‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 230 sur 276 · SIC · texte numérisé non relu

SIC

tur, atquc cum festinatione volve manu m tuam cum eodcm ferro, ut ni! nu lus in rotuudum amplificetur ; et i ta volvendo fac eum descendere usque ad rotulam, ut saqualia liai. Quo statim ejecto in fossulam, eodem modo operare quantum relis. Qaod si volueris annulos tuos aliis coloribus variare, cura acceperis vitrum et transpunxeris cum gracili ferro, ejice de alio vase alterius coloris vitrum, in modum fîli circumdans eo vitrum annuli, deinde calefactum in (lamma, sicut su péri us, simili modo perfice. Potes etiam sup t ariulum alterius generis vitrum psnere sieut geramam, et calefac in (lamma ut adhœreat.

roulette iit le fer appelé broche, mettez-en l'extrémité dans le vase de verre; enlevez le peu qui s'y sera attaché et enfoncez-le fortement dans le fer, afin que le verre soit transpercé. Faites aussitôt chauffera la flamme et frappez deux fois sur le bois, afin que le verre se dilate ; tournez rapidement votre main arec ce fer, afin que l'anneau s'agrandisse en rond ; et en tournant ainsi faites-le descendre jusqu'à la roulette, afin qu'il soit bien égal. Lorsque vous l'aurez jeté dans la petite fosse, continuez votre opération tant que vous voudrez. Si vous voulez varier vus anneaux de différentes couleurs, lorsque vous aurez pris du verre et que vous l'au-

rez transpercé avec la pointe de fer, tirez d'un aune vase du verre de couleur différente, entourez-en l'anneau, comme d'un lii, chauffez-le à la flamme, comme ci-dessus, et achevez-le de la même manière. Vous pouvez encore sur l'anneau poser du verre d'une autre couleur, comme une pierre précieuse ; vous le ferez chauffer à la flamme afin qu'il y ait adhérence.

EXPLÏCIT I.IBKH SKCL'NIUS.

FIN DU MVHE SKCOND.

NOTES DU LIVRE SECOND

Sir idem, etc., cap. 7, 8.

Comme on a connu le sel de natron (carbonates

de potasse et de soude) et le sable ou silice dès la plus haute antiquité, il est probable que la découverte du verre remonte aux temps les plus reculés.

Les Egyptiens, à une époque éloignée, ont fait chauffer ces silicates alcalins en contact avec des oxydes métalliques, à Thèbes, à Memphis et dans les temples de Phta ou du Feu, consacrés à la pratique des arts chimiques occultes. (Kircher, Œdip. ASgypl., loin. II, Alcliimia hieroglyphica.)

« Dans les ruines des anciennes cités de la Tltébaïde, écrit M. Rosière, j'ai souvent trouvé, parmi des fragments de verre coloré, avec lesquels files abondent, des pièces teintées de diverses couleurs. Plusieurs d'entre elles offraient en quelques-unes de leurs parties de belles nuances de pourpre; c'étaient, je crois, des restes des anciens vasa murrhina artificiels; on trouve encore des frittes, des verres, des émaux colorés par les oxydes métalliques. (Rosière, Description de l'Egypte pendant l'expédition française. Paris, 1820, lom. VI, pag. 2i9.)

Les Phéniciens ayant obtenu par le commerce du verre de Thèbes, devinrent eux-mêmes fameux dans l'art de le fabriquer. Le récit de la découverte fortuite du verre par eux, tel qu'il est rapporté par Pline, et cité souvent, est regardé par Merret comme impossible, car avec le feu le plus violent on ne peut faire du verre, avec ces substances, en quelque quantité pie ce soit, en les brûlant en plein air.

Le sable employé par les Phéniciens était probablement plus pur que celui qui était employé ailleurs pour la composition du verre de belle qualité, et c'est ainsi que les Phéniciens produisirent ce verre blanc si beau et si célèbre, le plus difficile alors à obtenir. A cause de la présence des oxydes métalliques dans les carbonates alcalins, ou les fragments de quartz, la production du verre coloré pourrait être de date plus ancienne que celle du verre pur et sans trace de coloration. Théophile prévoit la couleur qui vient accidentellement par la présence d'un métal ou d'oxydes métalliques dans les éléments propres du verre.

Les diverses-Couleurs de verre non transparent que Tbenpbile nous dit se trouver dans les édifices des païens, dans les ouvrages de mosaïque (cap. 12), sont sans doute du génie de celles qui ont été vues en Egypte par M. de la Rosière : l'art de les fabriquer lut de li porté chez les Grecs. Pline fait une remar-

que (Hist. nat., lib. xxxvt, cap. 2C>) au sujet d'une manufacture où l'on imitait la pierre obsidienne : i Ou fait une pierre obsidienne avec des taches pour la vaisselle de table, et un verre parfaitement rouge, qui n'est pas sans transparence, appelé hcmalinon. On fait encore du blanc, du pourpre, de l'hyacinthe et du saphir, et une imitation de toutes les autres couleurs. » Dans un chapitre précédent, Pline fait mention de pavés et autres ornements en verre employés par Agrippa dans la décoration de ses bains. Celle espèce de mosaïque servait alors aux artistes byzantins pour l'ornementation des vases émaillés qui étaient si beaux en couleur, aujourd'hui si rares. Ces vases émaillés étaient entièrement opaques, et présentaient l'aspect de très-belles mosaïques. Théophile nous apprend que le verre blanc, le noir, le vert, le jaune, le rouge et le pourpre étaient travaillés en forme de vases de tout genre par les Fiançai-, habiles dans ce genre d'industrie. Pline, en effet, nous appren I que l'Italie, les Gaules et l'Espagne se livraient à la fabrication du verre.

