‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 219 sur 276 · RE PREMIER · texte numérisé non relu

RE PREMIER

de céruse étaient à Rhodes, à Corinlhe, à Lacédcmone et à Pouzzoles.

Vitruve nous apprend (pic les Rhodiens placent dos branches do vigne ou sarments dans des tonneaux, dans lesquels ils versent du vinaigre. Au-dessus Lis suspendent des lames de plomb, et ils ferment les tonneaux. Après un certain temps le plomb est changé en céruse, el Pline nous assure que la céruse de Rhodes était la plus estimée : Laudaiissimum in llhodo. Serait-ce parce que la décomposition des branches de vigne facilitait la formation d'acide carbonique que la céruse de Rhodes avait une qualité supérieure? Aujourd'hui, en Hollande , on se sert de marbre dans le même but.

Le manuscrit byzanlin publié par Muratori (.4?itiquitates liai. med. œvi, tom. H, pag. 570) et qu'il rapporte au vrne siècle, donne la moine recette pour faire du plomb blanc ou blanc de plomb : de composilione psimittiiin.

Ainsi, aucun changement ne fut apporté dans la fabrication du blanc de plomb, depuis le temps d'Arislote jusqu'à celui où vivait notre auteur (lib. i, cap. 59). Dans le manuscrit du Muséum Britannique (Sloane, 1754), la céruse est appelée minium album. Ce manuscrit est de la première moitié du xiv siècle.

L'usage de la céruse comme peinture est réduit par Théophile aux ouvrages de plâtre, de bois ou aux ébauches. Sir H. Ravy, dans son analyse des couleurs des anciens, a trouve que les Lianes qu'il a examinés élajent tous de craie fine. (Œuvres de sir IL Davy, tom. VI, pag. 151.) Quoique Davy n'ait pas trouvé de blanc de plomb dans les pointures murales, ce n'est pas une preuve que celte couleur n'ait pas été usitée dans d'autres décorations ou pointures des Romains, soit à l'encaustique, soit à la gomme à la colle ou à l'huile.

Le blanc de plomb, à présent, est une combinaison de protoxyde de plomb avec de l'acide carbonioue : c'est un sous-carbonate de plomb. Il est préparé, à Clichy, en formant un précipité, avec du gaz acide carbonique, dans une solution saturée de protoxyde de plomb dans du vinaigre distillé. Le courant de gaz acide carbonique passe à travers celte solution, et le précipité est lavé et séché.

Note C.

Cenobrium, cap. 1.

Théophraste nous apprend que deux espèces de cinabres (xiwecScipt) étaient connues des Grecs, l'une native, l'autre factice. (Theoph. Hist. Lap. cap. 105.) Le cinabre natif, qu'on trouve en Espagne, est dur et pierreux, de même que celui que l'on trouvait en Colobide. Le cinabre factice (qui ne paraît pas être du cinabre véritable) vient d'Ephèse, sous forme de sable, brillant comme de l'écarlate soc et lavé. Dans ses notes à Théophraste, llill prétend que celte dernière substance était le SU Atticum dos Romains, mal à propos confondu, selon lui, par Vitruve avec l'ocre attique des anciens. Il faut avouer que llill n'apporte aucune autorité pour appuyer son opinion. Le SU Atticum était une couleur d'or qui était altérée par la combustion dans sa couleur primitive. L'étymologie de ce mot est probablement o-cW, qui signifie éclat, fulgor, auro similis.

Tels étaient le SU atticum, marmotosum et pressant ou Syricum.

Le cinabre factice était plus semblable au vrai vermillon, invente 00 importé par l'allias d'Athènes.

Le cinabre natif de Théophraste est identique ?n-

(S)Théopb. But. £n/>.,cap. 101.

(*>) Dioscor., Mat. med., lib. v, cap. 103.

(7) Viiruv., Architect., lib. vu, cap. 13.

(8) Pliu., Hist. nal., lib. xxxiv, cap. là.

NOTES DU LIVRE PRETER

notre : c'était du vermillon ou du sulfure de mercure; cet écrivain rapporte le procédé employé pour l'extraire du minerai < en le broyant avec du vinaigre, avec un pilon de bronze, dans un mortier de lironze. » Durant celle opération le bronze pouvait être attaqué par l'acide, et malgré l'affinité du cuivre par le cuivre, le cinabre pouvait néanmoins être ramené à son état métallique.

Dioscoridc nous apprend (lib. v, cap. 63) « que le cinabre est travaillé en Espagne et que pendant l'opération les ouvriers se cachent la (igure avec un sac de cuir, à cause des dangereuses vapeurs qui s'en exilaient. » 11 décrit également le procédé pour e.viraire le mercure du cinabre.

Pline aussi décrit un cinabre ou minium dont le produit a été appelé vif-argent [cujus vomiaun argentum vivum appcllavimus).

Le cinabre est le minium de Vitruve, qui donne la manière de l'employer pour peindre les murs en rouge. (Yitruv. de Archiiect., lib. vu, cap. !).)

Le cinabre a élé confondu avec le millos des Grecs, qui est un rouge d'ocre terreuse et la plus ancienne couleur rouge connue. (Voy. Ezéebiel, xxiu, 14.)

Pierre de Sainl-Omer (1) donne la méthode pour faire lemeilleur vermillon, « vermiculum optimum. » Si vous voulez faire le meilleur vermillon, prenez une bouteille de verre; enveloppez-la de lut et prenez une partie de vif-argent sur huit, et deux, sur buil, de soufre blanc ou jaune. .Mettez cela dans ladilebouleille, que vous placerez ensuite sur quatre pierres, et faisant un léger feu de charbon autour de la bouteille, bouchez-en 1 ouverture avec une tuile, et dès que vous verrez la fumée sortir blanche par l'ouverture de la bouteille, fermez-la; mais lorsqu'une fumée aussi rouge que le vermillon sortira de la bouieiile, ôlez- Ia du feu, et vous aurez le meilleur vermillon possible. » On trouve des recettes semblables dans les h (fleurs qui ont écrit sur la médecine au xme et au iive siècle; mais ce ne sont que des répétitions.

Les Grecs appellent sang de dragon le cinabre indien.

Note D.

Exudra ou Excdra, cap. 13.

Les mots îXwr. ou Ifcouora, aoriste passé de Çw, tw'i'o, je vis, paraissent être l'élymologie de cette expression. De Cm vient i\i/v>, être mis en avant ou être en saillie. La couleur exudra de Théophile est Une couleur sombre, destinéeà relever et finir l'ombre.

< L'exedra est une couleur l'aile avec un mélange de rouge et d'un peu de blanc, pour faire la couleur d'ombre : elle est encore appelée cedra. » [Tabula de vocabulis synonymis , etc. Mss. Le Bègue. Paris.)

Note E.

Flavus color, cap. 1.

Théophile a décrit le procédé usité de son temps pour faire la céruse bridée des anciens, le massicot ou minium des modernes, suivant la durée que l'on doit mettre à chauffer.

La couleur jaune, flavus color, est faite de céruse brûlée. [Tabula voc. syn., mss. Le Bègue.)

Celle couleur était encore appelée par les Byzantins arxica ou arsicon. L'arsicon ou arxica ressemble à l'orpiment : c'est une couleur jaune. En la mélangeant avec le suc de la plante appelée scaldalussa, on fait du vert; le suc d'autres plantes est également bon pour cela. [Id.)

