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CONTRE-FORT

Au xv' siècle, les nervures des voûtes se compliquèrent considérablement, non pas pour le besoin de la construction, mais pour l'ornementation. Les Anglais ont construit,

sous ce rapport ', de vrais chefs-d'œuvre, comme la chapelle de Windsor, la chapelle du collège du Roi, à Cambridge, et diverses parties accessoires dans plusieurs grandes cathédrales. Voy. Cathédrales, Salles capitulaires, Cloîtres. Nous avons parlé déjà des voûtes avec quelques détails aux articles où sont indiqués les caractères archéologiques des diverses périodes architectoniques.

Nous devons maintenant faire connaître les différentes espèces de voûtes.

Les premières voûtes que l'on connaisse sont celles qui existent dans les monuments égyptiens. L'origine de ces voûtes est simplement une portion de sphère creusée dans le rocher ou dans un bloc de pierre qui recouvre des espèces de petites chapelles ou petits temples. D'autres voûtes sont faites avec plusieurs pierres posées les unes sur les autres en encorbellement, c'est-à-dire de manière que l'extrémité de chaque pierre dépasse celle sur laquelle elle est posée Ces pierres restaient quelquefois entièrement brutes ; parfois l'extrémité en encorbellement était taillée, de sorte que l'ensemble de la voûte était en plein cintre ou en ellipse, ou affectait toute autre forme circulaire. On conçoit que les voûtes de ce genre ne pouvaient pas avoir une grande portée : le système de construction s'y opposait. Le monument connu des antiquaires sous le nom de tombeau (VAtrée est un des plus curieux, en ce genre, que l'antiquité grecque nous ait légués. Mais les Etrusques et les Romains passent, avec raison, pour avoir construit les premiers, des arcs et des voûtes appareillés. Yitruve nous apprend que les Latins appelaient les voûtes fornicationes et concamerationes. Chez les Grecs, elles étaient désignées sous le nom de &$iç, ^â)ib- x«y.-

Les maîtresses voûtes sont les principales voûtes d'une église.

Une petite voûte est celle qui ne couvre qu'un passage, une porte, une rampe, ou toute autre partie de petite dimension.

Une voûte double est celle qui est construite au-dessus d'une autre, pour raccorder la décoration intérieure avec l'extérieure, ou pour tout autre but que se propose l'architecture : telle est celle du dôme des Invalides à Paris, et de Saint-Pierre à Borne.

On appelle voûte cylindrique ou annulaire, celle dont la douelle a le contour de la surface d'un cylindre ou d'un anneau, ou en demi-cercle , et qu'on appelle aussi quelquefois voûte en berceau, ou berceau droit, ou voûte en plein cintre

Une voûte conique est celle dont la douelle a la forme de la surface d'un cône, et que les ouvriers appellent voûte en canonnière et trompe.

Une voûte hélicoïde ou en vis est celle qui est cylindrique ou annulaire, mais dont l'axe s'élève en tournant autour du noyau.

Ou désigne sous le nom de voûtes mixtes ou irrcguUùres, cclics qui tiennent des es-

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pures précédentes, auxquelles il faut toujours les rapporter; telles sont les voûtes connues sous les noms de route biaise, voûte rn limaçon, voûte rampante, voûte de cloître, voûte d'arête, etc.

Une voûte sphérique est celle qui est circulaire par sou plan et son profil, et que les ouvriers appellent cul-de-four.

Une toute biaise est celle dont les murs ne sont pas d'équerre avec la face.

l'ur voûte en limaçon est toute voûte sphérique ou elliptique, surbaissée ou sunnontée, dont les assises ne sont pas posées de niveau, mais en spirale.

La voûte rampante est colle qui est inclinée à l'horizon: telles sont celles qui suivent la pente d'un escalier.

Une coûte en arc de cloître est celle qui est formée par quatre portions de cercle dont les angles sont rentrants ; on l'appelle aussi voûte d'anyle.

On appelle voûte d'arête celle qui est for-

mée par la rencontre de deux berceaux qui se croisent.

Une voûte en cul-de-four ou calotte est celle dont le plan et le protil sont circulaires.

Une voûte en plein cintre est celle dont la courbure est toujours en demi-cercle , ou une portion du cercle.

Une voûte surbaissée ou elliptique, ou en anse de panier, est celle dont la courbure esl une portion d'ellipse.

Une voûte surmontée est celle qui a plus de hauteur que le demi-cercle.

On appelle voûte d'ogive celle qui est formée d'arcs de cercle qui se coupent ; elle est composée de différentes nervures, qu'on appelle formeret, arc-doubleau, croisée d'ogive, licrne, tierceron, pendentif. Yoy. Nervures.

Une voûte à compartiments est celle dont la douelle est enrichie de sculptures ou de

peintures.

