‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 244 sur 276 · THE0PH1L1 MB. III · texte numérisé non relu

THE0PH1L1 MB. III

TRADUCTION

daui atque diiigenter commisce usque sit spissum ut fex, ita ut ubicuinque superpouatur non possit tluere. Deinde euni sotis porci Unies hanc diiigenter super vetustam deauraturam in cupro sive argento, quœ fulgorem suuni perdiderit, sic ut oinnino cooperiatur, et sines ita manere per noetem. Secunda vero die aqua lavabis euni eisdeiu setis semel et iteruui, atque tertio perfuudes Imipida aqua, videbisque eam fulgere sicut placueril oeulis tuis.

CAPLT LXXX.

De purjando aura et argento.

Si aurum et argentum laminis attenuatum atque clavis alicubi contixum denigratum vetustate fuerit, toile carbones nigros et minutissime tere eos atque per pannum cribra, sumensque pannum lineuni sive laneum aqua madefactum, pones super ipsos carbones, elevansque i'ricabis diligenter per omnia aurum vel argentum, donec omnem nigredinem auferas, sicque lavabis aqua, et sole sive igné vel panno siccabis; deinde toile cretam candidam, et minulissime rade in vase, et cura lineo panno ita siccara fricabis super aurum vel argentum tandiu, donec pristinum fulgorem recipiat. Eodem modo purgantur vasa.

CAPLT LXXXI.

De organis,

Facturus organa primum babeat lectionera mensuree, qualiter metiri debeant listulœ graves et acutse et superacutœ; deinde faciat sibi ferrum longum etgrossum ad mensuram,qua vulthaberetistulas,quodsitincircuitu,rotundumsumma diligentia limatura et politum, in una summitate grossius et modice attenuatum, ita ut possit imponi in alterum ferrum curvum per quod circumdatur, juxtamodum ligniinquo volvitur runcina, et in altéra summitate gracile, secundum mensuram inférions capitis fistulae, qua contlatorio débet impuni. Deinde altenuetur cuprum purum et sanissimum, ita ut unguis impressus altéra parte appareat. Quod cum fuerit secundum mensuram ferri lineatum et incisum ad longiores fistulas, quœ dicuntur graves, liât secundum praeceplum lectionis foramen, in q 10 plectrum imponi débet, et circumradatur modice ad mensuram festucœ (1), ac superliniatur stagnum ferro solidatorio, radaturque in ora longitudinis interius, in altéra ora exterius eadem mensura, et superstagnetur tenue. Quœ stagnatura, priusquam rasi tractus noviter facti, modice calefacto cupro lineantur cum résina abietis, ut stagnum facilius adhœreat. Quo facto complicetur ipsum cuprum circa ferrum et circumligetur lilo ferreo mediocriter grosso fortiter, ita ut slagnati tractus conveniant sibi. Quod tilum primo induci débet parvuloibramini, quod est in gracili

(I) PistuliE, in Cud. Guelph.

mélangez fortement, jusqu'à ce que ce\a soit épais comrae de la lie, de manière à ne pouvoir couler, quand on en fera un enduit. Ensuite avec des soies de porc vous en couvrirez soigneusement la vieille dorure sur cuivre ou sur argent, quia perdu son éclat: vous étendrez l'enduit exactement partout, et vous laisserez pendant toute la nuit. Le lendemain vous laverez à l'eau avec les soies de porc à deux reprises, et la troisième fois vous verserez de l'eau claire; vous verrez alors la dorure briller à vos veux selon votre désir.

CHAP. LXXX

Manière de nettoyer Vor et Vargent.

Si de l'or ou de l'argent, aminci en feuilles et cloué quelque part, se noircit par l'ancienneté, prenez des charbons noirs, broyezles très-menu et passez à travers un linge. Prenez un morceau de linge ou d'élotro trempé dans l'eau ; vous le poserez sur les charbons, levez-le et frottez avec soin l'or ou l'argent, jusqu'à ce que vous ayez enlevé le noir. Vous laverez alors avec de l'eau et vous ferez sécher au soleil ou au feu ou avec le linge. Prenez ensuite de la craie blanche et raclez-en très-menu dans un vase ; vous la mettrez ainsi sèche sur un morceau de linge, et vous frotterez l'or et l'argent, jusqu'à ce qu'ils aient repris leur premier éclat. On nettoie les vases de la môme manière.

CHAP. LX.XXI

Des orgues.

Le facteur d'orgues devra bien connaître les mesures que doivent avoir les tuyaux graves, aigus et très-aigus. Qu'il se fabriquo ensuite un fer long et gros de la dimension qu'il veut donner aux tuyaux ; qu'il soit rond, limé tout autour et poli avec un très-grand soin, plus gros d'un bout et un peu aplati, de manière à pouvoir être mis dans un autre fer courbé qui l'entoure, pour le faire tourner à peu près à la manière du bois à l'aide duquel on tourne une tarière; de l'autre bout, il sera eftllé, selon la dimension de l'extrémité inférieure du tuyau, par où il sera placé dans le sommier. Amincissez ensuite du cuivre pur et sans défaut, de manière quo l'impression de l'ongle paraisse du côté opposé. Lorsque, selon la mesure du fer, il aura été marqué et coupé pour les plus grands tuyaux qu'on appelle graves , que l'ouverture soit faite selon la règle prescrite pour y placer la soupape; il faut le racler modérément tout autour, selon la mesura du tuyau, le couvrir d'étain avec le fer à souder, le racler à l'un des bords de la longueur intérieurenent , ainsi qu'à l'autre bord extérieur à la même mesure, par-dessus l'étamer légèrement. Cet étamage, avant de racler les traits nouvellement faits, le cuivre étant un peu chautfé, sera étendu avec de la résine de sapin, afin que l'étain adhère plus aisément. Cela fait, le cuivre est replié

TRADUCTION

THEOPH1LI LIB. Ilî.

