‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 136 sur 276 · SS · texte numérisé non relu

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quefois dans les bras du transsent, furent orieiitées et percées dans la muraille d> l'est.

Au xiie siècle, le plan ne subit que de légères modifications. Les chapelles absidales deviennent plus nombreuses. On établit dans quelques églises de larges galeries ou tribunes, le long de la nef majeure, au dessus des collatéraux, dont elles ont toute la largeur. Le chœur prend des dimensions plus considérables: il est parfois élevé au-dessus île l'aire du reste de l'église, comme à Notre- Dàme de la Couture, au Mans.

Au xm* s'ècle, le chœur prend des développements de plus en plus considérables. Ou construit alors ces chœurs spacieux, tels que nous les voyons aujourd'hui, et tels qu'ils ont été conservés toujours depuis, dans les églises bâties aux deux dernières époques ogivales. Les chapelles absidales sont plus multipliées encore qu'à l'époque précédente: ainsi, à la cathédrale de Tours on en compte quinze. Les bas-côtés se doublent, comme à Notre-Dame de Paris, à Bourges, etc. Les galeries ou tribunes se réduisent ordinairement à de simples passages. La plupart du temps ces galeries sont aveugles ; quelquefois elles sont éclairées, comme à la cathédrale de Tours.

Au xivc siècle, le plan des grandes églises se complète par l'addition de chapelles accessoires le long des bas-côtés de la nef.

Aux xv' et xvi' siècles, le plan ne varie plus d'une manière essentielle.

Nous ajouterons ici une note sur le plan triangulaire que l'on a quelquefois remarqué dans des édifices chrétiens.

11 existe dans la Cerdagne française une petite église construite sur un plan triangulaire. M. Henry, bibliothécaire à Perpignan, a rédigé des observations au sujet de l'origine et de la destination de cet édifice. Le Comité historique avait émis l'opinion que ce monument était chrétien et qu'il avait probablement servi de chapelle funéraire. M. Henry ne partage pas cette opinion, il croit que c'est un tonïbeau de l'époque où les Arabes dominaient en Espagne, et qu'il a été bâti pour Munuza, gendre musulman du duc chrétien d'Aquitaine. M. Didron combat cette pensée. Il dit que Sainte-Croix de Montmajour, l'église de Rieux-Mérinville, le plan de l'Aiguilhe, au Puy, la chapelle de Chambon, en Auvergne, et bien d'autres ont la plus frappante analogie avec l'église triangulaire de Planés ; or tous ces monuments sont chrétiens et sont de l'époque romane, du x' au xm' siècle. L'édifice vie Planés est chrétien aussi et de pur style roman. La forme triangulaire donnée à cette chapelle est moins extraordinaire que ne le croit M. Henry ; les chrétiens affectionnaient cette forme, et saint Angilbert, un des pairs ou compagnons de Charlemagne, a fait construire à Saint-Riquier, dont il était abbé, un cloître triangulaire ; le nombre trois, nombre mystique, se révélait dans les églises, les autels, les chœurs, les moines et les enfants de chœur de Saint- Riquier.

PLATE-BANDE. — Moulure plate et peu saillante. Yo>/. Bandeau et Moulures.

PLATE - FORME. — Surface horizontale, ou toit plat qui sert de couverture à un édifice. Quelques tours d'églises sont terminées par une plate-forme.

PLEIN. — Cette expression s'emploie dans la description des édifices par opposition à vide, synonyme de fenêtre ou de baies quelconques. Ainsi l'on dit que, dans un monument dont toutes les parties sont en parfait accord, il y a harmonie entre les pleins et les vides.

PLEIN CINTRE. — L'arc plein cintre est celui qui est formé de la demi-circonférence du cercle. Voy. Arc Le plein cintre est éminemment caractéristique de la période romane. 11 ne disparut, à peu près complètement, qu'au xme siècle, non qu'il fût proscrit des constructions, mais parce que le système à ogives prévalait. Ainsi, dans les plus belles églises où les arcades principales sont ogivales, on voit cependant des arcs plein cintre, comme à la cathédrale de Chartres, à celle de Nevers, à Saint- Julien de Tours, etc.

