LIVRE TROISIÈME
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CHAP1TIIE I".
De (a construction de (a fabrique.
Construisez à votre usage u ie maison baute et spacieuse, dont la longueur soit dirigée du côté de l'orient ; vous ferez autant de fenêtres que vous voudrez et que vous pourrez dans le mur méridional, de manière qu'il y ait cinq pieds entre chaque fenêtre. Partagez la maison, de manière que la moitié en soit consacrée à la fusion des métaux, et au travail du cuivre, de l'étain et du plomb ; le mur de séparation s'élèvera jusqu'au haut. Divisez l'autre moitié, également par un mur, en deux parties ; dans la première on travaillera l'or, dans la seconde on travaillera l'argent. Les fenêtres ne doivent pas être élevées à plus d'un pied du sol ; leur hauteur sera de trois pieds, et leur largeur de deux pieds.
CHAP. II
Du siège des ouvriers.
Creusez ensuite, devant la fenêtre, à un pied et demi du mur, en travers, un fossé de trois pieds de long, de deux de large; vous le couvrirez de bois à la circonférence. Deux de ces bois, au milieu, vis-à-vis de la fenêtre, s'élèveront du fossé, à la hauteur d'un demi-pied; là-dessus, transversalement au fossé , on placera une table arrondie de deux pieds de largeur sur tro's de longueur, qui puisse couvrir les genoux de ceux qui seront assis dans le fossé; elle sera tellement unie que toutes les parcelles d'or ou d'argent qui tomberont dessus pourront être ramassées aisément.
CHAP. III
Du fourneau de travail.
Auprès du mur, et non loin de la fenêtre, à gauche de l'ouvrier assis, on plante en terre un bois long de trois pieds, large de deux, de la grosseur de deux doigts à peine. Lorsqu'il sera solidement établi, il présentera, au milieu, une ouverture à passer le doigt, à une hauteur du sol de quatre doigts. A la partie antérieure on attachera un autre bois solidement avec des chevilles en bois, large de quatre doigts, et aussi long que le précédent. Devant celui-ci vous établirez un autre bois d'égale longueur et largeur, de manière qu'entre ces deux bois il y ait un espace de quatre doigts. Assujettissez ce dernier à l'extérieur à l'aide de deux ou trois pieux, prenez de l'argile non pétrie, ni mêlée d'eau, mais nouvellement extraite, mettez-en dans cet espace d'ab.-rd un peu, et pressez fortement avec un bois arrondi, ensuite davantage, et frappez do nouveau; vous ferez de la sorte jusqu'à ce que l'espace soit rempli aux deux tiers; laissez l'autre tiers vide. Enlevez alors le bois antérieur, et avec un couteau long coupez l'argile également en avant et en dessus; frappez ensuite fortement avec un bois mince. Après
(l) LongHndine trium pedum. Ex US. Gnelpft.
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TRADUCTION
TIWOPIIILl Un. 1H.
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cela, prenez de l'argile pétrie et mêlée de fumier de cheval, et faites un fourneau avec son foyer; couvrez le mur, alin qu'il ne soit p3S calciné par le feu; avec mince percez qui est derrière vail.
l'argile a travers le bois. De
un bois
l'ouverture
celte même
rielem, ne uratur igne^ et eu ni gracili ligno perfora argillam trans foramen quod est rétro in ligno. Hoc modo compone omnes fornaces fahriles.
manière, faites tous les fourneaux de tna*-
CHAP. IV
Des soufflets. Faites ensuite des soufflets en peau de mouton, de la manière suivante. Lorsqu'on tue les béliers, il ne faut pas leur couper la peau sous le ventre; on les ouvre dans les parties postérieures, et on les dépouille de manière à arracher les peaux entières ; on les remplit ensuite de paille pour les faire sécher. Après cela, on les étend dans un mélange de lie et de sel pendant un jour et une nuit ; le troisième jour on les tire , en les retournant, en longueur et plus encore en largeur. On les oint ensuite et on les tire de nouveau. Après quoi, faites une tète de soufflet en bois, qui puisse passer par le cou de la peau ei s'y attacher, et dans cette tête une ouverture par où pourra passer un tuyau de fer. Par derrière, dans la longueur du soufflet qu'on pose quatre bois, dont deux seront unis ensemble et attachés par le milieu ; les deux autres seront cousus dans le soufflet de manière que les jointures soient au milieu, en dessus et en dessous, où encore seront cousues deux anses de la même peau , l'une plus haut et plus petite, pour mettre le pouce, l'autre plus bas et plus grande, où l'on pourra mettre les quatre autres doigts. Ces choses étant ainsi achevées, mettez le
tuyau de fer dans l'ouverture du fourneau, et dans le fourneau des charbons et du feu, en avant et en arrière ; soufflez afin de dessécher le fourneau. Voici maintenant le nom des outils et instruments en fer employés dans les travaux de fabrication.
