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des archéologues. La seconde observation porte sur la nécessité que les curés consentent à se faire les protecteurs éclairés de leurs églises, et par conséquent cherchent eux-mêmes à se mettre au courant de quel-
3 ues notions archéologiques; c'est ainsi que ans les conseils de fabrique dont ils sont partie nécessaire et prépondérante , devenant les défenseurs des saines doctrines, ils parviendront souvent à empêcher des réparations d'églises qui font honte à la raison et au goût.
RETABLE. Voy. Autel ; nous avons donné sous ce titre la description de plusieurs rutables curieux.
L'introduction des retables au-dessus des autels ne remonte pas à une haute antiquité. (De Caumont, tom. VI, pag. 165 et suiv.) Au xiv° siècle, on exécuta en pierre et en bois des retables assez compliqués; mais c'est surtout au xve siècle que les retables prirent un développement et des proportions considérables. On en trouve plusieurs fort remarquables en France, en Angleterre et en Allemagne. Les sculpteurs allemands en ont exécuté qui passent, avec raison, pour des chefs-d'œuvre de goût et de patience. On en voit un de ce genre trèsintéressant dans l'église de Saint-Germainl'Auxerrois, à Paris, qui provient d'Allemagne, et qui y a été placé il y a quelques années. Voy. Contre-retable.
RETOMBÉE. — La retombée d'un arc ou d'une voûte, ce sont les claveaux qui sont le plus près du point d'appui horizontal , et dont la projection est assez peu considérable pour qu'ils puissent se soutenir au besoin par ieur propre poids, alors que les autres seraient tombés. C'est ainsi que Ton rencontre fréquemment dans les églises des campagnes des nefs non achevées où les retombées des voûtes restent apparentes.
RETOUR a l'architecture du moyen âge.
Voy. Imitation.
RETRAITE. — Une partie ou un membre d'architecture est en retraite quand il est sur un plan en arrière d'une autre partie ou d'un autre membre. On appelle encore retraite un simple enfoncement : ainsi une niche est en retraite.
RIDEAU. — L'autel des basiliques chrétiennes primitives était entouré de rideaux que l'on tirait au moment de la consécration et de la communion du célébrant. Ces rideaux étaient faits d'étoffes précieuses, et on trouve à ce sujet de bonnes indications dans la Vie des papes , par leur biographe, Anastase le Bibliothécaire.
« Il y a trois espèces de voiles ou de rideaux dans les églises, dit Guillaume Durand, Ration, div. officior. cap. 3; celui qui cache les saints mystères, celui qui sépare le sanctuaire du clergé, et celui qui est entre le chœur et la nef. Le premier représente la loi ; le second, notre indignité, en ce que nous ne méritons pas de contempler les choses célestes; le troisième, la contrainte de nos appétits charnels. Le premier est un rideau qui est suspendu à chaque côté de l'au-
tel lorsque le prêtre officie, et dont le voile do Moïse est le type , selon ces paroles de l'Exode : Moïse mit un voile sur sa figure, car les enfants d'Israël ne pouvaient soutenir Véclat de son visage. Le second voile ou rideau, qui est suspendu devant l'autel pendant la messe du carême , était figuré par le voile du tabernacle qui séparait le Saint des saints du reste du temple et dérobait l'arche à la vue du peuple. C'est ce voile qui fut déchiré du haut en bas à la mort de Jésus-Christ : les voiles ou rideaux de nos églises sont imités de celui-ci, et sont soigneusement brodés en dessins variés. La troisième espèce de voile a été adoptée pour cette raison que dans la primitive Eglise l'enceinte ou mur qui entourait le chœur n'était pas plus élevé que le chœur, comme, nous le voyons encore de nos jours , afin que le peuple pût s'édifier de la vue du clergé: qui chantait les psaumes.
« Le samedi saint tous les rideaux sont êtes, parce que au moment de la mort du Sauveur le voile du temple fut déchiré. C'est alors que l'intelligence spirituelle de la loi, qui avait été cachée depuis tant de siècles, nous fut révélée; que le royaume de Dieu nous fut ouvert; que la force nécessaire pour vaincre la concupiscence charnelle nous fut accordée. Le voile qui sépare le sanctuaire du chœur est tiré ou levé tous les samedis de carême, à vêpres, lorsque l'office du dimanche commence, afin que le clergé puisse voir dans le sanctuaire , parce que le jour du dimanche rappelle la résurrection.
« Cet usage se continue pendant les dimanches du carême, parce que la joie céleste et éternelle doit se manifester eu quelque manière à toutes les époques de l'année ; c'est cette force dont la plénitude est cachée pour nous dans le ciel, et dont le voile du sanctuaire est l'emblème.