Ce verre opaque était, sans doute, le vitrum Romantam, le verre romain d'Eraclius, dont Théophile cite des chapitres à la lin du troisième livre.

CUAPITKES PERDUS.

Les chapitres 12, 13, 14 et 45, manquent au manuscrit Harléien. Ils n'ont jamais fait partie de ce

manuscrit, attendu que le chapitre qui forme notre il» 12, De diversis vilri coloribus non translucidis, est marqué n° 16 à l'index, et est un chapitre faisant suile au corps de l'ouvrage. Ils ont été enlevés du manuscrit original, maintenant perdu, car ils ne se retrouvent pas non plus dans la plus ancienne copie manuscrite de Théophile, maintenant à la Bibliothèque Impériale de Vienne, ainsi que dans les manuscrits de Wolfenbùtlel et de Nani. Comme nous avons les tilres de ces chapitres à l'index ou table des matières, il serait possible de remplir cette lacune avec des détails sur le même objet, sinon avec les propres paroles de Théophile, en consultant les ouvrages byzantins antérieurs ou contemporains, dans lesquels on traite de la même matière.

Cap. 12, Des couleurs faites de cuivre, de plomb et de sel. — Cap. 13, Du verre vert. — Cap. 14, Du verre bleu. — Cap. 15, Du verre appelé gallien. Tels s!)iu les litres de ces chapitres omis, et malheureusement ils laissent un grand vide dans l'histoire de l'art du temps où écrivait Théophile. Il est hors de doute,

NOTES DU LIVRE SECOND

maigre les ressources de l'art moderne el les progrès de la science, que certaines compositions et certaines matières des anciens sont en vain cherchées de nos jours, quoique une partie de nos peintres sur verre se refusent à reconnaître ce fait. Trouve-t-on aujourd'hui dans les ateliers ce heau bleu, d'un ton particulier, employé jusqu'à la lin du xv« siècle ? Le cobalt ne peut pas produire cette couleur; s>'il en est ainsi, de quel usage est notre avancement si vanté dans la science chimique ?

Du vene vert.

Olympiodored'Àlexandr'.e, qui écrivit au commencement du troisième siècle, et dont on possède un manuscrit à la Bibliothèque Nationale, à Paris, n° 22o!>, sous le litre de l'Art sacré de l'Alchimie, donne la manière d'imiter l'émeraude.

« Prenez ikux onces de heau cristal et une once et demie de cuivre calciné; broyez ces substances dans un mortier, et faites fondre ensemble à un feu égal. »

'"Dans le manuscrit byzantin publié par Muratori et déjà cité, on trouve, pag. 570, la composition d'un verre vert. (.Muratori, Aniiquilates liai, inedii œvi, vol. Il, pag. 370.)

De linaione vitri prasini.

i Tere vilrmn bene, limas beramen mundum, el mittes in lihras de viturmn beramen -^ ni, cl coques per dies m.i — Le signe -j- veut dire sesuncia, qui équivaut à 4 once 1/2. «Broyez du verre soigneusement, limez du bronze pur (ou du cuivre), mettez-en trois sesunciœ, pour une livre de verre, et faites cuire pendant trois jours. >

Alia tinctio.

t Tere vilrum bene. Mille per. . . . beramen, ■4- t : halumbi Hegyplii, -s- i : et quoques per dies m. » — « Broyez du verre soigneusement; mettez (pour une livré de verre (?) ) i sesuncia de cuivre, i sesuncia d'alun d'Egypte, et faites cuire pendant trois jours. 1

Cet alun d'Egypte pourrait être un carbonate natif de soude. Voyez Pline, lih. xx.xi, cap. 7. Ce pourrait être le borax, car les écrits des alchimistes arabes avaient déj » exercé leur influence. Si on employait le plomb pour fabriquer ce verre, qui doit être broyé et mélangé ensuite avec le cuivre et le sel, nous avons ici le 12e chapitre de Théophile.

Tous les anciens verres verts sont faits avec du cuivre seulement. Eraclius, le premier qui traite de ce sujet, ne donne aucun renseignement de plus. Le ou ivre et le bronze, aurichalcum, en sont les ingrédients, mêlés avec du plomb.

< Comment on fait le verre avec du plomb, et coniment il est coloré. > (Extrait du manuscrit d'Eraclius, à la Bibliolh. Nat. à Paris, n° 6741.)

