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Mut de la dénudation des parties de l'édifice soumises 5 la restauration et de celles qui les avQjsinent. On no pont se l'aire une idée exacte de l'étendue de ces fausses dépenses lorsque les travaux, sont conduits avec trop de lenteur, ou au moyeu de ressources annuelles trop faibles : les éehafauds (jiii se pourrissent, les précautions provisoires qu'il faut prendre tous les hivers pour préserver les travaux en cours d'exécution, les ravalements ajournés qui laissent les constructions exposées aux intempéries, les maçonneries découvertesqu'il faut reprendre après la mauvaise saison, les écoulements d'eau qui se font mal sur des bAtisses non terminées : toutes ces causes augmentent d'autant plus les dépenses que les travaux se font avec plus de lenteur.
a Pernaettez-moi , monsieur le ministre, de citer un exemple :
« Dans plusieurs de nos cathédrales, à Beauvais, a Reims, à Chartres, h Amiens, il faut refaire les couvertures des bas-côtés et chapelles duchœur, ainsi que les chéneaux, et rétablir à neuf les anciens systèmes d'écoulement des eaux ; si l'allocation annuelle est suffisante , on entreprendra pendant une campagne, je le suppose, deux ou trois travées à la fois, c'est le moins qu'on puisse faire; mais, pour rétablir ces couvertures, chéneaux, gargouilles, conduites, etc., il faut réparer les corniches qui les portent, les arcsboutants qui sontau-dessus, les galeries oui y touchent. Il sera donc nécessaire, si les allocations annuelles sont insuffisantes, de découvrir, faire tous les travaux de maçonnerie, puis recouvrir provisoirement en planches,en toiles ou de toute autre manière
ftour passer l'hiver; découvrir de nouveau à a campagne suivante, réparer le dommage causé par les gelées, et établir enfin les couvertures définitives. Le monument souffrira beaucoup, et on aura ajouté aux dépenses réelles, aux dépenses qui laissent une trace, de fausses dépenses, des dépenses provisoires perdues pour tout le monde.
« Dira-t-on que l'on concentrera les ressources sur une ou deux cathédrales, de ma nière à y exécuter les travau x rapidement, et qu'on ajournera les travaux réclamés par les autres? Mais un travail de la nature de celui que je viens de citer pour exemple, mené sur un seul édifice, avec des allocations raisonnables, ne durera pas moins de cinq ou six ans, puisqu'il faut l'étendre sur onze ou treize travées; pendant ce temps, les dégradations s'aggraveront dans les autres cathédrales, et enfin, quand on arrivera aux dernières, ce ne sera plus une restauration qu'il faudra entreprendre, mais une reconstruction presque totale; ce ne sera plus k ou 500,000 francs qu'il faudra dépenser pour chacune d'elles, mais 1 million, 2 millions peut-être, comme il le faut h. l'heure qu'il est pour Rouen, pour Reims, pour Sens et pour Beauvais. On ne saurait le dissimuler, ces monuments, tous à peu près du môme âge, ayant tous subi les mêmes dégradations et également souffert des mêmes
causes de ruine, sont arrivés a un niomei.t où il devient nécessaire de les consolider sérieusement, avec économie sans doute, mais sans parcimonie, sous peine de les voir tous périr à peu près en même temps, et de se trouver entraîné à des dépenses cent fois plus considérables que celles qu'on aura voulu éviter.
« La répartition en vingt années des 80 millions nécessaires pour le rétablissement des édifices diocésains, soit k millions par année, pendant cet espace de temps, a donc sa raison dans l'état de ces édifices et dans la nature des travaux qu'on doit y exéculer. Elle a été calculée de manière à rendre cette grande opération possible dans l'intérêt de ces édifices et des finances de l'Etat. Etendue sur plus de vingt ans, cette somme de 8;) millions ne suffirait plus à son objet, et l'augmentation de dépense qui résulterait pour l'Etat de cette fausse économie devient incalculable ; resserrée sur moins de vingt ans, elle pèseraittroplourdementsurchaque exercice, et ne pourrait pas même être dépensée au delà d'une certaine mesure dans cette limite de temps.
« Les travaux à faire aux cathédrales, non compris leur isolement, entrent dans ce chiffre total de 80 millions pour ko millions, soit 2 millions 250,000 francs par année.
« Ce chiffre de 2 millions 250,000 francs n'est, en réalité, qu'un peu plus du double de ce qui est accordé aujourd'hui pour l'entretien et les réparations des cathédrales, sur le crédit général des édilices diocésains. Mais cg crédit, doublé pendant vingt ans, produit, par le fait, plus du double de travaux, parce qu'il permet d'entreprendre, dans un temps donné, des ouvrages qu'il est nécessaire d'ajourner lorsqu'on n'agit qu'avec un crédit insuffisant.
« Ce crédit de 2,250,000 francs pour la restauration des cathédrales sera moindre, en définitive, que celui qui est accordé pour l'entretien et la conservation des bâtiments civils et palais nationaux, qui sont, comme je l'ai déjà dit, moins anciens, en bien meilleur état, et d'une beaucoup plus simple construction.
« Ces derniers édifices figurent en effet an budget pour uncrédittotalde2,678,i29francs, sans préjudice des crédits spéciaux, pour travaux extraordinaires aux mêmes monuments, comme il s'en exécute actuellement au Louvre, à Versailles et à Fontainebleau.
« Ce budgetde 2,678A29 francs est à peine suffisant pour les bâtiments civils ; et, pour nos magnifiques et vieilles cathédrales, 1 million ; et, pour nos deux cent quarante édifices diocésains, 1,950,000 francs seulement sont accordés 1
« Cette allocation est évidemment insuffisante; l'économie qui s'obstinerait à la inain: tenir serait une économie désastreuse. Si elle prévalait, je suis obligé de déclarer, monsieur le ministre, que, dans l'impossibilité de pourvoir à tous les besoins, l'administration se trouverait dans la dure alternative de sacrifier l'existence de nos plus belles
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cathédrales a la conservation des autres édifices diocésains, ou la conservation de ceuxci à l'existence de celles-là. Les cathédrales de Rouen, de Séez, de Sens, de Troyes, d'Angoulèmc, de Langres, de Meaux et autres s'écroulent. On ne peut entreprendre de les sauver sans v engouffrer les 1,930,000 francs par an du dédit affecté à la généralité des besoins, et par conséquent, sans abandonner tous les autres édifices diosésains au dépérissement. Ou bien on ne peut employer ces 1,950,000 francs a la conservation de ces derniers édifices sans décréter la chute des premiers.
