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doré, portée sur quatre lions de cuivre doré. « La chasse de saint Regnobert renfermait Je corps de ce saint évoque de Bayeux ; elle était toute d'argent dore; au haut d'un des ■côtés était l'image de Notre-Seigneur qui avait en sa poitrine un gros saphir : tout ce côté et les deux bouts chargés d'images d'évéques en bosse, ornés de pierres précieuses, l'autre côté, qui était sans images, avait au milieu un gros béril rond, autour duquel étaient écrits deux vers qui commencent par ces mots : Custodis nos, et au-dessus, au milieu, était attaché un autre gros béril rond par quatre barres d'argent doré. Cette chasse était portée sur quatre pieds de cuivre doré en forme de pieds de loup. »
En li-08, Guillaume, abbé de Saiut-Germain de Paris, tit refaire la châsse de saint Germain avec la plus grande somptuosité. On en peut voir la description dans l'Histoire de l'abbaye de Saint-Germain par dom Bouillart. On trouve dans ce môme livre le marché fait avec les orfèvres de Paris chargés de faire cette châsse. C'est une pièce fort curieuse.
A Rouen, il y avait la fameuse châsse de saint Romain, dite la fierté de saint Romain. On la portait solennellement dans la ville le jour de l'Ascension, jour auquel le chapitre avait le privilège de délivrer un prisonnier condamné à mort. On voit de curieux détails sur cette procession dans le Voyage liturgique du sieur de Moléon (Lebrun Desmarcttes).
11 serait impossible de faire un inventaire détaillé des immenses richesses artistiques que possédait jadis la France en reliquaires de toute espèce. Ces trésors ont disparu pour toujours, et nous n'en avons plus qu'un souvenir historique.
Ajoutons, cependant, en terminant, qu'il y avait dans certaines églises, au moyen âge, des reliquaires en forme de statues, de bustes, de têtes, de bras, etc., dans lesquels on enfermait quelques parcelles de reliques. Félibien en mentionne plusieurs qui existaient autrefois dans le trésor de Saint-Denis. Dugdale, dans son Monasticon anglicanwn, en fait connaître également un grand nombre qui se trouvaient jadis dans les églises catholiques de l'Angleterre.
RELIQUAIRE. — Le mot reliquaire ne signifie pas toujours le lieu ou le monument où sont enfermés les restes d'un martyr ou <l'un saint. Dans certaines localités, il est synonyme d'ossuaire, et sert à désigner spécialement de petits édifices élevés dans les cimetières, ou des cryptes pratiquées audessous, où l'on dépose les ossements retirés des tombes abandonnées ou des fosses ouvertes dans les cimetières pour de nouvelles sépultures. Voy. Charnier et Ossuaire.
RENAISSANCE. — I. Dès la fin du xv< siècle, on voit apparaître dans nos édifices religieux, et surtout dans les monuments civils, le germe d'un art nouveau. Cet art conserve encore les traditions de l'art ogival, mais il s'affranchit de certaines règles, il admet des formes dont on ne connaissait
point d'exemples jusque-là , il s'inspire ailleurs qu'aux sources chrétiennes, il cherche des modèles ailleurs que dans nos grandes constructions nationales. A la même époque, une grande agitation régnait dans les esprits. C'était le moment où les littérateurs étudiaient et copiaient, les auteurs do l'antiquité classique; où les architectes commençaient à copier aussi les œuvres des anciens et celles des Italiens. Ajoutons à cela qu'un besoin de vague changement préoccupait le monde. Bientôt l'Allemagne retentit de l'appel à la révolte contre l'autorité, à la voix d'un moine apostat, accompagné d'autres apostats. Ce n'était pas l'appel à l'indépendance, c'était encore moins l'appel h la tolérance religieuse que faisaient Luther et ses disciples. Les faits l'ont bien démontré. L'esprit de cette prétendue réformalion fermentait en France, comme ailleurs. Mais les malheurs, chez nous, furent alors moins terribles que chez nos voisins, jusqu'à ce que le même génie de troubles, de révolutions, de désordres vint armer les protestants contre les lois, le prince et la patrie, qu'ils tentèrent en vain, a plusieurs reprises, de vendre à l'étranger.