Il n'y a pas de doute que Yarxica de Cennino Cennini ne soit le massicot ou le protoxyde de plomb. « Le jaune, dit-il, est une couleur qui se nomme arzica, etc. ; elle est le produit de la chimie ; mais elle est peu usitée. Il ajoute : « Cette couleur est 'rès^délicate, perd sa vigueur à l'air et n'est pas bonne pour la peinture murale : elle conviendrait Uneux pour un autre genre de peinture. En mélan-

(1) M?. 6741, Bibliolli. Nal. à Taris, art. 174, Le Bègue,

géant un peu de giallorino (jaune de Naples) avec an peu de bleu d'Allemagne, on forme un- beau vert. 11 nous apprend que celle couleur était employée par les peintres en portraits, ai miniatori. Le mot" archimiaio peut bien avoir élé introduit par le chevalier Tambroni, dans sa note sur ce chapitre, puisqu'il rapporte Farxica de Cennini à la gomme gulte d'aujourd'hui. Cennini emploie la même expression en décrivant le minium : Rosso è un colore, cbe si chiama minio, il quale è arlilizialo per archimia. > « Le roux est une couleur qui s'appelle minium, laquelle est composée par la chimie. »

Les écrivains espagnols et portugais, qui paraissent avoir conservé plus longtemps^ les vieilles compressions, appellent le protoxyde de plomb du nom de azarcon ou de zarquaon. (Voy. Carducho, Dialogos de la Pintura, dial. vin, pag. 132; Francisco Pacbeco, Ane de la Pintura, liv. ni, pag. 387, 590 et 404. — Nunez, Arle da Pintura, pag/07.)

Durant la combustion du plomb pour la préparation du niiiiium, le jaune protoxyde de plomb se produit; il est séparé du plomb en grattant par la trituration. Le massicot suspendu dans l'eau est. purifié. Après avoir déposé quelque temps, il est recueilli et séché : c'est le massicot des modernes.

Le massicot est une couleur usitée dans la peinture à l'huile, pourvu qu'on l'emploie seul. Note F.

Folium, cap. 14.

Dans la Tab. voc. Synonym. le folium est décrit de la manière suivante : « Le folium est employé pour teindre les étoffes ; il est de couleur rouge ; * il y en a un autre pourpre et un troisième bleu. Il y a encore une autre variété qui s'obtient en mélangeant avec la même couleur rouge des cendres ou de la lessive de cendres de bois d'orme ; on l'appelle folium stampnense, ou stanniivense. i

Le terme folium paraît s'appliquer aux rouges végétaux, et aux rouges pourpres des Grecs byzantins, auxquels il faut ajouter la couleur végétale bleue.

Théophile ne nous dit rien de la nature du folium; il se contente de nous apprendre qu'il y a trois espèces de folium, l'une rouge, l'autre pourpre, la troisième bleue.

L'auteur ou le copis'e du traité intitulé : De coloribus illuminatorum sive pictorum, lequel traité est d'origine grecque, nous apprend que la morella est une certaine plante qui pousse dans le pays de Saint- Giles (Athènes). De cette plante il sort trois graines de la semence. Ces graines servent à teindre les toiles, et elles donnent une couleur de mûrier, laquelle couleur s'appelle folium. t Morella quaedam herba est in terra sancti /Egïdii. Ex bac herba tria grana in semble exeunt. Ex iis granis tel* tinguntur, sicque mururn colorem reddunt qui color folium dicitur. »

On peut trouver des renseignements précieux sur ce sujet dans un manuscrit de la bibliothèque de Montpellier. Ce manuscrit date de la première moitié du xnc siècle; il a appartenu au cardinal Alberli et contient des recettes médicales. 11 y a une notice sur les matières cl les procédés usités dans les arls, qui paraissent d'origine byzantine. Il a pour titre : Liber diversarum arfium. Voici l'extrait relatif au folium : « De natura et dislemperalione folii seu moreltœ. — Quœdam herba est in terra sancti iEgidii ; ex bac herba tria grana in semiue exeunt, sicque mirum colorem reddunt, qui color folium dicitur, qui color sic distemperatur. Pannum folii scindes et fissura in coquilla pones, poslea sic fundes clarum ovi el sine maturescere, et fit purpureus. Distempera folium urina, temperala cum aqua tepida, vel cum lixivia per noclemunam; deinde projicictur et dislemperabitur cum claro recenii;

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NOTLS DU LIVRE PREMIER

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a liiiLtemodicum ealcis. Confeetio folium : In Trusta nimistenuia etmodica incidatur ; et glutinc casei \nxparàto, distemperatur; el sic permtUaturdooec l>ene permixtum sil. » — < De la nature et de la composition du folium ou couleur de la morella. Il y a une certaine plante dans le pays de Saint-Gilles, qui, dans sa semence, produit trois graines, lesquelles donnent une couleur admirable, appelée folium, et qui >e prépare de la manière suivante : Vous décbirez un morceau d'étoile de folium (teint en folium), que vous placerez dans une coquille : vous verserez p:ir-dessus du blanc d'oeuf, vous laisserez mûrir, el il devient de couleur pourpre. Mêlez le folium avec de l'urine étendue d'eau tiède, ou avec de l'eau de lessive, Laissez tremper pendant une nuit; jetez cela, el mêlez avec du clair de Idane d'oeuf frais; ajoutez un peu de chaux. Confection du I >!i:nn • coupez-le en morceaux petits el légers; mélaugez-Ie avec de la colle de fromage préparée; Iais6ez*(e reposer, jusqu'à ce que le mélange soit bien l'ait. »

Pierre de Saint-Omcr écrit sur le folium, de la manière salivante : < De folio qnomodo distemperatur. — Purpureus color quein folium vocanl laici, qui lauam m le liugunt, vel potins Anglici, in quorum terra conlicitur, nuormam vocanl, non uno sentper modo distemperatur. Nain aliqui cum urina, vellixivia de cinere fraxinia facla, ulin parielibuspnccipue, alii in pergamenis cum visco de caseo, ita facto. » Cela identifie le folium de Saint-Omer avec notre garance, qui s'appelle, eu langue celtique, norma, nuorma, ou gorma. Cette allusion à l'Angleterre est un lait qui n'est pas sans importance dans l'histoire des arts'de ce pays. L'action des acides sur les substances alcalines avec lesquelles ces rouges ou bleus végétaux étaient préparés devait avoir beaucoup d'influence sur leur couleur.

La morella est une espèce de plante solanée, portant un fruit ou espèce de baie ou de graine. Le tournesol était employé pour faire une couleur violette au moyen de fruit du mûrier arbre, des graines de sureau, des pélales de la violette et d'autres couleurs végétales ; celle couleur violette devait être peu solide même dans les livres illustrés.

La Varanlia, ]Yarantia,Warantz, ou garance, parait avoir élé employée par les anciens.

Dioscoride se sert pour désigner la garance, du mot usité encore aujourd'hui chez les Grecs , éovfl'.ôSavov. Le rubia tinctorum des Romains, rubia major des chimistes du moyen âge, peut être ainsi distingué de la rubia minor ou buglose, de l'orcanelle ou espèce d'anchuse.

