K.VY
inencemcnt île moulure prismatique, comme nous l'avons noté précédemment en parlant de l'église de Saint-Martin de Clamecy. Le
triforium mérite d'attirer l'attention ;il est composé de longues arcades trilobées, d'une heureuse conception. La galerie n'est ouverte qu'à l'intérieur de la nef, et la courbure de l'arc montre la naissance de la ligne saillante que nous venons de mentionner. L'abside polygonale, éclairée par de hautes fenêtres, partagées par des meneaux en eolonnetles, et surmontées des figures rayonnantes des quatrcfcuilles et des rosaces, est d'un riche et grandiose effet. Il ne faudrait que de la volonté pour rendre à celte portion de l'édifice toute sa pureté originelle; on n'y voit aucune mutilation, et, ce qui n'est pas moins agréable, aucune construction importante qui puisse en laire regretter la destruction. Le transsept paraît d'autant plus étroit que la voûte en est [dus élevée. Il est déshonoré par d'ignobles passages de communication, établis à une certaine hauteur, d'une muraille à l'autre. Plusieurs fenêtres, par le.;r forme élancée et par la courbe gracieuse de l'ogive, rappellent les plus élégantes fenêtres a lancettes de la période ogivale primaire. Au fond de la nef principale, au-dessus de la porte d'entrée, on voit se déployer une superbe fenêtre rayonnante, séparée en compartiments par trois meneaux, dont l'amortissement est rempli par l'épanouissement d'une rose remarqua- Lie. Cette splendide fenêtre, de même que tous les arcs du monument, est entourée de moulures arrondies, séparées par des baguettes légères ou par des gorges et des scolies profondes. Les murs extérieurs sont tous d'une robuste construction ; c'est à peine si les siècles y ont imprimé la trace de leur passage. Les portes latérales sont d'une simplicité qui n'est pas dépourvue d'élégance, l'ouverture est en forme de grande arcade trilobée, ornée de colonnettes à chapiteaux feuillages et de moulures toriques. Le portail principal présente également une décoration austère. Les pieds-droits sont accompagnés de colonnettes, sur le fût desquelles apparaît encore une ligne légèrement saillante. Dans la voussure, on a sculpté un triple rang de feuilles variées, travaillées avec délicatesse et sentiment. La grande fenêtre centrale qui s'ouvre à l'entrée de la nef, fuit la principale gloiredu frontispice. Deux arcsboutants sont appuyés sur les flancs de la façade occidentale et en forment le complément, tout en servant à en assurer la solidité. Sur les transsepts, k l'extérieur, s'élèvent deux tours carrées qui communiquent à la masse générale du mouvement et de la vie.
Tableau des principales églises du xiv' siècle (d'après M. de Caumont).
La Sainte-Chapelle du château de Vincenncs. Fondée en 1379. Bi il tant exemple de l'architecture ogivale rayonnante ou secondaire.
Cathédrale d'Amiens. Les transsepts, en par-
tic, les chapelles latérales de la nef, diiïérentes reprises, etc., etc.
Cathédrale de Paris. La porte rouge, quelques chapelles latérales de la nef.
Saint-Scverin, à Paris. Quelques parties de façade et le portail voisin au nord. Deuxième partie du xivc (13V7-1389).
CalhéHrale de Rouen. La chapelle de la Vierge. Diverses retouches. Quelques parties des transsepts appartiennent probablement aussi au xiv" siècle.
Eglise Saint-Ouen de Rouen. En partie. La première pierre fut posée en 1318 'par l'abbé Mardagent , qui mourut en 1339 , après avoir construit la plus grande partie du chœur et les onze chapelles qui l'entourent; il laissa à ses successeurs le soin de poursuivre l'entreprise; les travaux furent continués assez lentement, car la croisée, la tour centrale et d'autres parties ne sont que du xve.
Eglise de Fécamp. Colé sud du chœur. Grandes fenêtres à meneaux légers.
