‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 141 sur 276 · PHI · texte numérisé non relu

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Lu voûte à plein cinlre exerce une poussée considérable : aussi les églises du xi' siècle, voûtées en berceau à plein cintre, sont-elles généralement peu solides. La tète des hautes murailles a été poussée au vide. Los contre-forts et les arcs-boutants ont été inventés et employés pour neutraliser la poussée des voûtes.

PRÉAU. — Au centre des cloîtres des monastères est un espace carré ou en parallélogramme, qu'on appelle le préau. 11 fut consacré, dès l'origine, aux sépultures des personnes que l'on voulait honorer, et dont les restes devaient reposer ainsi auprès des lieux: saints. Les ecclésiastiques y furent généralement inhumés; et comme l'espace n'était pas assez étendu, on pratiqua les inhumations jusque dans les cloîtres eux-mêmes. On en voit de fréquents exemples dans les cloîtres qui se trouvent dans le voisinage des églises; comme à Saint-Paul de Liège, à Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône, etc.

PRESBYTÈRE (presbylerium). — Vabside et le sanctuaire sont quelquefois désignés sous ce ni m. Voy. Abside, Goncha, Chevet, Basilique, Eglise.

PRIE-DIEU. — Au xvi' siècle, on a exécuté en menuiserie des prie-Dieu fort élégants. Us sont composés de panneaux délicatement sculptés, avec des accoudoirs et un retable ou contre-retable , formé d'encadrements plus ou moins riches, où l'on voit la figure du crucifix et quelquefois des images de la sainte Vierge et des saints. Le retable est parfois à volets, et en ouvrant ces volets, on découvre ce que l'on a quelquefois appelé un autel domestique. Pour avoir une idée de ces meubles, voy. la fig. à la fin de ce vol. C'est un modèle de prie-Dieu, dessiné par M. Pugin.

PBIEURÉ. -• Le titre de prieur, pour désigner un supérieur de communauté monastique, était inconnu aux dix premiers siècles de l'Eglise. Né dans l'ordre de Cluny, il ne parait, selon Calmet (Comment, sur la Règle de saint Benoît), que vers la fin du xie siècle. Dora, Mabillon [Annal. Bencd., tom. IV, pag. Wl) le place, avec plus de raison, vers le milieu du même siècle. Les prieurés, cependant, existaient antérieurement au xi' siècle, sous le nom de cellœ, cellulœ, abbatiolœ.

Les églises des prieurés ne furent d'abord que de simples chapelles. Elles s'agrandirent peu à peu , et à la lin elles devinrent quelquefois de très-somptueuses églises. Nous ne pouvons choisir un meilleur type de ces dernières que l'église de la Charité-sur- Loire, dont nous donnons ici la description.

Eglise de la Charité-sur- Loire , ancien prieuré de l'ordre de Cluny. — Les amis de l'architecture religieuse du moyen âge, qui voudront avoir une idée exacte de son état au xne sièle, devront visiter les magnifiques églises de Laon , d'Angers, Saint-Rémi de Reims, Notre-Dame de Châlon-sur-Marne, et l'église de la Charité-sur-Loire. Dans chacun de ces monuments, l'art de la transition s'est exprimé avec une granleur, une noblesse et une magnificence qui devaient na-

turellement conduire aux chefs-d'œuvre du xnie siècle. Les architectes qui ont élevé ces édifices importants étaient guidés certainement par des principes généraux semblables; mais ils ont dû imprimer à leurs compositions particulières un cachet d'originalité qui en rend l'étude très-intéressante. Ou pourrait dire, s'il était permis de s'exprimer ainsi, que ce sont des fruits du même arbre, mûris au même soleil, pleins du même parfum, mais différents par de légers accidents extérieurs. On remarque, dans ces immenses constructions, les mômes coupes d'ensemble , la même organisation , les mêmes formes caractéristiques , unies à certaines modifications curieuses.

