FEN
cintre plus étendu ; c'est ce qu'on a nommé fenêtres géminées. Au-dessus et au milieu des doux fenêtres semi-circulaires, on voitquelquefois une ouverture ronde en œil-de-bœuf,
prélude des belles roses qui font l'ornement dos églises ogivales.
Au xne siècle, la baie s'entoure d'un encadrement compose de zigzags ou d'autres dessins combinés avec des moulures architecturales. Enfin, les fenêtres sont entourées de véritables archivoltes et décorées de colonnettes, de bas-reliefs, de sculptures variées el même quelquefois de statues. C'est alors que l'on voit s'ouvrir des fenêtres d'une dimension plus considérable qu'au siècle précédent. Elles commencent aussi a. .se grouper fréquemment par deux ou par trois, surtout aux extrémités des croisillons du transsept. Lorsque les fenêtres sont groupées par trois, celle du milieu domine ordinairement les deux autres, et quelquefois s'amortit par un angle qui a fait donner à cette forme le nom d'arcade en mitre. Ces fenêtres sont ordinairement espacées par un large trumeau. Mais lorsqu'elles se joignent et ne sont plus séparées que par un étroit montant, ou par une colonnette, les baies latérales se terminent souvent par un seul demi-cercle, ou une demi-ogive, appuyée contre le montant delà baie du milieu.
Du xiie au xnie siècle apparaît la fenêtre ogivale, d'abord d'une austère simplicité, sans colonneltes, ni ornements, ni moulures, ayant les bords de la baie seulement élégis par un large chanfrein ou biseau. Les fenêtres de la première période ogivale sont étroites et élancées. Elles ressemblent assez par leur forme générale 5 un fer de lance ; c'est pourquoi elles ont été désignées par les antiquaires sous le nom de fenêtres à lancettes. Elles sont toujours d'un style grave et sévère, en rapport avec le reste de l'édifice. Dans les églises de petite dimension, elles sont ordinairement isolées; dans les grands édifices, comme les cathédrales, elles sont accolées deux à deux, et encadrées dans une plus vaste ogive qui les renferme. A la partie supérieure de l'ogive principale, appuyée sur la pointe des deux lancettes, on voit une gracieuse tigurc de trèfle, de quatrefeuilles ou de rosace. Rien ne saurait surpasser l'élégante simplicité de ces lancettes géminées. Les architectes du moyen âge, qui remplissaient leurs églises de symboles, en avaient fait l'emblème de la Trinité.
L'arc qui embrasse la fenêtre passe bientôt de la lancette au triangle équilatéral. La division binaire de la fenêtre se double, se
auadruble, et l'on voit la partie inférieure 'une vaste baie offrir une rangée de huit arcades groupées deux par deux sous quatre arcades supérieures , réunies à leur tour sous deux autres, lesquelles elles-mêmes sont inscrites dans une plus grande, celle même de la baie de la fenêtre.
Souvent, à l'extérieur, la fenêtre est surmontée d'un fronton aigu ou espèce de pignon, dont le tympan est décoré d'une rosace ordinairement d^ectunée à jour. Les