« Telle ne saurait être certainement l'intention du gouvernement ni la volonté du pays. Nos cathédrales sont une de nos plus grandes et de nos plus glorieuses richesses nationales; elles représentent un capital énorme, accumulé à grand'peine par les siècles passés pour satisfaire au besoin le plus sacré, le plus persistant, et, plus que jamais pour nous, le plus salutaire. Ces grands centres de prières, où toutes les générations semblent venir se rencontrer dans la majesté d'un môme culte et dans l'égalité d'une môme destinée, ont, sur les populations des villes, un effet moral puissant, auquel ne saurait être comparé celui de nos bilbliothèques et de nos musées. En eux survit et se prolongent au milieu de nous une grandeur et une délicatesse de l'art d'où nous sommes déchus, mais dont l'expression nous relève. Leur perte serait irréparable, et leur abandon sacrilège. Quand l'Etat s'est porté le tuteur de ces monuments de la foi de nos ancêtres ; quand il a pris, à cet effet, les immenses dotations que leur piété y avait attachées, ce n'a pas été sans doute pour les laisser périr et pour ne léguer aux générations suivantes que des ruines qui l'accuseraient.
« L'existence des cathédrales, d'ailleurs, est un fait nécessaire ; si on les laisse tomber, il faudra les reconstruire. Or il résulte de calculs positifs, dont vous pourrez voir le détail sommaire dans une note jointe au présent rapport, quo les quatre-vingts cathédrales de France coûteraient 250 millions à rebâtir, non comme elles sont, mais dans les conditions les plus simples et les moins dignes de leur objet, dépourvues de tout ornement, de tout luxe, môme de construction, élevées avec des murs unis et des voûtes en plâtre ou en bois, ne présentant à l'extérieur que des surfaces nues percées de fenêtres, à l'intérieur qu'une suite de piliers carrés, des parements froids et dépouillés de toute décoration.
« Et maintenant, uni fois bâties, il faudrait toujours les entretenir. Or on ne pourrait compter pour cet entretien moins de 1 p. 100 annuellement de la valeur de leur capital, soit 2,500,000 francs, et l'Etat n'affecte annuellement à l'entretien des cathédrales actuellement existantes qu'environ 1 million 1 Et ces cathédrales ne sont pas neuves, et elles ont été longtemps abandonnées, et ce n'est pas un capital de 250 millions
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qu'elles représentent, mais, comme je l'ai déjà dit, de 2 milliards peut-être 1
« Ce million, morcelé en quatre-vingts parts, est un ajournement; il n'entretient pas, il trompe. Les besoins auxquels il est insuffisant s'accumulent-, et pour vouloir économiser 2 millions pendant quelques années, on aboutit rapidement à une ruine tellement imminente, que 10 et 20 millions par an suffiront à peine pour la réparer.
« Telle est la situation, monsieur le ministre; s'il eût été nécessaire de fortifier l'intérêt qu'elle inspire, j'aurais pu le faire par des considérations accessoires, puissantes, qui se présenteront, du reste, d'elles-mêmes à votre esprit et à celui de l'assemblée. J'aurais pu faire ressortir l'avantage précieux, dans la disposition actuelle des esprits, de créer, sur les divers points de la France, des chantiers de travaux qui, à la différence de ceux de l'industrie , lesquels n'occupent guère que les bras et ne satisfont l'intérêt des uns qu'en excitant la jalouse ambition des autres, ennoblissent le travail en y faisant participer l'intelligence, et élèvent les âmes par la haute destination religieuse de l'objet de ce travail et par leur contact avec la foi qui y respire. J'aurais pu faire remarquer le grand intérêt national que nous avons à favoriser le mouvement de l'art architectural dans un de ces retours les plus heureux aux grandes sources de son inspiration ; à former des ouvriers habiles dans l'exécution de cet art, et à élever par là le niveau de ce goût et de cette perfection dont le cachet distingue nos créations françaises. L'intérêt secondaire du Trésor lui-même, enfin, s'y retrouverait par surcroît, dans le mouvement de consommation et d'importation qui s'établirait nécessairement autour de ces grands centres de construction.
« Mais, monsieur le ministre , l'intérêt immédiat qu'inspirent nos édifices religieux ruinés et celui qu'a l'Etat à ne pas laisser se consommer leur chute, sont assez puissants pour qu'il m'ait suffi de vous en présenter le tableau. Ce tableau n'a rien que de rigoureusement vrai; tout le monde peut s'en convaincre; nos monuments diocésains le diront eux-mêmes à qui voudra les visiter. Plus particulièrement chargé dé les connaître et de les conserver, j'ai dû être l'organe de leur détresse : je me suis acquitté de mon devoir, et je remets maintenant ce grand intérêt à votre haute sollicitude. »
ETOFFES. — I. Par étoffes nous entendons toute espèce de tissu de fil, de soie, de laine, d'or, d'argent, etc. Les étoffes de l'antiquité et du moyen âge n'ont jamais été l'objet d'une étude très-détaillée au point de vue archéologique; et celles du moyen âge, quoique d'une époque plus rapprochée de nous, sont encore moins connues que celles de l'antiquité.
