‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 15 sur 276 · EST · texte numérisé non relu

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geur, on y distinguo l'cxonarlliex , partie située vers l'extérieur, et Vesonarthex, partie placée vers l'intérieur. Ainsi, dans le temple célèbre de Sainte-Sophie, a Constantinople , l'exonarthex, de 00 métros de long, sur 0 mètres de profondeur, présente quatre portes : deux de face ouvrent sur l'atrium , et deux latérales conduisent sous les portiques latéraux de l'atrium ; c'est là que les fidèles déposaient leurs chaussures. Les murailles en sont en briques et sans ornements. Il communique avec l'esonarthex par cinq portes fermées avec des ventaux de bronze ornés de croix. Cette seconde galerie, qui a 00 mètres de long sur 10 de large, est voûtée en berceau et présente un soubassement en marbre vert. La voûte était ornée de mosaïques ; l'une de ces peintures représentait l'archange saint Michel , son épée nue à la main et veillant à l'entrée du temple. Aux deux extrémités de l'esonarthex , deux portes conduisaient au dehors : l'une est en bronze; elle offre une inscription en lettres d'argent incrustées, et elle est décorée de méandres et de feuilles de vigne.

ESSENTE. — Un mode curieux de décoration des édifices a échappé jusqu'à présent à tous les archéologues ; il a été mentionné d'abord par M. de la Quérière. Ce mode consiste dans l'emploi, au xve siècle et au xvr, de Yessente ou de l'ardoise ingénieusement taillée et découpée, pour couvrir les parois extérieures des maisons de bois, ainsi que les tympans de leurs pignons et môme les toitures.

On appelle esscnles de petites planches, plus longues que larges, que l'on cloue les unes au-dessus des autres, comme on le fait des ardoises, pour revêtir les pans de bois et les clochers dans la campagne. On s'en sert encore pour couvrir les moulins à vent et quelques maisons dans la Basse-Normandie, parce qu'elles offrent plus de résistance que l'ardoise à l'action impétueuse des vents.

Quand on a voulu faire entrer l'essente, tout à la fois comme moyen de conservation de la charpente et comme décoration, on l'a taillée en dents de scie, en écailles de poisson, et on l'a assemblée de manière à composer des frises (emploi le plus ordinaire), ou de petits motifs d'ornements , tels que losanges, rosaces, etc., d'une façon assez curieuse, sur les différentes parties de la charpente.

Les essentes ont disparu de nos villes et de toutes les constructions à mesure que l'emploi de l'ardoise est devenu plus général. On en retrouve des vestiges aujourd'hui dans quelques villes anciennes, comme à Rouen, à Tours, à Beauvais , etc. Mais bientôt ces traces dernières auront elles-mêmes entièrement disparu.

ESTHÉTIQUE.— I. La plupart des écrivains, surtout les Allemands, qui ont traité de l'esthétique, sont entrés dans des considérations philosophiques plus ou moins obscures, plus ou moins fausses. Nous n'avons point à parler longuement de leurs ouvrages dans ce

Dictionnaire; nous devons toutefois prolester ici contre les principes et les conséquences qui y sont développés. La théorie du plus grand nombre de ces auteurs repose sur une philosophie vague, empruntée ordinairement aux idées panthéisliques de leurs {dus célèbres penseurs ou rêveurs. 11 en résulte un mélange inexplicable de spiritualisme etde matérialisme, et en mêmetempsun langage dont il est difficile de comprendre les ternies, faute de précision et d'explication préalable: une même expression, en effet, est prise dans des sens différents plusieurs fois en une seule page. Cette science de l'esthétique , ainsi entendue , sera toujours une science stérile. Quelle conséquence vraiment philosophique et vraiment utile pour l'art peut-on tirer d'une maxime comme celle-ci , par exemple : « La totalité dk l'idée obscure préexiste à la production d'une œuvre d'art?» Nous sommes intimement convaincu que les savants français, qui suivent les Allemands dans leurs recherches philosophiques sur l'esthétique, feront' fausse route.

Au lieu de se lancer dans les théories de la philosophie de l'art, plusieurs écrivains, pleins d'érudition, de persévérance et de perspicacité, mais doués de trop d'imagination et d'enthousiasme, auraient rendu d'éminents services à la science archéologique, s'ils s'étaient contentés d'appliquer leur génie d'observation à l'étude des faits. Nous ne possédons pas encore assez de faits scientifiquement constatés pour que l'on puisse utilement généraliser les considérations qui paraissent s'y rapporter. Cette dernière réflexion s'applique spécialement à l'archéologie chrétienne.

Nous renvoyons le lecteur à l'article Beau, où nous avons donné une courte analyse du Traité du Beau par le P. André. Nous ajouterons ici quelques pensées sur le même objet, tirées des écrits des Pères de l'Eglise.

Les saints Pères, lorsqu'ils parlent de la beauté humaine, nous la représentent avec les mêmes caractères que Socrate et Aristote : Rien nest beau que ce qui est bon. Ce principe fondamental se retrouve à chaque instant dans leurs ouvrages. K«î tkùtôv la-ct r àyoeô w xô xa) ht . (S. Dion .De divin, nom . cap . k 1 , § 8.) Clément d'Alexandrie dit pareillement :

K«î pôvov TÔ xa).ôv S oy paria £7 ou . (Pœdag. ,

lib. ii, cap. 12.) C'est bien là le principe professé par Socrate. Les Pères le faisaient rapporter à Dieu : Dieu est souverainement beau , parce qu'il est souverainement bon. Mais ils appliquaient aussi cette maxime , ainsi que Socrate, à tous les objets terrestres :

Tô yùp sxâoTOU Y.où yuroO yml Çwov xâMoç, ïv ~y

èxûarov ùpizâ elvoLi ffvuêéê/jxEv. Uniusciijusquc enim plantœ et animalis pulchritudo, in uni us cujusque virtutc est posita. (Clém. Alex, ibid.) Làctance, à l'exemple d'Hippocrate etde Galion, a composé un de ses écrits les plus éloquents pour en faire la démonstration sur chacune des parties de l'homme [De opificio Dci). Saint Ambroise, saint Grégoire deNysse, Théodoret et les autres Pères ne négligent jamais de rappeler le même principe. Déco'

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