Saint-Pierre de Cacn. La magnifique tour (sauf le porche qui précède le portail) construite en 1308, ainsi que l'atteste une inscription.
Cathédrale de Bayeux. Le portail appliqué après coup sur la façade de l'église; quelques-unes des chapelles latérales de la nef, peut-être une partie des transsepts.
Prieuré de Sainte-Gauburge (Orne). L'église et l'ancien cloître au moins en partie de la première partie du xive, d'après AL de la Sicotière, qui en a donné la description.
Cathédrale de Coutances (Manche). Quelques-unes des chapelles latérales de la nef. La chapelle de la Vierge, bâtie par Silvestre de la Cervelle, dans la seconde moitié du xive siècle.
Eglise de Montbourg \ld.). Consacrée en 1319 par Guillaume de Thieuville, évêque de Coutances , d'après les recherches de AL l'abbé de la Marre.
Eglise de Saint-Malo (IlIe-et-Aidaine). Le chœur seulement. Aux grandes fenêtres du clercstory et au triforium à doubles arcatures trilobées, surmontées d'une ouverture à quatre lobes, j'ai jugé cet'e église de la première moitié du xiv* siècle ; elle pourrait toutefois avoir été commencée au xiir. Les chapiteaux des colonnettes ont la forme qu'on leur donnait à cette époque.
Eglise de Tréguier ( Côtes-du-Nord). Construite postérieurement a 1339. Celte église est du reste de plusieurs époques et offre beaucoup de parties du xv.
Eglise Sainte-Trinité, à Vendôme. Le chœur* les chapelles qui l'entourent, et les premières arcades delà nef à partir du transsept.
Cathédrale de Tours. Partie des transsepts et de la nef.
Eglise collégiale de Mézières (Indre). Ln partie. Consacrée en 1339.
Cathédrale de Bourges. Quelques-unes des chapelles latérales de la nef. Diverses parties de l'édifice.
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Cathédrale de Poitiers. La façade occidentale Di les trois portails.
Cathédrale de Limoges. Quelques parties.
Église d'il zeste (Gironde). Construite en partie par Bertrand deGouth, archevêque de Bordeaux, qui devint pape en 1303, sous le nom de Clément V, et qui fut enterré dans cette église en 1316.
Saint -Emilion (Id.). En partie. Le plrtail latéral en saillie sur le mur de l'église, autrefois orné des statues des douze apôtres.
Cathédrale de Rodez. Diverses parties seulement, dilliciles à délimiter des autres qui sont du xV siècle. Les parties basses peuvent dater du xiV.
Cathédrale de Narbonne. Quelques parties, notamment les chapelles latérales, dont deux furent fondées par Gilles Aybelin , mort en 1318. D'autres parties de l'église ne sont que du xv' siècle, et le reste doit dater de la fin du xme.
Eglise Saint-Laurent, au Pug. En grande partie. Peu intéressante.
L'abbaye de la Chaise-Dieu. En partie. Eglise fondée en 13i3, et terminée vers la tin du xv' siècle; monument décrit par M. Branche.
Saint-Matthieu à Gènes (Italie). Probablement quelques parties de l'église. Le charmant cloître qui l'avoisine, construit en 1308 ; ainsi que l'atteste l'inscription suivante, que j'ai lue sur l'abaque d'un des chapiteaux des colonnes : A. D. M. ecc vm. kl. (calendas) aprilis.
Cathédrale de Nevers. La nef (sauf l'extrémité, qui est romane). Quelques parties du pourtour du chœur. Le corps de ce dernier paraît du xv' siècle.
Cathédrale de Fribourg (Suisse). Quelques parties. Cette église, commencée en 1283, a été continuée dans le xive siècle. Diverses parties ne datent que du xv".
Notre-Dame de V Epine, près Châlons (Marne). En grande partie.