Le hysginum de Vitruve, qui a été confondu par ses commentateurs avec le violet et la couleur hyacinthe, est Yalga lincloria ou lichen roccella des modernes, Yorseille de France. Llujsginum, dont le nom vient de vtryt), est sans doute le froWura vûxor de Théopbraste (Uist. Plantar., lib. iv, cap. 7), qui nous apprend qu'il croit sur les rochers de l'ile de Crète et qu'il est employé pour teindre l'étoffe de pourpre. Pline dit la même chose {Uist. natur.. lib. xxxi, cap. 10, lib. xxxii, cap. 6), et le même auteur confond le pourpre de Y hysginum avec celui de Pozzuoli ou Pouzzoles (lib. xxxv, cap. G). Quare Puteolanum potins loudatur quant Tyriujn, aut Getulicum, vel Laconicum, unde pretiosuaimœ purpuras : causa est, quod hysyino maxime inficïlur rubiamque coaiiur sorbere. Les peintres, continue toujours le luéme auteur, ont coutume de peindre avec une ocre rouge, puis en mettant comme vernis du blanc d'oeuf sur le pourpre, ils donnent l'éclat du minium. Dans ce passage l'Iine appelle sundyx l'ocre brûlée, et minium le rouge de plomb ou vermillon. « Si l'on veut proinplcment faire la couleur pourpre, on commence par teindre ou peindre en bleu ,

(1 ) Le manuscrit latin porte cum lacté.

avec de l'œuf par-dessus on obtient le plus beau pourpre. >

Sir 11. Davy dit (tom. VI, pag. loi el scq.) que l'on trouva un rose pâle dans un vase, dans les Thermes de Titus, que la matière colorante élail végétale et qu'elle était mélangée avec une quantité considérable de carbonate de chaux. Il continue : Celle couleur diffère de la garance, en ce que la couleur de garance donne une nuance plus foncée par l'acide muriatique cl produit une couleur basanée lorsqu'une faible solution d'acide muriatique était traitée par le muriate de fer. La laque ancienne ne doit pas changer de couleur. L'ancienne laque ressemble à la laque de cochenille, parce qu'elle reçoit une couleur plus foncée en étant mélangée avec des alcalis faibles, et un ton plus vif avec des acides faibles, mais elle en diffère cji ce qu'elle esl plus aisément détruite par des acides forts. Elle ressemble aux deux en ce qu'elle esl immédiatement détruite par une solution de chlorine.

Celle couleur est-elle Yorcéine? (matière colorante du lichen roccella, Ylujsginum des anciens.) S'il en était ainsi, cette précieuse couleur vue par Davy, el qui surprit tous ceux qui la virent, ne devrait pas être négligée.

Dans la Tab. voc. synomjm. nous lisons : « Le pourpre qui est une couleur rouge, est autrement appelé folium, et en Angleterre, où il croit, on l'appelle Wormam. On obtient encore une couleur pourpre avec la pierre sil, brûlée et plongée immédiatement dans le vinaigre, pendant qu'elle esl ardente. L'osier (coquille du genre aujourd'hui désigné sous le nom de purpura) est un poisson, dont on fait une couleur pourpre ou dont le sang teint en celle couleur. Il y a dans la mer d'autres coquillages qui donnent la couleur de pourpre, quand on les coupe;. 11 en est de même de la craie Llanche teinte avec la garance. La plante appelée vaccinium donne encore une couleur pourpre quand elle est mélangée avec de la laque (1). j

Ces derniers mois nous fournissent l'occasion de dire quelque chose de la laque des anciens.

< La laque est une espèce de gomme faits d'une liqueur rouge qui provient du suc de lierre coupé et qu'on laisse accroché aux arbres; il faut que les branches soient percées avec un instrument aigu, au mois de mars. » \Tab. voc. synonym. ms. Le Bègue, Dildioth. Nat. Paris.)

On lit encore dans le même livre : c Le lierre est une plante grimpante qui s'attache elle-même aux arbres, que les Français appellent yèneclherre. Si les branches en sont percées avec une pointe de fer très-fine, dans le mois de mars, il en sort une liqueur rouge, qui, bouillie avec de l'urine, est la laque avec Laquelle on teint les peaux de cochon. > Autre exlrait du même livre : < La gomme laque de lierre se fait avec le suc ou liqueur découlant en mars des branches qui s'entrelacent aux arbres et que l'on a eu soin de percer avec un instrument aigu. »

La laque de Cennini, sans aucun doute, est noire gomme laque, car la gomme laque des Grecs est appelée ainsi d'une manière convenable, puisque c'esl une vraie gomme laque et non une substance résineuse.

Une autre couleur végétale de pourpre, qui peut cire rangée sous le litre de folium, est obtenue avec le bois Brésil, lignum Hrcsiluini.

Praxilium vel lirexilium est liynum rubeum, a quo cum pistus,roseus sil, in lixivia forli, tel urina, cominiscelur, exil color roseus, vel pur, ureus. (Tab. voc. synonym.)

Ce bois braxil ou brezil fut employé dès les plus anciens temps pour teindre en rose ou en pourpre : nous en avons des preuves nombreuses. Moise parle

NOTES DU LIVRE PREMIER

roc!

d^ laine leinte en rouge : Valgom, EyXov gxni9»w, détail pas autre chose que le bois Brésil, d'après Ilolyoko.

Le mot brasitium est probablement dérive du mot $:rec €puZu).

Le faux satldal, pseudo-snntalnm, dont on tire une couleur rouge, est originaire de l'Orient. Huet prouve que le bois Sumpian, qui est le même que le bois brésil, vient de l'Inde Orientale. On y allait, sans doute, de l'Egypte par la nier Rouge, et il fut connu de Moïse, qui nous apprend beaucoup de choses relatives aux arts des Egyptiens.

Ainsi, contrairement à l'opinion reçue, le pays du Brésil a plutôt reçu son nom du bois ainsi nommé, si utile pour obtenir une riche et abondante teinture rouge, qu'il ne le lui a donné.

Chaucer mentionne le bois de Brésil, avant la découverte du Nouveau-Monde.

Disons un mot des grana tincloria, le y.ôxy.oç des Grecs. Ce sont, dit M. R. Hendrie, des excroissances du chêne ou ilex cocciglandifera, quercus coccif'era, et on suppose que ce sont des baies; mais les naturalistes ont reconnu que c'était un petit insecte, d'un genre analogue à celui qui donne le carmin, c'est-à-dire, la cochenille du Nopal. Les Grecs s'en servaient pour teindre en rouge. Le coccinos et le vaccinium des Byzantins n'étaient pas autre chose que ces coccus ou kermès ; c'est encore le cramoisi des Français, l'écarlate des Italiens.

La garance était donc un des folium des Byzantins. Rubea radix est de qua rubeus color fil miscendo cum crela alba, id est gypso. (Tab. voc. synonym ) C'était le Verantia, ou Aliiltina des Byzantins ; le vrai rouge.

Ni Eraclius, ni Cennino Cennini ne parlent de la garance. Le manuscrit du Monl-Athos, publié par M. Didron, donne des instructions pour faire une couleur rouge végétale, seulement avec le kermès.

Note G.

Gummi fornis, quod Romane glassa dicilur cap. 21 et 22.

La raison s'oppose à ce que l'on admette l'opinion de M. Mérimée et de quelques autres écrivains fiançais, qui prétendent que le vernis copal est la résine mentionnée par Théophile, car la comparaison et l'expérience démontrent que le copal ne saurait répondre à la description et à la recelte donnée par Théophile pour la composition du vernis.

