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Quelques détails sur la sculpture en bois. — Depuis le commencement du moyen âge jusqu'à la fin du xiv" siècle, la pierre dans la sculpture monumentale, l'ivoire dans la petite sculpture mobilière et décorative, avaient joui d'une grande faveur, et avaient été employés de préférence à toute autre matière. A cette époque le bois devint fort en vogue et fournit aux sculpteurs des matériaux fort abondants dont ils surent tirer un grand parti pour ciseler des portes, des retables, des stalles , avec une admirable finesse et une complication étonnante de détails. Des statues même de grande proportion furent taillées dans des pièces de bois de chêne dont la dureté se prêtait parfaitement à ce travail.
Ce fut principalement dans les retables qui prirent, en général, au xvc siècle, de grandes proportions, que se développa l'art de sculpter le bois. En France , à la fin du règne de Louis XI, sous Charles VIII, sous Louis XII, et même sous François Ier, on en vit paraître d'une très-grande élévation , étalant tout ce que la sculpture du temps pouvait produire de plus délicat, et offrant, au milieu de décorations architectoniques dans le style de l'époque, des scènes sculptées en haut-relief qui renfermaient une quantité considérable de petites figures.
Les Allemands s'adonnèrent surtout à ce genre de sculpture décorative. Suivant le docteur Kugler, elle aurait pris naissance en Allemagne, où elle jouissait d'une grande laveur dès le commencement du xme siècle. Malgré la destruction d'un grand nombre de retables en bois, à l'époque de la Réforme, on en rencontre encore de très-importants en Allemagne, et surtout dans la Souabe. Voy. Retable.
Pour la sculpture en ivoire , voy. Diptyques.
La fonte et la ciselure des métaux forme une branche fort intéressante de la sculpture. La fonte et la ciselure du bronze ont été pratiquées avec succès dans les premiers siècles du moyen âge. Anastase le Bibliothécaire, dans le Liber Pontificalis,en a fait l'énumération , et Séroux d'Agincourt en a fait le relevé dans le tome II, page 98 de son Histoire de V art par les monuments.
11 paraîtrait qu'au xie siècle, l'Italie avait à peu près perdu l'usage de fondre le bronze et de le travailler en bas-relief, puisque ce fut à Constantinople, que Hildebrand, sous Alexandre II (1073) commanda les portes de Saint-Paul hors les murs. Cependant , à la même époque, l'Allemagne exécutait des travaux en bronze, tels que les portes de la cathédrale d'Augsbourg et le tombeau de Rodolphe de Souabe, dans l'église de Mersebuur^.
A la fin du xn* siècle, l'art de fondre le bronze avait reparu en Italie, et commençait à y être pratiqué avec succès. Ce furent deux italiens, Pietro et Uberto de Plaisance, qui fabriquèrent, sur l'ordre de Célestin 111 (an 1198), les portes qui ornent la chapelle orientale de Saint-Jean de Latran. L'inscription qu'ils y ont gravée a conservé leurs noms à la postérité. Ronanno de Pise, le précurseur de Nicolas , fondait, à peu près à la même époque, celle du dôme de Pise et de Saint-Martin de Lucques. Au xive siècle , André de Pise avait perfectionné les procédés techniques de la fonte et de la ciselure du bronze. Après ce grand artiste, tous les artistes italiens , ses élèves ou ses successeurs, s'adonnèrent à cette belle partie de la statuaire.
Les portes de bronze que Suger fit faire pour l'église de Saint-Denis , au xne siècle, les magnifiques tombes d'Everard de Fouilloy (1223; et de Geoffroy d'Eu (1237) évêques d'Amiens, et celle de Jean, fils de saint Louis, qui sont du xme siècle, suffiraient pour établir la preuve qu'on savait fondre le bronze en France , au xn* et au xiir siècle.
SELLETTE. — Planche qui forme le siège d'une stalle, et qui est appuyée sur une console ornée de feuillages ou de figures. C'est ce qu'on appelle la miséricorde des stalles. Vc>3r. Miséricorde.
SEPTUM. — Dans les basiliques romaines , les nefs étaient, séparées de la partie supérieure du monument par une barrière, septum. La partie qui se trouvait au delà de cette barrière, où se tenaient primitivement les officiers de justice, et où se placèrent ensuite les membres du clergé et surtout les chantres, fut appelée trans septum, au delà de la barrière, d'où est venu le mot français transsept. C'est par une mauvaise orthographe que l'on écrit transept. Cette manière d'écrire, employée par quelques-uns de nos antiquaires, a été, mal à propos, empruntée aux Anglais. Voy. Transsept, Croisée, Croisillots.
SÉPULCRALES (Chapelles). — Il existe à Fontevrault, au diocèse d'Angers, deux chapelles sépulcrales très-curieuses, qui étaient surmontées l'une et l'autre d'une lanterne funéraire. Voy. Lanterne. Celle que l'on voit dans l'ancien cimetière de l'abbaye s'appelle la Tour d'Evrault ; c'est la plus ancienne : elle paraît être du xiie siècle. La hauteur est d'environ 80 pieds, et le diamètre intérieur de 30 pieds.
Le premier plan est octogone : sur huit faces sont appliquées des absides semicirculaires , couvertes d'un toit en pierres hémisphérique, et chacune de ces absides était, dans l'origine, percées de trois petites fenêtres.
Au-dessus de la corniche, l'édifice prend la forme d'une pyramide octogone, au sommet de laquelle était le tourillon ou la lanterne destinée à recevoir le fanal. Ce tourillon a perdu son toit pyramidal.
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