‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 153 sur 276 · SER · texte numérisé non relu

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A l'intérieur, l'édifice est divisé en trois étages, et passe successivement de la forme octogone au carré, et du carré à l'octogone-

L'octogone de M ontmorillon , monument du \nc siècle, comme le précédent, terminé île même par un toit pyramidal octogone, et sur lequel les antiquaires ont émis les plus singulières assertions, assertions qui, du reste, ont été réfutées depuis longtemps par Millin et d'autres archéologues, était aussi, avant 1772, une chapelle sépulcrale couronnée par une lanterne ou fanal en forme de petite tour.

La forme arrondie pyramidale paraît avoir été préférée pour les édifices de ce genre; cependant la chapelle sépulcrale de l'ancien cimetière des religieuses à Fontevrault était carrée. Cette chapelle , qui était dédiée à sainte Catherine, se trouve actuellement sur la promenade publique percée au milieu de l'ancien cimetière ; sa forme est carrée. Chacun de ses angles est enveloppé par un contre-fort légèrement saillant. Le haut des murs est couronné par une légère saillie coupée en biseau, qui règne également autour des contre-forts. C'est sur cette saillie que vient s'appuyer la pyramide quadrangulaire en pierre qui sert de toit; chaque contre-fort est aussi surmonté d'une pyramide quadrangulaire.

Du sommet du toit de l'édifice s'élève une colonne creuse d'un petit diamètre, et de k à 5 mètres de hauteur. Elle porte à son sommet une lanterne de l'effet le plus agréable. Chacune des faces de cette lanterne est percée d'une ouverture; les angles sont garnis de colonnes engagées; un toit conique recouvre le tout.

A l'intérieur, on voit une voûte en dôme à huit pans. Les angles du carré sont rachetés par de petites voûtes qui remplacent des trompes ou pendentifs. La chapelle de Sainte-Catherine a été fondée au xiue siècle, comme on peut s'en convaincre par la lecture d'une charte donnée par Berthe , dixième abbesse de Fontevrault ( Gallia Christiana, tom. II, Instrum., col. 303). On peut consulter à ce sujet le tom. VI du Cours d'antiquités monumentales, par M. de Caumont.

SERRURERIE. — I. La serrurerie a produit au xne et au xme siècle des œuvres d'un goût remarquable et d'un caractère distingué : elles furent appliquées presque exclusivement à la décoration des monuments de l'architecture. Yoy. Pentures, Ferrures. Au xiV siècle, et surtout au xv% la sculpture ayant envahi toute la surface des portes, sur lesquelles la serrurerie se plaisait, aux siècles précédents, à étaler ses compositions, les artistes serruriers donnèrent à leurs travaux une direction plus étendue. Les grilles des chapelles devinrent de véritables monuments ; sous leurs habiles mains, le fer forgé, tordu, modelé et contourné, reproduisit avec toutes leurs complications, les détails si variés de l'architecture de ces époques. Puis vinrent les croix, les chandeliers, les reliquaires, les portes de tabernacle, les pupi-

p très, les coffrets, et une foule de meubles de toute espèce. Tous ces objets sont caractérisés par l'élégance et la légèreté , et par un grand luxe de travail.

Le xvie siècle ne laisse pas dépérir l'art de la serrurerie, et la Renaissance, en appliquant son style aux travaux de cet art, nous a transmis de nombreux chefs-d'œuvre. Les serrures alors étaient portées à un tel degré de perfection, et leur ornementation était d'un fini si achevé, qu'on les considérait comme des objets d'art. On les emportait d'un lieu à un autre, comme on aurait pu faire de tout autre meuble précieux.

Les clefs furent aussi traitées, au xvie siècle, comme de véritables objets d'art. Rien de plus gracieux que les figurines en rondebosse, les armoiries, les chiffres, les ornements et les découpures dont est enrichie cette partie de la clef que la main saisit , et que nous avons remplacée aujourd'hui par un anneau commun.

Dans le Voyage dans le département de VAube , par M. Arnaud, peintre, on trouve le dessin de deux portes de tabernacle en fer travaillé, d'un joli dessin et d'une grande délicatesse.

Il nous reste encore de nombreux spécimens des travaux de serrurerie du moyen âge. Les clous eux-mêmes qui servaient a attacher les pentures et autres fers travaillés, sont terminés par des fleurs, des têtes d'animaux, des rosaces à cinq ou six divisions; on en voit de charmants modèles à la cathédrale de Laon et à l'église Saint-Martin de la même ville. Ces clous étaient quelquefois étamés. Les poignées et les marteaux des portes étaient faits avec des ornements variés ; ceux-ci étaient quelquefois placés au centre d'écussons circulaires ; mais les formes en furent communément très-variables.