« Prenez le plomb le meilleur et le plus brillant, metle/.-le dans un vase neuf et faites-le brûler sur le feu jusqu'à ce qu'il soit réduit en poudre. Olez-le du feu, pour qu'il refroidisse. Prenez ensuite du sable et mélangez-le avec celle poudre, de manière qu'il y ait doux parties de plomb et une partie de sable; placez cela dans un vase de terre, et opérez comme il a élé écrit ei-dessus pour faire le verre ; placez ce vase dans le fourneau et remuez continuellement jusqu'à ce <pie le verre soit fait. Si cependant vous voulez obtenir du verre vert, prenez de la limaille de bronze (aurichalcum) et mélangez avec le verre de plomb, autant qu'il paraîtra convenir. Alors si vous avez l'intention de faire quelque vase, servez-vous du tube de fer. Ensuite, ôtez votre vase avec le verre et laissez-le refroidir, i

Deux chapitres placés à la fin de ce manuscrit

1 îîarléien.dans un livre De nnguentis, et qui est une

compilation de recettes médicales, traitent du verre

vert; l'orpiment est le mêlai colorant de l'un de ces

verres. On lit à la page 142 de ce manuscrit :

t Manière de faire une clmjSotithe de verte. « Prenez du crMal el metlez-le dans de l'alun (de la palasscou delà soude) pendant onze jours; cuisezle ensuite avec de l'orpiment el vous obtiendrez une chrysolithe. >

« Manière de faire une émeraude de terre. i Mettez du cristal uans de l'alun pendant 12 jours: faites cuire alors avec du cuivre vert, et vous aure: , une émeraude. » Ces recettes n'ont pas été écrite» plus lard que le commencement du xui» siècle

Du verre bleu.

Théophile, au chap. 12, nous dit que les pierres bleues des mosaïques grecques se fondaient avec le verre blanc, de manière à former des feuilles de verre bleu pour les fenêtres; et, au chap. 15, que les Crées font, avec ces mêmes pierres, des coupes à boire, qu'ils ornent avec de l'or. Il a élé déjà parlé dans les notes du livre ifr du saphir des Grecs. Je dois ici, dit M. Ilendrie, appeler l'attention du lecteur sur celle opinion qui prétend que le saphir des anciens Grecs était notre lapis-lazuli. Le saphir de Tbéopbraste qui est tacheté d'or, et qui est d'une couleur foncée, et qui ne diffère pas du cyanus mâle,, n'est pas autre que celte pierre.

Il n'y a pas de raison de douter, en plusieurs cas, que le saphir ou lapis-lazuli fut employé pour colorer le verre en une riche couleur bleue. On peut montrer que cette substance a produit les plus riches teintes en verre et en émail. Les artistes pourraient réussir à les reproduire et à retrouver cette branche perdue de l'art.

Le manuscrit byzantin, publié par Muralori, garde le silence sur le verre bleu. Eraclius, après avoir parlé de la fabrication du verre de silice avec du plomb, s'exprime ainsi : « De islo vitro plumbeo,ille scilicet qui cceruleus est, qui de diiobus coloribus potesl fieri, poleris si vis cum pulvere saphires miscere ad pingendum in vitro. »

Le même auteur nous donne le procédé suivant :

< Quotnodo pingilur in vitro.

< Dicendum quomodo pingere debes in vitro. Accipe grossi mum de saphiro et palliam qiue excutilur de calido ferro super incudem fahri, cum grossimo tertiam parlem pones, el pluinbeum vitrum, judicalim scilicet misées, et super marmorem ferreum fortiier teres, sicque pingere potest. i

« Comment on peint sur verre.

< Il faut dire de quelle manière on peint sur verre. Prenez un morceau de saphir, et de la battiture qui tombe du fer rouge que l'on frappe sur l'enclume du forgeron. Vous en mettrez le tiers avec le morceau de saphir, et vous y mêlerez du verre de plomb avec discrétion ; vous broierez le tout fortement sur une tablette de fer, et vous pourrez vous en servir pour peindre. >

Eraclius parle de l'azur dans la composition des émaux qui décorent les vases de terre d'un ton foncé. Il en fait mention, néanmoins, comme d'une composition de enivre ou de cobalt.

Suger, qui fut employé par Louis le Gros pour diriger les embellissements faits à l'abbaye de Saint- Denis, nous apprend que les ouvriers broyaient des saphirs en grande quantité, et qu'ils les faisaient cuire avec le verre pour lui donner la couleur d'azur.

Dans la collection Sloane des manuscrils au Muséum Brilannique, il y a un manuscrit du xiv« siècle qui renferme un traité de la coloralion du verre, en vieux français. < Vous prendrez un pot de terre plumhé de dens, et pus si pernez une livre de vostre poudre de crislas et demye lyvre de vostre sel niier et de sans de verre, vi medlez ove vostre poudre de verre, vous le criblez bien ensemble, vi les mette* en vostre pot, vi covrierez cel pot de un covercel kc seyt en milu perce. Vi devez aver un luel de fer ke pus entrer en cel perce, par ou la fumosité pusie

Si'.)