A la fin du ive siècle, vers le temps de Claudien, le luxe des chrétiens eux-mêmes, accru de jour en jour, contribua à perpétuer l'art de former des fleurs et des figures dans
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de riches tissus, celui de teindre, celui de broder, et vraisemblablement celui d'imprimer des ornements sur des toiles. L'art d'enrichir des étoffes par des dessins de tout genre fut porté à cette époque, et dans les siècles suivants, a un degré de perfection que nous pouvons à peine égaler. Une tunique, un manteau renfermait quelquefois -jusqu'à six cents tiguros.On y voyait représentée, en différents tableaux, la vie entière de Jésus- Christ, sa Nativité, sa Passion, sa Sortie du tombcau,\cs Noces de Cana, la Résurrection de Lazare,\i'Paralijtique emportant son lit sur ses épaules. On y voyait aussi, par un mélange bizarre, dont les toiles des Indiens avaient donné l'idée, des lions, des panthères, des ours, des taureaux, des arbres, des rochers, des chasseurs, tout ce que Vart des peintres, qui s'efforcent d'imiter la nature, peut inventer. Les habits de ces chrétiens efféminés, disait un orateur qui blâmait ce luxe, sont peints comme les murailles de leurs maisons. (S. Asterius, Homil. de Divite et Lazaro [Ed. Ruben.], pag.3et 4.)
Il n'est pas à croire que les manufactures de toiles imprimées établies dans l'Egypte, dans la Syrie, dans la Cilicie, s'anéantirent tant que dura cet usage qui leur offrait un nouvel aliment. Nous savons, en général, que les manufactures d'Alexandrie, de Tyr, de Damas, d'Antioche, où se fabriquaient ces robes à figures, existaient encore après les conquêtes des Sarrasins, lorsque les peuples de l'Occident, attirés dans ces contrées par l'esprit de dévotion ou par l'esprit de commerce, y recueillirent les précieux restes de l'industrie des anciens. Celles de Tyr et d'Alexandrie notamment étaient en pleine activité, sous la protection des califes, dans les vin' et ixe siècles, pendant les pontificats de Grégoire IV, de Léon IV, d'Etienne VI. Elles fournissaient encore aux chrétiens des tentures et des habillements où étaient représentés, comme dans les temps précédents, les mystères de la religion chrétienne, les images des apôtres, et tout à la fois les animaux réels ou fantastiques qu'on y voyait au temps de Claudien. Les églises de Rome étaient pleines de leurs ouvrages.
On voyait représentés sur les tentures et sur les diverses étoffes fabriquées du temps de Claudien, à Tyr et à Alexandrie, de même que sur les vêlements dont parle S. Asterius, différents sujets qui supposent un grand nombre de personnages. On peut consulter à ce sujet Anastasele Bibliothécaire dans les vies des souverains pontifes, de saint Adrien, de Léon III, de Grégoire IV, de Léon IV, d'Etienne VI, pag. 110, 127, 162, 1G8, 176, 236, etc. Nous en donnons un extrait cidessous.
Nous pouvons nous faire une idée de la beauté des étoffes de soie que les fabricants d'Alexandrie et que les Arabes eux-mêmes exécutaient, soit en Orient, soit en Espagne, soit en Sicile, dans le x' et le xic siècle, par les fragments trouvés à Paris en 1793, dans le tombeau de Morard, mort en loti, et dans celui d'Ingon, mort en 1025, tous deux abbés Diction'n. d'Archéologie sacrke. IL
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de Saint-Germain-des-Prés. Ces fragments, très-intéressants pour l'histoire des arts, ont été décrits sommairement par Lenoir dans le Musée des monuments français, tom. 1, pag. 161 à 163. Ils ont donné à M. Desmarest l'occasion de faire une savante dissertation sur quelques étoffes du moyen Age, et notamment sur les procédés employés dans la fabricatien des étoffes brochées.
Extraits de V ouvrage d'Anastasc le Bibliothécaire.
Tom. II, p. 4-02.
Vestis alba holoserica rosata.
— de blatthin. de quadrapulo.
— de stauraci.
— olovera.
— cum pavonibus.
— rubea alythina.
Tom. 111, p. 331.
— alba de chrysoclavo cum rôtis.
— holoserica rosata cum chrysoclavo.
— rosata cum rosis, aquilarum habens historiam.
— de chrysoclavo et gammadiis.
aureo texta opère, historiam habens
Adnuntiationis.
— auri textilis auro texta.
— candidis margaritis ornata.
— ex auro purissimo cum gemmis a Ca •
rolo M. donata.
chrysoclava cum blatta Byzantea
— cum aquila.
— cum auro et gemmis albis.
— eum chrysoclavo.
— habens historias.
— cum cruce de chrysoclavo.
— cum historia S. Martini jacentis.
— cum gryphis et chrysoclavo.
— cum leonibus.
— cum rôtis, aquilis, et cruce cum
gammadiis.
— cum rosis et hominum effigiebus.
— de chrysoclavo, cum gemmis albis.
— fundata cum periclysi de stauraci.
— de fundato.
cum cruce in medio.
— cum gryphis.
— habens periclysin de blatthin.
— cum periclysi de octapulo.
— cum periclysi de quadrapulo.
— cum periclysi habens angulos.
— habens aquilas et periclysin de qua-
druplo.
— habens in medio crucem de periclysi.
— de fundato habens crucem cum gam-
madiis.
— habens historiam leonum.
— habens leones, cum arboribus et
gryphis.
— habens mucrones per circuitum.
— de fundato, cum tabula de chrvso-
clavo effigiato.
— ornata in circuitu de olovero.
— de fundato pretiosissima, cum chry-
soclavo.
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Vestis «le olovero, cum gryphis et unieornibus.
cum leonibus et periclysi de octapulo.
— nabens gemmas et mala aurea.
de purpura imperiali cum hisioriis.
~- cum canceilis et rôtis de chrysoclavo.
de quadrapulo, ornata in circuitu.
— habens in medio crucem de chryso-
clavo.
— de serico.
— de serico mundo cum aquilis.
— de spanisco.
— de stauraci, cum periclysi de blat-
thin.
de Tyrio, habens historiam Danielis, cum periclysi de stauraci.
— habens historiam Nativitatis et Re-
surrectionis.
— habens Rcsurrectioncm et imaginera
pontificis.
— nabens rosam et aquilam, cum cruce
de chrysoclavo et gammadiis.
— holoserica.
— cum chrysoclavo habens historiam.
— rubea cum caballo albo.
— de arodina (coloris rosacei cum chry-
soclavo).
— habens listam de argento.