A la fin du chapitre sur le vernis copal (Hist. de la peinture à l'huile, pag. 69 et 70), M. Mérimée, en parlant du vernis de Théophile, se débat contre sa propre erreur. Il élude le texte, suppose qu'il s'est trompé dans la quantité et qu'il a donné une description imparfaite du procédé pour faire le vernis, soupçonne les intentions de son auteur, de manière à rendre, à la fin, son opinion acceptable.

Les partisans de Raspe, qui traduisent le mol latin glesbum et celui de l'ambre, par celui de glassa, s'exposent aux mêmes objections physiques. Il serait impossible de dissoudre l'ambre, à cause de sa cohésion, par le procédé indiqué par Théophile dans le chapitre 21, et pourtant il est absolument nécessaire que la résine en question remplisse cette condition.

En lisant notre auteur, on voit que la description qu'il donne de la résine est claire : El adde gummi quod vocalur fornis, minulissime tritum, quod habet speciem lucidissimi thuris, sed cum frangitur fulgorem clariorem reddit. II est impossible que Théophile, prêtre et moine, et par conséquent familier avec l'usage de l'encens, puisse y comparer autre chose qu'une résine qui présente la même apparence ; dans un tel point de comparaison, l'écrit de Théophile, si clair et si précis sur tous les autres sujets pratiques qui y sont traités, suffit pour l'absoudre de tout «lcfuut d'exactitude, et certainement, d'après cela,

le copal ou l'ambre doivent être mis entièrement hors de question, puisqu'ils ne présentent aucun point de ressemblance avec l'encens.

Il était donc nécessaire, en premier lieu, de commencer par déterminer quelle était la gomme résine de Théophile, qui présente des caractères frappants de ressemblance avec l'encens. Les beaux échantillons de sandaraque arabe, qui ressemblent exactement à l'encens de choix, à savoir l'encens masculinum, corticosum et femineum des anciens, s^ rapportent à cette résine, car elle en a la marque distinctive, une cassure brillante, que l'encens ne possède pas; or, comme écrit Théophile : Sed cum frangitur, fulgorem clariorem reddit.

Le terme fornis s'appbque à celte résine que l'on appelle sandaraque, comme nous allons le démontrer.

Dans le second procédé donné par Théophile pour faire le vernis à la colle, la môme gomme j'omis est appelée glassa : Supra dictum gummi fornis, quod Romane glassa dicitur. Le manuscrit de la Bibliothèque Nationale de Paris, publié par M. le comte de l'Escalopier présente ici une interpolation : à la suite des mots glassa dicitur , on lit, aliter arabicum.

Si l'on peut montrer que la même expression sert à désigner la sandaraque, le problème sera résolu, et l'on connaît certainement la composition du vernis employé à celle époque reculée.

Tacite nous apprend que le mot glas employé par les Germains pour désigner l'ambre, à cause de sa transparence, a été latinisé. Tacite, en effet, écrit de l'ambre quod Germani glas vocant ; — quod ipsi glessum vocant. Cette expression glas vient probablement de ce que l'ambre est transparent : a simili~ tudine vitri. La même dénomination, sans doute, aura été usitée pour désigner d'autres espèces de résines transparentes, lorsque le mot aura été latinisé.

Plusieurs écrivains grecs et arabes, et conséquemment quelques auteurs du moyen âge, ont confondu ensemble l'ambre, la sandaraque et la résine de genièvre. Les deux dernières, même encore aujourd'hui, sont souvent prises l'une pour l'autre, ou désignées indistinctement.

Sérapion, de Tempéraments (cap. 266, pag. 165), écrit sur l'autorité de Gallien : de Karabe vel Ka- Krabe; haur Romi, id est, Karabe, et sur celle de Dioscoride : i Et diciturquod gummi haur Romi, quod nasci'.ur juxla fluvium quod dicitur Rhodanum, quod distillatur in flumme illo, congelatur ibi, > etc., etc.; enfin, sur celle de Paul Agineta : « Karabe est gummi arboris haur Romi, émanât ab haur Romi, et congelatur, et est coloris auri : pulant quidam, quod istud Karabe sit sandaracha, et dicunt, quod Karabe Solonife est hujusmodi gummi : et est gummi funeris, eo quod Lalini ponebant ipsum super corpora defunctorum. »

Isaac Eben Aniram s'exprime ainsi : t Sandaracha est gummi citrini coloris similis Karabe, sed non est ita durum sicut Karabe, et est in co parum amariludinis, et atfertur a terris Christianorum, et virtus ejus est similis virtuti Karabe, etc.; et qui accipitur ex sandaracha et oleo rosarum et linitur cum eis, conlert frissuris qusc fiunt in membris, etc. ; et si non reperilur, pone loco ejus pondus terlis». partis plus pondère ipsius de Karabe : quod quidem, dixit Galenus, esse gummi haur Romance. » Cet écrivain, par la phrase et afferlur a terris Christianorum, semble indiquer la gomme résine du cedrus juniperus d'Europe. De même Paul, par le Karabe de Sidon, désigne une espèce d'arbre qui croit en Phénicie et dans les îles de l'Archipel et de la Méditerranée. Probablement que son nom est haur Romana, car André Alpagus, dans son livre des noms arabes, nous dit que Harrire est le genièvre, et Ruland dans son Lexique d'alchimie dit que H ara est le genièvre.

Ce qui suit peut montrer que le terme compara

NOTES DU LIVRE PREMIER

tilde alassa a été appliqué :> In s:\iularaque, comme celui (le glessum ou de (fias à lamine, probablement pour la même raison, à cause *lt* la transparence, a timilitttdine vitri. Glassa est une espèce de vernis, «lit Ruland dans son Lexique de l'alchimie. Glassa est une espèce de vernis, dit aussi Johnson dans son Lexique de la médecine. Glana est une espèce de vernis plus sec, d'il encore Castelli dans son Lexique de chimie. Enfin, Sérapion dit tandarax, id est vernix gummi (cap. 57).

Mais le mot (omis, le finiiss ou vulgairement furmu des Allemands, est le nom propre de la même résine, du latin vernix.

L'auteur du Dictionnaire médical donne l'étymolocie du mot sandaraque, saghad-narak, gummy; et le même auteur appelle le cedrus yummi du nom de vernix, parce que la liqueur ou résine coule au prinlemps, quia verno tempore /luit.

Ruland a reconnu que le mol ferais a été latinisé aussi bien que le mot (lias. « Porro quia résina illa juniperi sandarax, et vernix dicitur apud Arabes, unus error allerum traxil. Quidam indocti mox facliliunt hoc, quod vocamus vernis quo uluulur pictores, et alii arlilices, quod lit ex oleo et gummi, habuere pro vera sandaracha melallica, ut si scriberes, R. sandaracae, illi inlellexerunt, secundum Arabes, R. gummi vel resinam juniperi, aut fernicem illum faclitium, etc. i

Le manuscrit de la Bibliothèque Nationale à Paris contient l'addition du mot Arabicum, comme nous l'avons dit ci-dessus. Glassa vocalur, aliter Arabieum. Ce manuscrit est du xv« siècle, et celle interpolation prouve que la sandaraque arabique est considérée par le copiste comme n'étant pas autre chose que la substance désignée sous le nom de [omis.