NOTES Dl' LlYïlE SECOND.

issiT, el ce |)i»i doyi bien estre arsilez loi en viroun.i Cela est placé dans h; l'en pendant un jour et une nuit. L'auteur continue :

c Celui qui veut faire une pierre précieuse, claire et brillante, composée de cristal, doit prendre du plomb calcine [prenge cendres de plwmb ars mult menu criblez) et broyé finement. Je vais vous apprendre comment on lait du plomb calcine Mettez du plomb dans un vase rond; prenez de la poudre d'orpiment linement broyée; vous la mélangerez avec le plomb fondu ; h muez jusqu'à ce que le plomb soit brûlé et réduit en poussière, comme de la cendre. Prenez alors cette cendre et pilez-la dans un mortier. » (Ce produit est de la litharge ou proloxyde de plomb.)

« Si vous voulez faire du saphir avec du cristal, prenez 1 oo drachmes de cristal, et 5 drachmes de plomb calciné. Vous les cuirez (vi les quisez) loute une uuil et un jour; lorsqu'ils amont été fondus et refroidis, vous les broyerez dans un mortier et vous les tamiserez. Prenez alors 5 drachmes de bon azur très-beau, qui puisse soutenir le feu sans perdre sa couleur. Broyez tout cela avec la poudre de crislal, niellez dans un vase, el faites cuire pendant trois jours el trois nuits. Eteignez alors le l'eu et laissez refroidir. Vous trouverez le verre fondu et bien coloré comme un saphir, t

Paul de Canotante parait avoir vécu au commencement du xve siècle : il élail natif de Tarente. Son livre est intitulé : < Theoria ullra estimalionem peroptima ad cognilionem lotius alkimise verilatis. > Dans la seconde partie, où sont les formules pratiques, il y a une indication de procédés pour faire les pierres précieuses.

t Si smarâgdum habere volueris, appone viride nés; si vero sapbir, ponas salis deiapide lazuli : si jacinthum violaceum, ponas vel minus vel plus lapidis dicli : si jacinthnm granalum, ponas de pulvere malachilis : si chrysolithum, pone arsenicum : si lopasium, mediocriier ponas arsenicum. t

« Si vous voulez avoir une émeraude, prenez du cuivre vert (le bi-acélaie de cuivre) ; si c'est un saphir, prenez du lapis-lazult en quantité suffisante; si c'est une hyacinthe violette, prenez plus ou moins dudit lapis-lazuli ; si c'est une hyacinthe grenat, prenez de la poussière de malachite ; si c'est une chrysolilhe, prenez de l'arsenic; si c'est une lopaze, prenez peu d'arsenic. >

Alexius de Secrelis, Mizaldus.Baplista Porta, Néri, de Piles, et autres auteurs font mention du lapislazuli comme d'un élément qui entre dans la composition des verres bleus de diverses nuances.

Cap. 15. Du verre appelé cali.ien.

Après avoir donné les procédés pour fabriquer le verre bleu et le verre vert, Théophile devait nous donner ceux de la fabrication du verre rouge. Nous pouvons faire seulement des conjectures sur l'origine du mot çfallien appliqué au verre rouge. Ce mot vient du grec xxXoc, beauté, ou du nom de l'empereur Gallien, sous le règne duquel les arts furent très-cullivés. De son temps on introduisit à Rome l'usage des arabesques et plusieurs aulres ornements d'architecture. (Eméric David, Discours sur la peinture, pag. 17.) Cette dernière élymologie parait la plus probable.

Eraclius, De arlibus liomanorum, est le seul auteur, avec Théophile, qui fasse mention du verre guilien, vitrum galiienum. Le chapitre où il en est question, heureusement n'est pas perdu. (Haspc, Eracl. De art. Roman., pag. 112; cl Bibliolh. Nai-, à Paris, n" 6741.) Après avoir indiqué la manière de faire le verre blanc, Eraclius enseigne les procédés pour le colorer.

Si vero vis ut efficiatur rubeum de cincre bene cocto, sic faciès. La cendre indiquée par Eraclius, en cet endroit, est un mélange do. sable ci de po-

tasse. « Si vous voulez faire du verre rouge avec celle cendre bien cuile, opérez ainsi : Prenez de la limaille de cuivre, et brùlez-la jusqu'à ce qu'elle soit réduite en poussière; mettez-la dans de petits vases de verre, et cela deviendra un verre rouge, que nous appelons gallien (i/uem galiienum vocanins). »

D'après cela, le verre gallien était le verre d'un rouge foncé que l'on obtient par le proloxyde de cuivre, lequel est aujourd'hui souillé généralement sur une feuille de verre blanc. Si on l'employait tel qu'il sort du creuset, la couleur rouge serait trop intense pour que l'on pût se servir de ce verre.

Le manuscril Sloane, 1751, déjà cité, contient, au folio 153, une recette pour faire du verre rouge.