« Aux jours de fête on suspend des rideaux dans les églises pour les orner , afin qu'au moyen de la beauté des choses visibles,, nous puissions nous élever à celles qui sont invisibles. Ces rideaux sont de différentes couleurs,et signifientque l'homme, qui est le temple vivant de Dieu, doit faire reluire en sa personne la variété et la diversité des ventus. Les rideaux blancs représentent une vie pure; les rouges, la charité; les verts, la contemplation; les noirs, la mortification de la chair; les rideaux d'une couleur pâle, la tribulation. »
Voy. Voile, et Autels (Accessoires des).
RINCEAU. — Un rinceau est un ornement formé d'une branche garnie de feuilles naturelles ou imaginaires. Les rinceaux décrivent quelquefois plusieurs courbes ou volutes. On en rencontre, dans l'architecture antique, sur les frises corinthiennes ou composites , et dans les arabesques. On trouve aussi des rinceaux parmi les ornements sculptés de la période romano-byzantine , principalement dans les monuments du xn* siècle. C'est surtout dans les édifices de la Renaissance que l'on observe une grande quantité de rinceaux fort élégants.
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ROE. Voy. Couronne de lumière.
ROMAN (Style). — En étudiant les phases diverses par lesquelles l'architecture chrétienne a passé , au moyen Age , M. de Gerville,le premier, proposa de désigner sous le nom de romane la phase dont le plein cintre forme le caractère le plus saillant. Cette expression fut acceptée généralement. Elle s'applique à l'art qui fut en vigueur chez nous depuis la chute de l'empire romain jusqu'à la naissance de l'art ogival. Mais comme il porte l'empreinte non-seulement des influences latines ou romaines, mais encore des influences grecques ou byzantines, alin de désigner les deux éléments principaux qui le constituent, nous l'avons appelé romano-byzantin , et nous avons vu que cette dénomination avait été généralement adoptée par les archéologues. Voy. Classification, Age des édifices , et surtout l'article suivant : Romano-byzantin.
On a cherché à prouver que les dénominations de roman et romano-byzantin manquaient de justesse. On a été, certes, bien loin de produire une démonstration. Que font à la question les épigrammes plus ou moins spirituelles débitées dans la Revue archéologique publiée par Leleux , à Paris ? N'est-ce pas d'ailleurs une puérilité que de vouloir changer des termes consacrés actuellement par l'usage, compris de tout le monde, ayant un sens clair et déterminé? Ce n'est pas ainsi qu'on fait avancer la science, mais c'est ainsi qu'on réussit quelquefois à faire illusion aux ignorants.
ROMANO-BYZANTIN. — I. La période romano-byzantine embrasse un très-long espace de temps. Elle s'étend depuis l'introduction du christianisme dans les Gaules , ou plutôt depuis son triomphe, après la conversion de Clovis, parce que les monuments primitifs ont disparu durant les persécutions ou ont péri de vétusté, d'autant plus que les rares édifices construits alors devaient être fort peu considérables. Cette longue période a été divisée en trois époques : 1° Epoque rornanobyzantine primordiale, du ve siècle au xi' ; 2° époque romano-byzantine secondaire, depuis le commencement du xi" siècle jusqu'au xir ; 3° époque romano-byzantine tertiaire ou de transition, depuis le commencement du xii' siècle jusqu'au xnr. Voy. Classification, Epoques.
Afin de donner une idée plus exacte et plus complète de l'architecture chrétienne durant la période romano-byzantine, nous commencerons par quelques documents historiques et archéologiques, que nous placerons avant d'assigner les caractères propres à chaque époque. Ces documents sont relatifs à l'époque primordiale, qui est encore la moins connue, parce que les monuments en sont très -rares. Nous les regardons comme tiès-précieux, et ils sont le complément de tous ceux que nous avons donnés ou cités précédemment. Voy. Basilique, Eglise.
Nous sommes entré dans d'assez longs détails sur les églises bâties en Touraine
dès la plus haute antiquité ecclésiastique, antérieurement au vi* siècle, d'après les notions que nous en a conservées saint Grégoire de Tours. Voy, Age des momments ; notre Mémoire sur ce sujet y a été en entier inséré.
Les églises où s'assemblaient les chrétiens étaient semblables à un vaisseau d'une figure oblongue , tournées vers l'orient, ayant à côté diverses chambres pour les besoins de l'église et de ses ministres. 11 y avait à ces églises deux portes, l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes ; les portiers se tenaient à la première, les diaconesses h la seconde. Ostiarii stent ad virorum introUus quos custodiant ; diaconissœ vero ad mulierum, etc. {Constitution, apost. Jib. ii, cap. 57.)
