LA TON
RÉSEAU. — Le réseau d'une fenêtre, c'est, à proprement parler, la disposition des compartiments en pierre qui en garnissent le
sommet, comme les trèfles, les quatrefeuilles et les rosaces, dans les monuments du xin" et du xive siècle, comme les formes flamboyantes, dans ceux du xv" siècle. Les Anglais appellent le réseau Iracery. C'est un mot convenable, qu'il faudrait essayerdefaire passer dans notre langue; il est clair et précis, tandis que celui de réseau est vague. D'autant plus qu'on appelle en français moulures en réseau les entrelacs, les nattes, et autres moulures analogues qui décorent les parements des murailles.
RESSAUT. — On emploie ce mot dans plusieurs sens. Ressaut signifie quelquefois avant-corps; quelquefois ii signifie le brisement des lignes verticales qui deviennent transitoirement obliques ou horizontales, pour reprendre ensuite leur ascension perpendiculaire. Il est alors synonyme de Redent ( Voy. ce mot ).
RESTAURATION et Réparation des églises. — Ces deux expressions sont loin d'être synonymes. La réparation est modeste; elle se renferme dans la limite du nécessaire, pour conserver. La restauration a des prétentions plus grandes, elle cherche à refaire ce qui a été détruit ou altéré.
Réparer, restaurer, sont deux choses d'une application journalière dans nos vieilles églises, et pourtant il n'en est point qui soient plus mal comprises, et qui donnent lieu à des erreurs souvent plus fâcheuses par leurs suites. Tandis que le but de toute réparation dans cet ordre de monuments devrait être la conservation de ce qui existe, il semble que dans les pensées du plus grand nombre, réparer doive être traduit par changer, et restaurer par effacer ou badigeonner, ce qui est la même chose.
Nos campagnes abondent en églises du moyen âge d'un vrai mérite; et ( ce que je dis ici s'applique aux villes comme aux campagnes ) que l'on s'arrête un moment à considérer un de ces édifices, l'on est bientôt frappé des réparations maladroites dont il a été l'objet : c'est un clocher roman dont les fenêtres élégantes et les gracieuses colonnettes sont noyées dans la maçonnerie qui les masque; c'est un portail au xne siècle transformé en mauvaise porte bâtarde, ou enfermé dans un tambour en planches; ce sont des fenêtres ogivales coupées à moitié de leur hauteur, ou complètement condamnées, ou transformées en ouvertures carrées; et je ne parle ici,. ni de ces arcades intérieures supprimées, ni de ces substructions informes ajoutées coup sur coup aux diverses parties du monument. Que l'on ne dise point ici que l'économie est la cause réelle de ces sortes de travaux; car s'il n'est que trop vrai que dans bien des cas le défaut d'argent se fait souvent sentir, dans une foule d'autres l'incurie, \tsplus tôt fait font préférer la maçonnerie du premier ouvrier venu au secours de l'homme un peu plus habile qui pourrait tailler un fût de colonnette, ou refaire une portion de cintre de fenêtre avec les deux ou trois moulures qui la dessinent. Voici pour les réparations; quant à ce qu'on nomme
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