< Si vous voulez faire des pierres rouges, belles, claires et élincelantes, prenez 100 drachmes de cristal el 2 drachmes 1/2 d'oxyde noir de fer (magnesia ferrea), c'est la pierre magnétique qui attire le 1er (ce est une pyère lie est aymant si tret fer) ; faites cuire cela pendant cinq jours el cinq nuils dans un vase; ôtez alors le feu el laissez refroidir. »

Pline aussi mentionne ce proloxyde de fer pour colorer le verre. Cœptus addiel magnes lapis; quoniam in se liquorem vitri gangue, ut f'errum, trahere creditur. (Plin., Uist. nat., Mb. xxxvi, cap. 20.)

Cap. 13 et cap. 14 : Vitrum clarissimum, velut cryslallum , quod ipsi componunt.

Le verre très-clair comme du cristal, employé par les Grecs pour faire adhérer des feuilles d'or an verre, et qui, d'après le chapitre 14, est également employé pour fixer sur verre les ornements d'or et d'argent, n'est pas autre chose qu'un fondant, capable de maintenir et de combiner, à l'action du feu, les diverses substances vitreuses colorâmes, posées sur des vases en verre ou en argile. Ce dernier chapitre prouve que les Grecs byzantins pratiquaient l'art de peindre sur verre, arl que tous les écrivains français, depuis le Viel jusqu'à M. E. Thibaud, regardent comme d'origine française, et comme ne remontant qu'au xne ou au xm« siècle.

Eméric David n'est pas du même sentiment. Il cile l'historien du monastère de Saint-Bénigne de Dijon, qui écrivait vers 1052, et qui déclare que rit? son tempsWy avait, dans l'église du monastère, une trèsancienne peinture sur verre, représentant le martyre de sainte Paschasie, el que celle peinture provenait d'une ancienne église restaurée par Charles le Chauve, en 850 : Ut qnœdam vitrea antiquitus farta , et usque ad noslra perdurans tempora, cleganti prœmonstrabat pictura.

Les Bénédictins ont attribué l'invention de la peinture sur verre au règne de Charlemagne (loin. VI, pag. 60), et avec plus de raison. Théophile décrit non-seulement l'ornementation des coupes, des vases et aulres objets usuels, par des procédés semblables à ceux de la peinture sur verre, à l'aide d'un fondant ; au chap. 21 , il donne des conseils pour peindre sur verre : < De la même manière, dit-il, vous ferez des fonds d'un blanc très-clair; vous ornerez les figures de ces fonds avec du bleu, du vert , du pourpre et du rouge. »

On trouve encore dans les écrits d'Eraclius des indications relatives à un fondant pour l'ornementation des vases soil en verre, soit en terre. L'art de rendre le vert plus fusible au moyen de la litharge était bien connu de cet écrivain.

Un très-curieux Ms. de la collection Sloane, n° 5661 , qui renferme des recettes d'un alchimiste anonyme du xtve siècle , avec différents autres sujets, contient en outre un traité de la coloration du verre. Ce manuscrit est du xvie siècle; c'est une copie faite d'après un ouvrage plus ancien. On y lit l'indication suivante : < Ce livre appartient à moi, Jean Elyot, lequel fui écrit d'après une antique copie, dans l'année 1572, pat William Belyngslie, laquelle copie paraissait cire vieille de 200 ans. »

NOTES DU LIVRE SECOND

Voici quelques-unes des recelles qu'on y trouve sur ta manière de colorer le verre. Couleur bleue.

Pag. i. Color blavum. Celte couleur était pourpre ou bleue, d'après le Culliolicon et la Tabula vocum aijnonijm. de Le Bègue : c'est un terme byzantin.

Verre de cristal purifié, 10 livres; Bâfre pulvérisé, i drachme. (Le cobalt est quelquefois désigné à celle époque sous le nom de saphir, à cause de sa ressemblance avec le saphir grec, lorsqu'il est combiné avec un silicate. Le safre ou safl're est un carbonate de cobalt.) Ces matières doivent être fondues cl mises dans lin fourneau.

Couleur violelle. — Color vivletas.

Cristal purifié, 10 livres;

Mélangez-y 1 liv. de manganèse broyé ( magne- $ia).

Broyez et mettez dans un fourneau.

Couleur d'émeraude. — Color smaraldi.

Verre de cristal préparé, I liv.

Plomb calciné, 1 liv.

Parcelles de cuivre préparées, 2 liv.

Verre vert, 1 liv.

Parcelles de fer (ce qu'où appelle ballitures de fer),

1 once.

Broyez le tout ensemble, et mettez dans un fourneau.

Couleur de rubis pâle. — Color balassii. Verre de cristal préparé, 10 liv.

Ballitures de cuivre, 1 partie sur 8 de cristal. I once d'oxyde jaune de fer (croci ferri). Broyez, et mettez dans un fourneau.

Couleur de rubis. — Color rubini.

Prenez du tartre de vin rouge, épais et dur à casfer, 5 parties.

Verre de cristal préparé, 2 parties.

Broyez et faites fondre ensemble.

Alors prenez-en 20 parties sur 8, et I partie sur 8 de batliturc de cuivre, de l'oxyde jaune de fer, i once 1/2 (croci ferri).

