‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 19 sur 276 · EYA · texte numérisé non relu

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temps présent; car il ordonna que les quatre Evangiles fussent écrits en lettres d'or sur vélin coloré en pourpre; il ordonna encore que les joailliers lissent une couverture de l'or le plus pur, pour les enfermer, et que cette couverture fut, en outre, enrichie des pierres les plus fines. » Les Evangiles étant alors écrits en lettres très-fortes, il en résultait que le môme volume ne contenait souvent qu'un évangile ou deux évangiles, et quelquefois trois ; lorsque les quatre Evangiles étaient dans un seul volume, on l'appelait Evangelium plcnar iam, ou Evatigeliarium, ou Evangelisterium. Il arrivait parfois, néanmoins, que ces expressions s'appliquaient à un livre qui ne contenait que les Evangiles destinés à être lus à la messe.

Châsses ou coffrets dans lesquels on mettait autrefois le livre des Evangiles.— Ces chasses ou coffrets sont parfois désignés dans les auteurs de la basse latinité sous le nom de capsœ et de eamisiœ. On raconte que Childebert I", roi de France au vic siècle, rapporta d'Espagne « vingt châsses, contenant lus livres des Evangiles et ornées du plus pur or et de pierres précieuses. » Une indication plus claire se trouve dans la Chronique de Centule ou de saint Riquier, concernant le trésor de saint Riquier où il y avait « une copie des Evangiles, écrite en lettres d'or, avec une châsse d'argent, ornée de pierreries. Il y avait encore d'autres châsses pour les Evangiles, ornéesde cercles d'oret d'argent. » Rieulfe, évèque d'Elne, en 915, laissa à son église « quatre châsses ou coffrets ( eamisiœ ) pour le livre des Evangiles et pour le Missel ; dont un de pourpre, orné d'or. » 11 est vraisemblable que les eamisiœ n'étaient pas toujours des coffrets, comme quelques écrivains l'ont cru; c'étaient souvent de simples couvertures, destinées à être mises et ùtées à volonté, et les eamisiœ données par l'évoque d'Elne n'étaient pas autre chose probablement.

Parmi les plus beaux exemples d'anciens livres des Evangiles échappés à la destruction, nous devons mentionner ceux du trésor de l'église principale d'Aix-la-Chapelle, couverts de plaques d'argent doré, et enrichis d'émaux précieux. Les feuilles sont teintes en pourpre, et les lettres sont écrites en or. Dans la sacristie de la cathédrale de Maycnc.e, il y a deux livres des Evangiles, couverts de plaques d'argent, dorées en partie et ornées de pierres. Dans le musée Charles X, à Paris, on en voit un magnifique exemplaire dont la couverture est formée de planches d'ivoire, travaillées avec beaucoup d'art, avec des bordures argent et or, ornées de pierres fines. Gerbert, dans sa Liturgia Aleinanniea, a figuré dans la planche l" une couverture précieuse d'un livre d'Evangiles, ayant des sculptures en relief représentant Dieu, les quatre évangélisles, les apôtres, des images d'anges et de riches feuillages. Deux images de diacres, parmi les sculptures qui ornent le portail méridional de Chartres, sont représentées portant le livre des Evangiles :

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ce livre est chargé d'ornements do (oui genre et de pierres précieuses très-saillantes.

Nous emprunterons à Dugdale quelques détails des inventaires des anciennes églises catholiques d'Angleterre.