Ce passage des Constitutions apostoliques nous fait connaître l'origine de la disposition de nos églises. Quoiqu'elles ne remontent pas au temps des apôtres, et que, sous ce rapport, elles soient apocryphes, elles remontent cependant à une très-haute antiquité , et nous donnent d'excellents renseignements. Nous en avons déjà précédemment cité quelques passages.
« Nos ancêtres, dit dora Mabillon, dans son Traité de la liturgie gallicane, donnèrent plusieurs formes aux basiliques. Les unes furent bâties en forme de croix, les autres en carré, ayant en ligne droite les murailles et les ailes ou portiques; les autres furent bâties sur un plan circulaire. Les unes furent ornées de lambris, les autres de voûtes. Toutes finissaient en arc ou en abside, et étaient tournées vers l'orient; Paulin, dans sa 12e épître à Sévère, appelle cette coutume plus usitée, risitatiorem. C'est pourquoi Etienne, évèque de Tournay, dans sa lettre 86e au pape Lucius, IIIe du nom, dit, en parlant de l'église de Saint-Benoît, à Paris : Formant dissimilem et dissidentem esse ab aliis ecclesiis, quœ a parte sanctuarii respiciebat occidentem, ab introitu orientent.
Eglise de Saint-Martin de Tours. — La description que fait Grégoire de Tours de l'église élevée par saint Perpet sur Je tombeau de saint Martin donne à penser que cette église fut bâtie sur un plan depuis longtemps inusité pour ces sortes d'éditices; il fallait que la partie qui entoure l'autel eût reçu un très-grand développement aux dépens de la nef, pour qu'il y eût dans cette partie trente-deux fenêtres et vingt seulement dans la nef. On ne peut guère se rendre compte de cette disposition des fenêtres, qu'en supposant que l'église de Saint-Martin avait été construite sur un plan à peu près semblable à celui du Saint-Sépulcre à Jérusalem : on sait que dans cette dernière église, la partie où se trouve l'autel forme un vaste cercle, tandis que la nef est proportionnellement beaucoup moins étendue.
Du reste, au temps de l'eniscopat de saint
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Grégoire de Tours, plusieurs des églises que saint Perpet avait bâties à Tours avaient déjà été ruinées par le temps ou par le feu, et celle de Saint-Martin était de ce nombre. Grégoire la fit reconstruire, la première ou la seconde année de son épiscopat , vers Tan 575, puisqu'il y reçut le duc Gontran deux, ans après qu'il eut été fait évoque do Tours; ou peut-être, comme ledit Levesque de la Ravalière (Mém. de VAcad. des Inscript. , tom. XXVI, p. 631, note d), faut-il supposer que l'église dans laquelle Gontran et Mérovée se retirèrent était l'ancienne église qui périt par un incendie dont Grégoire n'a point fait mention, et qu'il rebâtit dans les premières années de son épiscopat, vers l'an 590.
Voici le texte latin de la description donnée par saint Grégoire, évoque de Tours : Jfabet in longum pedes cenlum quinquaginta quinque, in latum scxaginta : habel in altum usque ad cameram (id est forniccm) pedes qiadraginta quinque. Feneslras in altario triginta duas , in capso viginti ; columnas quadraginta unam ; in toto œdificio fenestras quinquaginta duas, columnas ccntum viginti ; ostia octo, tria in altario, quinque in capso. (Greg. Turon., Hist. lib. n, cap. 14.)
Dans cette description saint Grégoire divise l'église en trois parties, dont deux sont appelées altarium et capsum.
On a été fort embarrassé pour traduire le mot capsum. Cette expression tantôt signifie la nef, et tantôt le chevet ou l'abside avec le chœur. Ce qui empêcherait de traduire par abside, c'est que celte partie possède huit
f>ortes, ce qui ne convient qu'à la nef. Dans es Actes des martyrs d'Afrique rapportés par Raronius à l'an 302, n° 123, l'expression capsa navis est employée pour désigner la partie inférieure de la vraie nef. Cependant on a appelé aussi capsum et capitium, capse et chevet, la partie de l'église où se trouve l'autel, et qui est 5 proprement parler le presbyterium, comme le remarque fort judicieusement Du Cange.
Nous ne saurions donner une meilleure interprétation du texte de saint Grégoire de Tours que celle qu'a donnée le savant M. Lenormand, dans une note à l'édition de X Histoire de Grégoire de Tours, publiée par la Société de l'Histoire de France, tom. I, pag. 377.