Broyez cela ensemble avec du vin rouge, et mettez dans un fourneau ; retirez et broyez en poudre; faites cela quatre fois. *

Le bilartrate de potasse, employé à la place de borate de soude, est connu maintenant, dans la composition du fondant pour ta verre et dans la préparation des couleurs; il sert ici à enlever l'oxyde de la battlture ou oxyde rouge de cuivre, Vœs uslum des anciens , et la couleur rouge est développée. D'autres substances renfermant du carbone pourraient servir au même but.

i Manière de préparer quelques-uns des ingrédients appartenant à l'ouvrage ci-dessus.

< Le cuivre est ainsi préparé. Prenez autant de battilurc de cuivre que vous voudrez, broyez bien, et dissolvez dans du vinaigre (inaceto), et distillez à travers un filtre [et distilla per filtrum); vous pouvez recommencer cette opération, vous pouvez épaissir ce qui a été passé, et broyer à votre gré. Vous pourrez traiter de la même manière la baltiture de 1er; faîtes la même opération pour l'oxyde jaune de fer. >

Fol. 61. « Si vous voulez faire une escarboucle. i

< Prenez de l'or bien calciné, que vous aurez séparé de toute espèce Je sel, 1 partie; sel alcali,

2 parties; et faites fondre dans le fourneau à verre.

i Si vous voulez faire un rubis.

« Prenez un tiers d'oxyde jaune de fer et deux tiers de sel alcali (carbonate de potasse). « Si vous voulez faire un saphir.

i Prenez 1 partie d'azur arménien (l'azur armé-

nien, lapis armenus, est la même chose que le 'apislazuli, le saphir des Crées, qui furent souvent confondus durant le moyen âge; il est certainement question ici du lapis-lazuli), et 2 parties de sel alcali.

« Si vous voulez faire une hyacinthe.

« Prenez 1 partie de sel alcali, une demi-partie de proloxyde d'or, et une demi-partie d'oxyde ou de rouille de fer.

« Si vous voulez une émeraude.

« Prenez 2 parties de sel alcali, et un peu d'oxyde de cuivre (calcis cnpri) bien préparé.

« Si vous voulez une topaze.

« Prenez 2 parties de sel alcali, un peu d'oxyde d'or et un peu de protoxyde ou peroxyde de plomb.

c Si vous voulez un grenat.

« Prenez 2 parties de sel alcali, et un peu d'oxyde d'or, et un peu d'hématite [lapidés sanguinariœ). « Si vous voulez une chrysolilhe.

< Prenez 2 parties de sel alcali et une partie de calamine de zinc préparée (lutiœ calaminaris prœparutœ).

« Si vous voulez une turquoise.

« Prenez 2 parties de sel alcali, une demi-partie d'oxyde d'or, et une demi-partie d'azur arménien (saphir). >

Dans un manuscrit du xiv siècle, à la Bibliothèque Nationale, à Paris, on trouve la recette sui vante pour faire un fondant pour le verre. Ms. 7147, fol. G9.

« Pour fondre du verre et autres choses semblables.

« Prenez du sel de pierre (probablement du bilartrate de polasse, plutôt que du nitrate), du horax, de la céruse, en quantités égales ; mêlez bien le tout ensemble, pulvérisez avec de l'huile d'œuf. » Lorsqu'elle est sèche, cette poussière facilite la fusion du verre et d'à utresr substances.

Au moyen âge l'huile d'œuf était supposée posséder de grandes et nombreuses propriétés.

Cap. 16. De vasis, etc., piciis.

Pour peindre sur des vases d'argile , les Grecs avaient coutume de se servir de couleurs fusibles, mélangées avec d'au 1res couleurs convenables. Cet art devait naturellement conduire à celui de peindre sur verre : la transition devait être immédiate. Théophile nous apprend que le même peuple faisait des tablettes de verre, comme dans le travail du vitrail, qu'ils ornaient d'or, en mettant un fondant par-dessus, pour le protéger. Cela était pratiqué particulièrement pour la mosaïque. La décoration des vases avec de l'or et des couleurs, ayant été appliquée au verre aussi bien qu'aux vases et aux coupes en argile, fut transportée au travail des feuilles de verre, et ainsi à l'ornementation des vitraux.

Eraclius, qui est cité par Théophile, au m« livre, donne un chapitre sur ce sujet.

II ne sera pas sans inlérèl de placer ici un extrait d'un livre écrit par T. de Mayernc, médecin successivement de Henri IV et de Louis XIII, en France, de Jacques Ie' et de Charles 1", en Angleterre. C'était un amateur distingué des arts, et l'un des hommes les plus savants de son temps. Il eut accès dans les ateliers des principaux artistes de son temps en Italie, en Flandre, en France et en Angleterre. Extrait emprunté au livre de M. Colladon: «Couleurs

des esmaulx ou vemix de la poterie de faïence.

Copie de l'original d'un maistre potier anglais. »

Cet Anglais était artiste et artisan à la fois. Ces couleurs servaient pour la peinture sur porcelaine, aussi bien que pour verre. Ces recelles paraissent ètie d'origine italienne.

NOTES DU LIYBE SECOND

Blanc transparent.

Borax, 10 parties; plomb, 8; silice, 7 ; cristal, 10; sable, 7.