L'examen attentif du monument de la Charité sera la source des observations les plus nombreuses, en procédant par voie de comparaison. Nous avons été frappé nonseulement de la masse des proportions , mais encore par une majesté simple et austère, par une fouie de détails qu'on ne rencontre point ailleurs. L'ogive naissante s'y dessine avec une grâce exquise ; des ornements capricieux s'y développent en abondance, sous les influences byzantines.

Les premières fondations de l'église actuelle de la Charité furent jetées en 1056, par le prieur Gérard, qui mourut sans avoir la consolation de voir son entreprise terminée. Vilencus, son successeur, poussa les travaux avec activité, de manière à la faire consacrer par le souverain pontife Pascal II, en 1108, lors de son passage en France. Ce fait de la dédicace ne serait pas une raison suffisante pour affirmer que le monument était complètement achevé à cette époque. Nous connaissons un grand nombre d'édifices religieux qui ont été consacrés après la construction de l'abside et du chœur. La cérémonie de la dédicace de la Charité se fit avec la plus grande pompe et le plus vif élan. Toutes les populations du voisinage se pressaient autour du vicaire de Jésus-Christ. Le roi Philippe Ier avait député Guy de Châtillon, sénéchal de France, pour honorer le pontife romain; de hauts et puissants seigneurs lui formaient une cour brillante, ainsi qu'une nombreuse suite de cardinaux, d'évêques, d'abbés et de clercs.

Avant de donner la description du monument , tel que les révolutions nous l'ont laissé, essayons de le reconstruire, par la pensée, dans toute sa splendeur. Conçu sur un plan gigantesque, il s'étendait en croix latine, entouré de chapelles absidales admirablement distribuées. On y voyait cinq neis parallèles dirigées d'occident en orient. Le frontispice se dressait flanqué de deux énormes tours carrées , ornées sur toutes les faces de sculptures imitées de l'art byzantin; sur le côté principal se développaient des arcades où figuraient des représentations pieuses , sous des archivoltes byzantines d'une prodigieuse richessed'ornements.Il ne reste plus qu'une partie de la tour du nord.

Quand on avait franchi le riartîjex et h portail roman., qui ont fait place à un portail

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du xv* siècle, on pénétrait dans l'église; la nef principale, longue, étroite, éclairée seulement par des fenêtres placées a une grande hauteur, communiquait avec les nefs latérales par des travées dessinées en ogives. L'aspect des bas-côtés, obscurs et privés de chapelles, selon l'usage du temps, était grave et solennel. Au-dessus des ogives des travées se développaient tour à tour des arcatures à cinq lobes et des galeries cintrées, dont le contour était orné d'élégants feuillages, à la manière byzantine.

Lorsque nous sommes entré pour la première fois dans l'église de la Charité, c'était le soir, à un moment od le silence et le calme remplacent le bruit et l'agitation du jour. Nous avons été vivement impressionné par la majesté qui règne dans l'enceinte du temple. La perspective en est riche ; les déambulatoires se prolongent autour de l'abside; des colonnes plus rapprochées soutiennent les arcs en. ogives du chevet; quatre chapelles dans le mur oriental du transsept, et cinq chapelles qui rayonnent autour de l'abside, complètent cet ensemble imposant. La chapelle de la Sainte-Vierge est bâtie comme une église en miniature, sur le plan de la croix grecque. Cette chapelle est du xve siècle. Dans tous les siècles de la période ogivale, le culte de la sainte Vierge inspira ces riches chapelles de Rouen, d"E— vreux, du Mans, où l'art a jeté d'une main prodigue toutes les fleurs qu'i: pouvait faire éclore.

Des arcades en ogive , portées sur des piliers ronds et légers, environnent le sanctuaire et l'isolent des bas-côtés. Tous les ornements, et surtout les chapiteaux, qui sont d'une richesse et d'une variété extrêmes, appartiennent au style romano-byzantin. Quoique tous chargés d'animaux, de compositions ou de feuillages différents, ils olfrent une forme générale qui leur est commune et qui se rapproche sensiblement du galbe corinthien. Les voûtes sont ogivales, ainsi que les fenêtres; les galeries et les arcaturès inférieures présentent le mélange du plein cintre et de l'ogive, qu'on observe fréquemment dans les monuments de l'époque de transition. Les chapelles absidales sont décorées, à l'intérieur, d'arcades et de petites colonnes ; à l'extérieur, de longues colonnes qui s'élèvent jusqu'à la corniche; de modillons et d'archivoltes, avec des ornements délicatement ciselés. Plusieurs fenêtres se terminent par des cintres quintolobés.