PLINTHE. — Le mot grec 7r).îv0o; signifie une tuile ; c'est que la plinthe, dans son origine, était formée d'une ou de plusieurs briques ou tuiles épaisses placées sous la colonne.

La plinthe est la partie inférieure de la base ; elle se place au pied d'un mur, d'un soubassement, d'un stylobate, d'un pilier, sous une figure, un vase, un buste, etc.

La plinthe prend quelquefois le nom de socle, et réciproquement.

La plinthe qui ne rampe pas sur le sol peut être ornée d'un évidement, dans le champ duquel sont taillés ou sculptés en bas-relief des ornements de toute espèce.

PLUVIAL. — Le manteau pluvial des anciens Romains est devenu la chape d'église, après avoir reçu des embellissements, qui en firent un ornement ecclésiastique. Voy. Chape.

POISSON. Voy. IX0Y2, Catacombes, Emblèmes.

POLYCHROMIE.— Note sur V emploi de h polychromie dans l'architecture. La polychromie, en architecture, est l'emploi de diverses couleurs, à l'extérieur et à l'intérieur, sur les principales parties d'un monument. Voy. Peinture murale.

Une objection a été faite à l'emploi de la polychromie. « Les ornements coloriés, at-on dit, l'or à l'extérieur des édifices, c'est Ja magnificence barbare du Bas-Empire ; c'est la décadence. Nous ne voulons dans l'architecture que des lignes, point de couleurs ; en un mot, nous nous en tenons aux traditions de l'art grec. »

On pourrait répondre que l'architecture polychrome peut se développer à côté de l'architecture monochrome ; que l'émail et la couleur n'excluent pas la pierre. Examinons l'objection, et voyons comment procédaient les Grecs, dont on nous oppose les exemples-. 11 nous sera facile de démontrer

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que les Grecs pratiquaient sans cesse l'emploi de la couleur dans leurs édifices.

Los textes, les monuments se présentent en foule. Dans un ouvrage publié il y a quelque temps par If. Letronne, sur une question semblable, celle de la peinture sur muraille chez les anciens, nous trouvons d'abord, pag. 9, cette profession de foi :

« Il est maintenant démontré que les Grecs, dans tous les temps, mais surtout aux époques les plus florissantes de l'art, ont appliqué la couleur aux productions de la statuaire, comme aux monuments de l'architecture ; que leurs plus belles statues étaient composées de matières de diverses couleurs, ou recevaient dans plusieurs parties des teintes différentes, et que leurs grands édifices, même ceux de marbre, étaient coloriés, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, dans quelques-unes de leurs parties principales. »

M. Raoul -Rochette, l'adversaire de la peinture sur mur, reconnaît lui-môme que, « chez les Grecs de la belle époque de l'art, certains détails étaient coloriés ; que cet usage ne fut pas restreint aux temples, mais s'étendit aux maisons particulières, aux tombeaux et aux monuments funéraires. »

Cet usage fut en effet général chez les anciens ; il a passé des Grecs aux Romains, qui l'ont pratiqué à toutes les époques sur les monuments de marbre comme sur ceux de pierre, et L'ont transmis aux artistes du moyen Age. Voilà ce que démontre l'examen des monuments eux-mêmes. C'est, en vérité, chose facile que de démontrer par des exemples le goût des Grecs pour la polychromie appliquée tant à l'architecture qu'à la statuaire. Nous trouvons dans un passage de Strabon que le peintre Panœnus, u^veu de Phidias, et charge avec lui de faire la statue du temple de Jupiter à Olympie, contribua à ce grand ouvrage par les couleurs dont il orna le colosse, et principalement la draperie. En parlant des peintures qui ornaient le pronaos des Propylées, Pausanias fait mention d'un colosse doré, dont la face, les pieds, les mains étaient de marbre. 11 n'oublie pas non plus de décrire, dans le temple de Minerve à Elis, celte statue d'or et d'ivoire, ouvrage, à ce que l'on prétendait, de Phidias, et qui, selon Pline, était de Colotès, élève de ce grand artiste, qu'il avait aidé dans le travail du Jupiter Olympien.

