‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 20 sur 276 · FAI · texte numérisé non relu

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ques sur quelques-uns de nos plus célèbres monuments du moyen âge. Quelques édifices, comme la cathédrale do Coutances ot celle do Chartres, à la façade occidentale, ne possèdent de décoration que celle que l'architecte a lui-même conçue et exécutée: la part du sculpteur y est extrêmement réduite. A Reims, au contraire, et à Amiens, c'est la part du sculpteur qui est la plus considérable.

A l'aide de ces principes on pourra facilement rendre justice à chacun. On trouvera des façades d'églises où la sculpture est supérieure à l'architecture, et vice versa.

L'ordonnance des façades d'églises, en France, est trop variée pour qu'on puisse en généraliser la description. Nous devons dire, cependant, que les façades des cathédrales sont communément divisées en trois parties dnns le sens de la hauteur. Le rezde-chaussée est formé de trois portails qui donnent entrée dans les trois nefs : le portail central est la porte d'honneur et il est beaucoup plus grand et plus riche que les deux autres qui lui servent (raccompagnemont. Le premier étage se compose d'arcades aveugles ou percées à jour. Quand elles sont aveugles, on y a placé ordinairement des statues, comme à Paris et b Amiens. Le second étage se distingue par une rose à divisions nombreuses ou par une immense fenêtre. Enfin, le centre de la façade se termine par un gable ou fronton, plus ou moins aigu, parfois chargé de feuilles grimpantes sur des lignes rampantes, et couronné par une statue. Les deux, portails d'accompagnement sont souvent surmontés de deux tours élevées, servant elles-mêmes de point d'appui à des flèches élancées.

Telle est la disposition générale des façades complètes. On peut dire qu'elle est le type que se sont proposé constamment les constructeurs chrétiens du moyen âge :

s'ils n'ont pas réussi à le réaliser partout, c'est que les ressources et le temps leur ont manqué le plus souvent.

Dans la notice que nous avons donnée des cathédrales de France (Voj/. Cathédrale), on trouvera la description des façades les plus curieuses et les plus remarquables. Nous citerons comme étant les [dus célèbres celles de Reims, d'Amiens, de Bourges, de Tours, de Troyes, de Chartres (portail méridional), etc., etc.

FACE. — Face est synonyme de Bandeau :

la face est une moulure plate et peu saillante. On appelle encore face, d'après les instructions du Comité historique des arts et monuments, une partie lisse, quelquefois percée de fenêtres, et qui, placée audessus et en retrait du couronnement de la porte priucipali! d'une basilique, montre la hauteur de la grande nef, dont elle forme en partie l'extrémité.

FACETTE. —C'est une petite face. Un corps est taillé à facettes, lorsqu'il présente h la fois plusieurs angles et plusieurs faces plates, li y a plusieurs moulures ou orne-

ments de la période romano-byzantine, qui sont composés do facettes, comme les pointes de diamants et les prismes romans.

FAÏENCE. — Nous avons peu de chose à dire de la faïence, au point de vue archéologique, d'autant plus que dans nos monuments religieux, les fragments en sont rares cl d'une date comparativement moderne. Chacun sait que ce mot n'est autre que le nom de la ville italienne de Facnza, où l'on fabriqua de beaux vases de terre recouverts d'un enduit émaillé. Mais il est bien reconnu que les Egyptiens avaient jadis fait usage de poteries dans le genre de celles que nous appelons aujourd'hui de faïence. Les Arabes, en Espagne, en ont fait un usage fréquent et fort curieux. Les mosquées de Cadix et de Cordoue, l'Alcazar de Sévillc et le palais de l'Alhambra, h Grenade, sont enrichis de carreaux émaillés d'une grande beauté. L'un do ces carreaux existe au musée céramique de Sèvres; il porte cette inscription en arabe : // ny a rien de fort, si ce nest Dieu, inscription qui forme la devise des fondateurs musulmans du palais de Grenade. Parmi les faïences les plus remanquables de l'art hispano-arabe, il faut placer les célèbres vases de l'Alhambra. La richesse d'ornementation de ces vases, la netteté des dessins qui y sont répandus, la vivacité de leurs couleurs, en font des œuvres d'une grande valeur.

On fabriqua de bonne heure, en Italie, des poteries couvertes d'un vernis coloré, et, dès le xne siècle, cette industrie était connue. Telle est du moins l'opinion de Passeri, qui dit avoir trouvé des poteries vernissées sur un tombeau dont la construction remontait à l'année 1100. (Hisloria délie pitture in Majolica, pag. 30.)

Les poteries revêtues d'un vernis coloré furent employées à la décoration des édifices. Les façades des églises de Saint-Augustin et de Saint-François, à Pesaro, étaient encore enrichies , du temps de Passeri, d'espèces de bassins concaves, qui reflétaient les rayons du soleil et produisaient un bel etfet. M. Dusommcrard cite plusieurs églises appartenant à diverses époques du xive siècle, où il a rencontré de ces décorations en faïence vernissée , comme, par exemple, celle de Saint-Pierre au ciel d'or à Pavie, Celle de Saint-François à Bologne, et celle de Sainte-Marie a Aucune. (Lcsarts au moyen âge, tom. III, pag. 73.) On peut encore signaler l'église de Saint-Martin de Pise, comme montrant dans sa façade des poteries de cette nature.

Au xvic siècleet sous le règne de Henri II, on a fabriqué en France des vases en faïence d'une rare perfection. Mais 1rs échantillons en sont aujourd'hui excessivement rares, et nous ne sachions pas qu'ils aient servi quelquefois à l'usage i\^^ édifices sacrés. Il en est de même de la poterie émaillée de Bernard de Palissy, qui n'est pas autre chose qu'une espèce do faïence richement et artistement travaillée.

O i a employé, sous le règne de François I", des faïences émaillées à l'emhet-

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