Au-dessus de l'intertranssept , à l'intersection de la nef et du chœur, s'élève un elui her octogone, au-dessus d'une voûte eu coupole. Cette forme a exercé une grande intluence sur les constructions contemporaines, dans le Nivernais et dans les contrées limitrophes; elle rappelle les procédés byzantins, plus fréquemment mis en usage dans le midi de la France , et spécialement dans l'Angoumois, le Ouercy et le Périgord.

Une grande partie de la nef ancienne a été détruite; il en reste cependant la muraille

de gauche, dont le bas présente de grandes arcades bouchées , ogivales , surmontées d'autres plus petites, mais à plein cintre, qui en sont séparées par une corniche. Six travées ont été ainsi retranchées de la nef. L'aspect de celte grande ruine est à la fois triste et pittoresque. Elle rappelle à l'esprit des époques de grandeur et de misère : l'époque où la foi régnait sur toutes les intelligences, et ces temps désastreux où la terre fut souillée de tous les crimes.

Il n'existe plus aujourd'hui qu'une seule tour; elle est grande, extrêmement ornée, et produit le meilleur effet. On y découvre sans peine les marques de l'époque archilectonique à laquelle elle appartient, en même temps que les particularités les plus intéressâmes du système de construction consacré alors dans le Nivernais à l'éreclion des monuments religieux , au xne siècle. Dans la partie la moins élevée de la tour, ou voit des pleins cintres avec archivolte perlée. La première galerie, surmontée de fleurons et de rosaces dessinés avec goût, est composée de petites arcades élancées à cinq lobes; c'est une décoration pleine de magnificence. Par-dessus régnent deux étages superposés de fenêtres géminées à cintre trilobé, renfermées dans de grands arcs à plein cintre, ornés de grosses perles. Les archivoltes, les moulures, les modillons , les végétations, sont traités avec délicatesse et sentiment.

Autrefois les tours avaient chacune deux portes, s'ouvrant sur les bas-côtés de la nef et décorées avec la plus grande somptuosité. Leurs tympans, remplis de bas-reliefs d'une exécution précieuse , peuvent soutenir la comparaison avec ce que l'art byzantin a produit de plus remarquable. Il est impossible de ne pas admirer la perfection avec laquelle sont rendus certains détails, comme les étoffes et les broderies, et toute l'ornementation en général. En même temps, il y a lieu de s'étonner que des artistes en état d'exécuter si bien certaines parties soient tombés dans des fautes aussi grossières ; les mains, par exemp'e, sont hors de toutes proportions avec les corps, et il y a tel personnage dont les doigts ont la même longueur (pie la face. On observe les plis trèsfins et tourmentés des draperies, la profusion des broderies et des bijoux, caractère assez constant de la sculpture des xr et xii' siècles. On n'aperçoit pas sur les pierres des vestiges de peinture, ainsi que cela se pratiquait fréquemment, durant la période trausitionnelle , dans la statuaire polychrome. On découvre seulement que les nimbes étaient peints en bleu, entourés de perles d'or, avec une croix grecque rouge au milieu. La parfaite conservation des couleurs dans cette seule place, l'absence de tout vestige de coloration dans le reste des bas-reliefs, font penser qu'ils n'ont jamais été peints. Des disques de verre pourpre foncé, incrustés dans les yeux des figures de grande proportion, sont comme un souvenir du temps nour la sculpture polychrome. Chacun des tympans est entouré

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de quatre larges archivoltes d'une exécution pro hgieuse. A côté des damiers, des étoiles et des billettes byzantines, on voit des palmettes et des moulures qu'on pourrait croire antiques, si on les trouvait isolées. Quatre colonnes engagées, à chapiteaux historiés, qui se lient par leur composition aux sujels des bas-reliefs, soutiennent les retombées des archivoltes. Les artistes qui ont exécuté cette riche ornementation ont déployé partout les ressources d'une verve inépuisable et d'un talent exercé. Toutes ces curieuses sculptures sont cachées par des échoppes adossées aux murailles.