Dans cet assemblage de matières différentes, les Grecs avaient eu en vue d'obtenir une imitation approximative de la nature. Quelle que soit l'opinion qu'on puisse avoir de ce goùt-là, il faut bien reconnaître qu'il était général. Beaucoup d'antiquaires sont loin de le condamner. Ecoutons M. Letronne :

« En reproduisant à nos yeux par le dessin quelques-uns des chefs-d'œuvre de la loreulique et de la statuaire chryséléphantine, M. Quatremère de Quincy a montré que ce mélange de couleurs est compatible avec une exquise beauté. Grâce à ces ingénieuses restitutions, on sa-H que la Minerve

du Parthénon et le Jupiter Olympien n'étaient pas seulement des prodiges d'art et d'adresse, mais que ces merveilleux colosses devaient être d'un elfet aussi grand qu'harmonieux. »

La liaison est si intime entre la statuaire et l'architecture que les ornements de l'une doivent convenir également à l'autre ; do nombreux exemples confirment cette vérité. Il est curieux de voir comment les Grecs appliquaient la peinture à l'architec'ure. Lorsque les monuments ont disparu, nous trouvons à point nommé un texte de Pausanias, de Pline ou de Strabon. M. Letronne, dans l'ouvrage que nous venons de citer, a extrait plusieurs passages de ces auteurs, quant à ce qui regarde la peinture murale chez les anciens, et il s'attache à prouver que le mode de décorer les maisons particulières, tel qu'il apparaît dans les ruines antiques, n'est pas d'une époque récente, mais remonte fort loin chez les Grecs. L'époque de Phidias, cette époque « si remarquable, ditt-il, par le rapide développement de tous les arts, vit s'élever sur les diverses parties du sol de la Grèce des temples magnifiques, construits et décorés par les plus grands artistes que ce pays ait jamais possédés ; à leur tête brillent Ictinus et Libon, Phidias et Alcamène, Polygnote et Panœnus : ces hommes de génie unirent leurs eiforts à ceux de leurs disciples pour orner ces édifices des chefs-d'œuvre de la statuaire et do la peinture. »

Ceci évidemment ne doit pas s'entendre des seules peintures à l'intérieur des temples, mais aussi de celles qui en revêtaient les parois extérieures. Longtemps ceux des savants ou des artistes qui, se refusant à l'évidence des faits, regardaient comme impossible que les Ictinus et les Libon eussent été des décorateurs, ou les Phidias et les Alcamène des fabricants de figures de Curtius, se sont retranchés derrière cet argument unique, à savoir : que Pausanias, Pline, ni aucun des écrivains de l'antiquité ne parlent de cet usage.

« Ce silence, dit M. Letronne, n'est pas aussi extraordinaire qu'il le parait au premier abord. Supposons que dans trois mille ans le goût des édifices coloriés devienne aussi général qu'il le fut dans l'antiquité ; il pourra se faire que la postérité ne trouve, dans aucun de nos livres qui lui seront parvenus, le moindre indice de notre goût exclusif pour la monochromie, parce qu'en elfet il n'y a aucune raison pour que nos écrivains fassent la remarque que les édifices et les statues sont monochromes. Ainsi la postérité pourrait croire que nous avions aussi l'usage de les colorier, à moins quo nos monuments eux-mêmes n'avertissent du contraire. »

Des Grecs ce goût passa aux Romains à l'époque de la plus haute antiquité. Nous trouvons dans un passage de Pausanias que le temple deCérès, construit seize ans après l'expulsion des Tarquins, fut b<lti et décoré dans le système grec, adopté par les Etrus

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