CAPUT IV
De follibus.
Deinde lac tibi folles de pellibus arielmn ita. Cum occiduntur arietes, non incidantur pelles sub ventre, sed in posterioribus aperiantur, et ita eversentur ut intégras extraliantur, et impletœ stramine modice exsiccentur. Postea jaceant in confectione fœeis et salis una die et duabus noctibus, tertia vero die trahantur in retorta in longitudine, sed plus in latitudine. Deinde ungantur et ite— rum trahantur. Postheec fiât folli caput ligneum, quod transeat per collum ejus et ibi ligetur, et in capite foramen per quod transeat tistula ferrea. Rétro vero in latitudine follis ponantur quatuor ligna, quorum duo sibi conjungantur et colligentur in medio, et duo sibi deinde suantur in folle, ita ut jun>cturœ in medio sint superius et inferius,ubi etiam duœ ansœ ex eadem pelle consuantur, una superius minor, in qua pollex imponatur, altéra major inferius, ubi reliqui quatuor digiti immittantur. His completis, pone fistulam ferrea m in foramen fornacis, et reiro et ante fornacem carbones et ignem, et suffla ut fornax exsiccetur. Utensiliorum autem et ferramentorum nomina in fabrili opère sunt heee.
chap. v.
Des enclumes.
Des enclumes larges , égales et carrées. Item, des enclumes égales et cornues. Item, des enclumes rondes par dessus en forme de demi-pomme, une plus grande, une autre plus petite, une troisième courte; elles s'appellent nœuds. Item, des enclumes longues et étroites comme deux cornes qui sortent du tronc ou support; une corne sera ronde et effilée en pointe, l'autre corne sera plus large et un peu recourbée au bout, ronde et lisse, ressemblant à un pouce. Telles sont les enclumes grandes et petites.
CHAP. VI
Des marteaux.
Beaucoup de marteaux, plus grands, moindres et petits, larges d'un bout, étroits de l'autre. Item, des marteaux longs, et minces, arrondis à l'une des extrémités, grands et petits. Item. , des marteaux recourbés en naut, et larges en bas.
CHAP. VII
Des tenailles.
Des tenailles fortes , à main , ayant des
CAPUT V
De incudibus.
lncudes latôe,, <equales etquadrœ. Item in~ cudes œquales et cornutœ. Item incudes superius rotundae in similitudinedimidii poini, una major, alia minor, tertia brevis, qui vocantur nodi. Item incudes superius longœ et strictœ quasi duo cornua ab hastili praacedentia, quorum unum sit rotundum et deductum ita ut in summitate sit gracile, aliud vero Iatius et in summitate modice recuit vum in rotunda aequalitate ad similitudinem unius pollicis. Hee sunt majores et minores.
CAPUT VI
De malleis.
Mallei multi, majores, minores et parvi, in una parte lati, in altéra stricti. Item mallei longi et graciles, in summitate rotundi, majores et minores. Item mallei superius cornuti, inferius lati.
CAPUT TH
De forcipibus.
Forcipes manuales fortes, habenles nodos
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TUEOPHIU L1B. IH.
in summitate, majores et minores. Item forcipes longi et graciles. Item forcipes fusorii longi, et in anteriori parte modicnm curvi» Item forcipes médiocres, quibus limanda quœque teneantur, qui sint in summitate rinius caudœ graciles, in altéra -pendeat ferrum tenue et fatum, ac perforât um, cuicum posueris aliquid parvum limandum, comprime fort i ter, et mitte gracilem caudam in quod forameo volueris. Item forcipes parvuli, in una snmmitale sibi adhérentes, et in citera graciles, quibus grana et alia quœque minuta componantur. Item forcipes qui dicuntur carbonarii, et majores et minores, qui sint in una summitate integri et plicati, in altéra aperti et modice curvi. Item forcipes incisorii majores et minores, in duabus partibuscompositi et clavo confixi.
tes, qui soient k un bout entières et ployées, bées. Item , des tenailles à couper, grandes attachées par un clou.
CAPL'T VIII.
De ferris per quœ fila trahunlur
Ferri duo laliludine trium digitorum, superius et inferius stricti, per omnia tenues, et tribus orJinibus aut quatuor perforati, per quœ foramina fila trahantur.
CAPUT IX
De instrumenta quod organarium dicitur.