On y voyait au xme et au xivc siècle des spirales qui tournaient autour d'une tige de fer carrée ; et les deux extrémités étaient terminées par des fleurs ou des têtes d'animal. Aux portes de rhôtel-de-ville,à Bourges, on voit un admirable échantillon de cette nature, de l'époque du style ogival flamboyant, avec meneaux contournés, pinacles et autres motifs de décoration. Sur la, porte d'une maison à Auxerre, on remarque un autre spécimen fort curieux, quoique moins compliqué. Au xvi9 siècle? les marteaux de porte sont ordinairement attachés au centre d'un écusson d'une ornementation fort compliquée.

Durant la période du style ogival, les travaux de serrurerie furent très-soignés ; des fermetures de fenêtre et des coffres furent souvent enrichies de fleurs et d'autres ornements.

Un des plus beaux morceaux de serrurerie que nous ait légués le moyen âge, est la tombe d'Edouard IV, dans la chapelle de Saint-Georges, à Windsor. 11 consiste en un magnifique travail à jour, avec contre-forts,

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pinacles, clochetons, meneaux contournés, feuillages et ornements de tout genre réunis avec profusion. Les dessins flamboyants sont exécutés sur une bande de fer légère, mise en application sur une bande de fer plus épaisse.

SIBYLLES. — En prédisant l'avenir, les sibylles, prophétesses païennes, ont prédit la naissance, la'vie, la mort, la résurrection de Jésus-Christ. Dans les vers authentiques ou apocryphes que nous possédons de ces personnages réels ou imaginaires, le moyen âge trouve que douze sibylles avaient annoncé, dans les trois parties du monde, la divinité, la venue, la conception, la nativité, l'allaitement, les souffrances, le crucifiement, la résurrection, le triomphe du Messie. Les sibylles, faisant pendant aux prophètes, sont sculptées et peintes sur marbre et sur pierre, sur métal et sur bois, sur verre et sur laine, sur parchemin et sur mur dans les églises de Sens, de Clamecy, d'Aix, d'Autun, d'Auxerre, d'Auch, de Brou, de Beauvais, de Saint-Bertrand de Comminges, deSaint-Ouen de Bouen, etc. C'est assez commun dans nos monuments et très-fréquent dans nos manuscrits à miniature. Les Heures d'Anne de France, fille de Louis XI (Biblioth. Nat., ms. 9±0) offrent un des plus complets exemples des douze sibylles peintes sur parchemin. Les douze sibylles sont :

1° La sibylle Persique (de Perse). Elle tient une lanterne. Elle prédit la venue du Messie, et foule aux pieds le serpent qui a déçu Eve. — 2" La sibylle Libyque (de Libye). Elle tient un cierge allumé. Elle prédit la venue de Jésus-Christ comme lumière du monde. — 3° La sibylle Erythrée (de la mer Bouge). Elle tient une rose blanche épanouie et un bouton d'une autre rose blanche. Elle prédit l'annonciation. — 4° La sibylle Cumane (de Cumes). Elle tient une crèche. Elle prédit la nativité du Christ à Bethléem, dans l'étable. — 5° La sibylle Samienne (de Samos). Elle tient un berceau et prédit le repos de Jésus dans ce monde. — 6" La sibylle Cimmérienne (duPont-Euxin). Elle tient un cornet, comme un biberon, et prédit l'allaitement de Jésus par Marie. — 7° La sibylle Européenne (d'Europe). Elle tient un glaive. Elle prédit le massacre des Innocents et la fuite en Egypte. — 8° La sibylle Tiburtine (de Tibur, Tivoli). Elle tient une main, comme un gant de chair et prédit les soufflets donnés à Jésus pendant la passion. — 9° La sibylle Agrippa. Elle prophétise la flagellation et tient le fouet qui a déchiré le corps de Jésus. — 10° La sibylle Delphique ( de Delphes). Elle tient une couronne d'épines et prophétise le couronnement du Christ. — 11° La sibylle Aspontienne (de l'Hellespont). Elle tient une croix et prophétise le crucifiement. — 12° La sibylle Phrygienne (de Phrygie). Elle tient une croix processionnelle, à laquelle flotte un étendard rouge croisé d'or. Elle prophétise la résurrection de Jésus- Christ.

Dans la prose des morts, on fait allusion à la croyance qui concerne les sibylles : .

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