TRI
trefois un vrai musée d'antiquités chrétiennes. On y admirait de riches offrandes en
or, en argent , en pierreries, en tissus précieux, des vases sacrés, des reliquaires, etc., remontant à une époque quelquefois fort reculée. Tous les arts y étaient représentés, et otlraient a l'examen des œuvres plus ou moins brillantes. Mais ces riches trésors ont été dilapidés et les métaux précieux fondus dans le creuset révolutionnaire , soit protestant, soit impie. C'est dans les vieux inventaires qu'on en retrouve aujourd'hui le dernier souvenir. Aussi, à l'article Inventaire, en avons-nous recommandé la lecture aux archéologues, qui y trouveront de très-curieux renseignements.
11 y avait des églises qui possédaient d'inappréciables trésors, sous le double rapport du travail et de la matière , en ornements de toute espèce et en meubles et vases nécessaires à la pompe du culte , ainsi qu'en riches vêtements; ces trésors étaient surtout riches dans les endroits qui n'avaient pas été exposés aux ravages de la guerre et du pillage. Car il y avait beaucoup d'évêques qui croyaient remplir un des premiers devoirs de leur place, et s'assurer une renommée impérissable, en contribuant à enrichir le trésor de leur église. Erasme, pendant la vie duquel le trésor de l'église de Cantorbéry existait encore, et qui le vit avant que la main spoliatrice de Henri VIII s'en fût emparé, disait qu'un Crésus, un Midas, auraient été des mendiants auprès d'elle. L'église de Spire possédait un trésor considérable dès le milieu du xie siècle. L'évoque Bernard de Hildesheim enrichit la sienne d'évangiles recouverts de l'or le plus fin incrusté de pierres précieuses; il lui donna aussi de lourds encensoirs, plusieurs calices, l'un desquels était taillé dans une pierre d'onyx, un autre était de cristal déroche, et un troisième d'or pur.
Mais l'église d'Allemagne la plus riche de tous les objets nécessaires au culte était celle de Mayence. Elle possédait une si grande quantité d'étoffes de pourpre, qu'aux grandes fêtes on en tapissait la cathédrale tout entière, et encore ne les employait-on pas toutes. Les tapisseries excitaient l'admiration par l'éclat des couleurs et la beauté du travail. Beaucoup de devants d'autel étaient en étoiles d'or, et il y en avait un dans le nombre qui était évalué à cent marcs; les vêtements pour la messe, les dalraatiques, les fourrures de toute espèce et de toutes couleurs étaient innombrables, et il y en avait qui étaient brodées en or et en pierres précieuses. Un ornement dont les évoques ne se servaient qu'aux fêtes les plus solennelles, et alors seulement jusqu'à l'offertoire, était tellement chargé d'or, qu'il était impossible de le plier, et il fallait être très-vigoureux pour pouvoir le porter pendant l'office* On comptait dix-huit mitres avec des ornements en or; seize anneaux pastoraux avec différentes pierres Unes, deux
crosses recouvertes d'argent. Tout cela était réservé pour les grandes fêles; ce qui servait aux cérémonies du culte, les jours ordinaires , était incalculable. L'église possédait eu outre un cabinet d'argent doré que l'on suspendait devant l'autel les jours de fête solennelle , et dans lequel on plaçait, pour les exposer, les reliquaires en ivoire et en argent. Parmi les vases les plus précieux était une émeraude, de la forme d'un melon, qui pendait à deux chaînes d'or; elle était creuse : on la remplissait d'eau et l'on y introduisait deux petits poissons. On comptait dans le trésor dix encensoirs dorés : un était en or très-pur; onze boîtes à encens, dont une était faite d'un seul onyx, ayant la forme d'un crapaud; la tête était' une "topaze grosse comme la moitié d'un œuf, et les yeux étaient deux rubis. Deux grues en argent, de grandeur naturelle , étaient placées aux deux côtés de l'autel, remplies de braise, et la fumée de l'encens sortait de leur bec. Les évangiles étaient reliés en ivoire, en argent et en or, garnis de pierres précieuses. Quatre bassins d'argent et autant d'aiguières du même métal, qui servaient à verser l'eau sur les mains du prêtre, représentaient des lions, des dragons, des griffons. Les grands chandeliers ainsi que les petits, sur l'autel, étaient en argent; deux grands et trois petits lustres du même métal et d'un travail exquis pendaient de la voûte de l'édifice. On admirait aussi la beauté du travail de dix croix d'argent que l'on portait aux processions. Une autre croix encore , longue comme le bras d'un homme de la plus haute taille , était pleine de reliques; au milieu, il y avait une parcelle de la vraie croix longue comme la main, montée en or et enrichie des pierres les plus rares. Venait ensuite le crucifix, qui était tel, que l'empereur n'en possédait pas un plus beau. Mais on ne l'exposait qu'aux fêtes de Noël et de Pâques , ou bien en présence de l'empereur ou de quelque autre prince, et toujours d'après l'ordre spécial de l'archevêque; on le plaçait si haut, que personne ne pouvait y atteindre, et il y avait toujours deux hommes de contiance chargés de le garder. On comptait en outre douze calices de vermeil avec leurs patènes, trois en or pur avec leurs accessoires; un ciboire enrichi de perles. 11 y avait de plus deux calices d'or si lourds qu'on ne s'en servait pas; le plus grand était épais de deux doigts : il avait deux anses et était tout chargé de pierres précieuses; sa pesanteur était telle qu'il fallait être d'une force plus qu'ordinaire pour pouvoir le soulever do terre.
TRIBUNE. — C'est un des noms donnés anciennement à l'abside des basiliaues. Yoy. Abside.
On appelle encore tribune un lieu élevé, muni d'une balustrade , d'où le regard domine dans toute une église. Voy. Galeuii;, Nef, Bas-côtés.
Les tribunes à l'entrée des églises sont
d'une date comparativement très-moderne.
ItUCLlNIUM. — Le triciinium était la
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