Cathédrale deTroyes. Quelques parties. Peutêtre quelques-unes des arcades de la nef au-dessous du triforium qui appartient au style du xv' siècle. Je suppose que l'éditice aura été interrompu au-dessus du 1" ordre, et qu'au xv' siècle on aura repris les travaux.
Cathédrale de Metz. La nef construite en grande partie depuis 13ti2.
Eglise Saint-Thomas, à Strasbourg. Le chœur. (La nef est plus ancienne.)
Cathédrale de Strasbourg. La nef et la façade occidentale, en grande partie. On sait que Ervin de Steinbach, mort en 1318, avait élevé la façade jusqu'au-dessus du premier ordre, c'est-à-dire jusqu'au-dessus de la grande rosace; que son tils Jean, mort en 1339, continua l'édifice : c'est à lui qu'on doit le second ordre de la façade, et peutêtre une partie du troisième. La plateforme ne fut achevée qu'en 1365. La belle tour qui la surmonte est d'une époque postérieure. En avant du mur de façade on a jeté un réseau d'arcades et de colonnet-
tes détachées qui offrent, ainsi que l'ont dit avec raison plusieurs archéologues, un voile transparent. Je suppose que des additions ont eu lieu dans la décoration de cette façade. La hauteur jusqu'à la terrasse est de 230 pieds.
Cathédrale de Cologne. Le chœur en partie consacré en 1322. La première pierre avait été posée en 1248.
Cathédrale de Francfort, Le chœur et les transsepts. Le chœur commencé en 1315.
Le transsept nord fut fait plus tard; le transsept sud fut commencé en 1352.
Cathédrale d'Aix-la-Chapelle. Le chœur construit en 1353.
Eglise de //«y (Belgique). En grande partie. Eglise fort élégante et très-élevée, longue de 70 mètres, large de 28 mètres, dont le slyle annonce bien le xive siècle ; elle a été commencée en 1311.
REDENT. — Lorsqu'un mur est bâti sur un terrain incliné, et qu'on ne peut faire suivre à son chaperon le sens de la pente, on est forcé de pratiquer de distance en distance des ressauts dont le profil figure, celui des marches d'un escalier; ce sont ces ressauts qu'on appelle redents, et cette expression s'emploie dans un sens général pour désigner tout ce qui présente à peu près la forme en gradin que nous venons d'indiquer. Cette expression convient aux ressauts que la plupart des contre-forts montrent dans leur profil, à une certaine hauteur; seulement, comme ils sont généralement inclinés, ils sont ordinairement garnis de redents en talus ou en glacis.
REDIMICULCM. — On donnait le nom de redimiculum à une espèce de ceinture que les dames romaines étaient dans l'habitude de porter. Après avoir entouré deux fois le cou, cette ceinture se croisait sur la poitrine, passait sur les côtés, et faisait quelques tours pour assujettir la robe fermement sur les reins. Suivant Buonarotti, les peintres chrétiens primitifs ont donné cette sorte de ceinture aux anges, ainsi qu'au bon Pasteur. C'était sans doute, pour les chrétiens, un ornement allégorique, en ce qu'il offrait la figure de la croix. 11 était de couleur pourpre. REFOUILLER. — C'est donner beaucoup de relief aux parties saillantes d'une sculpture, en creusant profondément les plis d'une draperie ou les interstices des feuilles d'une guirlande ou d'un bouquet de fleurs et de feuillages. Les ornements de sculpture ont été refouillés au xv' siècle avec le plus grand soin et une extrême adresse. On a peine, en certaines circonstances, à se rendre compte de la manière dont on a assuré la solidité des feuilles et des tiges qui semblent ramper à la surface des murailles et n'y point adhérer. Il en résulte un elfet piquant et un jeu de lumière et d'ombre fort agréable à l'œil; il en résulte malheureusement aussi de la sécheresse dans les lignes et de la dureté dans l'ensemble.
BÉGLET. — Moulure, synonyme de Filet et de Listel {Voy. ces mots).
REINS DE VOUTE. — On appelle Reins