CU XV. XLVI
De Vor de la terre d'Evilath.
11 y a beaucoup d'espèces d'or : la principale provient de la terre d'Evilath, entourée du fleuve Pinson, d'après la Genèse. Lorsque les mineurs en trouvent des filons en terre, ils le purifient, l'éprouvent au feu et le consacrent à leur usaye.
CHAP. XLVII
De l'or d'Arabie.
L'or d'Arabie est également d'excellente qualité et de belle couleur. On le trouve fréquemment employé dans des vases trèsantiques. Les ouvriers modernes l'imitent en ajoutantà l'or pâle un cinquième de cuivre rouge, et il réussissent à tromper ainsi. On peut l'éprouver en le mettant dans le feu ; si l'or est pur, il ne perd pas son éclat, s'il est mêlé d'alliage, il change entièrement de couleur.
CHAP. XLVIII
De l'or Espagnol.
11 y a aussi de l'or, appelé Espagnol, qui se fait avec du cuivre rouge, de la poudre de basilic, du sang humain et du vinaigre. Les infidèles, habiles dans cette industrie, se procurent des basilics de cette manière. Us ont une maison souterraine construite en pierres entièrement à la partie supérieure et inférieure, avec deux petites ouvertures si étroites qu'à peine il y peut passer quelques rayons de lumière. Ils y enferment deux vieux coqs de douze à quinze ans, et Ils leur donnent une nourriture suffisante. Lorsqu'ils sont engraissés, ils s'unissent ensemble par la chaleur de leur embonpoint et pondent des œufs. On relire alors les coqs, et on les remplace, pour couver les œufs, par des crapauds que l'on nourrit de pain. Les œufs ayant été couvés, il en sort des poussins, semblables à ceux des poules; sept jours après, il leur pousse des queues de serpent; ils entreraient aussitôt en terre, si le pavé de la maisonnette n'était pas en pierre. Pour prévenir cela, ceux qui les élèvent ont des vases d'airain arrondis, d'une grande capacité, percés de tous côtés, avec des ouvertures étroites ; ils y mettent ces poulets et ils eu-
(3) Imo, mentiuntur.
(4) Masculi, t>j Cod. Guelph.
TltADlîCTION.
THEOPIIIL1 MR. III.
ferment les ouvertures avec des couvercles de cuivre ; ils enfouissent les vases, et les animaux se nourrissent pendant six mois de la terre qui entre par les petits trous. Après cela, ils les découvrent, et les font chauffer fortement, jusqu'à ce que les animaux soient entièrement brûlés à l'intérieur. Après le refroidissement , ils retirent et broient soigneusement, en y ajoutant un «tiers de sang (l'un homme roux, lequel sang sera desséché et trituré. Ces deux substances sont détrempées avec du vinaigre dans un vase propre. Ils prennent ensuite de très-minces lames de cuivre rouge très-pur, qu'il enduisent des deux côtés de cette composition et qu'ils mettent dans le feu. Lorsqu'elles sont ardentes, ils les retirent, les éteignent dans la môme composition et ils les lavent; iis continuent la même opération jusqu'à ce que celte prenne ainsi la couleur de l'or. Cette espèce d
CHAP. XLIX
De Vor de sable.
Il existe une autre espèce d'or, qu'on appelle de sable, et qui se trouve sur les bords du Rhin. On fouille le sable aux endroits où l'on espère en trouver, et on le pose sur des planches de bois. On verse ensuite de l'eau par-dessus fréquemment et avec soin; en s'écoulant, le sable laisse de l'or très-fin, que l'on recueille à part dans un vase. Lorsque le vase est à moitié rempli, on y met du vif-argent, et l'on frotte fortement avec la main, jusqu'à parfait mélange. On place le tout dans un linge lin, que l'on tord pour faire sortir le vif-argent. Ce qui reste est mis dans un creuset et fondu.