‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 160 sur 276 · TIA · texte numérisé non relu

TIA

loi. Le grand prêtre y entrait une seule fois l'année, et nul autre que lui n'avait le droit d'y entrer. Ce lieu si respecté était enrichi d'ornements nombreux, et en général les murailles étaient recouvertes et comme incrustées de lames d'or.

Autour du Saint et du sanctuaire, mais à l'extérieur seulement, régnaient trois étages de chambres.

Ce temple célèbre subsista jusqu'à la onzième année du règne de Sédécias, l'an 5Si avant Jésus-Christ, que Nabuchodonosor prit la ville de Jérusalem et ruina le temple de fond en comble.

Le temple resta enseveli sous ses ruines pendant l'espace de cinquante-deux ans. 11 fut rebâti par les Juifs de retour de la captivité de Babylone ; la consécration s'en lit l'an 511 avant Jésus-Christ.

Hérode le Grand entreprit de rebâtir le temple de Jérusalem. Le travail dura neuf ans et demi ; on ne cessa pas cependant d'y faire de nouveaux ouvrages pendant quarante-six ans, puisque les Juifs disaient à Notre-Seigneur : On a été quarante-six ans à bâtir ce temple, et vous dites que vous le rebâtirez en trois jours ! (Joan. u, 29.) Josèpîie assure même qu'on y travaillait encore au moment que commença la guerre des Juifs. Ce temple ne subsista qu'environ soixantedix-sept ans ; il fut détruit par les Romains, l'an 73 de Jésus-Christ. On peut en voir la description dans Josèphe.

Nous n'insisterons pas davantage sur cette question. Le temple de Jérusalem a donné lieu à des restaurations historiques nombreuses : plusieurs commentateurs habiles s'en sont occupés. On peut consulter à ce sujet le Dictionnaire de la Bible par Calmet, revu et annoté par M. l'abbé James et publié par M. l'abbé Migne.

TERRASSE. — En Orient, beaucoup d'édifices sont couverts de terrasses. En Occident, le climat ne se prête pas à ce genre de couverture. Aussi les églises du moyen âge n'ont jamais été recouvertes de cette manière. On n'y voit de terrasses que sur certaines tours qui ne sont pas surmontées de (lèches, et sur les galeries des bas-côtés. Ces terrasses sont garnies de dalles ou de métal, ordinairement de plomb ; elles sont communément bordées de balustrades.

TÊTE. — On voit souvent figurer des têtes humaines dans la décoration des édifices de la période romano-byzanline. On en remarque sur les chapiteaux, sur les modillons, dans les archivoltes. Les feuilles recourbées ou à crochets du sm" siècle sont elles-mêmes quelquefois terminées par une tète humaine. Les chapiteaux sont quelquefois réunis par un masque ; mais généralement, durant la période ogivale, les têtes humaines paraissent moins souvent dans la décoration sculpturale.

On appelle têtes plates, par opposition à têtes saillantes, des masques humains appuyés sur des moulures toriques ou autres, et n'ayant presque pas de saillie.

L'art de la Renaissance , au commence-

ment du xvi" siècle, a fait un fréquent usage des tètes et des mascarons. On en voit souvent dans des espèces de caissons, qui sont analogues aux imagines clypcatœ des anciens.

TÊTE DE CLOU. — Ornements saillants, taillés à facettes et semblables à des tètes de gros clous. On les appelle quelquefois ;.>o«r>f m de diamant. On trouve les têtes de clou sur le tailloir des chapiteaux, sur les petites moulures des corniches, dans les mailles des ornements réticulés, sur les bandelettes ou galons mêlés aux autres ornements, etc., surtout et presque exclusivement dans les monuments de la période romano-byzanline.

TÊTE D'OGIVE, TÊTE D'ARC. — C'est le sommet d'un arc en plein cintre ou en ogive.

TÊTE DE TRÈFLE. — C'est le sommet des petites arcades trilobées.

TÉTRAFOLIÉ, synonyme de quadri folié,

à quatre feuilles ou à quatre lobes.

TÉTRAMORPHE. — Le tétramorphe est la réunion des quatre attributs des évangélistes en une seule ligure. Cette ligure est allégorique, et marque que les quatre évangiles ne font qu'un, et que les quatre évangélistes ne doivent pas être séparés. Le tétramorphe est fréquemment représenté dans l'iconographie grecque, tandis qu'il est extrêmement rare dans l'iconographie latine. Le manuscrit de l'abbesse Herrade, à la bibliotèque de Strasbourg, en olfre un curieux exemple. On peut voir sur le tétramorphe un article intéressant de madame Félicie d'Ayzac dans le tome VIII des Annales archéologiques, pag. 206 et suiv. On peut encore consulter le Manuel d'iconographie chrétienne grecque et latine f publié par M. Didron, pag. 73.

TIARE. Voy. Couronne.

Georgius ou Giorgi, l'un des ecclésiastiques les [dus érudits de llialie, au siècle dernier, nous apprend que le pontife romain, depuis longtemps, outre la mitre, porte la tiare, en certaines occasions solennelles et à certains jours. La tiare est aujourd'hui ornée de trois couronnes ou cercles d'or et garnie de pierres précieuses. Elle était appelée par les anciens écrivains tiara, phrygium, regnum, et papalis mitra. La plupart des écrivains font venir la coutume de porter cette couronne d'une concession de l'empereur Constantin, et en conséquence ils ajoutent que saint Sylvestre fut le premier pape qui en lit usage. Mais cette origine est fabuleuse. Papebroch , néanmoins, dit que Constantin n'est pour rien dans cette affaire, et que saint Sy'vestre cependant porta la tiare le premier Le même auteur ajoute que saint Sylvestre la prit comme un emblème du sacerdoce royal et du pontificat suprême du chef de l'Eglise. La tiare alors consistait en un seul cercle d'or. Roniface VIII y ajouta une seconde couronne, pour indiquer la prérogative de la puissance spirituelle et temporelle, et Urbain V ajouta la troisième couronne à cause

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