XYLOIDIQUE. — Après tant d'autres ailleurs, M. Amaury Duval propose une explication nouvelle de l'origine du style ogival. Suivant lui, l'architecture chrétienne devrait être appelée, non pas gothique, mais xyloi-

dique, attendu que les monuments qui en sont l'expression «ne sont rien que la copie des anciennes églises, primitivement construites en bois. »

ZIGZAG. — Le zigzag est un ornement courant très-usité dans les édifices de la période romano-byzantine. On dit chevron plus convenablement que Zigzag [Voy. ce mot). Lorsque ces ornements sont disposés de sorte que le sommet d'un chevron est opposé au sommet d'un autre chevron, on dit qu'ils sont contre-chevronnés.

ZODIAQUE.- Surles pieds-droits du portail de quelques églises du xii' et du xme siècle, on voit sculptés les signes du zodiaque.

Nous avons déjà parlé de ce sujet assez longuement. Voy. Allégorie.

ZOOLOGIE MYSTIQUE. ( Voy. Animaux

SYMBOLIQUES , TÉTRAMORPOE.)

Il suffit d'ouvrir nos livres saints pour nous convaincre que les auteurs sacrés se sont souvent servis des animaux comme symboles des vertus ou des vices. Le Sage engage à jeter les yeux sur la prévoyante fourmi ; David demande les ailes de la colombe, afin de s'envoler jusque dans le sein de Dieu et de s'y repose!1. Pour indiquer au juste qu'il n'a non à craindre de la ruse ni de la force de ses ennemis , il lui annonce qu'il marchera sur l'aspic et le basilic, et qu'il écrasera h- lion et le dragon. Isaïe, voulant exprimer la douceur et la patience du Sauveur, le représente connue un agneau qui n'ouvre pas !a bouche pour se plaindre devant celui qui lui enlève sa toison. L'Evangile consacre les mômes svmboles. Jésus- Ciii'-- i •■ unm ■]: !'■ à ses disciples la pru-

dence du serpent et la simplicité de la colombe ; il leur déclare qu'il les envoie comme des agneaux au milieu des loups, et quand il nous parle de sa tendresse, il la compare à celle de la poule inquiète qui veut réunir ses poussins sous ses ailes.

Consultons les saints Pères : Tertullien , saint Basile, saint Ambroise , saint Augustin, saint Grégoire , et en général tous ceux qui ont écrit sur les œuvres de la création admettent les mêmes symboles et les développent, non point d'une manière arbitraire, mais d'après des règles déterminées. « Je connais les lois des allégories, dit saint Basile, en exposant le symbolisme animal ; ce n'est pas moi qui les ai établies, mais je parle d'après ceux qui nous les ont transmises après les avoir méditées : Novi laps alleyoriarum, et si non a me inventas, ab aliis tamen elaboratas fmeo.»(S. Basil., Hexamer. boni. 9.)

Dans le grand livre de la nature, commenté par les Pères, les chrétiens purent reconnaître non-seulement les admirables perfections du Créateur, mais encore les vertus qu'ils avaient à pratiquer pour lui être agréables. La prévoyance de l'abeille et de la fourmi, la soumission du chameau, la sobriété de l'Ane, l'hospitalité exercée par la corneille, la piété filiale de la cigogne, la reconnaissance et la fidélité du chien, la vigilance de l'oie et du coq, la confiance île l'alcyon, l'humble travail du bœuf, la discipline de la grue, la douceur et la patience de

APPENDICES

l'agneau, l'innocence, la candeur et la simplicité de la colombe, là vigilance maternelle du rossignol, la force de l'éléphant , le courage du lion, l'amour généreux qu'éprouvent pour leurs petits l'hirondelle , la poule, l'ours et le tigre lui-même , furent pour l'âme tidèle de continuels sujets de méditation.

les plus élevés, et qui établit sa demeure dans les rochers , fut le symbole de la vio contemplative que les orages de ce monde ne sauraient troubler. (S. Grég. Moral, lib. xxxi, cap. 22.)

On pourra consulter, sur la zoologie mystique, Y Iconographie chrétienne de M. l'abbé Crosnier, chap. 32; — un article intitulé :

Le cerf, emblème de l'amitié constante, et Quelques points de zoologie mystique , par

qui se réfugie sur les montagnes élevées , montes excelsi cervis , pour éviter les traits du chasseur, apprit au chrétien à élever, dans les dangers, ses pensées vers le ciel.

Le phénix, qui renaît de ses cendres , et le paon, qui se revêt de plumes nouvelles , furent les emblèmes de la résurrection et de l'immortalité : Florebit enim sicut phœnix, id est de morte. (Tertull. de Resurrect.)

L'aigle, qui va porter son nid sur les lieux

l'abbé Cahier, et inséré dans les Annales de Philosophie chrétienne, 3e série, tom. Vil , pag. 119; — un travail très-remarquable de madame Félicie d'Ayzac , intitulé : Mémoire sur trente-deux statues symboliques observées dans la partie haute des tourelles de Saint- Denis ; — des extraits des Bestiaires du moyen Age et de curieuses figures gravées dans les Mélanges d'histoire et d'archéologie, tom. II.

DES CARACTERES ARCHITECTOIMQUES ,

ou

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