La sandaraque était appelée sandaracha Arabum durant le moyen âge par la plupart des auteurs qui ont écrit sur la physique ou la médecine. Un exemple suffira. Caneparius écrit dans le traité de Atramentis, sous le litre de vernice, qua efftnguntur coria aurata : < Cape oleum lini ad pondus librarum Irium, vernicis, vulgo appellatus sandaracha Arabum, libra una, etc. >

Dans un manuscrit appartenant à la bibliollièque de Montpellier et qui est de la dernière moitié du xve siècle, on trouve principalement une collection d'auteurs sur des malières de médecine : c'est un petit traité sur les arts,

Je donne quelques extraits de ce manuscrit pour montrer ce qu'il faut entendre par fornis ou glassa. « De gluline vernicon. — Pone oleum lini in ollani îiovam parvam, adde gummi quod vocalur fernix vel grassa, minulissime tritum, et assimilitatur thuri : deinde ponalur ad lentum ignem el coqualur, ila ut non bulliat, usque dtim lerlia pars con->umalur, omnino el caveatur ab igné, quod mullum periculosum est, et de levi non exstinguilur.

« Ad vernicem. — Accipe glassa, vel fernix grana, cslcpie idem quod vernix, el fac eam lente liquare, el liullilo oleo linosa:, insimul misce, commistum ila traclu, dimilte benc cooperlum donec frigeseat. >

On peut voir d'une manière générale, par ces deux chapitres de notre auteur, que/'mn'x, grassa , glassa cl vernix désignent une même substance, et qu'on y trouve une explication de Théophile. Grassa est le mot moresque ou espagnol qui désigne la sandaraque : la substitution de r à / est commune encore chez le peuple de Rome et de Naples.

Par conséquent, ferais ou vernix est une expression directe el primitive usilée pour désigner la sandaraque, et, en second lieu, glassa est un terme comparalil pour désigner la même résine.

Tingry, dans son ouvrage sur les vernis, dit que la résine de genièvre et celle de sandaraque sont appelées verntx par les Allemands, de sorte que ce serait une nouvelle preuve à apporter en faveur de l'o-

pinion qui prétend que Théophile élail d'origine allemande.

Pierre de Saint-Omer donne plusieurs reeelte? pour la fabrication du vernis destiné à enduire les planches de métal.

« Oleum de lini semine et pice uiio pondère mixtum, el eamdem mensuram de vernix, pone in ollani et fac bullire benc. Deinde mille Colla slanui bene verniciala, iulus, et poslmoduni siccata ad solem. t

Voici un autre passnge :

t Oleum lineum et medianam corlicem nigri pruni milte in ollani novam ac fac bene bullire super carbones vel claro igné paulatim. Deinde munda glassam luam quanium volueris in pondère et pone in alteram ollani, el aluminis quasi mediam parlem ei sanguinis draconis, et omnia hœc milte in ollani, el ad ultimum mixtum, picem adjunge et bene fonde, el quam cilius hœc fundenlur appone supradictum oleum, et secundum unctionem confeclionis, et sine bene bullire simul, el s?epe move, el post modum mitigés ungulam tuam et tentabis utrum bomim sit an non. >

Michelino de Vesuccio de Venise, que Le Bègim représente comme un des meilleurs peintres d.i monde, Michelino de Vcsucc o, pictore excellenlissimo inter omnes piclores mundi, en parlant de la composition de l'oulre-mer, parle d'abord de vernis liquide avec lequel on doit mêler une résine ou gomme particulière. Ce peintre écrivait en 1410.

Jean Le Règne lui-même donne une recelte pour préparer le vernis liquide à l'usage des peintres. Le procédé est le même que celui que Théophile donné en second lieu. Le Bègue s'exprime ainsi : « Prenez glasse aromatique qui esl obscur par dehors et pai dedans, quand on le brise il est clere et luisant a manière de verre. > On y doit mélanger de l'huile de lin ou de l'huile de noix, deux parties contre une de résine. Notre auteur dit en finissant : « el rétendez desus la peinture à vos doigts, car si vous le fassiez du pincel, il seroil trop épais et ne pourroit sécher, i

Après avoir établi que vernix est la sandaraque, le vernis de Cenr.ino et des anciens Italiens nous esl connu. Cennino donne la recette pour faire le vernis, dans son chapitre 151. Il nous apprend, en particulier, que les Italiens se déliaient de l'action des oxydes métalliques, comme siccatifs. Les procédés tendent à procurer un mordant, parfait pour la peinture murale, la peinture sur verre, la peinture sur fer ou autres substances.

< Prenez, dit-il, voire huile cuite au feu ou au soleil, de la manière que j'ai indiquée ci-dessus. Mélangez avec, celle huile un peu de blanc el de vertde-gris; et lorsque vous aurez mêlé cela, comme avec de l'eau, mellez-y un peu de vernis, el faites bouillir le tout ensemble un peu. >

Il paraîtrait que ce passade n'aurait pas élé bien compris, parce que le mol vernis, dont Cennino se servait pour indiquer la sandaraque, a élé pris pour le vernis liquide lui-même. ,Le blanc (carbonate de plomb) et le vert-de-gris (carbonate de cuivre) agissent comme siccatifs. 11 se pourrait donc que Van- Eyck n'eût pas plus inventé l'emploi des siccatifs pour les huiles et le vernis destinés à la peinture, que l'emploi de ces substances elles-mêmes. Je vais montrer, dit M. R. Hendrie, (pie ces malières étaient employées avant le temps de Van-Eyck, plus communément connu sous le nom de Jean de Bruges.

Cennino indique la manière de faire le vernis liquide, sans parler de siccatifs. Mais, dans un manuscrit de la collection Sloane (n°4l(i, Muséum Britanni que), Ms. de la première partie du xv« siècle el écrit en dialecte vénitien, on trouve plusieurs recettes curieuses pour les vernis, couleurs, etc. On tiouve sur les marges de ce Ms. quelques dates, comme celle de 1 12 i. Ce Ms. sciait donc de l'époque de

NOTES DU LIVRE PREMIER

(lennino, qui termina ia composition de son ouvrage en 1437. 11 est important, comme étant le résultat des connaissances et des expériences des physiciens de ce temps. En voici un extrait.

< Pour faire le vernis des peintres. — Prenez la quantité que vous voudrez d'huile de lin, place/ sur le l'eu et laites bouillir, jusqu'à ce que, en jetant une plume sur l'huile bouillante, elle se replie comme si elle était dans le l'eu. Lorsque cela sera cuit, tirezle du feu; faites foudre du vernis broyé cl tamisé dans ladite huile, peu à peu, n'oubliant pas de ne point en mettre trop à la fois, parce qu'elle se soulèverait et se répandrait par-dessus les bords. Lorsque vous auivz mis tout le vernis, replacez sur le feu, pour un peu de temps, jusqu'à ce qu'il redevienne légèrement chaud ; otez-le alors, et l'opération est achevée. »

< Notez que la meilleure manière de le faire est de mettre dans ladite huile, de la poix grecque, deux parties, autant de résine que d'huilé. Une troisième manière de le faire, c'est de mettre dans la même huile autant de résine qa'il y a d'huile ; ce procédé est de Nicolas Bertoldo. i

L'usage de ces matières en Angleterre a été indiqué parNValpole, comme ayant eu lieu à une époque très-reculée. Le 2 août 1259,1a 23e année du règiMS de Henri III, Eudes et son fils furent payés pour huile, vernis et couleurs achetés, et peintures fuites dans In chambre de la reine, à Westminster.