— alba sigillata cum gammadiis, peri-
clysi de blatti.
— cum auroet gemmis.
— de fundato, habens historiam aqui-
larum.
Autres extraits d'Anastase, où sont indiquées les variétés dans les matières, les tissus et les ornements des voiles ou rideaux dans les églises.
Tom. I, p. 401.
Vêla alba holoserica.
— alba holoserica rosata.
— alba holoserica modica rosata.
— Alexandrina majora.
— alythina.
— de blalthin Byzanteo.
— de blatthin Neapolilano.
— de fundato.
— de octapulo (vulgo arazzi).
— de palliis sericis.
— de sîauracin.
— modica.
— modica sigillata. :
— rubea alythina.
• - parchalia.
— pbiloparia Alexandrina.
prasina.
— quadrapula.
--■ serica alythina.
— • Tyria.
Tom. III, p. 333.
Vêla alba holoserica rosata, Pascnœ adumbrantia sacra.
— alba holoserica rosata.
— alba rosata.
-• Alexandrina.
— aquilata.
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Vêla cum aquilis.
— de blatthin.
— cum argento spanisco.
— ex auro texta.
— de basilisci, ornata de holovero.
— de chrysoclavo, cum historia.
— ubi Léo IV pictus.
— francica.
— ornata in circuitu de blatthin.
— ornata in circuitu do olovero. ■
— ornata utraque parte.
— cum periclysi.
— cum periclysi de blatfa Byzantea.
— cum periclysi de ïyrio.
— habentia cornua instar grypliorum.
— habentia cruces et gammadias.
— habentia historiam l)ei genitricis.
— habentia historiam leonum.
— de holoserico.
— ex imizino.
— linea ; — linea ornata de fundato.
— majora ; — majora de fundato ; — ma-
jora et minora.
— minora ornata in circuitu de blatthin.
— modica fundata.
— modica de olovero ; — de olovera cum
cruce.
— de periclysi cum blatthin.
— de quadruplo, ornata de Tyrio.
— de llhodino.
— rubea; — serica ; — serica alba.
— serica de blatthin Byzantea.
— serica de prasino.
— de serico pigacio.
— spanisca ; — de spanisco ; — de spa-
nisco ornata de fundato.
— de Tyrio, ornata de blatthin Byzan-
tino.
Dans le second vol. des Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature, publiés par les PP. A. Martin et Ch. Cahier, on voit reproduit par la chromolithographie les dessins de plusieurs étotîes orientales. Nous regrettons vivement que le savant auteur de ces dessins, le P. Martin, n'ait pas donné encore le commentaire qui les doit accompagner. Nous allons en faire une courte description, sans pouvoir donner de documents propres à en éclaircir l'histoire, au point de vue archéologique. On pourrait rapporter plusieurs faits, après ceux que nous avons déjà ci-dessus énumérés, pour démontrer que les plus antiques étoffes historiées que nous connaissions, proviennent des fabriques de l'Orient. Plusieurs noms attestent assez clairement l'origine asiatique de diverses étoffes plus ou moins riches. Le damas comme la levantine est bien peu de chose au prix des brocarts d'or et d'argent dont lafabrication est si ancienne dans la région du Liban. Vauriphrygium, dont nous avons fait le mot orfroi, rappelle, de môme que les vestes atlalicœ, ces splendides draps d'or dont le secret semble avoir appartenu longtemps à l'Asie Mineure. Les inventaires des églises mentionnent souvent les draps d'Alexandrie , vêla Alexandriœ , ou parmi Alexandrini, et les serica A [ricana.
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Byzance devint de bonne heure le grand entrepôt, sinon .c centre de fabrication, des plus riches étoffes de soie. Ce fait, attesté par un grand nombre de preuves, explique certaines expressions qui paraissent fréquemment dans quelques écrits du moyen tige. Beaucoup d'étoffes répandues dans tout l'Occident provenaient de Byzance, soit qu'elles y fussent fabriquées, soit qu'elles y vinssent en dépôt, après avoir été fabriquées ailleurs.
Une des étoffes trouvées dans la châsse de Charlemagne, à Aix-la-Chapelle , est à fond rouge. Elle est semée de grands disques arrondis, au milieu desquels se trouve un éléphant richement caparaçonné. La trompe et les pattes sont couvertes de couleurs de fantaisie. Les pattes s'appuient sur des enroulements verts qui laissent échapper une tige élancée qui passe derrière le corps de l'animal et va s'épanouir au-dessus en plusieurs branches fort élégantes. Le cercle du disque est orné de perles et de feuillages qui rappellent beaucoup l'ornementation communément désignée par les antiquaires sous le nom de byzantine. Entre les grands cercles se trouvent des rosaces où l'on voit des perles et des feuillages d'un caractère analogue. Le jaune domine dans les disques, et le vert et le bleu dans les rosaces. L'une des statues de la chapelle à Cividale du Frioul [Voy. fig. à la fin du vol.) porte un manteau largement drapé, sur lequel on voit des ornements en forme de disque et des fleurons qui sont évidemment une imitation libre d'étoffes semblables à celles de la châsse de Charlemagne. L'étoffe dont nous venons de parler, et qui se trouve dans la châsse de Charlemagne, porte une inscription en caractères grecs fort difficiles à déchiffrer et 'que le savant M. Hase a lue ainsi :
Eni MlXAIIA IIPIMIKHPIOÏ KOÏTÛNOS EUlKOï. HETPO r APXO.VTOS Eïl'UlIOÏ IXAIKTIilXOS B.
On y reconnaît aisément le nom de Michel, primicier de la chambre impériale. Quant à Pierre et à Yindiction seconde, ce sera, sans doute, un moyen de trouver la véritable époque à laquelle appartient cette belle et curieuse étoile.
Une seconde étoffe du trésor d'Aix-la-Chapelle est à fond jaune, avec des ornements bleus. Le tissu est divisé en carrés par des lignes bleues, au milieu desquels sont deux cygnes affrontés, également bleus, avec un bec blanc et une espèce d'aigrette derrière la tète. Sur le milieu du corps se trouve un damier composé de petits carrés jaunes et blancs.