autour du fer, et attaché fortement tout autour avec un fil de fer médiocrement gros, de manière que les traits étamés se correspondent. Ce fil doit être mis d'abord dans un petit trou situé à l'extrémité effilée du fer et y être retourné deux fois, et ainsi en s'enroulant être dirigé à l'autre extrémité, et là être fixé solidement. Ensuite, les jointures se correspondant et étant unies soigneusement, cette ligature sera mise, ainsi que le fer, devant un fourneau, sur des charbons ardents; un enfant étant assis et soufflant un peu, on tiendra de la main droite un bois effilé, fendu à l'extrémité où sera attaché un chiffon avec delà résine; de la main gauche 01 aura un morceau d'étain battu long et effilé, afin qu'aussitôt que le tuyau sera chaud, on frotte la jointure avec le chiffon imprégné de résine, quel'étain se fonde et que la jointure soit solidement soudée. Cela fait, le tuyau étant refroidi on place le fer dans un instrument de tourneur que l'on vient de préparer ; engageant le fer recourbé et dénouant le fil, un ouvrier tourne le fer recourbé, un autre avec les deux mains garnies de gants tient fort les tuyaux, de manière que le feF tourne tandis que le tuyau reste en repos, jusqu'à ce qu'il se montre aux yeux très-beau comme s'il avait été fait au tour. Otez le fer, et battez le tuyau avec un marteau moyeu auprès de l'ouverture en bas et en haut, de sorte que la rondeur descende presque au milieu à une distance de deux doigts. On fera la soupape de cuivre un peu plus épais, comme une demiroulette; il sera étamé autour de la partie ronde, comme on a fait pour le tuyau. On le placera ainsi à la partie inférieure de l'ouverture , afin qu'il se tienne exactement sous l'ouverture elle-même, sans avancer ni reculer. On aura aussi un fer à souder de même largeur et rondeur que la soupape. Après avoir été chauffé, on pose de petites parcelles d'étain sur la soupape, avec un peu de résine, et on conduit tout autour le fer chaud avec précaution de peur de remuer la soupape, de sorte qu'au moyen de l'étain fondu elle adhère de manière à ne laisser passer autour aucun vent, excepté du côté de l'ouverture en haut. Cela fait, on approche la bouche et l'on souffle d'abord doucement, ensuite plus fort, enfin très-fort, et selon que l'oreille guide, on produit un son

plus gros on donnant plus de largeur à l'ouverture, et un son moins intense en rétrécissant cette ouverture. On fera tous les tuyaux de cette manière. Quant à leur dimension particulière, à partir de la soupape en haut, on la réglera sur les lois établies; mais depuis la soupape en bas, ils seront tous de la même grosseur (3).

summitate ferri, et in eo bis contorqueri sicque deduci in volvendo usque ad alteram summitatem, ibique similiter obtirmati. Deinde juncturis sibi convenienlibus et diligcnter conjunclis, ponatur ipsa ligatura paritercum ferro ante fornacem super prunas ardentes, et sedente puero et medioeriter fiante, teneatur dextera manu lignum gracile, in cujus summitate fissa, adhaereat panniculus cum résina, et sinistra teneatur stagnum longum gracile percussum, ut mox cum fistula incaluerit, lincat juncturam cum panniculo résina iufecto , appositumque stagnum liquetiat, ipsamque juncturam (1) diligenter consolidée Quo facto refrigerala tistula, ponatur ferrum in instrumento tornatoiïs more parato , impositoque curvo ferro et tilo soluto circumvolvat unus ferrum curvum, alter vero, utrisque inanibus chirothecis(2)indutis,fistulamfortiter teneat, ita ut ferrum circumducatur et fistula quieta maneat, donec omnino oculis graliosa sit, quasi tornata sit. Deinde educlo ferro percutiatur ipsa fistula cum malleo mediocriler juxta foi amen inferius et superius, ita ut pêne usque ad médium descendat ipsa rotunditas spatio duorum digitorum; fiatquc pJectrum ex cupro aliquantulum spissiori, quasi dimidia rotula, et superstagnetur circa rotunditatem sicut fistula superius , sicque ponatur in inferiori parte foraminis, ut sub ipsius ora sequahter stet , nec procédât inferius aut superius. Habeat quoque ferrum solidatorium ejusdem latitudinis et rotunditatis quapleclrum est. Quo calefaeto ponat modicas particulas stagni super plectrum, parumque résinée, et diligenter circumducat calidum ferrum ne plectrum moveatur, sed liquefacto stagne sic adhaereat ut in circuitu ejus nihil spiraminis exeat, nisi tantum in superiori foramine. Quo facto apponat ori et sufÙet primum modice, deindo ainplius, sicque fortiter, et secundum quod auditu discernit, disponat vocem, ut si eam vult esse grossam, foramen fiât latius; si vero graciliorem , fiât strictius. Hoc ordine omnes fistulae fiant; mensuram vero singularum, a plectro superius, secundum magisterium lectionis faciat, a plectro autem inferius, omnes unius mensurœ et ejusdem grossitudinis erunt.

CHAP. LXXXII

De Vérection de V orgue.

Pour établir la construction sur laquelle doivent être posés les tuyaux, voyez si vous voulez l'avoir en bois ou en cuivre. Si vous vous décidez pour le bois, pi ocurez-vousdeux

CAPUT LXXXII

De domo organaria.

Domus vero facturus super quain statuendœ sint fistules, vide utrum volueris eam ligneam habere aut cupream. Si ligneam, acquire tibi duo ligna de platano, valde sicca,

(1) Addidimus ex Cod. Guelph.

(2) Hic codex cyiotecis liabel.

(ô) Les chap. qui suivent oui été trouvés dans le

manuscrit ùu Britisk Muséum et ne se trouvent dans aucune édition antérieure à celle de M. 1\. Hendrie.

TME0PI1IL1 un. ir

TRADUCTION

longitudine duorum pedura o titudine modice amplius quant unius, unum quatuor, alterum duobus digitis spissum, quœ non sint nodosa sod pura. Quibus diligenlissirae sibi coniunctis, in inferiori parte .«missions ligni liât in mcdio foramen quadrangulum, amplitudine quatuor digitorum et oirca quod relinquatur de eodem ligno I imbus, unius digiti latitudinis et altitudinis, in (|uo contlatorium imponatur. In superiori parle vero lateris fiant cavaturœ, perquas flatus ad fistulas possit pcrvenire. Altéra vero pars ligni, quœ et superior esse débet, raeliatur intenus œqualiter, ubi disponantur septera vel octo cavaturœ, in quibus diligenterjungantur linguœ, ita ut nabeant fa- «î 1 «mu cursum educendi et reducendi, sic lamen ut nihil spiraminis inter juncluras exeat.