Le Rév. M. Benlham a indiqué, dans VArcluvologia, vol. IX , le vernis, au nombre des matières employées pour peindre la cathédrale d'Ely. Dans les comptes annuels de la S. Michel, rendus par le trésorier, an 1555, 8e année du règne. d'Edouard III, on trouve le compte suivant, sous le litre de CuJos Novi operis et sous celui de nova piclnra.

« Item, in 20 lib. de vernyz, enipt. pro eodem, 5 s. prec. lib. 5. d. »

Dans les comptes de 1544, on trouve :

i In 6 lib. de albo vernish 18 d. prec. lib. 3. d.

i In 27 1/2 lagenis olei empl. 2 s. 2 d. t

Dans les comptes de 154G à 1347, on lit :

< In 7 lib. de vernyz empt. 21 d. i

M. Smith (Antiq. \Vesl.) a donné une analyse des comptes de l'échiquier, qui prouve l'usage de l'huile ei du vernis, pendant que l'on peignait la chapelle de Saint-Etienne, à Westminster. La date du dernier compte est de la 20e année du règne d'Edouard Ier, an 1292.

On y mentionne également de l'huile, du rouge, du vernis blanc et linclu, probablement de l'huile de térébenthine.

Edouard III détruisit celte chapelle, et en la reconstruisant avec une plus grande magnificence, il employa à celte œuvre tous les peintres de Kent, Middlesex, Essex, Surrey, el Susses ; il convoqua, par un autre édit, ceux des comtés de Lincoln, Norihamplon, Oxford, Warwick, Leicester, Cambridge; llungtindon, Norfolk el Sufîblk. (Rymer. F cédera, lom. V, pag. 670.)

Parmi les comptes de dépenses de l'échiquier, pour ce travail, on voit :

« Quatre flacons d'huile de peintre, pour peindre la chapelle, 16 s.

« Six livres el demie de vernis blanc de Lomyn de Bruges, à 9 d. la livre, pour la peinture de ladite chapelle, n

La résine arabique, ou sandaraque, a été appelée gamme arabique, indistinctement avec la gomme du mimosa nilotica, comme cela avait lieu encore au milieu du siècle dernier. Cela a donné lieu à une singulière méprise. L'auleurdes Institutions de chimie expérimentale remarque la singularité de ce fait que la gomme arabique est soluble dans une huile fixe, el il étaqlit qu'il en résulte une huile par la distillation.

Que le vernis liquide des Italiens ail été usilc du-

rant le xv" cl le xvic siècle, nous en trouvons ia preuve dans leurs écrivains. Cardauus, qui florissait au commencement du xvi« siècle, et qui avait pour lui, par conséquent, l'expérience du xvc siècle, nous apprend que le vernis liquide est fait avec de l'huile de lin et du vernis d'une espèce de genévrier. (De planlis, lib. vin.)

« Vernix ex cedro juniperi species.

« Ob id ignilur e sicca vernice, ad omnes cœli impelus coercendos aplissiina, unde picluris addi solet. »

Caneparius, de Alramentis, pag. 500, écrit : Ex vernice (sandaracha Arabum) et oleo ex semine Uni fit liquida vernix.

Los deux procédés donnés par Théophile pourraient former deux vernis différents, à cause de la nature différente des résines. D'après le premier procédé, la portion résineuse seule (h; la gomme résine peut être dissoute, à moins que Ton ne continue à faire bouillir pendant longtemps, de façon à élever la chaleur à un haut degré, et à rendre l'huile bouillante, de sorte qu'elle s'échauffe davantage à mesure qu'elle perd les parties volatiles de l'huile, lesquelles doivent s'échapper jusqu'à ce que le tiers soit consommé. Le vernis, cependant, n'est pas parfait par le premier procédé, il est d'une couleur trop sombre ; d'après le second procédé, toule la résine peut être mélangée avec l'huile, sans que l'huile bouille longtemps, ce que prescrit Théophile. Le mot bouillir est employé par noire auteur en opposition à celui de cuire, bullire et coquere; les synonymes seraient œstuo et j'erveo. Aussi a-l-il soin d'avertir l'opérateur des dangers qu'il y a dans l'emploi de la grande chaleur.

Le voyageur danois Schousboë dit que la vraie sandaraque arabique est produite par le thuia arliculata, qui est. une espèce de cyprès. 11 est appelé en arabe el grassa. Le genièvre ne croit pas en Afrique. Le docteur Ure a donné l'analyse de celle gomme résine. Elle contient trois parties de résine, dont une est soluble dans l'alcool, un peu ressemblante à l'acide pinique ou la résine de térébenthine; l'une n'est pas soluble dans ce liquide; el l'autre est soluble seulement dans l'alcool de 99 pour cent.

Nous empruntons les détails suivants au manuscrit du Mont-Athos. Les vernis qui y sont décrits sont du xii* siècle.

« Vernis de péséri. — Prenez du péséri que vous aurez fait cuire au soleil, cent drachmes, et de la pégoula, soixante et quinze drachmes. Mellez-les dans une marmite sur le feu, afin de faire fondre et combiner ensemble ces deux substances. Filtrez, el employez ce vernis en l'exposanl au soleil. Faites attention de passer la première couche aussi mince que possible, pour éviter les bouillons. Si le mélange est trop épais, et qu'il soit didîcile de Téiendre, ajoutez du naphie ou du péséri non cuit; par ce moyen, vous obtiendrez un vernis plus liquide. Si vous avez une grande quantité de mastic, prenez cinquante drachmes de pégoula et vingt-cinq drachmes de mastic; ce mélange vous donnera un vernis très-bon el 1res -brillant.

« Autre vernis de sandaloze. — Prenez cent drachmes de sandaloze; pilez-les sur un marbre ou dans un mortier, pour en faire une poudre très-fine. Mettez cette poudre dans une marmite, avec un peu de naphie el un peu de péséri, pour l'empêcher de brûler ou de noircir en fondant. Placez le vase sur des charbons allumés el couvrez-le avec une plaque ; découvrez-ie souvent pour remuer avec un bâton, jusqu'à ce que tout soit bien fondu. Lorsque ce sera fondu el qu'il se formera de l'écume, relirez le vase du feu, et ajoutez une demi-ocque de péséri cuit au soleil et chauffé d'avance. Puis vous filtrerez dans une toile fine, el vous conserverez ce vernis dans un vase; s'il se durcit trop, vous ajouterez du naphie, ce qui permettra de l'étendre facilement ei

NOIES DU LIVRE PREMIER

sans qu'il fasse de bouillon. » (I.e Cn'utc de lu peinture, uis. grec irad. par I*. Durand.)

Le mot sandalus ou sandnluze est le mot persan qui signifie sandaraque.

Noie H.

Incatislum, cap. il).

L'usage de l'encre est ancien. Moïse en parle au livre des Nombres, chap» v, 2?. Jcrémie en parle aussi, \\\.Yi , 18. La principale matière colorante ci.iii du noir de famée coml ine avec l'acide launique. Ceue encre, quant à sa composition, se rapprochait de l'encre de Chine el de l'encre indienne, comme on les rail à présent. Les Chinois ont la réputation d'avoir inventé cette encre; mais elle est probablement d'inveuUon égyptienne.