Inventaire de la cathédrale de Saint-Paul. — « Un livre des Evangiles en grandes lettres, orné d'argent à l'extérieur, avec une croix et les images de sainte Marie et de saint Jean à côté, sculptées en relief; sur l'autre coté de la couverture il y a Notre- Seigneur, avec lesquatre évangélfsles gravés et dorés. — Un livre d'Evangiles d'Henry Northampton, en grandes lettres, orné à l'extérieur de plaques d'argent doré, avec le crucifix et des images de chaque côté, en relief, sur la couverture supérieure ; sur l'autre couverture, il y a la figure de Notre-Seigneur émaillée et niellée (nigellata). — Unautre livre du même Henry, en beaux caractères, orné à l'extérieur de plaques d'argent doré; la couverture est ornée, à la partie supérieure, d'un crucifix, et à la partie inférieure r |'une Majesté émaillée et niellée. — Un autre livre du môme Henry contenant encore les Epilres, orné de plaques d'argent doré à l'extérieur, avec le crucifix d'un côté et une Majesté de l'autre, en très-bas relief. — Un livre des Evangiles appelé Trenchbarbe, écrit en caractères anciens, orné à l'intérieur d'images représentant les mystères du Nouveau Testament, et couvert h l'extérieur de plaques d'argent doré, avec le crucifix , la sainte Vierge et saint Jean, en bas-relief; sur le côté on lit celte inscription : Implementum de Sandone. — Un livre des Evangiles écrit e:i caractères anciens, orné seulement à sa partie supérieure de plaques d'argent doré, avec le crucifix, la sainte Vierge et saint Jean, en bas-relief. — Un livre d'Evangiles, avec des plaques d'argent d'un côté et des plaques de bois de l'autre côté, contenant Officialia episcopi ad consistorium. — Un texte du saint Evangile selon saint Matthieu seulement , orné à sa partie supérieure de plaques d'argent, avec l'Ascension de Notre-Seigneur, les images de la sainte Vierge et des apôtres peints en émail. — Un texte du saint Evangile selon saint Luc, écrit en beaux caractères, orné seulement du côté supérieur, avec plaques d'argent doré et les images de Notre- Seigneur et de quatre anges, en émail. — Un livre des saints Evangiles selon saint Marc et saint Jean, écrit en beaux caractères, orné du côté supérieur de plaques d'argent doré, avec Notre-Seigneur et quatre anges sur argent ciselé. — Un livre des quatre Evangiles, écrit en beaux caractères, orné des deux côtés de plaques d'argent doré; d'un côté est la crucifixion, en bas-relief; de l'autre côtéest une Majesté en peinture d'émail. » (Dugdale, Histoire de saint Paul. )

Inventaire de la cathédrale de Lincoln. — « D'abord, un livre de l'Evangile selon saint Matthieu, couvert de plaques d'argent et d'or, ayant une image de Notre-Seigneur au milieu des quatre évangélistes, et quatre anges auprès de ladite image, ayant à chaque angle

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une figure d'homme, avec des pierres précieuses.— Item, un livre d'Evangiles selon saint Jean, couvert de plaques d'argent doré, avec une image du crucifix, de la sainte Vierge et de saint Jean, ayant 22 pierres de diverses couleurs, etc. — Item, un livre d'Evangiles selon saint Matthieu, couvert de plaques d'argent doré, ayant un crucifix, la sainte Vierge, saint Jean et deux anges. » ( Monasùicon Anglicanum de Dugdale. )

Livres des saints Evangiles appartenant autrefois à la cathédrale de Cantorbéry. — « Textus magnus auro coopertus, et gemmis ornatus, cum Majestate in medio, et quatuor evangelistis in quatuor angulis. — Item, textus auro coopertus, et gemmis ornatus, cum Majestate in medio, et quatuor angclis eburneis. — Item, textus in medio, auro coopertus et gemmis ornatus, cum Majestate eburnea in medio, et quatuor evangelistis argenteis et deauratis in quatuor angulis. — Item, tex tus in medio, auro coopertus cum crucifixo, argent eo et deaurato, et duabus imaginibus a dextris et a sinistris. — Item, textus in medio, auro coopertus, etMajestateetduobus angelis, et angelo et Maria argenteo et deaurato.— Item, textus in medio, auro coopertus, cum Majestate et duobus angelis, et angelo et Maria argenteo et deaurato stantibus in tabernaculis, cum quatuor platis auri oblongis et quatuor platis auri rotundis in circumferentia. — Item, textus sine libro in medio, auro coopertus, et gemmis ornatus, cum crucifixo eburneo, et Maria et Joanne eburneo et auro fibulatus. — Item, textus magnus qui dicitur Domus Dei, argenteus, coopertus et gemmis ornatus, cum crucifixo, Maria et Joanne eburneo, et alba cameeo sub pede crucifixi, cum quatuor evangelistis in quatuor angulis. — Item, textus Edmundi, comitis Cornubiœ, argento deaurato coopertus, et gemmis ornatus, cum crucifixo, Maria et Joanne argenteo et deaurato. — Item, textus argenteus de auro coopertus cum Majestate in medio tenente crucem in manu. — Item, textus argenteus, deauratus, coopertus, cum crucifixo , Maria et Joanne, luna et stellis argenteis deauratus. — Item, duo textus minores ejusdem operis argentei, deaurati, cooperti et gemmis ornati : unde unus cum Majestate in medio, et quatuor evangelistis in quatuor angulis, et alius cum imagine argentea et deaurata stante in medio, et quatuor capitibus argenteis in quatuor angulis. — Item, textus magnus, argento, non deauratus ; coopertus, gemmis ornatus cum Majestate in medio, et quatuor evangelistis, cum quatuor angelis in quatuor angulis argenteis et deauratis. — Item, textus cum psalterio sancti Thomae , deauratus , coopertus, gemmis ornatus in circumferentia, cum Majestate eburnea tenente librum in medio, et quatuor evangelistis sculptis. — Item textus argento deauratus, coopertus, cum crucifixo, Maria et Joanne protraclis (en portrait). — Item, textus parvus argenteus, non deauratus, coopertus, cum crucifixo, Maria et Joanne protraclis. — Item, textus cupro deauratus, coopertus, gemmis

