‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 145 sur 276 · KEN · texte numérisé non relu

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monuments (la \vu siècle, du château du Vergier et de l'église Sainte-€roix en dépendant, qu'il visita ci 1T64 ; tels que la statue en marbre du maréchal du Gié, disgracié eu 1502, et « plusieurs statues eu bronze d'une perfection de fonte et d'une vérité d'expression qui lui eussent fait désirer d'eu connaître les auteurs, parue qu'ils avaient précédé Jean Goujon et Germain Pilon. »

On peut juger par de tels aperçus, bornés à un rayon très-circonscrit de l'ouest de la France, et môme à un très-petit nombre de localités, quand tant d'autres, depuis Gisors, si riche en sculptures, jusqu'à Caen, Baveux, Coutances, etc., surabondent de semblables témoignages, de ce que produiraient des démonstrations analogues pour les autres parties de notre territoire; et à cet égard, la publication d'Achille Allier et de ses continuateurs sur le seul Bourbonnais, prouve quels seraient, les fruits d'un semblable travail pour des provinces surtout où, comme la Champagne, la Picardie, la Bourgogne, les écoles de sculpture étaient en mouvement dès la fin du xve siècle. Or, nous le demandons, en présence de tels faits, et lorsque à ces démonstrations spéciales à la sculpture viennent se joindre les élégantes et innombrables manifestations architecturales toutes nationales pour nous et presque sans rivales en Italie, de nos élincelantes verrières, mosaïques transparentes , en honneur en France depuis quatre siècles , lorsque Jules 11, pour en jouir, dut admettre nos artistes à participer aux travaux de Raphaël et de Michel-Ange, et des riches et indestructibles produits de nos premiers émaux de Limoges, dont l'origine se perd dans la nuit des âges.

Quant à nous, dit M. Dusommerard, auquel nous empruntons ces détails , admirateur enthousiaste des immenses titres que possède l'Italie à la suprématie en ces matières, mais sous quelques rapports seulement , notre patriotisme, étranger, il est vrai, à celui au nom duquel se sont commises toutes nos dévastations, se refusera toujours par conviction à s'incliner devant la morgue de ces maîtres, à faire chorus avec certains chefs de nos écoles d'enseignement graphique ou archéologique, pour proclamer qu'en effet c'est aux seuls Italiens que nous sommes redevables d'avoir vu nos arts «relevés du bas état dans lequel ils croupirent si longtemps, » pour confesser que « nous n'avons produit, avant la fin du xv" siècle, que des travaux d'art mort et non encore ressuscité. »

Le plan des églises bâties à la Renaissance ne fut pas invariablement le même. On modifia, suivant une foule de circonstances particulières, suivant aussi les caprices de l'ordonnateur, celui qui avait été consacré au xiv siècle et adopté dans les édifices d'une date postérieure.

Quant aux colonnes, qui avaient joui- un rôle si important dans tous les monuments

religieux , elles furent encore remplacées, dans les premiers temps, par les nervures prismatiques du style ogival flamboyant.

Bientôt après on les éleva dans des proportions plus correctes. Déjà l'on distingue une régularité mesurée, des rapports assez exacts entre le piédestal, la base, le fût, le chapiteau et l'entablement. Le chapiteau, avec ses volutes élégantes, ressemble de loin au chapiteau ioniqueoucorinthien.Leplussouvent, néanmoins, le chapiteau est composé de formes originales, d'un goût libre et d'un dessiu gracieux.

On abandonne peu à peu l'arc en ogive pour adopter le plein cintre. Les formes se mélangent et alternent, jusqu'à ce que le plein cintre triomple pleinement. Les fenêtres furent ordinairement ogivales; là, l'arc aigu se conserva plus longtemps que dans les portes, où le plein cintre apparut d'abord et fut ensuite seul employé.

Les voûtes de grande portée furent toujours bâties d'après les principes du système ogival; mais elles furent chargées de nervures, de caissons et de clefs pendantes. Les voûtes de petite étendue sont à plein cintre, et l'intrados en est couvert de caissons symétriques, remplis de sculptures en bas-relief très-variées: fleurs, fruits, feuillages, fleurons, têtes humaines, génies ailés, figures emblématiques, armoiries, dessins fantastiques.

L'ornementation propre de la Renaissance est d'une richesse éblouissante. L'exécution en est admirable sous le rapport de la délicatesse, de la finesse et du goût. Ce sont de gracieuses arabesques, des fleurs, des feuillages, des mascarons, des festons, des dentelles, des médaillons, etc.,. etc.

