‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 137 sur 276 · RÂ · texte numérisé non relu

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ques. Les statues des frontons étaient en terre cuite et peintes, sans doute, comme ces poteries que l'on trouve encore par fragments dans les sillons du LUium. De ces statues au procédé de l'émail appliqué au décor des édifices, il n'y avait qu'un pas h faire, et les Etrusques ne laissaient rien a innover. Us s'arrêtèrent à des poteries d'un dessin assez pur, mais d'une couleur monotone, qui peuvent servir à prouver une chose : la solidité et la dorée de la faïence.

Les temples ne sont pas les seuls édiliees auxquels ait été appliqué le système de peinture extérieure. Les tombeaux, monuments d'époques diverses, et dont quelquesuns sont antérieurs à la domination romaine, nous offrent la preuve que ce système ne varia jamais. C'est qu'en elfet les modifications apportées dans les arts par le goût romain furent en tout très-légères et n'aiTectèrent que la forme ou le style. Ces tombeaux ont en général l'aspect d'un petit temple. Le tombeau des Nasons offrait la façade d'un temple à quatre pilastres corinthiens. Pausanias en mentionne un qui se trouvait sur la roule de Bura à Egine, en Achaïe, à peu de distance du Chratis. « A droite de la route est un tombeau, et sur ce monument vous voyez un homme debout près d'un cheval, peinture presque effacée. » De cet exemple si clair résulte déjà la preuve que, chez les Grecs, des peintures étaient placées à l'air, simplement garanties par l'entablement de l'éditice, comme on en voit encore aux maisons dans certaines villes de rAllemag'ie, de la Suisse ou de l'Italie, tout "S couvertes de peintures à sujets, qui subsistent depuis plusieurs siècles.

Un autre passage de Pausanias, également relatif à un tombeau peint, est plus formel encore et plus important à cause du nom de l'artiste. Le voyageur dit, à propos de Tritaea, ville d'Achaïe :

« Avant d'entrer dans la ville, on voit un monument de marbre blanc, remarquable sous d'autres rapports, mais principalement pour les peintures qui sont sur le tombeau, ouvrage de Nicias, savoir, une femme jeune et belle assise sur un siège d'ivoire ; devant elle est une suivante tenant un parasol, et un jeune homme debout, encore imberba, vêtu d'une tunique, avec une chlamyde jetée par-dessus; près de lui est un esclave qui porte des javelots et tient en laisse des chiens de chasse. Nous n'avons pu savoir quel est le nom des deux personnages, mais tout le monde peut présumer qu'un mari et sa femme ont reçu là leur commune sépulture. »

Les peintres du premier ordre ne dédaignaient pas de décorer ainsi les tombeaux. Nous venons de citer Nicias. Les exemples du même genre sont assez nombreux pour montrer que l'usage a dû en être fréquent et répandu à diverses époques. Ces tombeaux avaient d'ailleursleursdétailsarchitectoniques coloriés comme ceux des temples.

Le goût des Grecs pour la polychromie ne dut pas s'arrêter aux édifices publics et

funéraires ; il s'étendit encore aux palais et aux habitations particulières, lesquelles no purent être privées extérieurement de cette variété harmonieuse dont il semble qu'un œil grec avait un impérieux besoin. Lorsque les détails de l'architecture, dans les autres édifices, avaient leurs couleurs propres, concevrait-on que dans cette classe seule on eût admis l'unité de teinte ?

Aucun de ceux qui auront présents à la pensée tous les faits qui attestent le goût des Grecs à cet égard ne pourra hésiter à croire, quand même les indices en auraient entièrement disparu, qu'en Italie comme en Grèce, l'extérieur des maisons et des palais a dû souvent présenter la même variété de couleurs; que les diverses parties de l'architecture, comme frontons, frise, listels ; que leurs ornements, tels que oves, triglyphes. denticules, devaient y être exprimés, quelquefois par la peinture seulement, et même que les parties planes de leurs façades devaient être revêtues de véritables peintures à sujets ou de figures de divinités protectrices, genre d'ornements très-usité dans le moyen âge.