Les encres colorées furent usitées en Orient. Les empereurs d'Orieul avaient leur, eneve sacrée, sacrum eueauslum , qui était de couleur de pourpre (1), et qui était enfermée «'ans des vases d'or enrichis de pierres précieuses. Le gardien de celte encre était compte parmi les officiers royaux (2), et l'usage en était interdit comme un crime capital.

Le mot encaustum est évidemment ici très-éloigné de sa signification originelle. Il fut d'abord employé pour désigner les procédés des anciens peintres grecs, qui appliquaient la chaleur à leurs couleurs lorsqu'elles avaient été étendues à la cire sur une surface absorbante. Le terme fut conservé, quoique le procédé eût été abandonné. Les couleurs fluides, employées pour peindre ou pour écrire, étaient étendues avec des pinceaux, et on les appelait néanmoins encausla. Le mol alramenlum a été seinblablemenl détourné de sa signification. Il désignait primitivement une couleur épaisse ou fluide; graduellement, il servit à désigner différentes couleurs fluides ou encres destinées à divers usages (5).

La fabrication de l'encre par le moyen du sulfate de fer (vitriol romain) et de l'acide lannique est d'une origine comparativement bien plus récente; elle date, probablement, d'un siècle ou deux avant l'ère chrétienne.

Sir H. Davy, au sujet des papyrus du Musée de Naples, écrit : < J'ai cherché en vain dans les manuscrits et le charbon animal qui les entoure des traces d'oxyde de fer, et il semblerait d'après ces circonstances, aussi bien que du silence de Pline sur ce sujet, que les Romains, à celle époque, ne se servaient pas encore d'encre à écrire composée de fer el de noix de galles. Il est très-probalde que l'adopli on de celte encre el l'usage du parchemin eurent lieu en même temps. Car l'encre composée de charbon et d'une solution de colle peut être faite avec peine de manière à adhérer à une peau, tandis que l'acide libre de l'encre chimique dissout la gélatine du manuscrit, el toute sa substance adbere comme un mordant. » ( Œuvres de sir IL Davy, vol. M, pag. 17i. )

Ce fait n'est pas certain. Pline, en effet, donne un moyen de découvrir la présence du sulfate de fer dans le sulfate de cuivre, par l'infusion de noix de galles sur le papier.* Il noircit instantanément,! dit-il. ^Plin., Hisl. nul., lib. xxxiv, cap. 11.) « Deprehendittir el papyro, galla prius macerata ; nigrescit enim sratim aerugine tibia. >

Davy parait avoir oublié le passage suivant de Pline, qui montre que l'encre acide élait connue avant le lempsoù il vivait : < Omne aulein aliamentinn sole perlicilur, librarium gemini , leclorium glulino admixlo. Ojiod aulein acelo liquefaclum est, u;gre eluitur. > (Plin., lib. xxxv, cap. G.)

Théophile mentionne Vatrantentum vers la fin de

ce chapitre. Est-ce Valramentum librarium de Dios~ coride, composé de trois onces de suie et d'une once de gomme, ou le sulfate de fer, le vitriol verl, airamentum tectorium des Romains? On peut faire seulement des conjectures. M. de l'Escalopier préfère s'attacher à la première conjecture, et traduit atrame>itnm par noir. M. R. Ilendrie a préféré l'autre, à cause du suc d'écorce ou de l'acide lannique.

11 y a une autre espèce d'atramenluni , Vatramenlum snlorium, ou sulfate de cuivre, vitriol bleu : il n'en est certainement pas ici question.

Note 1.

Indicum, cap. 14.

Yitruve et Pline font mention de l'indigo. Lorsqu'il est divisé, il est noir; mais délayé, il présente un mélange admirable de pourpre et de bleu.) L'indigo était appelé par les artistes byzantins et les autres : Aioreum Romanum. Dans un manuscrit du xiv* «;iècle de provenance byzantine, on lit. azur romain, autrement i'/(r%o (-'<•). On y dit qu'il doit être dissous dans de l'eau. Dans l'azur romain vous pourrez mélanger de l'orpiment pour avoir du jaune verl. De même, si vous ajoutez du bois brésil, veus aurez du pourpre.

Dans le même manuscrit l'azur est ainsi indiqué. « Âzorium bonum est quod Saraccni faciunt. Item azorium Romanum est aliud quod linficum voc.alur. >

Jean L'Archer qui, en 1398, écrivit un traité sur les couleurs sous la dictée de Jacques Cona, peintre flamand, alors résidant à Paris, appelle l'indigo bagndellus. C'est 1 indaco bacendeo de Ccnnir.o (5).

Les tarifs de Marseille parlent des indigos de Bagdad qui sont appelés indigo bagadel, jusqu'à l'année 1-228 (6).

L'introduction de l'indigo dans l'Europe occidentale tomba graduellement, par Peflet de la culture de Visalis tinctoria, le pastel, qui, pendant un temps, devint une branche lucrative ..e l'industrie.

Noie J.

In laqueari, cap. li.

Dans notre auteur, celle expression s'applique à l'ornementation du plafond. Théophile le dislingue de la peinture sur mur, parce que dans celte dernière on emploie de la chaux, ce qui ne vaut rien pour l'application de certaines couleurs qui peuvent servir in laqueari.

Saint Isidore, livre xixdes Origines, ebap. 12, s'exprime ainsi au sujet des laquearia ou plafonds. « Laquearia sunt quai catueraiu sublegunl et ornant, (pue et lacunaria dicuntur: quod lacus qtiosdam qua- (Iralos vel rolundos ligno vel gypso vel coloribus babeai picios, cum signis inlermrcautibus. >

Jérémie, chap. xxn, vers, li, dit ces paroles- El farit laquearia cedrina, pingilque synopide.

Pline nous apprend que ce lut Pamphile, le maître d'Apelles, qui établit la coutume de peindre les plafonds, ou les intervalles entre les punies, el il ajoute : « Nec caméras anle cum lalilcradoinari mus fuit. >

Noie K.

Lazur, cap. li.

Le lazur ou l'azur de Théophile est, sans doute, \r. cynnus mâle des Crées, le bleu fonce, lapis armenus, le cyanos, xvecvôc de Théophraste, q«i a élé confondu avec le lapis-lazuli ou a&yrystpos grec.

Théophraste u icn lion ne parmi les pierres précieuses le saphir, qui est d'un Heu foncé el qui n'est pas très-différent du cyanus mâle. Cette comparaison, suivant la remarque de llill, esi une confirmation

(1) Nouveau traité de Diplomatique, tom. I, pag. .>ji

(à) Du Gange, Gloss. Vide Canichnua,

(r>, Canejiarius, de Atramentis, ropê.

(tj Sloauc, inss. Uiilish Muséum, n 17SL

("iMs.

(6) De|

le Uèpie. Bildlnlh. nat. Paris.

Il il. du commerce entre le Levant ei Pgu«

NOTES DU L1VKE PitKMlKU.

MM

que le cyanus cl le saphir ne sont pas la même pierre, puisqu'ils peuvent êlre compares ensemble. On pourrait ajouter que cela montre que le saphir et le lapis-lazuli ne sont pas différents* puisque le cyantu est divisé en deux espèces, mâle et femelle, et que le mâle est d'une couleur plus Foncée. (Theoph., de Lapidibus, cap. 56). Hill se trompe encore malheureusement ici, en avançant que le cyanus est une pierre, et que c'est le lapis-lazuli dont on fait la couleur d'outremer, tandis que cette dernière couleur est faite uniquement avec le saphir des Grecs, le vrai lapis-lazuli. Tbéophraste ne parle pas du tout du ajanus comme d'une pierre. Hill, du reste, ne fait que continuer l'erreur des commentateurs qui l'ont précédé, tels que l'hilander, deLaet., G. Léolard, etc., etc.

