‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 174 sur 276 · YOU · texte numérisé non relu

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lourdes et grossières, et ne recouvrant que d'étroits espaces, comme les absides, elles ne se développèrent qu'au xie siècle. Mais alors la forme de la voûte en plein cintre leur occasionna de nombreuses déceptions. Cette espèce de voûte , élevée au-dessus d'une large nef, pèse considérablement sur ses points d'appui, et les pousse au vide , vers leur sommet. Beaucoup d'églises romano-byzantines de la seconde époque ont ainsi perdu leurs voûtes, qui n'ont pas tardé à s'écrouler sous le poids de leur masse et par l'écartement des murailles. L'expérience éclaira. On bâtissait des voûtes d'arête dès le commencement du xie siècle : il y en a de cette forme sur les bas-côtés de la région absidaje de l'église de Preuilly et de celle de Saint-Etienne de Nevers. Dans ces mêmes églises, les voûtes des collatéraux de la nef majeure sont en quart de cercle dont le sommet vient s'appuyer en arc-boutant sur la muraille du grand comble. C'était un progrès, et on y découvre une préoccupation de solidité qui montre que les constructeurs comprenaient la pesanteur considérable de la voûte en berceau. Bientôt, à la fin de ce même xie siècle et au commencement du xii* surtout , on fit un pas immense dans l'art de bâtir les voûtes : on établit des arcs-doubleaux d'une grande force et des nervures en croisées d'ogives. Le problème était résolu, et à part certaines améliorations de détail qui eurent lieu plus tard et successivement, le système de la construction des voûtes était généralisé , c'est-à-dire, qu'il avait ses principes, ses règles, ses procédés, sa théorie, en un mot. Beaucoup d'églises du xue siècle ont été conservées jusqu'à nos jours, et leurs voûtes sont dans un état surprenant de conservation. Qu'on examine les voûtes savantes élevées au milieu du xne siècle , et qu'on dise si les savants et ingénieux maîtres-maçons qui les ont bâties ne connaissaient pas tous les secrets de cette délicate et importante partie de la science de la construction ? Y a-t-il rien de plus élégant et de plus solide à la fois que les voûtes de Saint-Maurice d'Angers, de la salle de l'hôpital Saint-Jean à Poitiers, de l'église de Saint-Maurice deChinon, au diocèse de Tours? Tous ces édifices furent élevés, dans leurs parties les pins remarquables, au milieu même du xnc siècle. Au xmc siècle, les voûtes s'élevèrent à une hauteur considérable. Pour éviter les inconvénients de la poussée , quoique le poids des voûtes fût habilement réparti sur les piliers et colonnes, par le moyen des arcs-doubleaux et des croisées d'ogives, on construisit à l'extérieur des contre-forts et des arcs-boutants, qui vinrent s'appuyer précisément à l'endroit où la poussée pouvait avoir lieu et où il y avait à craindre quelque écartement. Voy. Arc- boutant,

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