Est etiam instrumentum ferreum, quod organarium dicitur, quod constat duobus ferris, uno inferius, altero superius; sed pars inferior habet grossiludinem et longitudinem longioris digiti, et est aliquantulum tenuis, habens duo hastilia, quibus lignum figitur inferius, supra quœ in superiori parte eminent duo clavi grossi, qui suscipiunt superiorem partem ferri, quod ferrum habet grossitudinem et longitudinem inferioris, et habet duo foramina, in utraque summitate unum, per quœ duo clavi (1) superiores inducantur, ut sibi conjungantur. Valde enim eonjungi debent cum lima ; in quibus utrisque fodiantur fossulœ, ita ut per médium appareant foramina, ut cum in majori argentum vel aurum miltilur longum et œqualiter rotundum percussum, fcriatur superior pars ferri fortiter cum malleo corneo , et altéra manu rotetur aurum vel argentum, et fiant grana rotunda sicut fabœ, in sequenti foramine fiant quasi pisa, in tertio quasi lentes, et sic minora.
nœuds à l'extrémité, grandes et petites. Item, des tenailles longues et minces. Item, des tenailles de fondeur, longues et un peu recourbées h la partie antérieure. Item, des tenailles ordinaires, pour tenir tous les objets qui doivent être limés; elles doivent être minces à l'extrémité de l'une des branches ; à l'extrémité de l'autre branche il v aura suspendu un fer large et mince , et percé , à l'aide duquel vous pourrez serrer fortement lorsque vous aurez à limer quelque objet trop petit; vous pourrez mettre la branche pointue dans quel trou vous voudrez. Item , des tenailles très-petites , adhérant entre elles a l'une des extrémités, et à l'autre extrémité fort légères, qui servent à faire les grains et tous les autres ouvrages délicats. Item, des tenailles appelées de charbonnier, de grandes et de petiet à l'autre bout ouvertes et un peu courel petites , composées de deux parties et
CAPLT X.
De limis inferius f assis.
Fiunt etiam ferri graciles ut festuca, longitudine uni us digiti, qu ad ri ; sed in uno latere latiores, quorum caudœ, in quibus manubria ponunlur, surit sursum curvœ :
inferius autem per longitudinem est tractus fossus et limatus quasi sulcus, et ex utraque
(\) Inferiores? Transi.
CHAP. VIII
Des instruments en fer appelés filières. Deux fers, de la largeur de trois doigts, étroits en haut et en bas, minces partout, et percés de trois ou quatre rangs de trous, par lesquels on tire le fil de métal.
CHAP. IX
De l'instrument qu'on appelle organarium. Il y a un autre instrument de fer qu'on appelle organarium , qui est composé de deux fers, l'un supérieur et l'autre inférieur. La partie inférieure a la longueur et la grosseur du plus long doigt, et elle est un peu mince, munie de deux tiges sur lesquelles s'enfonce un bois par la partie inférieure : au-dessus de ces tiges s'élèvent deux gros clous, qui reçoivent la partie supérieure d'un fer qui a* la longueur et la grosseur du fer inférieur : il est percé de deux trous, un à chaque extrémité, par lesquels passent les deux clous, afin qu ils soient joints. Ils doivent, en eilet, être bien joints à l'aide de la lime; on doit sur chacun d'eux creuser de petites cavités , de manière à voir les trous au milieu, afin que, en mettant dans le plus long de l'or ou de l'argent battu, long et également rond, on frappe fortement la partie supérieure du fer avec un marteau en corne, et que de l'autre main on tourne l'or ou l'argent, et qu'on en fasse des grains ronds comme des fèves, dans le second trou comme des pois, dans le troisième comme des lentilles, et ainsi en diminuant.
CHAP. X
Des limes creuses à la partie inférieure. On fait aussi des fers, petits comme une paille, de la longueur d'un doigt, carrés, lis sont plus larges d'un côté, et les queues, où l'on met des manches, sont courbées en haut ; à la partie inférieure, au contraire, il y a un trait creusé et limé, connue un sillon, et de chaque côté il y a des côtes aiguës et
TUAMICTION.
THEOPHILI LIIJ. MI.
limées. Avec ces fers, on lime les fils d'or et d'argent, gros et petits, de manière à y faire paraître des grains.
CHAP. XI
Des fers à creuser (burins).
