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ftcos. On a observé, et cette remarque est fort intéressante, que dans aucune de nos cathédrales où des vitres antiques sont conservées on ne retrouve de verrières identiquement semblables. Les mêmes légendes y sont représentées, c'est vrai, mais avec des circonstances ditférentes, des détails particuliers, un style môme un peu modifié , et des moiifs extrêmement variés. N'est-ce pas là une nouvelle preuve de l'intarissable fécondité du un' siècle, fécondité qui est le vrai cachet des siècles éminemment artistiques?
Nous devons indiquer brièvement les caractères des vitraux peints aux trois époques principales du style ogival.
Pour ceux du xii" et du xmc siècle, nous en avons parlé suffisamment dans notre article précédent, ainsi qu'à l'article Vitraux
A LÉGENDES. Vo\f. LÉGENDE.
Au xive siècle, une grande révolution s'opéra dans la peinture sur verre. Déjà Florence avait vu naître Cimabué, le restaurateur de la peinture en Italie. Les élèves de ce peintre célèbre répandirent partout les principes du dessin plus correct et mieux en rapport avec la nature. Le dessin, ainsi restauré, exerça une grande influence sur l'art de la peinture sur verre. On commença à faire des applications du clair-obscur, des ombres et du reflet dans les membres et les grandes draperies. Les vitraux offrirent encore des médaillons sur des fonds de mosaïque, mais les sujets y furent parfois mieux disposés, quelquefois aussi moins bien traités qu'au xme siècle. Les grandes figures isolées commencèrent aussi à prévaloir. Ces figures colossales furent entourées d'une simple frise, qui suivait tout le panneau; elles étaient appuyées sur des piédestaux en forme de balustres, où l'on trouve écrit souvent soit le nom du personnage, soit celui du donateur, soit un passage de l'Ecriture. Au-dessus de la tête, on dessinait une espèce de trèfle au simple trait rouge ou blanc, suivant la couleur générale du fond. Vers le milieu du xive siècle, on imita sur le verre quelques détails de l'architecture ogivale : ce fut d'abord une flèche en verres de couleur, trèssurbaissée, se rapprochant plus du fronton romano-byzantin que du clocheton ogival.
Cette flèche est ornée, comme celles en pierre, de feuilles grimpantes.
Les amortissements des grandes fenêtres, dans leur partie cintrée , qui auparavant n'étaient remplis que de verre nu de différentes couIcuîs, sans autre ordre que celui des vides que formait l'ordonnance de la pierre, commencèrent à être ornés de têtes de chérubins, de corps ailés de séraphins, ou de fleurons d'une certaine étendue. On vit s'accroître de jour en jour l'usage de représenter au pied des images des saints les portraits des fondateurs des églises ou des donateurs des vitraux : on y voit aussi fréquemment leurs armoiries.
Au xivc siècle, vers la fin, on lit la dé-
couverte et l'application des émaux colorés. C'était un pas immense qui devait amener bientôt une transformation dans l'art de peindre sur verre.
Charles V fut un protecteur zélé de la peinture sur verre. Il accorda des privilèges considérables aux peintres-verriers, et leur fit exécuter de nombreux travaux, soit pour les églises, soit pour les maisons royales. Ses successeurs héritèrent de ses bonnes dispositions, et dès lors les artistes les plus distingués ne dédaignèrent pas de dessiner des cartons pour les vitraux.
Au xve siècle, les tableaux sur verre sont dessinés avec la plus grande délicatesse, et l'on remarque de notables progrès dans la composition. Les artistes soignèrent tous les détails avec un soin minutieux, sans avoir égard à la perspective, par un défaut commun à tous les tableaux du temps. Le cadre des personnages ou des tableaux est ordinairement très-riche, et formé de dessins d'architecture avec des guirlandes et des feuillages.
Le progrès dans l'art du dessin se continue au xvr siècle. Raphaël avait communiqué une impulsion immense, et quoi qu'on puisse dire en faveur des anciens maîtres qui l'ont précédé, qui l'ont peut-être surpassé en quelques points et sous quelques rapports, en fait d'art chrétien, il n'est pas moins vrai de dire que ses œuvres eurent une réputation prodigieuse, et par conséquent exercèrent la plus puissante influence. La peinture sur verre le disputa à la peinture à l'huile par le fini du trait, la fraîcheur du coloris, le charme des demi-teintes, la finesse des contours, l'harmonie des couleurs, l'illusion de l'optique. Mais il faut l'avouer, la peinture sur verre au xv' et au xvie siècle a perdu de sa puissance d'effet. Les mosaïques du xm' siècle, d'un ton vigoureux, l'emportent sur les charmants tableaux du xvie, qui pâlissent de loin.
Ceux qui voudront avoir des connaissances plus* étendues sur les vitraux peints consulteront les ouvrages suivants : Monographie de la cathédrale de Bourges, Vitraux du xme siècle, par les PP. A. Martin et Ch. Cahier ; Verrières du chœur de l'église métropolitaine de Tours, par MM. les chanoines Bourassé et Manceau; Vitraux de la cathédrale de Tournai/, par MM. Capronnier, Descamps et Le Maistre d'Anstaing ; Considérations sur les vitraux anciens et modernes, par M. E. Thibaud; Histoire de la peinture sur verre, par M. de Lasteyrie; Histoire de la peinture sur verre, par M. Winston (en anglais); Manuel delà peinture sur verre, par M. Reboulleau.
VIVE ARÊTE. — Une vive arête, c'est une arête taillée nettement. Ainsi, les nervures prismatiques du style ogival flamboyant sont taillées avec beaucoup de netteté, et les arêtes en sont très-vives. Le proli! en est fort compliqué.
VOILES. — Relativement aux voiles qui