Bien.

Cristal, 18; azur, 4; safre, I; plomb, 4.

Violet.

Borax, 18; safre, G; silice, 8

Noir.

Borax, 20; safre, 4; manganèse, 3; sable, 2; crâlal, 2 ; plomb ; 10.

Jaune Plomb, 15; antimoine, 1 1/2 ; cristal, 2; sable, 2. Or.

Plomb, 15; minéral, 5; cristal, 5; oxvde île fer, 1 1/4.

Vert.

Cristal, 5; sable, o; plomb, 15 ; vert de cuivre, 5; silice, 5; limaille, 1 1/2.

4ulre vert.

Buros, 18; plomb, 4; bisgreen, 12; verre, 8. [Buros est probablement le borax; bisgreen est IVcume de verre).

Autre vert.

Cristal, 5; plomb, 15; limaille, l; silice, 5sable, 5.

Couleur de ciel.

Buros, 18; plomb, 18; safre, 4.

Tany, bleu clair.

Sable, 5; cristal, 5; plomb, 15; manganèse, 1 1/2silice, 5. * '

Autre Lieu.

Crislal, !8; plomb, 6; buros, 18; safre, 4 1/2-

az.ir, 4. '

Autre Lieu.

Plomb, G; cristal, 18; azur, 10; buros, 4; manganèse, l,i ou 1/2.

Couleur de cendre.

Borax 18; plomb, 8; safre, 4, manganèse, 1, ou 1/2 on 1/4.

Gris pâle.

Uuros, 18; plomb, 8; azur, 4.

Gris de cbeveux.

Plomb, 15; azur, 6; verre, 3; safre, 3; cristal, 3 ; manganèse, 1/4. ' '

Carnation.

Buros, 20; plomb, 8; sUice, 12; manganèse, 1/2.

Couleur d'eau.

Buros, 18; plomb, G ; safre, G; verre 6.

Gris pâle.

Bleu, I ; lung ou bleu clair, 1.

Bouge.

Plomb, 2; oxyde de fer, 2; antimoine, 1 ou IAj tartre, 1 ou 1/2. f**

Vert.

Sable, 2; limaille, 5; plomb, 2; antimoine, 1.

aune.

Plomb 2 livres; antimoine, I livre 1/2- tartre

Blanc d Italie.

blanc. ' •' ca,cinc Jusqu'au

U kouras ou borax est celui des orfèvres Le plomb est le plomb calcine sans addition Le cmtat est le verre trcs-clair de ^Venise

L'azur est celui qui esi employé pour l'amidon. Les ntéx, ou la silice, sont' calcinés jusqu'au blanc. '

Le manganèse est une pierre qui vient d'Espagne.

L antimoine est cmplové sans préparation.

La rouille de fer (ou oxyde de fer) est celle qui provient de vieilles ancres de navire.

Le bis-green est l'écume du verre.

La couleur gali est le rouge foncé.

Le tartre est le tartre Liane.

La caluminare n'est pas le lapis calaminaris, mais une matière Ires-piquante au goût (c'est le spodium des anciens; l oxyde de zinc).

Cap. 19. Teres cum vino.

Cette manière d'introduire un sel dans la couteu" avec laquelle on peint sur verre est peut-être digne d elre remarquée. Les couleurs étaient mêlées ensemble avec du vin ou de l'urine; on obtenait ainsi une addition de sel au fo:idant, sous forme soit de pbospbate alcalin, soit de larlrate de potasse. Cap. 21. Croco vitro non multum uteris.

La recommandation de Théophile d'éviter d'introduire du verre jaune dans les vitraux, execplé pour les ornements, et aux endroits où l'on emploie l'or dans la peinture ordinaire, est fort remarquable 1 •• mauvais effet de certaines verrières modernes prouve la justesse de la recommandation de Théophile. Les artistes français ont remarqué cet effet et l'emploi de celte couleur, suivant leur expression' fait trou dans la composition.

Cap. 28. Cruces in capite majestatis.

A une époque où les peintres et les autres artistes employés à la décoration des édifices sacrés appartenaient à l'Eglise ou étaient sous son influence' les lois de l'iconographie chrétienne lurent fidèlement observées. Le nimbe qui entoure la tôle des personnes divines et des saints était symbolique et indiquait leur caractère sacré. Dans son Icenographk chrétienne, M. Didron assure qu'une figure dont la tète n'est pas entourée du nimbe n'est pas la représentation d'un saint.

Un caractère plus distinct em ore se remarque aux images de Dieu, des anges et des apôtres : les pieds y sont toujours nus. La sainte Vierge et aucun autre saint ne présentent celle particularité.

Un personnage avec un nimbe est un saint- un saint avec les pieds nus est au moins un apôtretout personnage avec un nimbe croisé représenté une des personnes divines. Celle règle, ajoute M. Didron, est invariable. J

Cap. 50. Quomodo refonnetur vas vilreum fraclum.