In superiori autem parte tonde cavatu ras, contra inferïores, quœ sint aliquantulum la fiores, in quibus jungantur totidera ligna, ita ut inter hœc et majus, ligni cavatura remaneat vacua, per quam ventus ascendat ad fistulas, nam in eisdem liguis foramina fieri debent, in quibus fistulœ stabiliendœ sunt. Cavaturœ in quibus linguœ junctœ sunt in anteriori parte, procedere debent quasi obliquœ fenestrœ, per quas ipsœ linguœ introducanlur et extrahantur.

In posteriori vero parte, sub fine ipsarum linguarum, fiant foramina œqualiter lata et longa, rnensura duorum digitorum, per quœ ventus possit ascendere ab inferioribus ad superiora, ita ut cum linguœ impinguntur, illa foramina ab eis obstruantur, cum vero trahuntur denuo pateant. In his vero lignis quœ super linguas jungunlur fiant foramina diligenter et ordinate, sccundum numerum fistularum , uniuscujusque toui , in quibus ipsœ fistulœ imponantur, ita ut firmiter sient, et ab inferioribus Ventura suscipiant. In candis autem linguarum scribantur litterœ sccundum ascensum et descensum cantus, quibus possit cognosci quis ille vel ille tonus sit. In singulis autem linguis fiant foramina singula gracilia, longitudine dimidii digiti minoris, in anteriore parle, juxta caudas in longitudine, in quibus ponantur singuli clavi cuprei capitati, qui pertransear.t in inedio fenestellas , quibus inducuntur ipsœ linguœ a superiori latere domus usque ad inferius, et appareant clavorum capita superius, ita ut, cum linguœ cantantibus organis e tacuntur, non penilus extrahantur. His ita dispositis conglutincntur hœc duo ligna, quœ doroum organorum conûciunt glutine casei ; deinde partes illœ quœ super linguas sunt junctœ, in quibus foramina stant, sicque circumcidantur diligenter et radantur.

du bois de platane, bien sèches, longues de deux pieds et demi, et larges d'un peu plus d'un pied, épaisses l'une de quatre doigts, l'autre de deux, et qui ne soient pas noueuses mais sans défaut. Etant jointes ensemble très-soigneusement, à la partie inférieure du bois le plus épais, faites au milieu un trou carré de la grandeur de quatre doigts, autour duquel on laissera du même bois un bord d'un doigt de large et de haut, dans lequel on mettra le soumet. Dans la partie supérieure du côté on fera de petits creux par où le vent pourra veniraux tuyaux. L'autre partie du bois, qui doit être en dessus, sera mesurée également du côté intérieur, où l'on établira sept ou huit creux, dans lesquels on joindra soigneusement des languettes, de manière qu'elles puissent aisément aller et revenir, de façon cependant qu'aucun vent ne puisse passer entre les jointures.

A la partie supérieure, f.iites des creux opposés aux inférieurs et qui soient un peu plus larges, dans lesquels on joindra autant de morceaux de bois, de sorte qu'entre ceuxci et le plus grand, le creux du bois reste vide par où le vent arrive aux tuyaux, car dans ces mômes morceaux de bois doivent être percés des trous où les tuyaux seront établis. Les creux dans lesquels les languettes sonl jointes à la partie antérieure doivent être disposés comme des fenêtres obliques, par où les languettes seront introduites et retirées.

A la partie postérieure, vers l'extrémité de ces languettes, on fera des trous également larges et longs, de la mesure de deux doigts, par où le vent pourra monter des inférieurs aux supérieurs, de sorte que lorsque les languettes sont poussées, ces trous sont fermés, et quand elles sont tirées, ils sont ouverts. Dans les morceaux de bois qui sont joints sur les languettes, on fera des trous avec soin et symétrie, selon le nombre des tuyaux de chaque ton, dans lesquels on mettra ces tuyaux, de façon qu'ils se tiennent solidement et qu'ils reçoivent le vent par les trous inférieurs. Sur les queues des languettes on écrira des lettres selon le degré ascendant ou descendant du chant, pour distinguer les tons. Dans chaque languette on fera un petit trou de la longueur de la moitié du petit doigt, dans la partie antérieure, auprès des queues, dans le sens de la longueur, dans lesquels trous on posera les clous en cuivre à tète, qui traverseront par le milieu les petites fenêtres, par où les languettes sont conduites du côté supérieur de la construction jusqu'en bas. Les têtes des clous paraîtront en haut, de façon que lorsque les languettes sont tirées, quand o^ joue des orgues, ils ne soient pas entièrement ôtés. Ces choses étant ainsi disposées, ces deux pièces de bois, qui constituent la construction de l'orgue, seront collées h la colle de fromage ; ensuite les morceaux qui sont joints sur les languettes, dans lesquels sont percés les trous : ils doivent êlro alors coupés tout autour et raclés avec soin.

THEOPHILl UU. 111.

CH.xr. lx.xx.iii.

Du sommier.