Le retour à l'étude des auteurs classiques de la littérature grecque et latine fut appelé la Renaissance des lettres. Lorsque les progrès du nouvel art de bâtir furent assez avancés, on appela cette architecture différente de celle qui avait régné avec tant, de gloire durant tout le moyen âge, Yarchiteclure de la Renaissance. Ce n'était pas cependant une Renaissance, car on quittait un art savant, complet, ayant ses modèles et ses formules, un art indigène, national, un art en parfaite harmonie avec les conditions de notre climat, avec les besoins des cérémonies chrétiennes ou ceux de notre civilisation française. Aussi, quel fut le terme de cette prétendue Renaissance? l'abandon absolu de nos arts propres et la copie servile des monuments de l'antiquité. Ce n'était pas là un progrès : c'était au contraire une décadence. Il faut étudier les bons modèles : mais les copier servilement, ce n'est pas avancer, c'est reculer.
Le style classique, cependant, ne remplaça pas immédiatement l'architecture chrétienne. Il y eut une sorte d'oscillation dans les principes, et il en résulta un mélange, une fusion des formes particulières à chaque style : ce n'est plus l'art ogival, ce n'est pas encore l'art grec ou romain. C'est ce style de transition, de passage, de fusion, qui est, à proprement parler, le style de la Renaissance. Tout n'est pas d'emprunt dans l'architecture de la Renaissance. On y trouve des dispositions originales, des motifs de décoration qui ne sont qu'à elle et qu'elle peut revendiquer avec honneur et à bon droit. On voit que le génie des artistes conservait toujours son indépendance. Il ne perdit sa liberté et ses franches allures que lorsque le retour à l'art antique fut accompli dans son entier.
Essayons maintenant de tracer la marche
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de la Renaissance française proprement dite, te serait une erreur de confondre la Renaissance française avec la Renaissance italienne. Celle-ci naquit et se développa la première, mais sous des influences et avec des caractères qui ne se rencontrèrent pas en France. Les édifices de notre pays construits dans la première moitié du xvi' siècle ont une physionomie toute française.
Renaissance française. — En l'absence des traces complètes de nos grands manoirs royaux et féodaux du xive siècle, tels que le Louvre de Charles V, les hôtels de Saint-Pol et des Tournelles, le château de Wincestre , dépôt des trésors d'art de Jean, duc de Berri, etc., etc., nous prendrons le point de départ de l'architecture civile de la France dans un monument cpie nous a conservé , au milieu de tant de dévastations, la prévision éclairée d'un grand ministre, Colbert , qui en fit l'acquisition pour en doter la ville de Bourges. Cet hôtel participe déjà , dit M. Dusommerard (tom. I, pag. 165), à quelques égards seulement, de l'influence du goût italien. L'époque de cette construction, 1441, correspond, il est vrai, à celle où l'architecture civile italienne commençait à suivre le mouvement imprimé d'abord à la sculpture, dès le commencement du même siècle, par les admirables travaux des Ghiberti, Dohatello, etc. Toutefois, en reconnaissant qu'il n'en fut pas chez nous de l'architecture civile comme de celle religieuse, qui nous appartient plus particulièrement, et où le génie de nos modestes maîtres ès-œuvres plana fièrement au-dessus de toutes les combinaisons exotiques, sans daigner même interroger l'art étranger sur les formulespratiques que l'étude leur révéla plus admirables encore; et tout en convenant que, plus timides, nos conslructeurs du xvi' siècle empruntèrent volontiers à l'Italie leurs moyens de succès, il faut reconnaître qu'ils eurent, ainsi que les premiers architectes italiens appelés par nos rois, le bon esprit de ne pas brusquer la transformation de l'art. Tenant compte des conditions du climat, des exigences que comportaient nos saisons pluvieuses, le séjour des neiges, etc., ils eurent le soin de conserver à leurs édiliecs les immenses combles nivelés sous Henri II, puis surgissant de nouveau sous Henri IV, mais en prenant le soin de les alléger par une crête à jour se dirigeant vers le ciel, d'en briser I aspect monotone par d'élégantes lucarnes armées et dentelées, liées souvent entre elles, comme au palais de justice de Rouen, par des rubans capricieux servant à la fois d'ornements et de contre-forts, et d'où sortaient des pinacles supportant des statues , et d'en masquer la base par des balustrades variées, qui, comme à l'hôtel de Cluny, terminent si gracieusement l'appareil en pierre de l'édifice, et marient la galerie italienne à la forme gothique. C'est ainsi que le savant Giocondo, témoin et coopérateur
