‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 167 sur 276 · THE · texte numérisé non relu

THE

Les tours sont ordinairement carrées et divisées intérieurement en plusieurs étages. Elles sont percées extérieurement de fenêtres qui ont les mêmes caractères archéologiques que les autres baies des églises. Elles servent de support à une flèche plus ou moins élancée, à laquelle on arrive par un escalier eu hélice situé dans la tour même, ou dans une tourelle bâtie sur ses flancs, quelquefois même en encorbellement. Les flèches, toutefois, n'existent pas toujours, quoique les tours soient destinées à en porter : alors elles sont terminées par une plate-forine ou un toit très-ap!ati

TOUR. — Pour la réserve eucharistique , on se servit primitivement assez longtemps d'une espèce de tabernacle en forme de tour. Yoy. Autel Accessoires).

TOURELLE. — Les tours des églises , et même quelquefois les hautes murailles, sont garnies de tourelles renfermant les cages d'escalier qui vont, en tournant comme une hélice, à la base de la flèche, ou sous les combles. Ces tourelles s'appuient ordinairement, par toute leur partie inférieure , sur les constructions inférieures : parfois elles sont en encorl tellement. Dans les constructions civiles du xr et du xvie siècle, les tourelles en encorbellement sont nombreuses et bâties d'une manière aussi élégante que hardie.

TRANSITION.— Lorsque l'art ogival remplaça l'art romano-byzantin , il n'y eut pas une brusque interruption et une ligne de démarcation tranchée. Il y eut passage de l'un à l'autre par un progrès pour ainsi dire insensible, en un mot, par transition. Ainsi les éléments constitutifs du style romanobyzantin se transforment peu a peu, et les modifications qu'ils subissent deviennent enfin très-apparentes. C'est surtout au xne siècle que ces changements paraissent plus remarquables. Il y a dans certains édifices un mélange d'éléments nouveaux avec les éléments anciens qui annonce une révolution prochaine. Ce sont là les édifices de la transition , à proprement parler. On y voit des arcs à ogives avec des arcs à plein cintre. Les voûtes sont ogivales , et les baies sont semi-circulaires. Les colonnes se groupent ; mais leurs chapiteaux sont encore couverts de feuilles épaisses, d'ornements singuliers, quelquefois bizarres. La fin du xir siècle arrive, et le style ogival se formule par l'abandon des restes de l'art romano-byzantin qui se trouvaient encore dans les édifices de la transition; en d'autres termes, la transition, le passage s'est opéré , et un nouveau système d'architecture est né et va régner durant trois siècles de la manière la plus brillante Voy. Age des édifices, Époque, Classification, Romano-byzantin.

TRANSSEPT. — On appelle transsept la nef transversale qui donne au plan des églises la forme d'une croix. Aussi l'a-t-on quelquefois appelé la croisée, et les deux extrémités ont-elles été désignées sous le nom d'ailes de croix, de branches de croix ou de

croisillons. L'origine de cette dénomination se trouve dans la distribution des basiliques primitives. Le transsept comprenait l'espace réservé , dans le voisinage de l'abside , qui était au delà d'une barrière ou septum : c'était le trans septum , le trans-sept. L'orthographe anglaise de ce mot, transept, adoptée par quelques archéologues français , est vicieuse.

On nomme transsept l'ensemble de la nef transversale; intertranssept le centre; croisillons, les deux extrémités.

Le transsept, par son allongement latéral , qui eut lieu de bonne heure, donna à nos édifices chrétiens l'apparence d'une croix, dans le plan géométral. Cette modification à la basilique antique se fit peu de temps après la conversion de Constantin, de manière que les croisillons fussent apparents à l'extérieur. Tel était le plan des églises construites dans les Gaules, dès les premiers temps, au rapport de saint Grégoire de Tours.

Le transsept est placé régulièrement entre les nefs et le chœur. Quelquefois il est trèsrapproché de la région absidale, comme aux cathédrales de Metz et de Reims. Il se ter mine carrément ; on a cependant quelques exemples de transsepts terminés en abside ou en hémicycle, comme à Soissons, à Noyon et ailleurs. Les bas-côtés se prolongent quelquefois tout autour du transsept , comme à la cathédrale de Rouen.

Il y a des églises qui ont deux absides, et quelques-unes de ces églises , comme la cathédrale de Nevers, ont le transsept à la partie inférieure de l'édifice et loin du chœur principal.

La chapelle de la Sainte-Vierge, comme à l'église de la Charité-sur-Loire, olfre parfois un transsept, et ressemble à une petite église bâtie régulièrement.

Dans certaines églises de grande dimension, il y a deux transsepts, de sorte que le plan par terre ressemble à la croix de Lorraine , ou à ce qu'on appelle la croix archiépiscopale. On observe cette disposition dans les monuments suivants : à Saint-Quentin en Vermandois, à Cantorbérv , à Lincoln , à Salisbury, à Rochester et à Worcester.

TRAVÉE — On appelle travée chacune des divisions de la nef d'une église , d'un cloître , d'une galerie. Elle comprend l'espace qui se trouve entre deux piliers, y compris la moitié de chaque pilier, et en élévation elle est composée de l'arc principal , de la galerie ou triforium , de la haute fenêtre et de la voûte. Le nombre des travées varie suivant la longueur des édifices. Il n'y a pas de règle à cet égard. En général, les travées sont plus nombreuses dans les cathédrales d'Angleterre que dans celles de France ; mais elles sont beaucoup moins hautes.

TRÈFLE. — Le trèfle est un ornement à trois lobes , et ressemblant à la feuille de la plante dont on lui a donné le nom. On le voit paraître dès le xn' siècle; mais, au xm* et au xiV siècle, il se montre très-fréuuemment, pour ne disparaître qu'au xvr.

TRÉSOR.— I. Le trésor des églises était au-

Page 1