Pour faire le sommier, joignez deux pièces de bois de platane de la manière indiquée plus haut, de Ta longueur d'un pied, dont l'une sera épaisse d'une palme et l'autre de trois doigts. Elles seront arrondies d'un côté comme un écu d'armoiries, et, en cet endroit, larges d'un pied et demi ; de l'autre côté , obtuses et de la largeur d'une palme. Lorsqu'elles auront été jointes, coupez dans le Lois le plus épais, du côté arrondi, les trous que vous voudrez, selon le nombre des soulllets, et du côté obtus un •seul Irou plus grand. Coupez ensuite, à partir de chaque trou, un creux qui ira vers le grand trou, par où le vent aura voie quand les soufflets seront mis en mouvement. Alors vous collerez ensemble ces boisa la colle de fromage, et vous les envelopperez avec une toile neuve et forte, que vous enduirez de la même colle, afin de la rendre adhérente. Vous ferez aussi de forts liens de fer, étamés tout autour, du côté intérieur et du côté extérieur, de peur qu'ils ne soient détruits par quelque agent extérieur, que vous attacherez avec de longs clous à tète et étamés, de manière qu'entre deux trous il y ait un lien qui saisisse les deux bois depuis le côté supérieur jusqu'au côté inférieur. Ensuite procurez-vous une pièce de bois de chêne recourbée, saine et forte, qui ait d'un côté, depuis la courbure, une longueur d'un pied, et de l'autre côté de deux pieds : vous la percerez de chaque côté à l'aide d'une grande tarière qui sert à forer les moyeux des roues de charrues de labourage. Mais comme les trous nepeuvent pas se rencontrer à cause de la courbure, arrangez un fer qui ait une tête ronde, comme un œuf, et une longue queue effilée, qui sera fichée dans un manche : il sera un peu recourbé près de la tête ; vous le ferez chauffer, et il vous servira à brûler les trous à l'intérieur, dans la courbure, jusqu'à ce qu'ils correspondent (également entre eux. Cela fait, coupez ce buis en carré, de manière que chaque côté soit large d'un pied, à la mesure du sommier dans la partie obtuse. Joignez ensuite ce Jbois dans sa partie la plus longue, au trou inférieur de la construction de l'orgue, de manière qu'à ce bois on coupe une queue longue d'un pouce, qui soit placée sur ce trou ou mise dedans ; la jointure sera si juste, qu'aucun vent ne puisse passer à côté. S'ous joindrez l'autre côté de la même manière au sommier, et vous fixerez ce bois à la colle de fromage, yous envelopperez d'un linge tout le bois avec la jointure, vous y attacherez aussi tout autour un cuivre large qui prenne le bord des deux bois. Ces choses ainsi achevées, si vous voulez établir les orgues dans l'épaisseur d'un mur, de manière que rien n'apparaisse dans l'église, à l'exception de la construction de l'orgue et des tuyaux, et que les soufflets

CAPUT I.XXXIÎI.

De conflatorio

Conflatoriura facturus, conjunge tibi duo ligna de platano modo quo supra, longitudine pedis unius, quorum sit una palma spissum, alterum tribus digitis, sintque in una fronte rotunda in modum sculi, et ibi pede et dimidio lata ; in altéra fronte obtusa, latitudine unius palini. Qme cum diligenter conjuncta fuerint incide in spissiori ligno in rotunda fronte foramina quod volueris, secundum numerum follium , et in obtusa fronte unum, quod sit majus. Deinde incide ab unoquoque foramine fossam unam deductim usque ad majus, per quas viam possit habere ventus flantibus follibus. Sicque conglutinabis ipsa ligna glutine casei, et circumdabis panno lineo novo et forti, quem Unies eodem glutine ut adhœreat , faciès quoque ligaturas ferreas fortes, interius et exterius circumstagnatas, ne possint ex tignea (1) dissolvi, quas contiges clavis longis capitatis atque stagnatis , ita ut inter duo foramina ligatura sit, quœ comprehendat utrumque lignum a superius latere usque ad inferius. Deinde acquire tibi lignum curvumdequercu, sanum et lorte, quod habeat in una fronte, a curvatura longitudinem pedis unius, in altéra duorum , quod perforabis in utraque fronte terebro magno, quo forantur medioli in rôtis aratri. Sed quia foramina non possunt sibi obviare propter curvaturam,fac tibi ferrum quod habeat caput rotundum in modum ovi, et cauiJam longam gracilem, qua» imponatur manubrio, sitque juxta caput modice curvum , cum quo calefacto, combures foramina interius in curvatura, donec sibi œqualiter convcniant. Quo facto , incide ipsum lignum (2) quadrico statura , ita ut in unoquoque latere uno palmo latum sit, ad mensuram conflatorii in obtusa parte. Post heec conjunge ipsum lignum in longiori parte, ad inferius foramen domus organariae, ita ut eidem ligno cauda incidatur , unius pollicis longa, quœipsi foraraini imponatur, vel infcratur, et junctura tam subtilis sit , ut nihil flalus inter eam exire queat. Alteram vero frontem conjunges eodem modo ad conflatorium, et ipsum lignum glutine casei firmabis, atque circumvolves panno totum lignum cum junctura, cui etiam circumfiges cuprum latum quod utriusque ligni oram capiat. His ita completis, si volueris organa ultra maceriam mûri slabilire, ita ut infra monasterium nihil appareat , nisi sola domus cum fistulis, et ex altéra parle mûri folles jaceant , ita oportebit te ipsam domuni convertere ut linguœ versus folles extrahantur, et in ipso muro arcus liât in quo cantor sedeat, cujus sedes ita aptetur,utpedes supra contlatorium teneat. Est autem foramen quadrum in medio arcus trans maceriam , per quod domus cum fistulis exponitur ; et super collum conflatorii , quod in muro infra foramen lapidibus obfirmatum est, in sua junctura sislilur, atque super duos clavos fer-

(I ) Ex ti^naria ? quasi opère.

(2) Qu ulralo?

THE0PJ1ILI LIC. III.

TRADUCTION

reos œqualiter in muro conlixos nililur, cui foramini fenestra lignen appendet, quœ dum clausa, sera et clave munitur, nemo ignotus superveniens cognoscere valet quid in ca contineatur. Exterius quoque, super organa, pannus spissus lignis interius exlensus, in modum domunculœ, a laqueari in fimiculo ad arcenduin pulverem de|>endeat, qai funieulus super ipsum laquear circa rotulam arte compositus, dum cantandum est orga- 11 is trahitur, et domunculam élevât, tinitoque cantu, denuo super organa deponitur. Habet quoque ipsa domuncula pinnam ex eodera pannOi lignis quatuor in speciem trianguli extensam.in cujus sununo (1) sperula lignea stet, cui funiculus inbaeret. Folles et instrumentum super quod jaceant, secundum situm loci ad libitos tuos dispone.

de l'orgue, une toile épaisse, soutenue sur sera suspendue à la voûte par une corde, sée sur une poulie attachée à la voûte, est gue, et elle élève la petite tente. Lorsque le au-dessus de l'instrument. La tente a une en forme de triangle sur quatre morceaux boule où la corde sera attachée. Les sou ces seront arrangés selon la disposition des

CAPLT LWXIV.