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des travaux tout italiens de Bramante et de son école, en construisant, à Paris, d'après l'ordre de Louis XII, le palais de la Chambre des Comptes, n'a négligé aucune des ressources que lui offrait notre système d'encorbellement et d'allégement dés masses patleurs détails, et s'est borné à en multiplier les eifets en épurant les formes, rendant ainsi d'une exécution plus difficile et plus coûteuse encore ce mode d'ornementation poursuivi pendant une partie du xvT siècle par d'autres Italiens, notamment à Brou, mais devant lequel recula bientôt l'épargne de François I", et sans doute aussi le besoin d<< signaler Je règne de ce prince, tout spécinl quant aux arts, par un système architectural qui lui fût propre
L'influence italienne, qu'on devine à peine dans le manoir de Jacques Cœur, du milieu du xve siècle, devient bien plus sensible dans les édifices de ce siècle, époque de l'invasion en France des artistes uliramontains ramenés d'abord par Charles V11I, appelés ensuite par Louis XII et par son ministre pour reproduire en France des souvenirs recueillis dans l'expédition du Milanais , puis débordant de toutes parts à l'appel de François Ier. Bientôt disparurent, sous les influences italiennes, les germes de notre art français, qui ne refleurit avecquelque vigueur que sous Henri IL Philippe de Comynes nous a peint (liv. vm, chap. 18j CharlesVlII, séduit, sans doute, par l'effet des grands travaux des Brunelleschi, des Alberti, etc., et aussi par le désir assez naturel de laisser des traces durables de son voyage tout chevaleresque, « amenant de Naples plusieurs ouvriers excellents en plusieurs ouvrages, comme tailleurs ei peintres, pour élever à Amboise le plus grand édifice que commença le roy, et dont les patrons étoient faits de* merveilleuse entreprise et dépense ; » il nous parle aussi « des tours encore debout où l'on monte à cheval, et d'autres travaux. »
Louis XII dut continuer ses travaux à son usage, et bientôt, témoin à son tour des prestiges d'un art nouveau pour ses yeux à Milan et à Gênes, il enchérit encore sur les dispositions de son devancier. Lorsquo Louis XII occupa Milan, en 1499, le Bramante, célèbre dès 1476, avait déjà construit dans cette ville, sous le patronage de Ludovic Sforce, des monuments non moins remarquables que ceux qui excitèrent l'admiration de Charles V11I dans la haute Italie, entre autres les beaux cloîtres du monastère de Saint-Ambroise. Peut-être que, livré à lui-môme, Louis XII, plus occupé de ses embarras politiques que de la culture des arts, et très-sobre d'ailleurs des dépenses de luxe, qui se résolvaient en charges pour son peuple, eût résisté à la tentation d'imiter Charles VIII ; mais Georges d'Amboise, en qui le père du peuple avait, selon l'expression de Jean d'Auton, « parfait amour et singulière confiance, » ne laissa pas échapper cette occasion de donner une plus savante
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direction roix travaux qu'il exécutait et aux pensées d'art qu'il méditait.
L'iiabile constructeur de la salle du conseil <io la ville du Vérone, le savant fra Giacondo, I il (.'-râleur, antiquaire, ingénieur, éditeur de Yitruve, collaborateur de Michel-Ange dans le grand œuvre de Saint-Pierre, etc., ouvrit, sous le haut patronage du cardinal-ministre, la marche que suivirent plus tard Léonard de Vinci et tant d'autres célébrités italiennes ; mandé àParis, spécialement, dit-on, pour diriger la construction du Pont-Notre-Dame, dont la première pierre fut posée le 28 mars 1500, et la dernière le 10 juillet 1507, il y mena de front divers travaux, notamment ceux du palais de la Chambre des Comptes.
Plusieurs écrivains, dont les ouvrages sur les arts ont perdu de leur autorité depuis quelques années, surtout quand il est question des arts au moyen âge et à la Renaissance, ont avancé que les artistes français de la tin duxvc siècle et du commencement du xvie n'ont rien produit qui puisse être comparé aux œuvres des artistes italiens de la même époque. En étudiant mieux notre histoire artistique, on a découvert que plusieurs ouvrages attribués aux Italiens venus en France, appartenaient à des artistes français. Nous citerons en preuve les travaux des Lejust et de Valence de Tours. On peut consulter sur ce sujet le tome 1er des Arts au moyen âge, par M. Dusommerard, et la première partie de la Monographie de l'église Saint-Denis, par M. Guilhermy.