On fait aussi des fers h creuser de la manière suivante. On fait un fer d'acier pur, àe la longueur du grand doigt et gros comme une paille, mais plus gros au milieu : ce fer est carré. Une des extrémités s'adapte à un manche ; à l'autre ex' rémité, on lime un des angles, celui de dessus jusqu'à celui de dessous, mais celui-ci est le plus long et limé de façon h finir en pointe. On chauife ce fer et onde trempe dans l'eau. Sur ce môme modèle, on en fait plusieurs, grands et petits. On en fait encore un autre également carré, mais il est large et mince, et la pointe se trouve du côté le plus large, de manière qu'il y ait deux côtes en dessus et en dessous plus longues et unies. De ce modèle on en fait encore plusieurs, de grands et de petits. On forge aussi un fer rond et gros comme une paille, dont la pointe est limée de façon que le trait qu'il creuse soit rond.
CHAP. XII
Des fers à racler
On fabrique, en outre, des fers à racler, fins, mais cependant un peu plus larges a l'extrémité et aigus d'un côté. On en fait de grands et de petits ; quelques-uns sont courbés, à volonté, selon le génie de travail à exécuter. On fabrique des fers sur le même modèle, mais obtus , et destinés à polir l'ouvrage.
cuap. xiii.
Des instruments convenables au travail de gravure sur métaux.
On fabrique aussi des instruments en fer pour représenter des figures, des oiseaux, des animaux, ou des fleurs qui se gravent sur l'or, l'argent et le cuivre. Ces instruments seront longs d'une palme ; à la partie supérieure ils seront larges et garnis d'une tète, et à la partie inférieure grêles, ronds, légers, triangulaires, quadrangulaircs , ou recourbés, disposés selon les exigences des divers travaux ; on doit frapper avec le marteau sur ces instruments. On établit, en outre, un instrument de fer, fait de la môme manière, mais fin à l'extrémité, où il y a un trou pratiqué à l'aide d'un autre instrument plus délicat et limé tout autour ; lorsqu'on cuivre doré, il fait une empreinte circulaire t
CHAP. XIV
Des instruments à couper.
On fait des fers à couper d'une grandeur telle qu'ils puissent aisément être pris a pleine main, et s'élever au-dessus de la main, larges et égaux ; qu'ils dépassent également la main par dessons, et qu'ils soient larges, minces et aigus. On en fait de cette espèce une grande quantité , de grands et de petits, à l'aide desquels on coupe 1 or, l'urgent et le cuivre épais.
parte ejussunt costaî acutaelimatae. His ferris limantur filaaurea et argentea grossa et subtilia, ita ut in eis granaappareant.
CAPCT XI.
De ferris fossoriis.
Fiunt quoque ferri fossorii ad fodiendum hoc modo. Fit ferrum ex calibe puro, longitudine majoris digiti, et grossumut festuca, in medio voro grossius, et est quadrum; una cauda ponitur in manubrium, et altéra summitate limatur una costa, quae est superior, usque ad inferiorem, sed inferior est longior, quœ limata gracilis est in cuspide ; quod calidum temperatur in aqua. Ad hanc speciem fiunt plures majores et minores. Fit et aliud similiter quadrum, sed est lalius et tenue, cujus acumen sit in ipsa latitudine, ita ut duœ costae sint superius et du» inferius longioresetœquales. Hoc quoque modo fiunt plures parvi et magni. Fit etiam ferrum rotundum et grossum sicut festuca, cujus cuspis ita limatur, ut tractus, quem facit, sit rotundus.
CAPUT XII
De ferris rasoriis.
Fiunt etiam ferri rasorii graciles, sed in fine aliquantulum laiiores, una parte acuti, parvi et magni, quorum aliqui fiunt recurvi, pro libitu secundum modura operis. Fiunt etiam ferri eodem modo formati, sed obtusi ad poliendum opus.
CAPUT XIII
De ferris ad ductile opus aptis.
Fiunt quoque ferri ad exprimendas imagines, aves, bestias, sive flores, ductiles in auro et argento et cupro, longitudine unius palmi, superius lati et capitati, inferius vero graciles, rotundi, tenues, trianguli, quadranguli, recurvi, prout expetit varietas operis formati, qui mallco debent percuti. Fit vero ferrum eodem modo formafum, sed gracile in fine, inquo est foramen altero ferro graciliore inditum , et in circuitu limalum, quod cum percussum fuerit in auro vel argento sive cupro deaurato, apparet quasi subtilissimus circulus.
frappe cet instrument sur l'or, l'argent ou le
rès-légère.
CAPCT XIV.
De ferris incisoriis.
Fiunt quoque ferri incisorii talis magniludinis ut plena manu teneantur, et super manum emineant , lati et œquales , inferius etiam manum excédant , lati, tenues et acuti. Horum fiunt mulli parvi et magni, q :ibus incidilur aurum et argenlum sive euprum spissum.
THEOPIIIL! LI15. III.
TRADUCTION