Pourquoi les figures humaines offrentelles une forme démesurément allongée?

Une observation qui ne peut échapper à personne, dit M. Mérimée, c'est la ressemblance frappante qu'offrent ces figures longues et minces , enveloppées de draperies roides et collantes, avec les premiers ouvrages des Egyptiens et des Etrusques. D'où vient que des peuples différents, sans se copier, soient tombés dans les mêmes erreurs, se soient complu aux mêmes exagérations? Partout les commencements de l'art se ressemblent. Serait-ce que, pour l'homme dans un degré peu avancé de civilisation, que le soin de sa conservation préoccupe toujours, l'agilité, une haute taille, indice de la force corporelle, sont les qualités les plus estimées, et par conséquent celles qui constituent le beau à ses yeux? 11 me semble qu'il faut, pour apprécier la grâce , un état de société où la puissance intellectuelle l'emporte sur la force physique.

Ces réflexions paraîtront bien peu motivées aux personnes versées dans l'étude de la statuaire au moyen âge. Avec les fausses idées sur les progrès de la civilisation de notre temps et sur la grossièreté des mœurs au milieu du moyen âge, on a débité les théories les plus paradoxales. Il nous semble, comme à beaucoup d'historiens sérieux, que la civilisation byzantine n'était pas si arriérée qu'on l'affirme, et que le sentiment intellectuel des beaux-arts n'était pas troublé dans des hommes qui ont créé de pareils chefs-d'œuvre de sculpture et d'architecture. La raison de ces formes longues et amaigries, dans les statues des xii* et xme siècles , doit être cherchée ailleurs. Nous exposerons simplement ici les idées d'antiquaires dont le témoignage est de la plus

grande autorité dans toutes les questions d'art et d'archéologie, MM. Raoul Rochelle, de Caumont, Ludovic Vitet, Daniel Rainée et Ch. Magnan. La beauté chrétienne n'est pas la beauté païenne. Le développement des épaules et de la poitrine, ces signes caractéristiques de la force dans le sens le plus physique, ne sont pas les attributs de la sainteté; et qui n'a étudié que la statuaire antique n'est pas suffisamment préparé pour comprendre la statuaire du moyen âge. Dans la statuaire de l'antiquité, les sens parlent aux sens; dans la statuaire moderne, c'est un dialogue, pour ainsi dire, entre les sens et l'esprit. La statuaire grecque produit en nous un sentiment très-pur, le sentiment du beiu, mais du beau physique; la statuaire chrétienne développe le sentiment du beau physique et du beau moral, et plutôt le dernier que le premier.

PRISMATIQUES (Moulures). — Dans l'ornementation romano-byzantine, les moulures prismatiques affectent la forme d'un prisme. Elles se rencontrent assez fréquemment dans les archivoltes, autour du portail principal.

On appelle encore moulures prismatiques celles qui caractérisent le style ogival tertiaire. Il serait difficile d'en donner une définition exacte, car elles varient considérablement. Voy. Moulures.

PRODROMOS. Voy. Porche, Naos.

PRONAOS. Voy. Naos, Narthex, Pokche.

PROSTYLE. —Temple qui n'a de colonnes ou un portique qu'à sa face principale.

PROTHÈSE. —Petit autel ou petite table placée dans le voisinage de l'autel principal, ou dans une nef latérale, ou même dans une salle particulière, pour réunir les offrandes du pain et du vin destinées au sacrifice de la messe. Voy. Autel. On a quelquefois donné le nom de prothèse (prothesis, oblutionarium) à la salle qui renfermait l'autel de la prothèse.

Pour la prothèse, on peut consulter : Ann. de Philos, chrét., tom. XIX, pag. U3.

PSEUDISQDOMOS. Voy. Appareil.

PUPITRE. Voy. Lutrin.