De domo cuprea et conflutorio cjus.

Secundum abundantiam fislularum dispone longitudinem et lalitudinem domus, et fac formas! in argilla macerata, siccatamque diligenter incide quacunque mensura volueris, et coopeiï cera, diligenter inter duas iequaliter spissas hastulas cura rotundo ligno altentiata. Deinde incide foramina linguarum in ipsa cera, et foramen inferius, per quod ventus introeat ; additis spiraculis, cum infusoriu cooperi eadem argilla semel,etiterum ac tertio. Cumque siccata fuerit forma, eodem modo funde quo supra formam thuribuli. Contlatorium quoque formabis in argilla procedentibus undique inferius vend aditibus, ad similitudinem radicis unius arboras, et in summo in unum foramen convenientibus. Quod cum mensurate dispositum cultello incideris, cooperi cera, et fac sicut supra. Cumque domum fuderis, conjunges interius altitudine unius digiti a fundo, tabulamcupream ductilem subforaminibus linguarum œqualiter, ut supra eam ipsœlinguae jaceant, ita ut possint œqualiter produci el induci,initisque ipsis linguis tenui argilla, reliquumdomusperfundesliquefactoplumbo,per omnia, super ipsas linguas usque ad summum. Quo facto, ejicies ipsum plumbum diligentcr,designabisquefoiarninafi>lularuui in linguis; deinde in ipso plumbo et cum gracili ferro, vel terebro, perforabis diligentissime. Deinde sub linguis ventorum adittis faciès, induecs ipsas linguas singulas in suis lotis, atque repones plumbum et cum malleo in percutiendo conjunges domui, ut nibil spiraminis exeat, nisi per foramina quibus fistulrc imponendre sunt. Cum vero conllato-

soient placés de l'autre côté du mur, il vous faudra tourner la construction de sorte que les languettes soient tirées du côté des soufflets. On fera dans le mur une arcade on se tiendra le musicien, dont le siège sera établi de façon qu'il ait les pieds sur les soulllets. 11 y a une ouverture carrée au milieu de l'arcade, à travers le mur, par laquelle la construction est exposée avec les tuyaux. Au-dessus du col des soulllets, établis dans la muraille, l'ouverture est consolidée avec des pierres; le point de support est à la jonction, et deux longs clous en fer fichés dans la muraille servent à cet usage. A celte ouverture est appendue une fenêtre de bois, qui, pour se fermer, est garnie d'une serrure et d'une clef, afin qu'aucun inconnu ne puisse découvrir ce qui est renfermé dedans. A l'extérieur aussi, au-dessus des morceaux de bois, en manière de tente, pour empêcher la poussière. La corde, pastirée au moment où l'on doit jouer de l'orebant est fini, la tento est de nouveau posée espèce de fronton de la même toile étendue de bois, au sommet duquel sera une petite fflets et l'instrument sur lequel ils sont plalieux, à votre gré.

C1IVP. LXWIV

De la construction en cuivre el de son sommier.

Suivant la quantité des tuyaux, établissez la longueur et la largeur de la construction. Faites un moule en argile bien pétrie. Quand il sera sec, coupez de la dimension que vous voudrez, couvrez de cire amincie également entre deux baguettes également épaisses, à l'aide d'un rouleau. Coupez les ouvertures des languettes dans cette cire, et l'ouverture inférieure par où passe le vent ; après avoir ajouté des issues pour le vent, ainsi qu'un entonnoir, couvrez de la même argile une fois, deux fois et trois fois. Lorsque le moule sera sec, fondez de la même manière que plus haut pour le moule de l'encensoir. Vous façonnerez aussi un sommier en argile, les issues du vent s'avançant de tous côtés à la partie inférieure, comme les racines d'un arbre, et se réunissant à l'extrémité en une seule ouverture. Lorsque cela aura été arrangé avec grand soin, vous couperez avec un couteau, vous couvrirez decire et vous agirez comme ci-dessus. Lorsque vous aurez fondu la construction, vous joindrezintérieurementà la hauteurd'uudoigt du fond, une planche de cuivre battue au marteau, sous les ouvertures des languettes et d'une manière égale, afin que ces languettes soient placées dessus, de manière a pouvoir être poussées et tirées : après avoir enduit les languettes elles-mèmesd'argilefine, vous couvrirez le reste de la construction do plomb fondu, partout, sur les languettes elles-mêmes, jusqu'au liaut. Cela fait, vous ôterez le plomb avec soin et vous indiquerez les ouvertures des tuyaux sur les lan-

0) Sphenila?

il.ri9

TRADUCTION

guettes; onsuile, dans ce plomb, à l'aide d'un ïer ('fiile" ou d'une tarière, vous percerez les Irons avec très-grand soin. Ensuite, sous les languettes, vous pratiquerez les issues pour le vent, vous mettrez les languettes à leur place, vous rétablirez le plomb, et avec un marteau vous frapperez pour joindre à la construction, de manière à ce que le vent ne puisse sortir que par les trous sur lesquels les tuyaux doivent être placés. Lorsque le sommier aura été fondu et limé, et chaque tuyau adapté au conduit du soufflet, il doit être joint et soudé solidement en dessous à la construction de l'orgue, de manière que le vent trouve facilement ses issues et ne puisse sortir par ailleurs. Il faut encore adroitement arranger à la tète de chaque soufflet, devant le trou de chaque flûte, une lame mince de cuivre suspendue, qui ferme l'issue du vent, de sorte qu'il s'élève, lorsque le soufflet est abaissé, et que le vent passe librement, et que lorsque le soufflet est élevé pour reprendre vent par le ventilateur ou la soupape, le cuivre en ferme exactement l'ouverture et ne laisse pas revenir le vent qui a déjà été émis au dehors.