Celle invention paraît avoir été faite sous le lémie de libère, et avoir donné naissance à la fable du verre malléable. Pline, cité par saint Isidore, parle de 1 invention d'une composition, ou mélange! oui rendait le verre tendre et que Tibère, craignant mie celle découverte ne fil diminuer le prix de celte matière précieuse, détruisit l'atelier de l'inventeur Celte histoire a été embellie encore par saint !>idore, mu ajoute un marteau à la fable, et qui convenu le verre tendre ou tractabile vilrum, mentionné par Pline, en un verre malléable. Eraclius cite phi toi saint Isidore que Pline, dont le récit est troD simple pour prouver ce merveilleux.

Voici le récit de Pline : Ferunt, Tiberio princiue excogilalum vUn lanperumentum, ut flexibite esscl : et tolam officinam arli/lcis ejus abotitam ne œris argentt, auri , metallis prelia detralierentur ; eUnt* fama crebrwr dtu,guamcertior fuit. (Plin., ljb. xxxvi

Saint Isidore ne fait pas attention au dcuiç. exprime par Pline. < On rapporte, dit-il, que sous Tibère, un artisan découvrit un mélange pour le verre qui le rendait flexible el ductile. Lorsqu'il fut

NOTES DU LIVRE SECOND

snc

admis à présenter tin vase à rcnipcrcur, celui-ci, irrité, le jeta à terre où il se ploya, comme s'il avait été en cuivre. L'artisan ramassa le verre sur te plancher, prit un petit marteau et le répara. Alors l'empereur lui demanda si quelque autre que lui connaissait son secret. Lorsqu'il eut affirmé que non, l'empereur le fit décapiter, craignant, si ce secret était connu, qu'il ne fil diminuer la valeur de l'or, de l'argent et de tous les métaux précieux. Car, en vérité, des vases en verre qui ne pourraient pas se casser vaudraient mieux que l'or et l'argent. > (Opéra S. hidori, lin. xvi, cap. 16.)

Nous voyons que la narration de Pline a été considérablement amplifiée et qu'il en est sorti une erreur qui a fort troublé les alchimistes du moyen

Pline, lib, xxix, cap. 3. nous donne le procède généralement usité de son temps pour coller le verre cassé : Candidum ex his (ovis) ailmislum calci vivte glulinut vilri fragmenta, i Du blanc d'oeuf, mêlé à Je la chaux vive, colle les fragments de verre. » De Contponeudis fenesiris. — Manière de composer les vitraux.

Nous avons prouvé que les anciens connaissaient l'usage du verre coloré. Les amulettes émaillées (abracadabra) et les abaculi ou talisman:; des Grecs cl des Romains, existant encore aujourd'hui, suffiraient pour le démontrer. Les Romains employaient le verre à l'embellissement de leurs appartements, et Sénèque parait dire qu'on y employait des miroirs nu glaces , comme cela se pratique actuellement. Pauper sibi videtur ac sordidus, nisi parieies mugnis et pretiosis orbibus refulserint , nisi vitro absconditur caméra. (Epist. 86.)

Dulens assure que pendant qu'on faisait des excavations à Pompéi, en 1778 , les fenêtres de quelques chambres, dépendantes des bains, furent trouvées vitrées avec de beau verre, comme les appartements des modernes. Lactance (DeOni/in'oDei) et S. Jérôme, qui écrivaient du ni" au ive siècle, parlent tous deux de fenêtres vitrées. L'emploi des verres colorés, arrangés à la manière des mosaïques, la fenêtre ou verrière simple, du ebap. 25) de Théophile, pourrait avoir précédé la peinture sur verre , qui suppose un art plus avancé. L'eifel produit par les couleurs et l'admiration qu'il excitait, aura sans doute, de lionne heure, excité le talent des artistes chrétiens.

Au vu siècle, lorsque saint Fortunat de Poitiers loue les évèques qui ornaient leurs églises de larges verrières, et qu'il vante l'effet qu'elles produisaient aux rayons du soleil, il paraît évident qu'il voulait parler des verres de couleur. (Carmina, lib. u.)

Sidoine Apollinaire, dans sa lettre à Hespérius (Epist. 10, lib. n) parle positivement de verres colorés qui ornaient les fenêtres d'une église bâtie à Lyon, par l'évèque saint Patient.

« Ecclesia imper conslructa est Lugduni, quai studio papac Palienlis ad summum cœpti operis accessit, viri sancti, strenui, etc.

c Itttus lux muai, alque bractealuiu

i Sol sic solliciuiur ad lacunur,

« l'ulvo ut concolor errel in métallo,

« Distinction vario nilore marmor

• l'erourrit eameram, suhim, l'enestras.

« Ac sub verskoloi ibus tiguris

» Vernam herbida crttSU sapliiraios

« Flectil per prasimun vilriun lapdlos. »

Korlunat et Paul l'Ermite, aussi bien que Théophile, décrivent l'effet admirable que les rayons du soleil levant produisaient dans les fenêtres de Sainte- Sophie de Constanlinople.

Il est plus que probable que toutes ces anciennes fenêtres de décoration étaient ornées de mosaïques, et que les verres variés qui les composaient étaient colorés par la combinaison d'oxides métalliques avec le verre lui-même, au fourneau de vitrification. Les

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