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ornatus, cum Majestate stante tenente fauceam cum vexillo in dextra manu. — Item, textus cupro deauratus, coopertus, cum Majestate in medio et tribus imaginibus in taberaaculis, et duobus angelis argenteis et deauratis, et quatuor evangelistis in quatuor angulis de cupro deauratis. — Item, lapis onychinus quadratus, argento deaurato et gemmis ornatus, cum saphiro et quatuor margaritisin medio. — Item, lapis jaspidis quadratus Edmundi, comitis Cornubiœ, argento deaurato sine gemmis ornatus. — item, textus ligneus, sine libro, argento deauratus, coopertus et gemmis ornatus cum annuntiatione, oblatione in templo, et aliis imaginibus de Nalivitate Cbrisli argenteis et deauratis. — Item, angélus longus eburneus, in ligno coopertus de cupro. — Item, textus ligneus sine libro coopertus, argento deauratus, cum martyrio sancti Thomas. — Item, textus ligneus coopertus cupro deaurato, cum Majestate et quatuor angelis, et quatuor evangelistis. » (Histoire de la cathédrale de Cantorbéry, par Dart.)

EVENTAIL.— Voy. Flabellum.

EXëDKA. — On nommait quelquefois exedra, dans les anciennes basiliques, le trùne de l'évèque, place au fond de l'abside, et quelquefois aussi on désignait ainsi l'abside elle-même. Voy. Basilique, Abside.

Certains auteurs désignent encore sons le nom d'exedrœ, dans les basiliques antiques, tous les bâtiments extérieurs annexés au corps principal de l'édifice, comme le porche, le baptistère, les salles appelées diaconica, etc., etc.

EXHAUSSÉ (Arc). — Arc en plein cintre dont le centre est situé au-dessus des points qui sont destinés à en recevoir la retombée. Voy. Arc

ÈXONARTHEX.— Voy. Esonarthex.

EXTRADOS. — L'extrados est la surface convexe extérieure d'un arc, d'une courbe, d'une voûte ; la surface opposée concave s'appelle intrados.

EX-VOTO. — On appelle ainsi des dons offerts aux églises en commémoration d'un bienfait obtenu de Dieu, par suite d'un vœu auquel on s'était engagé. On trouve des exvoto en sculpture et en peinture. Quelquesuns sont des œuvres d'art fort remarquables; mais la plupart sont [dus précieux comme témoignage de la piété reconnaissante que comme ouvrage artistique. Quelques personnes, peu instruites, sont quelquefois choquées de voir dans nos monuments religieux des tableaux où il leur semble voir de grossiers anachronismes. Ce sont ordinairement des ex-voto où des personnages modernes sont môles à des personnages anciens : leur présence est ainsi très-facile à expliquer.