Il reste aussi des traces de peintures sur les parois extérieures de quelques maisons de Pompéies,bienque leurs façades soient en grande partie détruites, et ces traces nous suffisent pour constater l'usage.

Dicéarque, disciple d'Aristote, dit, en parlant de la ville de Tarragon, qu'elle est dans une situation élevée et escarpée, bâtie sur un sol blanchâtre et argi eux, et parfaitement ornée parles prothyronsetlespeintures encaustiques anathématiques des maisons.

M. Letronne est donc dans le vrai quand il écrit à M. Hittorff, qui avait soutenu la thèse des peintures extérieures des édifices : « Vous avez conclu que le système de colorier l'architecture dans tout son ensemble s'étendait à d'autres édifices que les temples, et cela est indubitable; car c'est une conséquence nécessaire du goût des Grecs pour la polychromie. Quand il ne subsisterait pas un seul fait pour appuyer celte induction, elle n'en serait pas moins sûre. C'est ainsi que, de l'usage de colorier les statues, résulte nécessairement celui de colorier les bas-reliefs, et si l'on s'obstinait à nier le second, par la raison qu'on n'aurait pas de preuves (et elles abondent), on tomberait dans une évidente absurdité. Ce sont de ces notions qui, étant des conséquences nécessaires de faits indubitables, sont vraies et certaines, indépendamment de toute preuve directe, et dont on peut dire : Jencn saisrien, mais f en suis sûr. »

Orner le porche d'une église de peintures largement étudiées, ce n'est pas là non plus une innovation. Non contents de décorer de peintures les murs intérieurs et extérieurs, les anciens mettaient encore des tableaux dans cette partie des édifices qui n'est, à proprement parler, ni le dedans, ni le dehors. A Rome, les portiques de Pompée, de Philippe et d'Octavie étaient de véritables musées, dont les murs furent ornés des plus beaux tableaux venus de la Grèce. L^s por-

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tiques autour du temple de Jupiter-Sauveur, au Pirée, formaient aussi une sorte de pinnacotbèque, où se trouvaient les ouvrages des plus illustres peintres.

La polychromie n'est donc point d'origine byzantine, et ce n'est point taire dégénérer l'architecture que d'y introduire la couleur. « Dans les pays de religion grecque, où l'on taisait et où l'on fait encore de l'architecture byzantine, les éditices sont coloriés comme l'était la basilique de Sainte-Sophie. «Quelle raison a-t-on de croire que c'est à une invasion de la couleur qu'ont succombé les belles lignes arcliilcctoniqucs? Jamais on ne coloria les éditices plus qu'aux belles époques de l'art. 11 s'agit d'en revenir Ta purement et simplement, et de rendre à l'architecture les ornements dont elle est depuis trop longtemps privée.

Maintenant quel pouvait être le procédé employé par les anciens pour les peintures extérieures? On imagine difficilement que ce soit la détrempe qui, placée à l'extérieur des éditices, ne résiste aux années que recouverte d'un certain vernis que les anciens ont légué aux peintres de Byzance : c'était plutôt la peinture sur cire. Ce n'est pas ici une simple conjecture, car Nicias, l'auteur des peintures du tombeau de ïritœa, est connu précisément comme peintre à l'encaustique, et a dû appliquer les procédés de son art en peintures murales, lesquelles, sur ce monument, devaient être exposées à l'air. Yoy. Peinture murale, Fresque, Eincaustiqlf.

POLYLOBE, à plusieurs lobes. — I! y a des arcs trilobés et polylobés.

POMME. — Du Gange nous apprend l'existence et l'usage de pommes de métal, trèsornées, que l'on emplissait d'eau chaude, en hiver, pour échauffer les mains du célébrant à l'autel. Pomum calcfactorium. Globulus aqua calida plenns, quo in sacris ad cale faciendas inanus utebantur. 11 en est fait souvent mention dans les inventaires des églises au xve siècle.