PYRAMIDE. Voy. Clocher, Flèche, Aiguille.

PYRAMIDION. — Petite pyramide. Voy.

Clocheton, Aiguille, Pinacle.

PYXIDE. Voy. Ciboire.

QUART DE ROND. —Le quart de rond est une moulure ronde ou convexe dont le profil est le quart de la circonférence. Dans l'architecture antique, il est ordinairement taillé en oves. Voy. Moulures.

QUATREFEUILLES. — Ornement divisé en quatre lobes et sculpté en creux ou en relief sur les murailles, dans l'ornementation de la période ogivale. Le trèfle et le quatrefeuilles commencent à apparaître à la fin du

xiic siècle, et ne disparaissent qu'à l'époque de la Renaissance.

On appelle encore quatrefeuilles les rosaces à quatre divisions. On en voit un grand nombre dans le réseau des hautes fenêtres au xmc siècle et au xive.

Les quatrefeuilles encadrés sont ceux qui sont entourés entièrement d'un cercle de moulures.

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QOBUE-D'HIRONDE. — Los pierres «le grand appareil sont quelquefois wrAtéesso-

1 (Iraient par des pièces de bois ou de métal

R VMPANT. — En architecture , on dit uu'une ligne est rampante toutes les fois

uuYlle est inclinée ou en pente. Ainsi les Sords inclinés d'un fronton, d'un pignon, en sont les rampants; on dit : un pignon à deux rampants et twi toit à deux rampants, etc.

Un are rampant est celui dont les naissances sont placées à des hauteurs inégales. Ainsi la plupart des arcs-boutants sont des arcs rampants. .

Philibert Delorme nomme aussi rampants les nervures qui se détachent des croisées d'ogive et vont s'attacher à la partie inférieure d'une clef pendante.

RAPPORT (Ouvrage de). — C est un ouvrage composé de pierres rapportées. Voy.

Mosaïque. . ,,

R\T10NAL.— Lerational est le nom d une pièce de broderie d'étoffe précieuse que le Krand prêtre des juifs portait sur la poitrine dans les grandes cérémonies religieuses. Selon Du Cange, le rational était un double carré de quatre couleurs tissu d'or, enrichi de douze pierres précieuses , sur chacune desquelles était gravé le nom d'une des douze tribus d'Israël.

On a quelquefois donné ce nom aune partie des vêtements ecclésiastiques. Voy. Chasuble. RAVALEMENT. — Faire le ravalement d'un mur de pierres de taille, c'est en unir, en dresser, en racler la surface; pour un mur de briques ou de moellons, c'est en refaire les enduits.

RAYONNANT (Style ogival). — Comme nous l'avons dit à l'article Classification et a l'article Ogive, la période ogivale se divise en trois époques, le style ogival à lancettes, qui comprend le xin* siècle; le style ogival rayonnant, qui comprend le xive siècle; et le style ogival flamboyant, qui comprend le xv' siècle et le commencement du xvr. Voy. Flamboyant, Lancette. . , . .

La limite qui sépare le style ogival primitif du style ogival secondaire est difhcile a déterminer. Il y a de l'un à l'autre une transition insensible et où l'on ne peut distinguer que des nuances. Chacun sait comme il est délicat d'apprécier des nuances. Mais dans un grand nombre de beaux édifices, le style ogival rayonnant présente des caractères qui lui sont propres et qu'il a acquis par un développement particulier. C'est ici l'occasion de rappeler que les époques archilectoniques ne commencent pas et ne finissent pas exactement avec les siècles auxquels elles ont imposé leur dénomination. Il ne serait pas impossible de trouver un édifice de la fin du xui' siècle, qui présenterait déjà les caractères du style ogival rayonnant. Dès l'ouverture du xiv' siècle, le plan des "landes églises reçut une modification très-

taillées en queue d'aronde ou d'hirondc. Voy. Appareil. .