Les monuments de la Renaissance proprement dite sont encore très-remarquables. Ils ont leurs beautés particulières, et sous leurs ornements un peu mondains, ils conservent la dernière empreinte du génie chrétien du moyen âge.

Parmi les églises de la Renaissance, nous pouvons citer : celles de Saint-Ger.vais et Saint-Protais, à Paris; d'Argentan; de Brou, près de Bourg en Bresse; de Gisors; de Montrésor, au diocèse de Tours; le portail de Sainte-Clotilde, aux Andelys; la façade occidentale de l'église de Villeneuve-le-Roi ; l'église de Sully-la-Tour,- au diocèse du Nevers, etc., etc.

Parmi les monuments civils les plus remarquables nous citerons : le château de Chambord; celui deBIois; celui d'Amboise ; celui de Chenonceaux; d'Ussé; d'Azay-le- Rideau; de Chaumont, etc.

Pour avoir une idée de la verve et do la finesse qui ont été déployées dans les sculptures de la Renaissance, il suffira de voir le tombeau de Louis XII, à Saint-Denis; ceux des cardinaux d'Amboise, à Rouen ; ceux des ducs de Savoie, à Brou; celui du duc François, à la cathédrale de Nantes.

Comment la Renaissance déclina-l-elle si

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rapidement vers les œuvres profanes, et tomba-t-elle si vite? Le voici :

Lorsque les artistes eurent quitté le service de l'Eglise et de la société chrétienne pour se mettre au loyer des princes, des banquiers et des fournisseurs, chacun humilia son génie au niveau de ces intelligences, et plia son sentiment au goût de ceux qui payaient. L'art, d'un enseignement social qu'il était, devint une flatterie pour les grands. Or Je sentiment et le goût des princes n'élaient ni le sentiment ni les goûts de la religion et du peuple; car ce ne sont pas eux, sans doute, qui encouragèrent ces mélanges impurs de mythologie païenne et de symboles chrétiens, qui constituent le bagage artistique de la Renaissance. Quand les artistes des grands confondaient à plaisir, sur les façades des palais, Abraham et Cérès, Samson et Hercule, Vénus et la Vierge, l'art était à la veille de tomber, parce qu'il s'avilissait. C'est là l'histoire de toutes les institutions humaines et de toutes les branches des beaux-arts. Lorsqu'ils commencent à se dégrader, ils sont à la veille de leur agonie, et leur mort est proche.

RÉPARATION. Voy. Restauration.

REPAS SACRÉS. Voy. Agapes.

Blanchini, dans un ouvrage intitulé : Demonstratio historiœ ecclesiastîcœ, comprobata monumentis, etc., donne de curieux détails sur les repas sacrés ou agapes des premiers chrétiens. ( Tom. II. pag. 343 à 346. ) Paciaudi, dans son ouvrage Antiquitales Chrislianœ ( 1 vol. in-4% pag. 155), cite une dissertation de Muratori de Agapis sublatis, insérée au tom. Ier des Anecdotorum Grœcorum, Patav. 1709. On trouve encore pag. 345 du môme ouvrage de Paciaudi d'autres indications, à savoir, un traité de Stolberg, de vêler. Christianorum Agapis, Wittemberg, 1673; 'un autre de Schurzfleischius, de veter. Agaparumritu, Wittemb. 1690; de Quistorpius, de Agapis nascentis Ecclesiœ Chrislianœ, Roslochii, 1711; et enûn Boëhmer, in dissertatione juris ecclesiastici, etc., tous écrivains que Ciampini déclare être orthodoxes ( notissimos orthodoxos scriptores), ce qui est trèsimportant en pareille matière. On peut lire aussi avec fruit ce qu'a écrit sur les agapes Magri ou Macri, dans son Hierolexicon, pag. 15, qui résume en deux colonnes tout ce que la discipline de l'Eglise avait réglé au sujet de ces repas. Les Pères et les conciles y sont cités en grand nombre, ainsi que divers auteurs ecclésiastiques qui ont traité de cette matière. On trouvera également de bons renseignements dans un mémoire intitulé : Recherches sur les agapes et les peintures chrétiennes qui les représentent aux catacombes, et inséré au tom. XIII des Mémoires de VAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres, nouvelle série. Voyez encore Dictionn. d'Iconographie, par M. Guénebault, appendices.

REPOUSSÉ (Sculpture au. ) Voy. Sphyré-

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