POMME DE PIN. — Dans les ornements qui se trouvent dans l'archivolte du portail des églises romano-byzantines, on remarque souvent des pommes de pin.

PORCHE. — Construction placéedevantune porte d'église, et qui varie beaucoup quant a sa forme, à ses dimensions et à son usage.

Les anciennes basiliques olfraient à leur entrée une sorte de vestibule plus ou moins vaste, et souvent disposé en péristyle; on le nomme quelquefois porche, mais on rappelle plutôt pronaos ou narthex. Réservé aux catéchumènes, qui devaient être séparés des fidèles ayant reçu le baptême, il était une partie essentielle d'un temple chrétien.

Mais, à partir de la renaissance de l'art, c'est-à-dire du xic siècle, la société» devenue entièrement chrétienne, ne renfermant plus de catéchumènes, les porches, qui précédemment étaient la règle , ne furent plus qu'une exception. Les premières travées des nefs étaient généralement, il est vrai, disposées d'une manière particulière , formant

une sorte de narthex intérieur ; mais cet arrangement ne rappelait que d'une manière éloignée les pronaos des premiers temples chrétiens. Quoi qu'il eu soit, cette espèce de porche intérieur, motivé au reste par plusieurs raisons de construction, n'a pas cessé d'exister dans les églises.

Les porches romans sont encore plus rares que les porches ogivaux, < t il est fort souvent très-difficile de deviner quel a été le véritable usage des uns et des autres Quelquefois, néanmoins , le but en est évident : ils servaient seulement d'ornement , c'est le cas habituel , étaient destinés à la défense des portes, ou enfin, formés d'un seul auvent, ils n'avaient d'autre but que de préserver de la pluie les portes devant lesquelles ils étaient placés ; mais fréquemment on se demande quelle est la pensée qui les a fait élever.

Nous n'ignorons pas ce qu'on a dit, et avec raison, que les porches étaient des lieux où souvent on rendait la justice; qu'ils servaient aussi de centres de réunion pour les habitants qui venaient y parler d'affaires, ce que prouve encore une inscription qu'on voit à la cathédrale de Lucques ; mais, si tel a été parfois le motif de leur érection, on ne peut nier que, dans le plus grand nombre de cas, leur forme et la petitesse de leurs dimensions ne permettent guèrede penser qu'il en ait souvent été ainsi.

11 est à remarquer que les porches sont plus fréquemment placés au-devant des façades principales ; mais ceux qui occupent cette dernière position sont quelquefois des constructions considérables à plusieurs étages, dont les salles hautes servaient d'écoles, de sacristies.

Dans les Instructions du Comité des arts, on a distingué : le porche véritable, celui des anciennes basiliques, le porche en coupole ; le porche accidentel, formé par la base d'un clocher placé sur le milieu du portail, ou résultant de l'étranglement que produisent, dans le plan de ce même portail, les bases de deux clochers latéraux, ou enfin, produit par le retrait des portes en arrière de la masse du portail ; le porche péristyle, imitation du péristyle antique; le porche tribunal, ordinairement suppoité par deux colonnes, et où on rendait lajuslice;le porche militaire, diversement fortifié; le porche de décoration, le plus commun de tous, et qui est fréquemment d'une grande richesse ; enfin le porche auvent, construction légère destinée à garantir une porte de la pluie. Yoy. Narthex, Pronaos.

PORTAIL. — Le portail comprend ordinairement toute la façade extérieure d'une église, quoique cette dénomination ne convienne qu'aux grandes portes dus églises. La décoration du portail appartient spécialement à l'architecture chrétienne : les anciens n'ornaient jamais les portes de leurs monuments d'une manière aussi riche que le tirent les architectes du moyen âge.

Les églises de l'époque romano-bvzanline primordiale, et quelques-unes de l'époque

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