QUINTE FEUILLES.— Rosace à cinq divisions.

importante. Jusqu'alors on avait établi des chapelles latérales autour des bas-cotés do l'abside seulement. A cette époque on en ajouta le long des collatéraux de la nef principale, depuis les transsepls jusqu'au grand portail occidental. Cette addition acheva de compléter, pour ainsi dire, les cathédrales du moyen âge. 11 est à noter que ces chapelles accessoires furent parfois ajoutées en sous-œuvre à des édifices plus anciens , comme à Coutances et à Laon.

L'axe de l'édifice est brisé légèrement vers la région absidale, comme cela se pratiqua au xue siècle et au xme. Voy. Déviation de l'axe des églises.

La disposition générale des colonnes est toujours la même au xiv' siècle qu'au xin'. Le chapiteau est ordinairement orné de feuilles plus petites et plus nombreuses. Le fût des colonnettes perd déjà de ses proportions ; il s'amincit de plus en plus et ressemble h un simple tore, à une baguette. On sent qu'il dégénérera encore, jusqu'à ce qu'il ne soit qu'une moulure prismatique.

Au xme siècle, les fenêtres étaient d'abord formées par des lancettes simples et par des lancettes géminées. A partir du règne de saint Louis, les fenêtres de la région la plus élevée des monuments religieux s'élancent, s'élargissent et se multiplient. Alors elles sont traversées communément de deux légers meneaux toriques. Voy. Fenètbes. Au xive siècle, les fenêtres s'agrandissent encore, et leurs meneaux deviennent plus nombreux.

L'amortissement de la fenêtre est formé de figures rayonnantes, de quatrefeuilles, de quintefeuilles et de rosaces. Dans beaucoup d'édifices, les fenêtres sont accompagnées, 3 l'extérieur, de colonnettes, et surmontées de pignons ou de frontons aigus.

En même temps que les fenêtres prennent un développement particulier, les roses augmentent leur diamètre et étalent les mille compartiments ciselés de leur brillante corolle. Voy. Rose.

Les architectes du xiv' siècle ne furent pas moins habiles que ceux du xine dans l'art de bâtir les voûtes. Cette partie de nos édifices religieux est toujours bien construite : c'est le chef-d'œuvre de l'architecture propre du moyen âge.

Ces voûtes, si habilement construites, sont soutenues à l'extérieur par des contre-forts et des arcs-boutants analogues à ceux de l'époque ogivale primitive. La modification qu'on y apporte d'abord s'exerça sur la forme des clochetons, et les clochetons eux-mêmes, auxquels on substitua des aiguilles garnies de crochets, portées sur des bases carrées, octogones et parfois triangulaires. Voy. Ahc-

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En comparant l'ornementation des édifices du xiv' siècle avec celle des édifices du xin',

on remarque une grande analogie dans les formes, niais une différence notable dans la manière de faire et dans les détails. Les moulures toriques sont communément moins prononcées et les profils plus maigres. Il faut avouer que ces différences sont plus faciles à saisir à l'œil, qu'à exprimer dans une description.

Les balustrades, au lieu d'offrir des arcades trilobées, présentent des trèfles, des quatrefeuilles, des quintefeuilles encadrés. Quand les arcades trilobées sont employées, elles sont très-aiguës.

A l'intérieur, la galerie du trifonum est ordinairement ouverte et garnie de vitraux. Dans la décoration du portail, la statua re du xiv siècle reproduit les mêmes sujets que celle du xme; mais l'exécution en est plus fine et plus régulière dans l'ensemble. Jusqu'alors on avait représenté la sainte Vierge assise, tenant l'enfant Jésus sur ses genoux; à partir du xve siècle, on la représente debout et tenant l'enfant Jésus dans ses bras.

Les supports des statues en encorbellement sont, assez souvent au xive siècle, ornés de figures bizarres, de quadrupèdes, de reptiles, etc. On distingue quelquefois des figures encapuchonnées parmi les images satiriques. Le xv" fut beaucoup plus libre, et les moines y sont plus souvent exposés au ridicule et à la moquerie.

Les tours , surmontées de clochers, sont placées assez arbitrairement dans diverses parties de l'édifice, dans les monuments du xiv" siècle. Ou est beaucoup moins sévère, sous ce rapport, qu'on ne l'était au xme siècle. Elle sont élevées tantôt à la façade de l'ouest, tantôt au centre du transsept, tantôt sur l'un des transsepts.