Le talent de Lejust ne constituait pas à Tours, en faveur de l'art français de la Renaissance, une heureuse mais unique exception. Vainement objecterait-on que cet artiste doit faire exception, parce que, ayant été envoyé a Rome par le cardinal d'Araboise, Georges 1er, pour étudier les arabesques de Raphaël, il put y prendre des leçons de Michel - Ange, comme Jacques d'Àngoulôme, et venir les mettre à protit à Tours, comme firent les frères Jacques à Heiins, dans les belles figures du mausolée de Saint-Remi, les frères Richier à Saint- Mihiel, dans l'exécution du sépulcre de l'église de cette ville. A une époque antérieure à l'arrivée des Italiens en France, il y avait à Tours deux sculpteurs presque homonymes, également employés par Je roi.
Peut-être trouverait-on le véritable chef de cette écolo de Tours dans Anthoine Juste, ou de Just, dont M. Deville a découvert le nom parmi ceux des artistes qui travaillaient au château de Gaillon dès l'année 1497, époque où Michel-Ange, âgé de vingt-trois ans, ne faisait pas encore école, et où furent exécutées chez nous les élégantes sculptures dont il nous reste de beaux débris.
Ajoutons, pour surcroît de témoignage de l'existence, dès la fin du xve siècle, de cette famille d'artistes florissant à Tours, comme celle des Pilon florissait en Anjou, que les diverses histoires de cette ville, notamment celle de Chalmel, et un mémoire de M. Lambron de Lignim, inséré dans le tome ii des
Annales de la Société archéologique de Touraine, nomment positivement deux sculpteurs frères, du nom -de Lejust, corn m n auteurs de divers mausolées exécutés en Touraine dans le même intervalle de temps, du règne de Charles VIII jusques et y compris celui de François Ier, tels que le tombeau élevé aux quatre enfants de Charles VI 11 et d'Anne de Rretagne, qui, du chœur de l'église de Saint-Martin de Tours, fut transféré dans une des chapelles de l'église métropolitaine de Tours; les deux monuments de la famille Gaudin , qui , placés d'abord au prieuré de Rondésir, près de La Rourdaisière, furent {dus tard réunis à Amboise, et surtout le mausolée de Thomas Rohier, chambellan de Louis XII et de ses trois successeurs, et général des finances sous les derniers, à qui l'on doit la belle création de Chenonceaux, et do Catherine Rriçonnel, sa femme, monument qui était placé dans l'église de Saint-Saturnin de Tours.
Qui pourrait douter maintenant, après un tel concours de preuves, qu'à l'époque même où Charles VIII entreprenait, selon les termes de Comynes (liv. vin, chap. 18), a Amboise, où il mourut le 7 avril 1498, « le plus grand édifice que commença le roy, tant au château qu'en ville, avec les ouvriers excellents en plusieurs ouvrages, comme tcrilleurti (sculpteurs) et peintres qu'il avait amenés de Naples, » il n'existât, à quelques lieues de cette résidence royale, une pépinière d'artistes non moins habiles tailleurs, peintres, et même maîtres ès-œuvres, tels que les Just, les Fouquet et les Pierre Valence? Or, ce qui existait à Tours, au moins dès la fin du xvc siècle , n'était que la continuation des traditions antérieures, consacrées, surtout à Pai'is, par Charles V, et à Dijon par son frère Philippe le Hardi, duc de Rourgogne, qui, possesseur d'abord du comté de Touraine, put contribuer à y semer les germes d'art qui fructifièrent si bien sur ce sol favorisé du ciel ; et tout prouve que la Touraine n'avait pas seule ce privilège d'exploitation commun à diverses capitales d'autres provinces, notamment à Rouen, où, dès 1497, la ville pourvoyait presque seule par ses artistes, tels que Roger Ango, Roulland-Leroux, Pierre Desaulbeaux, Regnaud Therouyn , Jean Chaillou , André Le Flament, etc., etc., non-seulement à la construction d'édifices, comme le palais de justice, le portail et les tours de la cathédrale, mais encore à l'érection de la belle maison de plaisance de son archevêque.
En Rretagne , où le mausolée de François II, à la cathédrale de Nantes , terminé en 1507 par un artiste tourangeau, Michel Coîumb ou Columheau, formerait seul un témoignage que confirmeraient d'ailleurs de nombreux monuments encore existants en partie, de même que pour l'Anjou, aux preuves de la chronologie de notre art statuaire subsistantes dans ce qu'on no.mme vulgairement les saints de Solesmes, on pourrait ajouter ce que dit d'Agincourt , assez indifférant sur ces sortes de constatation, des
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