« D'après les descriptions d'églises de l'époque mérovingienne que nous rencontrons dans les auteurs, d'après le petit nombre de monuments de cet âge reculé du catholicisme qui ont survécu, nous devons croire qu'il existait alors une grande variété dans la forme et la disposition des édifices consacrés au culte, et que Ja plupart des plans qu'avaient pu fournir les édifices profanes des Romains, basiliques, thermes, prétoires, cénacles , avaient été adaptés à cette destination. L'espèce d'anarchie qui régna d'abord dans les règles propres à la disposition des églises nous rend difficile l'intelligence des descriptions qui s'en trouvent dans les historiens , d'autant plus
qu'après Tan 1000 ou vil s'établir une extrême rigueur de discipline dans la construction des églises, et que les grands modèles auxquels nous nous reportons involontairement quand nous voulons nous représenter une église très-ancienne, ne remontent pas engénéralaudelà des premières années du xie siècle, à l'exception des basiliques de Rome, lesquelles appartiennent toutes au type dont la prescription caraclérise le renouvellement qui suivit l'an 1000 de notre ère.
« Tels sont les motifs qui nous ont fait étudier avec attention la description que Grégoire nous a laissée de l'église de Saint- Martin de Tours. Afin de se faire une idée nette de cette description, il fallait d'abord fixer la valeur des expressions dont l'historien a fait usage. La lecture de l'article de Du Cange, au mot Capsum ou Capsa, ne laisse point de doute sur le sens réel de cette dénomination; bien que quelques titres paraissent avoir confondu capsum avec capetium ou le chevet, il faut reconnaître dans le capsum la partie antérieure et oblongue des basiliques, laquelle, avec sa couvertureen dos-d'âne ou hémisphérique, présente la forme d'un sarcophage romain, d'une véritable caisse. Ainsi donc si capsum est la grande nef, ou la réunion des trois nefs , altarium ne peut être que la partie voisine de l'autel, ce que l'on a depuis appelé le chœur. Dans cette hypothèse, tout à fait justifiée par la valeur étymologique des mots, on ne peut s'empêcher d'être frappé, à la lecture de Grégoire , de la disproportion qui existait, dans l'église de Tours, entre le nombre des colonnes de Yaltarium et celui des colonnes de la nef. Si l'église consacrée à saint Martin avait été une basilique ordinaire, le chœur ou l'abside, comparativement très-peu développé , n'aurait pu recevoir qu'un petit nombre de colonnes, et ici nous trouvons soixante-dix-neuf colonnes dans Yaltarium et quarante et une seulement dans la nef. Il faut donc admettre une disposition dans laquelle Yaltarium ou le chœur ait joué le rôle principal et où la nef ait été entièrement subordonnée. Le motif de cette disposition, nous l'avons cherché dans la destination même de l'édifice et dans les causes qui, suivant Grégoire, avaient déterminé à bâtir une nouvelle église de Saint-Martin. Il fallait, en etfet, un grand espace pour contenir la foule des pèlerins qui se pressaient autour des reliques miraculeuses du saint, et un plan circulaire,, pareil à celui des premiers baptistères, répondait mieux que tout autre à ce besoin. Ce qui nous a confirmé dans la conjecture que nous avions faite à cet égard, c'est la disposition exactement semblable de l'église du Saint-Sépulcre, telle qu'on la trouve dans les voyageurs , et particulièrement dans l'ouvrage du P. Amico (Trattato délie plante de' sacri edifizii di terra santa., Florence, 1620, p. in-folio, ch. 22 et seqq.). Dans ce dernier édifice, qui a été renouvelé à diverses époques, mais qui a dû conserver dans la
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pailie voisine du sépulcre sa disposition primitive, on trouve une rotonde soutenue par plusieurs ordres de colonnes et d'arcades, au centre de laquelle est le tombeau île Jésus-Christ, et cet arrangement s'accorde parfaitement avec la description que Grégoire nous a laissée de Yaltarium de Saint-Martin de Tours. A ce grand parti d'une rotonde , au centre de laquelle le tombeau de saint Martin aurait été placé, il suffit d'ajouter une capse ou une nef donnant accès à l'édifice, et l'on obtiendra un résultat des plus vraisemblables et des plus satisfaisants. »
Une restitution descriptive et graphiquo de la basilique de Saint-Martin de Tours, d'après le récit de saint Grégoire de Tours, a été publiée dans la Revue archéologique de Leleux.