septentrional de l'église Saint-Etienne à Caen, et à la façade occidentale de la cathédrale de Roche;.ter. Au xiii1 siècle, les pinacles ne sont pas rares : ils sont carrés d'abord, comme à la cathédrale de Coutances, i!s deviennent ensuite hexagones et octogones. A mesure que le style ogival se charge d'ornements, ces pinacles sont embellis de leuillages finement déeoule figures d'animaux, de moulures trèsunes, et sont couronnés d'un bouquet ou linial d'une grand élégance. Voy. Clocheton.
On appelle quelquefois pinacle ou pinacle orné, l'a: ète ou faitage d'une crête découpée. La Renaissance a placé sur le sommet de ses contreforts, en manière de pinacles, des figures d'hommes ou d'animaux. Voy. Crète.
PISCINE. — I. On appelle piscine la cuvette placée à côté de l'autel, où le prêtre, autrefois, lavait et purifiait les vases sacrés
et se lavait les mains, avant et après la messe. Voy. Autel [Accessoires). Nous avons longuement traité des piscines de ce genre, sous le titre Accessoires des autels, aux diverses époques du moyen âge. Yoy. la figure placée à la fin de ce volume.
IL On appelle piscine, à proprement parler, la cuve dans laquelle on immergeait les néophytes, pour leur administrer le baptême, aux premiers siècles de 1 Eglise. Ce bassin était encore appelé labrum et lavacrum. 11 y avait des piscines de toutes formes, carrées, rondes, polygonales, en manière de croix. Elles étaient quelquefois entourées d'un petit mur d'appui et revêtues de marbre. Leur dimension était assez grande pour qu'on y pût placer deux personnes; mais souvent aussi elles consistaient en une simple cuve de bain, en granité ou en porphyre. 11 en existe encore quelques modèles, Comme dans la nef de la cathédrale d'Angers. Le mot piscine vient de piscis, poisson. Voici un passage de saint Optât, évoque de Milève, qui justifie et explique celte étymologie: Hic est piscis qui in baptismale per invocationem fontclibus undis insnitur, ut quœ aqua fuerat a pisce etiam piscina vocitetur.
Chez les Hébreux, la piscine Probatique était un réservoir d'eau situé près du parvis du temple de Salomon, dans lequel on lavait les animaux destinés au sacrifice
PLAFOND. — Un plafond est le dessous d'un plancher droit, et c'est abusivement qu'on l'a dit quelquefois de l'intrados d'une voûte. Les anciennes basiliques avaient des plafonds ornés de caissons. Yoy. Laclnar.
PLAN. — Le pian géométral d'un édifice est le tracé de la place qu'il occupe ou qu'il doit occuper sur le terrain. On l'appelle souvent plan par terre ou plan périmctral.
Le plan d'un édifice, dans le sens le plus large, est la disposition des parties principales qui le composent.
Le plan des églises, en Occident, fut d'abord celui des basiliques civiles, dans lesquelles on commença à célébrer les cérémonies du culte chrétien. Ce plan se conserva dans son entier, dans quelques monuments bâtis après la conversion de Constantin; mais de bonne heure on y fit une modification significative : on étendit les transsepts en longueur, de manière à représenter la croix, par l'entrc-croisement de la nef majeure et du transsept. Ce plan fut pour ainsi dire consacré, et fut suivi pendant de très-longues annéts. C'est celui que saint Grégoire de Tours nous dit avoir été adopté dans la construction des nombreuses églises des Gaules, avant lui et de son temps.
Au x|' siècle, un changement important a lieu. Les collatéraux, qui accompagnent la nef principale, se prolongent autour de l'abside et forment un déambulatoire autour du chœur et du sanctuaire. Cette disposition permet l'établissement de chapelles accessoires. On en bâtit d'aboi d trois autour du sanctuaire, une au fond de l'abside, dédiée à la sainte Vierge, et deux autres qui raccompagnaient. Les chapelles, que l'on plaça quel-