Vn autre tissu, également du trésor d'Aixla-Chapelle, est a fond rouge avec des ornements jaunes et verts. Le dessin forme des compartiments octogones allongés, au milieu desquels sont deux oies ou deux canards affrontés : ils ont derrière la tète une espèce de large ruban, et ils sont séparés par une tige qui laisse échapper deux belles feuilles, à sa partie inférieure, pour recevoir les pattes des palmipèdes, et qui
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se termine au sommet par une espèce de fleur en forme de vase. Sur un des petits côtés de l'octogone, on voit des cœurs alternativement rouges et verts, sur un fond jaune. Les losanges qui réunissent les compartime tts entre eux sont ornés d'une rosace à huit divisions, assez semblable aux rosaces d'architecture à la tin de la période roroanobyzantine et au commencement de la période ogivale.
Un troisième tissu, aussi du trésor de la môme église, à fond vert, est a grands dessins d'ornementation, à fond violet. Ce sont des griffons, moitié oiseaux, moitié quadrupèdes, munis d'ailes de papillon ocellées. La tète et les pattes d'oiseaux sont en or; sur la poitrine est un plastron carré, orné d'or. Au-dessous, et alternativement avec les griffons sont des paons, à tète et à pattes d'or; la crête est également d'or, et à la naissance des ailes on voit un disque orné d'or. Entre les paons sont des ornements délicats et variés, formés surtout de feuillages artislement disposés. Au pied des grillons, on remarque de petits animaux accroupis, dont le nez prolongé en une espèce de trompe mobile et relevée rappelle beaucoup certains animaux de l'Inde. Celte étoffe est d'un grand effet.
Dans le tom. II des Mélanges on voit encore le dessin d'un magnifique orfroi de Ilatisbonne, de la chasuble présumée de saint Wolfgang. C'est un riche tissu or et soie. Le fond de soie est rouge et bleu, et l'enroulement en or offre dans ses contours alternativement un quadrupède et un oiseau. Les galons sont ornés de figures de léopards et d'oiseaux, avec des fleurons et des lignes inclinées couvertes de dents de scie. Ce dessin, dans son ensemble, présente beaucoup d'analogie avec les enroulements sculptés qui ornent la façade orientale de la cathédrale de Bari, dans le rovaume de Naples. Outre les tissus dont nous venons de donner une courte description, il en existe encore quelques autres bien connus des archéologues. La chape de saint Mexme, à Chinon, au diocèse de Tours, la chape dite de Charlemagne, à Metz, et un tissu qui enveloppe des reliques au Mans, paraissent remonter à une époque antérieure au xne siècle. On peut les prendre comme spécimens des étoffes qui furent employées dans nos églises, pour les vêlements sacrés, depuis le vic siècle jusqu'au xir siècle. Elles ont d'ailleurs une analogie frappante avec les étoffes orientales de la chasse de Charlemagne et du trésor d'Aix-la-Chapelle. La chape dite de saint Mexme, à Chinon, est d'une ampleur prodigieuse et d'une forme trèsantique. Le fond en est bleu, couvert de léopards enchaînés et affrontés. Les léopards sont alternativement blancs avec taches rouges, et jaunes avec taches vertes. Au-dessus de ces léopards sont des oiseaux au vol, et au-dessous des espèces d'animaux carnas siexs (ce ne sont pas des lièvres, comme l'a dit et publié faussement M. de Caumont,
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liud. d'archéol., pag. 19). Les oiseaux et les petits animaux carnassiers sont rouges et
blancs sur une lig'ie, verts et jaunes sur la ligne suivante.
Sur le second tissu qui existe au Mans, on voit, comme dans le précédent, un seul et même sujet reproduit uniformément sur loute Fétendue du tissu. Deux lions debout affrontés sont séparés par un objet pédicule (jue M. Hucher du Mans prend pour une coupe, mais dans lequel M. Le Normand reconnaît un autel du feu, ou pyrée, emblème de la religion de Zoroastre. Aussi M. Le Normand ne fait-il pas difficulté d'attribuer le tissu du Mans à la même origine que celui de Chinon. 11 remarque que l'objet en forme d'astre ou d'étoile, qu'on voit imprimé au haut de la cuisse de chacun de ces animaux, se trouve sur d'autres monuments sassanides, notamment sur un vase de mémo origine existant dans la collection de la Bibliothèque Nationale. ( Voy. la Notice de M. Le Normand, dans le XIVe volume du Bulletin monumental.) il en conclut que ce tissu peut très-bien remonter au iv* ou au Ve siècle. Le fond du tissu de soie est rouge, les lions sont ouvrés en soie verte et rehaussées de plaques rouges, disposées dans le but d'imiter les muscles et les os; de minces filets jaunes dessinent les formes' et séparent 1rs couleurs. Cette appréciation, quant h l'antiquité, appartient à M. de Caumont. Pour nous, nous pensons que cette étoffe n'est pas antérieure au xne siècle.
Le troisième tissu est une chape conservée dans la cathédrale de Metz, à laquelle elle aurait été donnée par Charjemagne, suivant la tradition; ce tissu appartiendrait consé juemment à une époque très-reculée. Jl est en soie rouge; on y voit des aigles aux ailes éployées d'un très-beau style et Hivers ornements semés sur le fond et de petite dimension. Les couleurs employées dans les broderies de la chape de Metz sont le jaune, le bleu et le vert.
Nous devons encore mentionner, parmi les plus curieux modèles d'étoffes, qui nous viennent des époques archéologiques les plus éloignées, une étoffe historiée à Sainte- Walburge d'Eischtadt. Le fond en est pourpre, et dans de larges encadrements ovales composés de feuillages et de deux rangées de perles, on voit une figure qui parait être une figure de femme, les bras tendus en croix , la tête entourée d'un nimbe , les oreilles ornées de pendants; la poitrine est couverte d'un pan carré d'étoffe ornée d'un damier pourpre, argent et jaune. La poitrine, les épaules et les bras sont couverts d'une étoffe à fond vert, h losanges jaunes, encadrés d'une bandelette pourpre. La taille est serrée par une ceinture chargée de croix d'argent; lé reste delà robe est vert. A ses côtés sont deux lions dévorants, qui se précipitent sur elle. C'est sans doute la représentation d'une scène de martyre. Le personnage est un de ces généreux confesseurs de la foi chrétienne exposés aux bêtes par
la cruauté des persécuteurs. Les médaillons ovales sont séparés par une rosace d'ornementation d'une grande élégance. (Méknuj.
