‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 157 sur 276 · SYN · texte numérisé non relu

SYN

est lo type de l'homme régénéré. La ligure est un symbole qui ne se découvre qu'après l'existence de la chose figurée : l'agneau pascal, égorgé et mangé par les juifs, était la ligure de Jésus-Christ s immolant sur la croix, et dans l'eucharistie se donnant eu nourriture à ses fidèles serviteurs. I.a loi ancienne et le culte mosaïque sont remplis de ligures qui ont reçu leur accomplissement et leur réalisation dans la religion chrétienne.

SYNCHRONISME. — L'élude comparative des monuments élevés à une môme époque et dans les différentes provinces de la France, esl ce qu'on est convenu d'appeler le synchronisme de l'architecture.

Les époques établies soit dans la période romano-byzantine, soit dans la période ogivale, ne pouvaient pas être limitées temporairement d'une manière inflexible, comme nous avons eu l'occasion de le dire précédemment. 11 y a eu nécessairement , puisque c'est dans la nature des choses, une fluctuation d fficile à apprécier dans ses causes, mais néanmoins évidente dans ses effets, aux yeux attentifs. D'un autre côté, le développement de l'art ne fut pas identique dans toutes nos provinces. Dans certaines contrées , la marche en était plus rapide, les progrès étaient sensibles. Dans d'autres, au contraire, l'art était stationnaire ou les progrès en étaient fort lents. Certains procédés étaient déjà abandonnés en certains lieux, lorsqu'ils commençaient à s'introduire en d'autres.

L'architecture romano-byzantine, telle que nous l'avons caractérisée à ses différentes époques, est partout la môme en France, quant aux dispositions générales et essentielles ; mais elle montre des modifications remarquables , soit dans certaines parties accessoires , soit dans la manière dont les ornements sont traités , soit dans l'adoption exclusive de certaines moulures, soit dans l'emploi de certaines formes spéciales.

Le synchronisme a donné lieu à des travaux nombreux et intéressants. M. de Caumont a ouvert la voie pour la France ; nous l'avons suivie peu de temps après lui. M. J. Renouvier s'est attaché à l'étude des monuments du midi de la France et de ceux de l'Italie ; M. le baron de Hoisin en a fait autant pour les bords du Rhin et l'Allemagne Rhénane. Le synchronisme, néanmoins, n'est pas encore suffisamment connu et établi pour que l'on puisse en déduire toutes les conséquences qui en découlent, et qui seront dé- Juites un jour. Les monographies seront d'un grand usage pour obtenir ce résultat.

Nous avons traité déjà cette question, en partie, à l'article Ecoles d'architecture., surtout pour la période romano-byzantine. ( Voy. ce mot.)

Pour la période ogivale, voy. Ogive.

Le style ogival primitif régnait dans le centre et le nord de la France, sans pénétrer dans le midi, où il réussit difficilement à s'acclimater.

On a circonscrit la région où l'architecture ogivale a pris ses principaux développements dans une zone idéale qui comprendrait lu Normandie, le Maine, l'Anjou, la Touraine, l'Orléanais, lePaysChartraïn, l'Ile de France, la Champagne, la Picardie et le nord de la France.

C'est dans cette région architectonique que le style ogival de la première époque s'est formé , constitué , développé dès la fin du xne siècle, pour prendre son entier épanouissement au milieu du xiiie siècle.

Sous le règne de saint Louis, le style ogival atteignit son apogée et résuma toute la perfection dont elle était susceptible dans la Sainte-Chapelle que ce grand et pieux monarque fit ajouter à son palais. Ce magnifique édifice, bâti en 12i5, fait époque dans les annales de l'architecture ogivale du moyen âge.

La Sainte-Chapelle de Paris peut donc être prise comme un type propre à faire apprécier exactement l'état de l'art au milieu du xme siècle, dans les provinces du nord de la France. Elle offre la preuve évidente et palpable de progrès immenses. Mais l'architecture ogivale était loin d'ôtre aussi avancée, partout. Il résulte des observations faites sur les bords du Rhin, région la plus favorisée de l'Allemagne pour les grandes constructions, qu'au xnr siècle, on n'employait pas encore Je style gracieux et léger que nous admirons dans nos grandes cathédrales de Paris, de Bourges, de Chartres, de Reims et d'Amiens. L'architecture romano-byzantine de transition dominait encore à cette époque et présidait à l'érection des édifices religieux de ce pays.

Dans le midi de la France, le style de transition domine encore au xme siècle , et les édifices de style ogival primitif y sont extrêmement rares.

Au xive siècle, le style ogival parait être le môme en France, en Allemagne et en Belgique. Au centre de la France il est brillant et il se rattache au style primitif par des nuances parfois insaisissables. Dans le midi de la France et l'Allemagne, il est complet, tout d'un coup, et il ressemble à une importation.

L'architecture ogivale de la dernière époque eut une marche à peu près identique partout. Partout nous retrouvons la même profusion d'ornements, les nervures prismatiques, les profils anguleux, les minces colonnettes, les dessins contournés, les feuilles maigres et déchiquetées, que nous connaissons comme caractéristiques du gothique flamboyant. Il y a des nuances, assurément, entre les édifices de la France et ceux de l'Allemagne et du nord de l'Espagne , mais ce ne sont que des nuances, c'est-à-dire la chose du monde la plus fugitive et la plus difficile à déterminer.

SYNTHRONOS. — Un des noms primitifs de l'abside et du presbytaium. Voy. Abside,

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