L'église de Varzy, au diocèse de Nevers, peut être considérée comme une des plus intéressantes églises paroissialesde la France entière, du style ogival rayonnant. Nous en donnons ici la description.

Eglise de Varzy. — L'église paroissiale de Varzy est une œuvre remarquable de cette belle architecture du xiv' siècle. Mais avant d'en esquisser l'intérieur et l'extérieur, disons quelques mots de sa fondation et de l'époque de sa consécration. Suivant une longue note manuscrite rédigée par l'abbé Lebœuf, l'église de Varzy aurait été bâtie au xie siècle. Selon M. Mérimée, le monument toucherait au xve siècle. Plusieurs personnes ont attaché trop d'importance au sentiment de l'abbé Lebœuf, et ont voulu argumenter de ce fait pour attribuer au style ogival une ancienneté qui ne lui appartient pas, et pour donner à l'église qui nous occupe une antiquité qui ne saurait lui convenir. Les caractères architectoniques démentent positivement la date du xi1* siècle, époque où florissait dans toutes nos provinces le style romano-byzantin, si sévère dans ses disposi-

tions essentielles, si grave dans son ensemble, si réservé dans son ornementation. L'opinion de M. Mérimée n'est ici de nulle valeur, parce que c'est à peine s'il a daigné jeter un coup d'œil rapide sur ce monument, de môme que sur Saint-Martin de Clamecy, Une inscription gravée sur une table de cuivre et parfaitement conservée, suspendue à l'un des piliers de l'église de Varzy, nous explique très-clairement la date que nous devons admettre pour la masse de la construction. Nous la citerons textuellement.

Mil cent et deux lYglise Sainct-Pierre Dict de Varzy noble ville fondée En ce béni lieu parrocbial s'asserre Maint cresli an porDieu servir eiquerre Son vray saint de eueur et de pensée Le propre jour de Sainct-Michel dédiée Fut sainclemenl l'église dessus dicte L'an mil troys cens cinquante, vouée A Jésus Crist et du nom appellée A son aposlre a qui elle est bénicte.

La date de 1350, époque de la consécration de l'église de Varzy, coïmide d'une manière frappante avec le style architectural de la plus grande partie du monument, qui porte évidemment l'empreinte de la fin du xme siècle et du commencement du xive. La fondation de 1102 aura sans cloute été poursuivie avec une excessive lenteur, tandis que, dans les deux siècles suivants, œuvre aura été conduite avec la plus vive ardeur. La pureté du style et la grandeur de l'édifice attestent les hautes et salutaires influences des personnes qui présidaient à la construction immédiatement avant la dédicace.

En attachant à l'analogie toute l'importance qu'on ne saurait lui refuser sans injustice dans les sciences d'observation , nous arriverons, d'après les principes de la critique archéologique, à un résultat semblable. Pour quiconque voudra analyser scientifiquement tous les caractères archilectoniques de l'église de Varzy, il ne demeurera pas longtemps douteux que le monument doit être rapporté au style ogival secondaire ou rayonnant.

L'effet général de cette église est imposant. Les proportions en sont habilement établies, et dans les coupes principales règne une harmonie surprenante. On y admire autant la majesté de l'ensemble que la grâce et la délicatesse des détails. II est vivement a regretter que le pavé ait été exhaussé de manière à cacher la base des piliers ; l'élancement de la voûte y perd considérablement, et la régularité de l'ordonnance architecturale se trouve détruite.

Le plan est à trois nefs, avec transsept, large abside, mais sans déambulatoires ni chapelles accessoires. Les piliers de la nef principale sont arrondis et contournés de quatre tores majeurs qui ne montent que jusqu'au chapiteau. Sur le tailloir de ce chapiteau à feuilles recourbées viennent s'appuyer des faisceaux de colonnettes effilées, couronnées de chapiteaux à feuillages variés. Les voûtes sont soutenues sur des nervures toriques, où l'on voit poindre un corn-

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