(Varche'odog.j vol. 11, planche xvm.)
Une magnifique étolfe, en par.ie conservée jusqu'à nos jours, et dont le dessin est complet, fut donnée par saint Henri a Ratisbonne. Elle est or, argent et soie. En voici une courte description : le centre, en drap d'or, est orné de deux jolis enroulements en soie rouge et verte, qui se terminent, le premier par un monstre ailé, a queue de serpent, le second par des fleurs ou des feuillages assez semblables a la partie supérieure d'une fleur de lis. A côté de l'enroulement inférieur on voit deux animaux, en soie rouge, au milieu du drap d'or. Cette partie centrale est encadrée, en haut et en bas, par une espèce de ruban, séparé du centre par un filet rouge : on y remarque, au milieu, un petit enroulement en soie rouge et verte ; on voit à côté deux oiseaux à la course, ayant le corps rouge et les ailes vertes. Celle partie, où l'or domine, est accompagnée, en haut et en bas, d'un large ruban en soie rouge, sur lequel court un léger enroulement de perles. Enfin le tout est accompagné d'un large galon d'or, faisant partie de l'étoffe, orné, au centre, d'un quatrefeuilles en soie verte et rouge, et, aux angles, de deux lions d'argent. Cette composition produit le meilleur effet ; elle est d'un goût excellent, et l'ornementation en est légère et d'un dessin heureux. (Mél. d'archéol., tom. II, planche xvi.)
A Eichstadt, on possède de charmants échantillons d'étolfes anciennes, appartenant aux vêtements sacerdotaux de saint Willibrod. Le fond est en soie rouge, avec des entrelacs variés en or, au milieu desquels sont des ornements en argent. Ces étoffes sont très-riches et très-belles. (Me'lang. d'archéol., tom. II, planche xvm )
Parmi les rares étoffes en soie que l'on fait remonter à l'ère romano-byzantine secondaire, on peut citer la chasuble de Saint- Rambert-sur-Loire , décrite par M. l'abbé Bouet. Cette chasuble, fermée de toutes parts, n'a qu'une ouverture dans la partie supérieure, à peine suffisante pour laisser passer la tête du prêtre. Elle n'est pas échancrée comme les chasubles actuelles; les côtés cependant sont un peu arrondis et ont environ 4 centimètres de moins que la bande centrale. Elle va en s'élargissant jusqu'aux extrémités inférieures, qui ont assez d'ampleur pour que le prêtre puisse, au moment de la célébration des saints mystères, la relever sur les bras, et que cependant la partie antérieure et la partie postérieure continuent de retomber presque jusqu'à ses pieds. Elle n'a pas non plus la roideur de nos chasubles modernes; mais, comme un manteau léger et soyeux, elle retombe autour du corps en plis larges et ondoyants. L'ornementalion en est riche, simple et gracieuse : sur un fond de soie, des filigranes d'or dessinent de gracieux compartiments, dans les-
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Juels sont relevés en or alternativement eux colombes et deux lions affrontés, aux formes pures et bien arrêtées. Les compartiments sont interrompus parunebande d'environ 10 centimètres de largeur, qui descend des deux côtés de l'ouverture, jusqu'au bas de la chasuble. Cet ornement sacerdotal n'a qu'un mètre 5 centimètres de hauteur.
Les tissus les plus précieux, l'or, les pierreries, les broderies les plus exquises, les [teintures les plus délicates, furent prodigués dans l'ornementation des chasubles. Les débris des anciennes mosaïques, les miniatures des plus anciens manuscrits et le récit des écrivains qui les ont décrites les représentent ainsi des les premiers siècles de l'Eglise.
L'ornement le plus saillant et le plus ordinaire de la chasuble antique était une bande partant de la partie inférieure jusqu'à l'ouverture supérieure; là elle se divisait pour contourner celle-ci, se réunissait de nouveau et descendait jusqu'à la partie inférieure dorsale, ressemblant parfaitement au pallium archiépiscopal. Dom Claude de Vert prétend même que c'était le véritable pallium ancien, qui, plus tard, fut réduit aux simDles bandelettes. Dans les anciennes chasubles, c'est pour l'ordinaire sur ces bandes qu'étaient prodigués les plus précieux ornements. Voy. Chasuble.
La chasuble de saint Thomas de Cantorbéry, aujourd'hui dans le trésor de la cathédrale de Sens, est en soie violette, brodée près du collet et bordée de galons qui forment par-devant un dessin symétrique. La mitre du même prélat, également conservée dans le trésor de la cathédrale de Sens, offre un tissu rehaussé par des galons dessinant des rinceaux dans le goût byzantin, et par quelques bioderies.
Durant la période ogivale, les tissus présentèrent quelques modifications dans leurs ornements, quoique le fond se rapproche toujours considérablement de celui des tissus en usage pendant la période romano-byzantine. Une des modifications principales (jui s'introduisirent au xiir siècle fut l'apparition des armoiries des donateurs, ce qui n'avait pas eu lieu au xir siècle, et quelquefois des personnages disposés comme dans les vitraux, au milieu de cadres arrondis, elliptiques ou quadrilobés. Un des plus curieux exemples de celte innovation se voit à la chasuble du bienheureux Thomas de Biville. Celte chasuble, dont le tissu se compose de soie et de fil d'or, offre sur toute sa surface des compartiments en losange, formant une sorte de damier. Quatre figures sont brochées dans les losanges, savoir : une (leur de lis, une façade de château à trois tours crénelées, un aigle et un lion efflanqué, allongé. Ces ligures héraldiques appartiennent à saint Louis et à sa famille. Tout le monde sait, en effet, que la ûeur de lis est le signe héraldique des rois de France, et que les trois tours étaient les armoiries de Blanche de Caslille, mère de saint Louis. Le lion efflan-
qué et allongé appartenait au royaume de Léon, depuis longtemps uni à la Castille sous la domination de la famille de la reine Blanche : les deux royaumes une fois réunis, on en cumula les armoiries. Enflu, l'aigle simple de sable formait les armoiries de la maison de Maurienne; or, Marguerite de Provence, femme do saint Louis, était tille do Raymond Bérenger, comte de Provence, et de Béatrix, fille de Thomas, comte de Maurienne et de Savoie; ainsi, l'aigle que nous voyons appartient aux armoiries de la famille de la reine de France.