TUEOIMIILI LIIÎ. 111. 9G0

rium fuerit fusum et limatum, atque uuiuscujusque follis tistula suo iuductorio coaplata, coujungi et firmiter consolidai débet ad domum organariarn inferius, i ta ut renlus suos adilus libère inveniat, et per alias juneturas nullatenus (1) exeat. Hoc quoque sollerlius (2) procurandum est, ut in capite uuiuseujusque follis, ante foramen listula? sua), cuprum tenue dépendrai, quod spiraminis claudat adilum, ita ut cum follis llando deponitur illud cuprum se elevet, et venins pleniter exeat; cumq.ue follis elevatur ut per venlilabrum suum flatom résumât, illud cuprum os ejus penitus claudat, et ventum quem emisit redire non permutât.

CHAP. LXXXV

De la fonte des cloches

Pour faire une cloche vous couperez d'abord une pièce de bois de chêne sec, longue selon les proportions de la cloche que vous voulez faire, de manière qu'elle sorte des deux côtés du moule de la longueur d'une palme ; à l'une des extrémités elle sera plus grosse et carrée ; à l'autre elle sera plus effilée et ronde, afin qu'elle puisse être tournée dans l'ouverture, qu'elle aille en grossissant peu à peu afin qu'elle puisse être retirée aisément quand l'ouvrage sera achevé. Ce bois, dans la partie la plus grosse, à une palme du bout, sera coupé tout autour pour faire un creux large de deux doigts ; le bois sera rond en cet endroit ; auprès de ce creux l'extrémité du bois sera effilée, afin que l'on puisse l'unir à un autre bois courbé , au moyen duquel il puisse être tourné comme un tour. On fait deux ais égaux en longueur et largeur, qui sont joints ensemble et consolidés par quatre pièces de bois, aussi longues que la pièce de bois ci-dessus mentionnée. Dans l'un des ais, on fera un trou dans lequel la sommité ronde puisse être tournée; dans l'autre, à l'opposite, on fera également une incision profonde de deux doigts , dans laquelle l'incision ronde puisse tourner. Cela fait, prenez le bois et mettez tout autour de l'argile fortement pétrie, de l'épaisseur de deux doigts ; lorsqu'elle aura été séchée avec soin, vous en mettrez d'autre par-dessus, et vous continuerez de la même manière jusqu'à ce que le moule, de la dimension voulue , soit terminé; ayez bien soiu de ne jamais mettre une nouvelle couche d'argile si l'inférieure n'est pas bien sèche. Placez ensuite le moule entre les ais ci-dessus indiqués ; un enfant assis le fera tourner, et à l'aide d'instruments convenables vous la travaillerez comme un tourneur, et, tenant à la main un linge mouillé, vous l'unirez parfaitement.

(1) Nnlla (eneus, liabet Codex.

(*2) Sollcrlius, imo.

CAPUT LXXXV

De campants fundendis.

Compositurus campanam primum incides tibilignum siccum de quercu, longum secundum quod vis habere campanam, ita ut ex u traque parte extra formam emineat longitudine uniuspalmi, et quadrum in una summitate grossius, in aliam gracilius et rotundum, ut possit in foramine circumvolvi. Sitque deductim (3) grossius et grossius, ut cum opus fuerit perfectum facile possit educi. Quod lignum in grossiori parte una pal ma ante summitalem incidatur in circuitu, ut fiât fossa duobus digitis la ta, sitque lignum ibi rolundum, juxta quam fossam summitas ipsius ligni fiât tenuis, ut in aliud lignum curvum jungi possit, per quod valeat in modum runcinae circumverti. Fiunt etenim duo asseres longitudine et latitudine aequales qui altrinsecus conjunganturet confirmentur quatuor lignis, ita ut sint ampla inter se secundum longitudinem prœdicti ligni; ut in uno< assere fiât foramen in quo convertatur rotunda summitas, et in alterne contra eequaliter tiat incisura duobus digitis profunda, in qua volvatur rotunda incisura. Quo facto, sume ipsum lignum et circumpone ei argillam for* titer maceratam, imprimis duobus digitis spissam, qua diligenter siccata, suppone ei alteram, sicque faciès donec forma compleatur quantameam habere vol ueris, et cave ne uuquam superponas argillam alteri nisi inferior omninosiccafuerit. Deinde colloca ipsam formam inter asseres superscriptos, et sedenle pueroquivertat, cumferris,ad hoc opus aptis, tornabis eam sicut voluens, et tenens pannum in aqua madefactum eam eequabis.

Post hœc tollens adipem concide subtiliter in vase atque manibus macéra, confixisque duobus aequalibus lignis spissitudine qua volueris, super asserem eequalern in medio eorum positum adipem attenuabis, et œquabis cum rotundo ligno, sicut cera superius, supposita aqua ne adhscreat, statimque ita

(3) DcJucluui ?

THE0PI11LI L.in. IK.

repenle levabis et colloeabis super formant, atque calido ferro cireumsolidabis. Rursum attenuans eodem modo unam partem adipis, juxta priorem colloeabis, sicque faciès donee tbrmam cooperir.s. Oram vero canipame ad libitum tuum spissaui faciès. Âdipem autem oinniuo refrigeratum ferrisaculis lornabis,et si quid rari operis volueris circa latera campana?, florum, sive Jittcrarum, in adipe exarabis, quatuorque foramina triangula juxta coilum ut tnelius tinniat ibrmabis. Deindeargillam cribratam et Jiligenter mixtam superpones, qua siccata, altéra m elsuperaddes. Ea itidem omnino siccata convertes formam in latus, atque leniter pereutiendo educes ligîium, rursumque, elevata forma, lbramen superius implebis argilla molli, etcurvum ferniiii , in quo batillus pendere débet, in meditullio imprimes, ita ut summitates ejus foris éminçant. Cumque siccata fuerit argdla, fac ut equalis sit reliquœ formœ, atque cooperi adipe, ita ut summitates ferri in ipso abundanter haareant. Post haec forma coilum , alque aures, et spiraculum sive infusorium desuper, et cooperi argilla. Dumque tertio argilla per omnia fuerit siccata, circumpone ferreos circulos tam dense, ut non plus inter <luos circulos quam latitudo manus, quibus circulisduas argillas superpone. Quibus siccatis couverte ipsam formam in latus, et in interiori argilla incide fossam magnam in circuituet tn profundo, ut non remaneat spissior uno pede, quia si intégra esset forma ui tenus, prae nimio pondère non posset lev;iri, nec pra? spissitudine transcoqui.