Une ou deux personnes voulaient offrir un vitrail ou une peinture à une église, une corporation de métiers voulait faire un don semblable, on représentait les donataires, ou à genoux priant, ou travaillant de leur état, ou tenant les outils de leurs métiers, accompagnés ordinairement de leurs patrons

ou patronnes, toujours debout et quelque fois d'une haute taille, en signe de supériorité ou de protection. Ces ligures tiennent le plus souvent les attributs servant à les désigner. Les volets des retables d'autels, des tableaux de piété, des orgues, etc., les miniatures des manuscrits, offrent souvent ce genre de sujets, dans lesquels on trouve une foule do documents sur l'ameublement des églises ou des habitations particulières, des portraits de personnages historiques, vêtus de costumes curieux de chacune des époques où travaillaient les artistes. Si parfois les rapprochements sont singuliers, les renseignements qu'on y trouve sur les mœurs, les usage6, les costumes, les étoffes, les tentures, les métiers, les inventions, los instruments de tous les genres, les meubles des divers siècles du moyen âge, rachètent bien, et au delà, des anachronismes qui ne peuvent avoir aucune conséquence réelle, quand on connaît l'archéologie du moyen âge.

D'après les nombreux documents que nous avons étudiés, dit M. Guénebault, dans son Dictionnaire cV iconographie, pag. 971, nous remarquons diverses espèces d'ex-voto qui reviennent plus fréquemment.

1° V ex-voto qui consistait à faire bâtir une église, une chapelle, quelquefois une abbaye tout entière, représenté par un modèle d'église placé dans la main du donataire. Voy. Fondateur. Les sceaux en offrent quelques curieux exemples : nous citerons comme remarquable et très-bien exécuté, celui qui représente le comte de Champagne, Henri dit le Large ou le Magnifique, au xve siècle, offrant à un saint le modèle de la chapelle qu'il fit bâtir en son honneur. Ce sceau est gravé dans le Trésor de numismatique, sceaux des communes, des abbayes, etc.

Une statue du roi Charles V, provenant de l'ancien couvent des Célestins de Paris, gravée dans les Monuments de la monarchie, française de Bernard de Montfaucon, tom. III, pi. xn, n° 6, représentée debout, tenant un petit monument, peut être citée comme une figure de ce genre d'ex-voto. La mémo statue, mieux dessinée, est publiée dans la Statistique monumentale de Paris, par M. Albert Lenoir, architecte du gouvernement, in-folio ; Monographie du couvent des Célestins, planche v, n°l.

2° L'ex-voto qui consistait à offrir une portion d'édifice, comme une fenêtre, une porte d'église, des stalles, etc. Nous trouvons un exemple de ce genre d'offrande représenté au bas d'une verrière de l'église de Bourges, dans la Monographie de cette église, Vitraux du xnr siicle, par les PP. Arthur Martin et Ch. Cahier, planche xvn.

3U Celui qui consistait à offrir un reliquaire, une châsse ou tout autre objet do dévotion servant à décorer une église ou une chapelle. Uiie figure présumée de saint Louis, à genoux, tenant une espèce d'étui ou reliquaire, est publiée dans les Monuments inédits de Willemin, in-folio, tom. i,

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pi. xcvi. Cette figure est tirée tic la cathédrale de Chartres.

Dans une suite de vitraux, représentant divers sujets des croisades et de la vie de saint Louis, on voit une figure à genoux devant une petite statuette de saint Louis à qui elle offre comme un cierge ou une bougie tournée en spirale. Voir les Monuments île la monarchie française par Montfaucon, tom. I, pi. l, u° 1 à 8.

i° L'cx-voto qui consistait à déposer aux pieds de la statue du saint ou de la sainte, ou à suspendre aux murailles de leur chapelle, la représentation d'un membre guéri miraculeusement, ou dont on demande la guérison.

o" Vœu de la victoire de Bouvines. — En 1214, Philippe-Auguste, prêt à livrer la bataille de ce nom sur les Impériaux commandés par l'empereur Othon IV, lit vœu d'élever une église en l'honneur de la sainte Vierge, s'il remportait la victoire sur ses ennemis. Après la bataille Philippe se hâta de remplir son vœu, et c'est ce qui nous a valu l'église de l'abbaye dite de la Victoire. Celte église fut construite en 1222, sur les dessins et sous la direction d'un religieux nommé Menard. Pour perpétuer encore la mémoire de cet événement, une pierre gravée en creux représente plusieurs figures des sergents d'armes qui avaient défendu avec tant de bravoure le pont de Bouvines.

