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cet art avait fait déjà chez nous do très-notables progrès ? Il en serait alors de cette branche de l'art comme de l'art ogival luimême , qui, après avoir pris naissance chez nous, fut transporté en Angleterre lorsqu'il eut acquis des principes et des règles déjà formulés et arrêtés. Ce qui nous explique cette réflexion des archéologues anglais, à savoir que le dessin des plus anciens cuivres funéraires n'a point d'analogues dans les monuments de la Grande-Bretagne. (Gloss<iri/ of architecture, Abridged , Oxford, H. Parker, pag. 43.)
On pourrait môme aller plus loin , et dire que tous les cuivres funéraires de l'Angleterre, à de rares exceptions près, ont été exécutés et gravés sur le continent, en France, en Flandre ou en Allemagne. Il paraîtrait que Cologne aurait été , à une certaine époque, la ville où l'on fabriquait le mieux ces sortes de monuments funèbres. Les manufactures de cuivre ne furent introduites en Angleterre qu'en 1639, lorsque deux Allemands établirent leurs ateliers à Esher (Surrey).
TOMBELLE. —Presque tous les peuples primitifs ont cherché à décorer et à protéger les sépultures par des tertres, des monticules ou des collines factices. On en retrouve des exemples dans les déserts de l'Asie , et jusque dans les solitudes du Nouveau-Monde. En France, on en connaît un grand nombre, et il n'y a pas de province qui n'en possède quelques-uns.
On appelle communément, chez nous, barrows, tumulus ou tombelle, les tombeaux formés d'un tertre conique de terre ou de cailloux, et gal-gals ceux qui sont composés d'un grand nombre de pierres superposées.
On connaît des lombelles de toutes les dimensions , depuis celles qui n'ont pu être élevées sans des travaux considérables, jusqu'à ces petits tumulus qui n'ont pas plus de quatre pieds d'élévation. Lorsque les tumulus sont élevés dans de grandes dimensions, ils présentent généralement à leur base la forme elliptique, et sont regardés comme lieu de sépulture commune , soit pour tous les membres d'une famille, soit pour un grand nombre d'hommes ensevelis avec honneur après une bataille. Dans ces circonstances, la terre n'a point été amoncelée sans précaution sur les restes mortels; les tumu- 'us présentent à l'intérieur plusieurs loges ou chambres sépulcrales communiquant entre elles par des espèces de corridors ou de couloirs. Les chambres et les couloirs ont beaucoup d'analogie avec les allées couvertes; comme ces dernières, elles sont formées de grosses pierres brutes placées sur champ, recouvertes de larges tables semblables, formant un plafond ou une voûte grossière. On y trouve de nombreux squelettes placés à côté les uns des autres, quelquefois dos cendres, ordinairement des armes placées sous la tête des guerriers, des objets d'ornement, et souvent des vases en argile , ayant , sans doute, contenu les dernières offrandes.
On a élevé des tertres factices, semblables
aux tombelles, qui servaient de bornes. Ainsi , à propos d'un traité entre les rois Alaric et Childéric, un écrivain du xne siècle dit : Duos globos terrœ elcvnvcrunl, quos utriusque fines constiturrunl. (Dom d'Achéri, Snicilen., tom. 111, pag. 269.)
TOBE. - Le tore est une mou.ure ronde qu'on appelle aussi boudin, et dont le profil, dans l'architecture classique, est un demicercle; dans l'architecture gothique, c'est quelquefois une ellipse. Yoy. Moulure.
L'architecture antique n'a guère fait usage du tore qu'à la base des colonnes. Le style romano-byzantin l'a placé non-seulement à la base des colonnes , mais encore dans les archivoltes et les piédroits des portes et des fenêtres. Le tore est alors souvent couvert de dessins de toute espèce.
Le style ogival a beaucoup employé les moulures toriques au xm* et au xive siècle. On le trouve dans les archivoltes, les nervures, les meneaux, les trèfles, les faisceaux des piliers, etc. Le tore finit même par remplacer les colonnetles, jusqu'à ce qu'il fût lui-même remplacé , au xve siècle , par les moulures prismatiques.
ÏOBEUTIQUE.— C'est l'art de sculpter ou graver des figures en relief sur le bois, l'ivoire, la pierre, le marbre, et principalement les matières dures. Voy. Sculpture.
TOBIQUE (Moulure), qui ressemble au tore.
TOBSADE. — Moulure romane qui imite un câble, entre les torons duquel serait placé un chapelet de perles. Cette moulure est fort élégante. On voit quelquefois deux torsades unies ensemble : la torsion, alors, a lieu en sens contraire.
TOBSE (Colonne). — La colonne torse est celle dont le fût est contourné en hélice ou en spirale. 11 existe peu de colonnes torses dans les édifices du moyen âge ; on en rencontre cependant quelquefois dans les monuments du xne siècle, comme à l'église de Saint-Lazare d'Avallon , dans l'ancien diocèse d'Auxerre. Elles deviennent communes au xvie siècle, et l'art moderne en a fait grand usage. Voy. Fut.
TOUB. — Les édifices religieux des anciens n'avaient pas de tours : la nécessité les fit ajouter aux temples chrétiens. Mais d'une partie accessoire , dont l'addition au plan primitif était nécessaire, les architectes chrétiens ont eu l'art de faire un des membres principaux des édifices sacrés , et l'un des caractères les plus remarquables de l'architecture du moyen âge. Depuis de longs siècles , il nous est impossible de concevoir une église complète sans tours encadrant la façade occidentale, ou au moins sans une tour, plus ou moins importante, qui occupe le centre. Voy. Clocher.
Les tours d'églises furent d'abord isolées. Il est difficile de voir à quelle époque précise elles furent unies au corps des édifices religieux. Mais durant la seconde époque romano-byzantine, les tours isolées sont rares ; elles" font alors partie intégrante du plan des églises.