Dei'ide fac foveam in Joco ubi volueris ipsam formam subintrare ad recoquendum, prot'undam secuudum altitudinem ejus in îatitudine, et cum lapidibus atque argilla fac in simililudinera fundamenti, pedem fortem, supra quem forma stabit altitudine unius pedis, ita ut in medio ultra indirectum remaneat, spatium quasi via, pede et dimidio lata, in qua ardeat ignis sub forma. Quo facto confige quatuor ligna sursum proeedentia usque adaequalitatem terras, juxta ipsum pedem, et slatim reple foveam terra. Statimque deduces ipsam formam et statues eani in medio lignorum illorum œqualiter et ex una parte, sub ipsa forma, incipe terram ejicere. Cumque se inclinaverit, iode in parte altéra, donec se rursum illic inclinet, sicque f.icies ex utraque parte quousque forma super pedem lapideum œqualiter sedeat. Mox ejectis lignis, quso ad hoc solum coniixa fuerint, ut formam recte deducerent,assumptisque lapidibus qui tlammam possint sustinere atque argilla fac oram ex utraque [tarte ante illud spatium viœ,quam in medio pedis reliquisti, atque in circuitu operarefornacem,spatio dimidii pedis a forma. Cumque operando pervenens ad médium forma?, purga oram fornacis, et in ora ipsius forma) ex utraque parte lac unum foramen, per quod adeps possit elilueré, suppositisque vasis, ignem et sicca ligna adhibe. Et cum calefacla forma cœperit adeps exire, perfice pede tepentem fornaceui usque ad summum formœ, et super os panes operculum ex argilla sive ex

TRADUCTION. 9G2

Après ceia, procurez-vous de la graisj^e, coupez-la en petits morceaux dans un vase et pétrissez-la avec les mains. Deux pièces de bois égales, de l'épaisseur que vous voudrez, étant fixées ensemble sur un ais égal placé au milieu d'eux, vous la réduirez en couche mince, et vous l'unirez au rouleau, comme vous avez fait ci-dessus pour la cire; vous arroserez d'eau par-dessous, pour empêcher l'adhérence; vous la lèverez aussitôt et vous la placerez sur le moule en l'y consolidant à l'aide d'un fer chaud. Vous préparerez une nouvelle couche de graisse que vous placerez auprès de la première, et vous continuerez ainsi jusqu'à ce que vous avez couvert le moule. Vous ferez le bord dé la cloche aussi épais que vous le voudrez. Lorsque la graisse sera entièrement refroidie, vous la travaillerez au tour avec des instruments tranchants, et si vous voulez exécuter quelque travail recherché sur les côtés de la cloche, comme des fleurs ou des inscriptions, vous le ferez sur la cire: vous percerez quatre petits trous triangulaires auprès du col de la cloche pour qu'elle sonne mieux. Ensuite vous étendrez sur la graisse de l'argile pétrie avec soin ; lorsqu'elle sera sèche, vous en ajouterez d'autre. Lorsque celle-ci sera entièrement desséchée, vous tournerez le moule sur le côté, et en frappant doucement vous tirerez le bois; le moule ayant été relevé, vous remplirez le trou supérieur d'argile molle et vous fixerez au centre le fer courbé où doit être suspendu le battant, de manière que les extrémités soient saillantes en dehors. Lorsque l'argile sera sèche, rendez-la égale au reste du moule ; couvrez de graisse, de manière que les extrémités du fer y soient bien adhérentes. Après quoi formez le col, les oreilles et l'ouverture ou entonnoir à la partie supérieure, et couvrez d'argile. Lorsque l'argile aura été desséchée partout à trois fois, placez tout autour des cercles de 1er si rapprochés qu'il n'y ait pas plus de la largeur de la main entre deux cercles. Vous étendrez deux couches d'argile sur ces cercles. Celles-ci étant sèches, tournez le moule sur le côté, et dans l'argile intérieure faites un creux large et profond, afin qu'elle n'ait pas plus d'un pied d'épaisseur, parce que si le moule restait plein à l'intérieur, à cause du poids trop considérable, il ne pourrait pas être levé, ni être cuit par-dessous, à cause de l'épaisseur.

Faites alors une fosse à l'endroit où vous voudrez faire entrer le moule pour être chauffé en dessous; elle aura une profondeur relative à la hauteur et à la largeur du moule. Avec des pierres et de l'argile, construisez comme une fondation, un pied solide sur lequel le moule se tiendra à la hauteur d'un pied, de manière qu'au milieu il y ait un espace libre, large d'un pied et demi, où l'on allume du feu sous le moule. Cela fait, plantez quatre pièces de bois se dirigeant en haut jusqu'au niveau de la terre, auprès du pied, et emplissez de terre la fosse aussitôt. En même temps vous établirez le moule également au milieu de ces

iK\i)u;noîv

TIIEOHIÏLI L1B. m.