Les couleurs de la chasuble de Biville sont actuellement bien ternies par l'effet naturel de la vétusté. Les armes de France et do Castille paraissent avoir été sur fond rouge, les autres sur fond de sinople ou verdatre; et comme il y a deux rangs de ces dernières armoiries et un seul rang des armes de Franco et de Castille, la teinte verdAtre domine.
Avec la chasuble, on conserve à Biville un manipule dont le travail n'est pas le même que celui de la chasuble. 11 a peu de largeur et offre des dessins symétriques assez bizarres, offrant quelque analogie, au premier aspect, avec les méandres grecs.
Au xiv siècle, on continua d'orner les vêtements ecclésiastiques d'écussons armoriés et l'on y ajouta des broderies assez grandes, où l'on figurait des scènes tirées de l'Evangile, des personnages isolés, des anges, etc. La chape de Saint-Maximin, département du Var, offre dans une suite de cadres arrondis divers traits de la vie de Notre-Seignenr.
Les tissus du xve siècle et du xvie siècle sont plus communs que les précédents, et on en possède un grand nombre de spécimens, qu'il serait trop long de décrire ici. Trèssouvent les ornements ecclésiastiques sont formés de soie unie, sur laquelle une main plus ou moins habile a brodé à l'aiguille et en soie, en or ou en argent, des fleurons, des enroulements, des dessins géométriques, des feuillages ou même des personnages.
Quand on étudie certains monuments accessoires de nos grandes églises, comme les pierres tombales et les vitraux peints, on y trouve de charmants spécimens de broderie et de tissus variés. Les traits gravés sur les pierres tombales donnent exactement la forme des dessins qui entraient dans la composition des tissus, et la couleur des draperies qui couvrent les personnages dans les verrières peintes , vient compléter les renseignements que les monuments funéraires avaient donnés. Bien n'est plus curieux à étudier sous ce rapport que les parements qui se trouvent sur l'aube des évêques ou des ecclésiastiques au xiv' siècle et au w siècle. On y observe des ornements très-délicats et très - ingénieusement combinés. Nous en dirons autant des manuscrits à miniatures et des tableaux des vieux maîtres. C'est une mine fort riche en renseignements sur la couleur, la variété, la somptuosité des étoiles, en même temps que sur les costumes des grand- personnages. Foy.CiiAsu-
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ETOILES.— Petit ornement à quatre pointes et à facettes assez usité sur les moulures des édifices du style romano-bvxuntin. Les étoiles sont juxtaposées carrément et elles enferment entre elles ordinairement des pointes de diamants.
ETOLE.— Tout le monde, dit Bocquillot, dans son Traité historique de la liturgie sacrée, ne convient pas de ce que c'était que l'étole, appelée ainsi du mot latin stola. On dispute de sa forme et de son usage ancien. Le sentiment qui me semble le mieux fondé est que c'était autrefois une robe longue qui couvrait tout le corps, ouverte par-devant, laquelle était bordée depuis le tour du col jusqu'au bas de passements ou de broderie, ou de pourpre, ou de quelque autre étoffe précieuse. 11 est certain que le nom de stola, étole, se trouve e:i plusieurs endroits de l'Ancien et du Nouveau Testament (Esther, vi, 10, 11; Luc. xv, 22; Apoc. vi, 11), et (pie partout où il se trouve, il se prend pour un habit ou une robe. 11 est aussi fréquent dans les auteurs profanes, dans le même sens. On peut donc assurer que c'était dans les commencements un nom générique pour toutes sortes de vêtements. Dans le temps de Cicéron, on voit qu'il appelle toga le vêtement des hommes, et stola la robe des femmes. Aujourd'hui il ne nous reste plus de l'ancienne étole que la bordure, et cette bordure ne laisse pas d'en retenir le nom, parce que c'est ce que l'étole avait de plus précieux (Liv. i, chap. 7).
Dans les planches de la Roma sotteranea (Rome souterraine), de Bosio (pag. 389 et autres), l'étole est représentée dans sa forme ancienne, semblable à l'étole en usage actuellement, comme une bande d'étoffe précieuse ou orfroi. Dans les exemples rapportés par ce savant antiquaire, l'étole est portée par les chrétiens des deux sexes. Il est digne de remarque qu'on y voit un homme portant l'étole sur l'épaule gauche, ce qui peut servir à expliquer l'origine de la manière do-U les Grecs la portent dans leurs cérémonies sacrées.
Dans les monuments du ixe siècle, nous voyons constamment l'étole sous forme de bandelette étroite, ornée de croix et enrichie de broderies de toute espèce. Il n'y a pas de doute qu'à cette époque l'étole était devenue un vêlement purement ecclésiastique, et réservé môme aux évoques, aux prêtres et aux diacres. Au concile de Laodicée, célébré en 36i, on permettait encore aux lecteurs et aux sous-diacres de porter l'étole. Mais au concile de Mayence, tenu sous le pontificat du pape Léon III, il est ordonné auxprètres déporter toujours l'étole comme un signe de l'ordre de prêtrise qu'ils ont reçu. Nous lisons dans la Vie de saint Odon, abbé de Cluny, mort à Tours en 942, que c'était la coutume de son temps que les personnes récemment ordonnées portassent continuellement l'étole pendant un certain temps, après leur ordination.
