‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 138 sur 276 · POR · texte numérisé non relu

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secondaire au xie siècle, étaient précédées d'an porche plus ou moins saillant. Le portail ne reçut sa décoration complète que lorsque la* façade fut entièrement dégagée de toute espèce de construction accessoire.

Au xr siècle, les architectes commencèrent à déployer au portail principal un grand luxe d'ornementation. Le plein cintre de la porte fut entouré de nombreuses archivoltes , lesquelles furent chargées de sculptures très- variées. Les archivoltes se multipliant, il fallut alors augmenter le nombre des colonnes selon la même proportion.

Les portails n'ont pas partout exactement la môme décoration : on y voit des variétés fort curieuses. C'est là principalement que l'on peut étudier avec fruit les progrès de la sculpture et les perfectionnements successifs qu'elle obtint. Les tympans méritent souvent d'être examinés avec attention. Beaucoup sont unis et sans ornements, mais d'autres sont remplis de bas-reliefs, de pièces symétriques disposées en échiquier, de figures bizarres, etc. On y rencontre quelquefois la figure du patron de la paroisse, comme à une église dédiée à saint Pierre, près de Bayeux, et à l'église de Saint-Michel d'Entraiguès, près d'Angoulême.

Au xir siècle, on trouve souvent, dans le tympan du portail, la représentation de Notre-Seigneur entouré des animaux symboliques des quatre évangélistes.

L'art ogival enchérit encore sur la somptuosité des ornements des portails et leur donne un nouveau caractère, non-seulement en brisant l'arc plein cintre, mais en substituant les larges moulures concaves aux plates-bandes des archivoltes, et en remplissant ces cavités par des figures et des statuettes placées sous des dais élégants. Voy. Voussure.

Nous avons donné une courte description du portail de toutes les cathédrales de France et d'Angleterre , etc., lorsqu'il est remarquable, loy. Cathédrale.

PORTE. — 1. La porte prop:ement dite est une baie d'entrée : on entend encore par ce mot les vantaux qui servent à clore cette ouverture.

Voici l'explication des termes des principales parties qui composent une porte. La baie d'une porte rectangulaire est formée de deux montants appelés pieds-droits ou piédroits et d'une traverse en pierre ou en bois appelée linteau. Le couronnement d'une porte en arcade se nomme arc ou voussure. L'intérieur de la baie s'appelle le tableau de la porte. L'extérieur de la porte rectangulaire est décoré d'un cadre de moulures qu'on nomme chambranle; quelquefois ce chambranle est surmonté d'un petit fronton. L'arc de la porte en arcade est porté par des piédroits ou piliers qui prennent une imposte, lorsque la baie n'est pas une simpb ouverture. Le contour de l'arcade est décoré d'une archivolte.

Les temples anciens n'avaient ordinaireroeni qu'une seule porto; il en était de

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même des maisons qui étaient remarquables par une belle architecture. Quelquefois la porte n'avait qu'un seul battant, quelquefois il y en avait deux ou plus ; et, selon cette différence, on donnait aux portes plusieurs noms. On appelait fores, les portes qu'on ouvrait en dehors ; valvœ celles qu'on ouvrait en dedans. Il faut noter, cependant, que pai'fois ces dénominations ont été confondues. Lorsqu'une porte, désignée sous le nom de fores, avait deux battants, on l'appelait bifores. Les valvœ ne consistaient qu'en un seul battant , se reployant, dans sa longueur, en deux ou plusieuis portions. Quelquefois ces portes étaient ornées de plaques cfe bronze. On les peignait de différentes couleurs ; on les ornait d'inscriptions, de guirlandes et des dépouilles prises sur l'ennemi ou à la chasse.

Les anciens ne mettaient des portes qu'aux baies extérieures. Les baies intérieures étaient fermées simplement par des voiles ou des tapis. Cette coutume passa dans les basiliques. La porte extérieure seule pouvait se clore solidement; les autres avaient des voiles et des rideaux. Voy. Voiles.

Les temples païens n'avaient qu'une seule porte : les basiliques chrétiennes en eurent trois, une pour chaque nef, et même jusqu'à cinq, le nombre des portes étant toujours égal à celui des nefs. La porte du milieu s'appelait porte royale, basilica.

Les dimensions des portes des églises ont toujours varié, suivant la grandeur de l'édifice, la disposition des façades et le goût de l'architecte.

A partir du xnr siècle, la porte principale fut séparée en deux parties par un pilier central que l'on a toujours regardé comme symbolique. Elle est ouverte au fond d'une voussure plus ou moins profonde, dont les parois sont communément chargées d'ornements de tout genre, de statuettes, de bas-reliefs et de sculptures variées.

Quelquefois on plaçait des inscriptions au-dessus des portes. Dans notre article Eglise, nous avons donné un long passage de saint Paulin de Noie, où il est question plusieurs fois d'inscriptions de cette nature.

Sur l'a porte du baptistère de Saint-Jean de Latran, il est écrit : Diligite alterutrum : Aimez-vous l'un l'autre.

Sur la porte de l'église de Saint-Georges, à Milan, on avait écrit une inscription en vers latins, qui était une invitation aux fidèles :

Janua sum vitœ, precor omnes, intro venite.

Per vie transitant qui cœli gaudia quœrunt.

Virgine qui natus, nullo de pâtre creatus,

1 titrantes salvet, redevîntes ipse gubernet.

Sous le porche d'une solitaire et petite chapelle, située sur le bord du chemin entre les basiliques de Saint-Paul et de Saint- Sébastien hors des murs, à Rome, on lit l'inscription suivante, qui renferme un résumé des devoirs de la vie chrétienne :

Fide Deo. Die sœpe preces. Peccare caveto. Sis liumilis. Pacem ditige. Magna fuye.

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