G° On voyait autrefois dans le grand c'oilre i\es Chartreux de Paris un tableau de 15 pieds de large sur i pieds de haut, peint sur bois et scellé dans le mur du côté de l'évangile, représentant à genoux Jeanne de

FAÇADE. —I. Nos grandes églises du moyen âge présentent ordinairement trois façades, une à l'ouest, la principale, et deux latérales, lune au midi, l'autre au nord. Il arrive quelquefois que des édifices trèsimportants n'ont que des façades latérales, comme à la cathédrale de Mayenco, h celles de Worms, de Spire, de Nevers, et à quelques autres très-rares monuments qui ont deux absides.

Depuis le xi' siècle jusqu'au xvi% et môme jusqu'à l'époque de la Renaissance française, les architectes se sont plu à embellir les façades des églises. Et ici nous devons distinguer attentivement entre la décoration architecturale et la décoration sculpturale. La première nous semble indispensable à l'achèvement d'un édifice important, et nos idées sont tellement arrêtées à ce sujet par notre première éducation et par les édifices que tous avons eus sous les yeux depuis notre enfance, que nous avons peine à concevoir un monument public dépourvu de cette partie. L'architecte y a déployé un grand luxe de lignes, et cela tient à la disposition du portail, des fenêtres et des contreforts. 11 lui était impossible d'établir ces diverses parties de l'édifice sans chercher à

Chàtillon, fille unique de Jean de Châtillon, comte de Blois et autres lieux, et Alix de Bretagne, femme de Pierre de France, cinquième fils de sa nt Louis, suivi de quatorze Chartreux, aussi h genoux devant l'image de la sainte Vierge, tenant l'entant Jésus entre ses mains. De la bouche de la princesse sortait une banderole sur laquelle était écrit le vœu de fondation de quatorze cellules de Chartreux. En haut du tableau étaient représentés des écussons aux armes de France et de ChAtillon alternées. Cette curieuse peinture est assez bien gravée et publiée dans les Antiquités nationales de Millin, tom. V, planches du n° 52.

1° Enfin, ce qui est le plus fréquent dans ce genre de dévotion, ce sont les tableaux dans lesquels les personnes qui offrent ou qui demandent quelque chose à Dieu, à la sainte Vierge et aux saints, se font représenter a. genoux, ayant leurs patrons placés près d'eux. Les ex-voto de cette espèce sont extrêmement nombreux. Les musées publics en possèdent une grande quantité, ainsi que les collections particulières. Il n'est pas rare d'en trouver encore dans les ég'ises. M. Dusommerard a publié plusieurs belles sculptures ou peintures appartenant à ce genre d' 'ex-voto. Nous citerons la miniature tirée du beau livre d'heures d'Anne de Bretagne, Album, 9e série, planche xxxvi.

On y voit cette princesse ayant auprès d'elle ses trois patronnes. Un triptyque du xve siècle représentant la messe dite de saint Grégoire, pape, accompagnée de figures de donataires et de leurs patrons et patronnes, Album, 6° série, planche xn.

les embellir, à cause de la lourdeur qui aurait nécessairement résulté de l'épaisseur des murailles, des contreforts, des saillies plus ou moins fortes que réclamait la solidité. De là est née, sans doute, cette décoration remarquable qui brille au frontispice de nos monuments religieux môme les plus modestes par l'apparence. A cela se joignit une raison de convenance : l'artiste chrétien voulait que la maison de Dieu se distinguât de loin par sa magnificence, et que le lieu saint fût plus orné que tous les autres édifices profanes. Mais le rôle de l'architecte se bornait à établir des lignes d'ensemble et des distributions générales que l'on pourrait regarder comme un encadrement destiné à renfermer des sculptures délicates. Le champ du tableau circonscrit par cet encadrement était abandonné au sculpteur qui y pouvait placer des compositions variées, qu'il était chargé de combiner et d'exécuter. Un antiquaire versé dans la connaissance de l'architecture et de ses procédés saura facilement reconnaître ce qui est dû spécialement au talent de l'architecte ou du sculpteur. C'est faute de savoir apprécier cette différence que certains auteurs ont erré dans leurs jugements criti-

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