Théophraste dit, comme cela est vrai, que le lapis-lazuli est (acheté d'or. Hill nie que ce soit le vrai lapis-lazuli, d'après de Boot, qui écrit: « Quamgemmam Pliniussapphirum vocal, cyanus est, seu lapis la-

zuli. » Double erreur, partagée à la l'ois par ces deux critiques.

Théophraste dit que le cyanus natif (ou lapis armenus) est mêlé de chrysocolle, nom que les anciens donnaient à l'oxyde vert de cuivre. Dans son chapitre 90e, le même auteur place le cyanus et le chrysocolle au nombre des couleurs usitées par les peintres.

Dans son embarras, Hill accuse Pline de confusion, et après avoir embrouillé la question , il assure que Pline n'a pas compris Théophraste. C'est une double injustice et une double erreur. Pline, en effet, de Jaspidumgcneribus, lib. xxxvn, cap. 9, décrit le cyanus, et après avoir dit, comme Théophraste, que l'espèce d'Egypte était teinte, il continue : « Dividitur autem et hoc in mares leminasque. Inest ei aliquando et aureus pulvis, non qualis in sapphirinis. » Il ajoute: < Sappbirus enim et aureis punctis collucet.i II est évident que Pline établit ici une distinction entre le cyanus et le saphir.

Le bleu foncé, lapis armenus ou cyanus, est aujourd'hui encore fréquemment employé pour faire des ornements. 11 ressemble si bien au lapis-lazuli qu'il n'y a que l'épreuve du l'eu qui puisse en montrer la différence. Le feu, en effet, détruit la couleur bleue du carbonate de cuivre natif. De Boot, en parlant du lapis-lazuli, donne celle épreuve pour faire reconnaître la pierre, i Fixus lapis lazuii, hoc est, qui igni imposilus, colorem non mutât. »

Le cyanus mâle, le bleu foncé, lapis armenus, est probablement la substance désignée sous le nom de lazur par le moine Théophile.

La plupart des écrivains du moyen âge ont confondu le lapis-lazuli, le lapis armenus, le jaspe bleu coloré avec des carbonates' ou des arséniates de cuivre. Mais il y avait chez les anciens des bleus factices employés en peinture. Théophraste dit que le cyanus égyptien était factice, et que les historiens regardent comme digne d'occuper une place dans leurs annales le roi d'Egypte qui fut l'inventeur du cyanus artificiel. Vilruvenous fait connaître la composition du bleu égyptien : « Arena cum natri (vel nitri) flore conteritur, adeo sublililcr ut elliciatur quemadmoduin farina, et ;eri Cyprii limis, elc. » Dans différents manuscrits on lit natri et nitri. Ainsi le sable, du carbonate de soude, pour former du verre, et de la limaille de cuivre, comme matière colorante, furent les parties constituantes du bleu d'Alexandrie, fabriqué ensuite à Pouzzoles, et usité, au rapport de S. H. Davy, dans les Thermes de Titus. Ces couleurs d'azur n'ont pas changé du tout.

Les artistes grecs firent encore d'autres couleurs d'azur pour peindre et illustrer les manuscrits.

D'après la Tabula vocum synonym., déjà citée plusieurs 'fois dans eus notes, l'azur ou le lazur est la

couleur autrement appelée cœlestis ou caiesliir.s, bluncus, lJersu$, et œihereus.

Dans une collection de recettes médicales et autres, placées à la fin du manuscrit de Théophile, écrites vers le commencement du xiue siècie, on trouve deux curieuses recettes pour faire l'azur; en voici le texte.

< Si vis facere azurium optimum : — Accipe ollam novam et mille in eam laminas purissjmi argenti cpiantas volueris, et pone illam ollam in vindemiam quse eslprojecta de torculari sive de lina, et cooperi ollam cum taminisde ipsa vendemia, el serva diligenler usque ad xv dies, ei sic aperies ollam illam, et siccatum quod est in laminis rade in mundlssimo vase. Quod si amplius volueris, fac ileruin simililer. ^

i Si vis alium azurium facere : — Accipe ainpullam de purissimo cupro, et impie fortissimo aceto, et cooperi diligcnler os ejns, ne aliquid bumoris vel vaporis possit exire, el addens, si necesse est ad hoc, lenacem terrain vel paslam, et ipsam ampullain ila clausam pone in aliquo calido loco, aut in terrain, aut in fœnum projeclum de slabulo, el sic dimitte per unum niensem, et tune aperi illam anipullam, el quod inveneris in ea diniilte ad soiem siccare. »

Cette dernière recette pourrait former un oxyde de cuivre, qui, par l'action prolongée de l'acide, pourrait devenir un sous-acétate; alors, décomposé par la chaux, il teindrait en vert.

On trouve fréquemment des recettes de ce genre au milieu de notices sur les couleurs provenant de l'école byzantine; l'argent employé seul ; le cuivre employé avec le sel ammoniaque et la lie de vin, d'après Denis (Manuscrits Le Bègue, art. 5,29), ou avec de la chaux et du vinaigr , d'après Pierre de Sainl-Omer, procurent une couleur verdalre. (P. Sancli Audomari, Manuscrits Le Bègue, art., 109, 170.)

Geber, dans sa notice sur l'argent (Geberi, de Alcltimia, lib. ni, fol. 1529), nous enseigne que ce métal, exposé au contact des vapeurs acides et du sel ammoniaque, donne une belle couleur violette. Toute espèce de couleur, cependant, faite avec de l'argent, à cause de sa tendance à recevoir l'action des vapeurs hydro-sulfureuses, serait peu solide. De l'argent pur, toutefois, ne prendrait pas celle couleur, uans de pareilles circonstances.

Noie L.

Limbus, cap. 16.

Dans les Synonymes de maître Jehan de Garlande, ouvrage écrit au xie siècle, le mot limbus est indiqué comme servant à désigner l'ornement placé sur le bord d'un vêtement. Théophile, au livre ni, chap. 00, dit que les noms des apôtres sont inscrits sur les limbes ou bordures qui entourent leur tête. Quorum nomina scribes in limbo. Il est évidemment ici question du nimbe. Les artistes grecs écrivirent le nom des personnages qu'ils représentaient, soit sur le nimbe lui-même, soit sur la bordure qui entourait le nimbe, parce qu'il était défendu aux Grecs d'honorer des images de saints inconnus.

Note M.

Manisc, cap. 14.

Dans la table des Synonytnes, il est dit que le ménesch est une couleur plus foncée que le vermillon el plus brillante que le sinople ; on lui attribue également le ton de l'indigo. On appelle encore menesch le jus ou suc des baies du sureau : a Succus est color trahens ad indicum. Alii dicunt esse rubeum, minus clarum quam minium el magis clarum quam sinopis; et alitervocalurmenescb, quod aliter dicitur ipse menesch esse succus sambuci. » Théophile dit que les vêlements peints avec le succus folii étaient violet*.

Le mot menesch est grec; le mut romaïque Mîvï-

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