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les embellissements, les procédés sont plus .•xpéditifs encore. Une couche de badigeon au lait de chaux est étendue indistinctement sur toutes les parties intérieures de l'édifice : murailles, colonnes, sculptures, tout est enveloppé sous ce manteau de neige; seulement, dans les églises où la recherche a été poussée plus loin, on a relevé les nervures des voûtes et les chapiteaux des colonnes par une teinte ocreuse, et cette bigarrure est tout ce qu'on a pu faire de mieux pour la maison du Seigneur. Traitée de cette façon, une église, au bout de quelques années, a perdu tout caractère, tout style pris dans son ornementation; et les couches de badigeon amoncelées successivement ont bientôt fait disparaître ou des sculptures assez grossières, mais infiniment précieuses par leur haute antiquité, ou des ciselures beaucoup plus nouvelles, mais d'un fini et d'un détail d'exécution souvent admirables.
Je vais maintenant donner quelques règles a substituer, dans les réparations d'églises, à celles qu'on a suivies jusqu'à présent.
Si nous avons une église à réparer, reportons-nous par la pensée vers l'époque de sa construction primitive, et voyons dans quelles conditions elle se trouvait à sa sortie des mains des ouvriers. Dans la plupart des églises de campagne, les colonnes et leurs chapiteaux, les nervures des voûtes et leurs rlés, les encadrements et les moulures des portails et des fenêtres sont construits en pierre de taille; et c'est dans cette pierre vive qu'est sculptée toute l'ornementation. Les voûtes et murailles sont ordinairement établies en moellons noyés dans le mortier, et l'on doit supposer que l'enduit dont on les avait primitivement revêtus était d'une couleur analogue à celle de la pierre de taille employée dans le reste de l'édifice; je crois inutile d'insister sur la nudité primitive de la pierre de taille, puisque jamais les ouvriers n'auraient perdu leur temps sur les ciselures destinées à disparaître sous une couche de plâtre ou de chaux.
Cela établi, il est bien entendu que dans tous les travaux rendus nécessaires par le mauvais état d'un monument, on devra se rapprocher de ce qui existait, et de ce qui est encore en grande partie.
La pierre de taille devra donc être mise en œuvre partout où elle existait primitivement. Dans une foule de circonstances, surtout si l'on arrête de bonne heure les dégradations, il n'y aura guère qu'à remettre en place et sceller de nouveau les fragments de pierre détachés des différentes parties de l'édifice. Les mesures de précaution doivent être surtout employées de bonne heure pour les chapiteaux descolonnes et autres parties de l'ornementation, dont le remplacement par des copies est une chose difficile et fâcheuse. On emploiera le moellon dans la réparation des parties de l'édifico construites un moellon.
En ce qui concerne l'embellissement, la restauration de l'église, il faut se convaincre de ce principe, qu'au lieu d'embellir, le ba-
digeon nuit presque toujours, et qu'il est des parties dont il doit être invariablement proscrit. Il faut, au contraire, faire disparaître avec soin les enduits dont on a recouvert les colonnes et leurs chapiteaux, les cintres et archivoltes des portails et des fenêtres, les nervures des voûtes, leurs clés, et généralement toutes les parties en pierre vive. On ramène ensuite par des raccords les autres parties de l'édifice en souffrance, au ton de la pierre que l'on a mise à nu.
Pour arriver à ce résultat, on commenco par débarrasser, au moyen de larges brosses, tout l'intérieur de l'église de la poussière qui le recouvre. On mouille fortement avec une éponge imbibée d'eau les parties de badigeon à enlever, et on les racle ensuite avec un racloir très-doux; il faut prescrire aux ouvriers de ne se servir que d'outils en fer non trempé et mousses aux angles. Les sculptures surtout et les ciselures demandent à être traitées avec ménagement pour que la pierre n'en soit point écorchée; des spatules en bois dur sont très-utiles pour rouiller dans les sinuosités de la sculpture sans l'altérer. La cathédrale d'Autun a été débadigeonnée tout entière par les moyens que je viens d'indiquer, et cette opération a parfaitement réussi. Il ne faut point trop se préoccuper si, après ces opérations et les raccords indispensables dans les parties de l'édifice construites en blocage, les teintes ne s'harmonisent pas toujours. « Il faut, dit le Comité historique, laisser au temps à faire son travail, et les restaurations doivent rester telles quelles. Les restaurations témoignent du soin que l'on prend des monuments, et les yeux s'habituent promptement à les voir. »
Il arrive quelquefois qu'en faisant tomber un vieux badigeon, on découvre des peintures précieuses : il faut veiller avec le plus grand soin à ce que le travail de l'ouvrier ne vienne point les endommager, et c'est pour éviter cela que l'on recommande l'usage de racloirs très-doux.
Ce que j'ai dit ici du badigeon par rapport à la sculpture sur pierre , s'applique également aux couches de peinture dont on recouvre souvent des stalles et autres genres de boiseries sculptées. La peinture empâte les traits déliés du ciseau de l'artiste, et rien au reste ne peut être préférable comme couleur à celle dont le temps a revêtu les boiseries de nos vieilles basiliques.
Bien des églises possèdent des objets d'art, des reliquaires du moyen âge, des reliefs sur bois , des tableaux recommandables à plus d'un litre : beaucoup de ces précieux objets, dans les églises de campagne, sont abandonnés aux vers qui les dévorent, à la pourriture et à l'humidité qui les minent.
Je finirai par deux observations importantes. La première, c'est qu'en fait d'utilité publique , des considérations d'amourpropre ne doivent jamais faire hésiter à demander les conseils des gens qui peuvent en avoir de bons à donner, et qu'il faut par conséquent réclamer en toute circonstance ceux