> Les étoles, comme les autres vêtements sacrés, furent faites des étoffes les plus
précieuses, et souvent enrichies de perles et de pierreries. Quelquefois elles furent brodées avec soin et on y représenta plusieurs images de saints sous des baldaquins. Chaque étole avait, comme à présent, l'empreinte de trois croix, et ce fut pour broder les croix avec plus de somptuosité, aux deux extrémités, que ces extrémités furent peu à peu élargies, comme nous les voyons présentement. Nous devons ajouter néanmoins que les étoles, en Italie, ne furent jamais aussi larges qu'en France. On peut observer une grande quantité de modèles variés des broderies et autres ornements des étoles, nonseulement sur les vitraux peints des xnc, xnr, xive et xvc siècles, mais encore sur les pierres tombales, les cuivres funéraires et les manuscrits à miniatures.
EUCHARISTIE. — Nous plaçons sous ce titre un témoignage frappant de la croyance des premiers chrétiens à la présence réelle de Notre-Seigneurdans le sacrement de l'eucharistie. Nous en avons rapporté d'autres, d'après les monuments, comme celui-ci, à l'article Catacombes. Dans une peinture de la neuvième chambre du cimetière de Saint- Marcellin et de Saint-Pierre, publiée par Arringhi, on voit un petit agneau avec une palme, ayant sur le dos un petit vase entouré d'un nimbe ; on y voit ce même agneau peint plusieurs fois parmi les anges. Buonarotti pense que dans les temps reculés les chrétiens conservaient peut-être l'eucharistie dans un pareil vase placé sur un agneau, comme ils se sont servis par la suite do vases qui avaient la figure d'une colombe. ÉVANGÉLIAIRE.— I.L'Evangéliaire est le livre qui renferme les saints Evangiles selon saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean, ou bien seulement les extraits des Evangiles qui se lisent à haute voix dans l'église durant la messe. Dès la plus haute antiquité ecclésiastique, les Evangéliaires furent ornés avec une extrême magnificence. Les chrétiens voulaient ainsi figurer le respect profond qu'ils professaient pour le livre de la loi nouvelle , où sont recueillies les paroles de la divine Sagesse, sorties de la bouche de Jésus-Christ.
Sur des verres peints trouvés dans les catacombes et décrits par le savant antiquaire Buonarolti, on voit la représentation du livre des Évangiles. Plusieurs auteurs ont reproduit par la gravure les riches couvertures d'antiques Evangéliaires. On en voit plusieurs dans le traité de Pacciaudi sur le culte de saint Jean, dans les recueils d'Allegranza et de Bottari, et principalement dans le troisième volume du Thésaurus diptychorum de Gori.
On connaît une coutume fort curieuse au sujet des riches Evangéliaires qui servaient dans les églises. On attachait solidement au pupitre l'un des côtés de la couverture, de manière à ne laisser de libre qu'un seul côté, lequel était somptueusement décoré et restait apparent.
Nous avons eu occasion de mentionner plusieurs couvertures d'Evangéliaires en or,
S*i I.YA
et ornés d'émaux, à l'article Email [Voy. ce
moU. Voy. encore le mot Cour suture.
Pour témoigner delà manière la plus évidente leur profond respect pour le texte sacré des Evangiles, les chrétiens écrivirent, dès les
temps les plus anciens, les paroles inspirées en lettres d'or et d'argent sur des peaux de vélin teintes en pourpré. Anastasc le Bibliothécaire rapporte que l'empereur Constant, en 637, « offrit au bienheureux apôtre Pierre des Evangiles en or, aurea (écrits en lettres d'or), ornés de pierres précieuses blanches d'une grandeur extraordinaire. » Le pape Grégoire III, en 731, « avait les Evangiles, écrits en lettres d'or et ornés de pierreries, le tout pesant quinze livres. » Charlemagne, en 800, lorsqu'il fut couronné empereur par le pape Léon III, offrit à la Basilique de Latran, entre autres dons, «un livre des Evangiles du plus pur or, enrichi de pierres fines. » Le môme Léon III « fit faire pour l'église de Saint-Pierre, son patron, des Evangiles en or, avec des pierreries de couleur verte et de couleur rouge de Ja plus grande beauté, placées tout autour, pesant 17 livres k onces. » Vers le môme temps, nous trouvons dans le trésor du monastère de Centule ou de saint Riquier, « une copie des Evangiles, écrite en lettres d'or, avec des plaques d'argent, et merveilleusement ornée d'or et de pierres précieuses. » Guy, abbé du monastère de Fontenelle ou saint Wandrille, qui mourut en 787, « laissa à l'église une citasse pour les Evangiles qu'il avait fait exécuter et enrichir d'ornements d'or, d'argent et de pierres précieuses. » Saint Ansigise, abbé du môme monastère, offrit, en 831, une copie des saints Evangiles, à l'église de son abbaye. Dans sa Vie on lit les paroles suivantes: « Il ordonna d'écrire les quatre Evangiles en or, sur vélin teint en pourpre, en caractères romains : on écrivit en entier les Evangiles selon saint Matthieu, saint Luc et saint Jean ; mais sa mort étant survenue, l'Evangile selon saint Marc resta inachevé. On connaît des exemples très-anciens de la coutume de teindre en pourpre le vélin destiné à recevoir la copie des textes sacrés. Saint Jérôme, dans son épitre à Eustochium, nous fait connaître cette pratique, lorsqu'il dit: « Le parchemin est teint en pourpre, l'or coule pour tracer des lettres, aurnrn tiquèseit in lifterai: les volumes sont ornés de pierres d'un grand prix. » Les livres de l'Ancien Tesiament, de la version des Septante, furent également écrits fort souvent en lettres d'or, sur le vélin le plus soigné. Saint Ephrem (Parcen. xtvin) rapporte que souvent les moines consacraient leur temps à teindre en pourpre les parchemins destinés a cet usage. Les parchemins ainsi préparés étaient appelés membranœ purpureœ, et chartœ coeeineœ, ou croceœ. Dans la Vie de saint Wilfrid, archevêque d'York, de GGO à 709, écrite par un contemporain, nous lisons le trait suivant: « Notre saint évoque ajouta encore à la gloire do la maison de Dieu une merveille inouïe jusqu'au