l)uis, et ôtercz la terre, d'un côté, sous le moule. Lorsqu'il sera un peu incliné, creusez de l'autre côté, jusqu'à ce qu'il s'incline de ce côté-là ; vous continuerez ainsi de chaque côté alternativement, jusqu'à ce que ie moule setienne d'aplombsurlepied de pierre. Olez les pièces de bois qui n'avaient été plantées en terre que pour aidera conduire régulièrement le moule; prenez de l'argile et des pierres qui puissent supporter le feu et faites un bord de chaque côté, devant l'espace libre que vous avez laissé au milieu du pied, et tout autour faites un fourneau, à ]a distance d'un demi-pied dumoule.Lorsquepar votre travail, vous sciez arrivé à la moitié de la hauteur du moule , nettoyez le bord du fourneau, et sur le bord du moule de chaque côté, pratiquez une ouverture par où la graisse puisse couler, mettez des vases, apportez du bois sec et du feu. Lorsque, le moule étant échauffé, la graisse commencera à couler, continuez de construire le fourneau jusqu'à la hauteur du moule, et sur l'ouverture vous placerez un couvercle d'argile ou de fer. Lorsque la graisse sera entièrement sortie, bouchez les deux ouvertures avec de l'argile pétrie en quantité convenable, de manière à ne pas déformer le bord de la cloche ; mettez du bois en abondance autour du moule, de manière qu'il y ait continuellement du feu pendant toute la journée et la nuit suivante. Cependant prenez une marmite, arrondie au fond, propre seulement à ce genre d'ouvrage, ayant de chaque côté deux, oreilles de fer, et si c'est une très-grande cloche, prenez-en deux ou trois ; vous les enduirez en dedans et en dehors d'argile fortement pétrie, une fois, deux fois et trois fois, jusqu'à ce qu'il y ait une couche épaisse de deux doigts; vous les établirez à quelque distance les unes des autres, de sorte que l'on puisse passer au milieu, et vous mettrez dessous de la terre ordinaire ; vous planterez en terre des poteaux de bois en deux ou trois endroits, s'il en est besoin, où doivent être placés les soufflets. Vous planterez solidement deux poteaux également forts, et entre eux vous ferez une ouverture contre le bord de la marmite, de manière que le vent puisse parvenir, et à chaque ouverture vous placerez des fers minces et plies, de manière qu'on y puisseappuyersolidementles tuyaux des soufflets, et ainsi, tout autour au-dessus de la marmite, vous ferez en pierre et en argile un fourneau haut d'un pied et demi ; vous l'enduirez également à l'intérieur de la même argile, et alors vous apporterez des charbons enflammés. Lorsque vous aurez fait la même opération pour chaque marmite, vous placerez les soufflets avec les instruments sur lesquels ils seront établis, deux à chaque ouverture, et vous confierez chaque soufflet à deux hommes vigoureux. Lorsque les marmites à l'intérieur seront fortement chauffées, coupez pour chacune deux morceaux de bois de chêne, secs et gros, façonnés de manière à pouvoir remplir le fond à Tintérieur; vous ferez cependant une ouverture par où vous les intro-

ferro. Lducto autem penilus adipe, obstrue foramina Utraque argilla macorata recta mensura, ita ut non violetur ora campanœ, et circa formam abundantius adhibe ligna, ut per totam diem sequentemque noctem ignis non deficiat. Intérim toile cacabum ferreum in fundo rotundum, huic solummodo operi aptum, qui ex utraque parte aures ferreas duas habeat, aut si maxima campana erit, duos vel très, et illinies eos interius et exterius argilla fortiter macerata, semel et iterum ac tertio, donec duobus digili's spissa sit, et sistes eos altrinsecùs contra se, ita ut inter eos iri possit, et sub eis pones terram siinplicem atque circumfiges paxillos ligneos in duobus vero locis, vel si opus lue rit tribus, ubi folles apponi debent, figes duos paxillos fortiter œqualiter latos, et inter eos faciès foiamcn contra oram cacabi, ita ut ventus inter eura veniat, et singulis foraminibus impones singulos ferros tenues atque complicatos, ita ut in eis possint fistulœ follium tirmiter jacere ; sicque cum lapidibus et argilla faciès super ipsum cacabum in circuitu fornacem, pede et dimidio altam, atque interius œqualiter Unies cum eadem argilla, sicque carbones ignitos appones. Cumquo singulis cacabis similiter feceris, folles, et cum instrumentis suis in quibus firmiter jaceant, appones, unicuique foramini duos, et unicuique folli deputabis fortes viros duos. Cum autem cacabi interius bene canduerint, incide unicuique duo ligna de quercu sicca et grossa, sic apta ut possint fundum interius implere, et interea foramen faciès per quod possit eis influere, atque su per hœc duo ligna, alia ejusdem mensurse, et in circuitu ex eodem ligno pone quasi paxillos prominentesab his lignis usque super oram fornacis.

Quo facto, ponderabis omne œramentuin quod habes, aut quatuor partes sint cupri et quinta stagni, atque dispones unicuique cacabo, secundumsuam capacitatem, suas partes. Deinde vadens ad fornacem formas, éleva superius operculum et considéra qualiter se habeat. Si omnino canduerit interius recurre ad cacabos et primitus immitte carbones grossos. Deinde impone cuprum ordinatim absque stagno, atque intermisce carbones adjiciens abundanter superius, interjectisque ignitis carbonibus fac ut folles incipiant flare, primo mediocriter, deinde magis ac magis. Cumque videris flamraam viridem ascendere,jam incipit cuprum liquescere, moxque superponens carbones abundanter, recurre ad fornacem forma?, et a superiori incipe longisforcipibus lapides evellere et foras projicere. Hoc opus iu hoc loco non queerit pigi os operarios, sed agiles atque studiosos, ne cujusquam incuria, vel forma frangatur, vel quis alium impediat aut lœdat, sive ad iracundiam provocet, quod omnino cavendum est. Kjectis vero omnino lapidibus et igné denuo certatim reponatur terra, utfossa omnis circa formam diligenter repleatur, et sint qui semper circumeant cum lignis obtusis, mediocriter impingendo et pedibus fortiter calcando, ut terra quœ imponitur for-

TIIEOPHIM UB. III.

maiD premat, ne cum pondus .cris infunditur ullo modo frangi possit.

« Repleta igitur hoc modo fossa usque ad summum, recurre ad cacabos,et lignolongo et torrido commove cuprum, et si senseris omnino liquefactum impone stagnum, rurs unique coramove diligenter ut bene commisceatur, fraclaquc fornaee in circuitn iuduce duo ligna lortia et longa in aurcs cacabi, adhibitisque viris strenuis et in bac aile peritis, fac eum levari cum omni diligentia et ad formam deferri, ejcctisque carl)oriibus et favillis atque imposito collatorio panno fac morose infundi. Intérim cuba juxta os formée auditu diligenter considérons qualiter eo intro procédai ; et si senseris quasi levé murmur tonitru,dic ut modice teneant, rursumque infundant; sicque interduni tenendo et iterum infundendo fiât ut œs requaliter resideat, donec evacuetur cacabus ille. Quo amoto, mox alter delalus in eodem loco statuatur, fiât de eo sicut ex priori, et pari modo de tertio donec ses in infusorio videatur. Nec statim cacabus araoveatur, sed aliquanto spatio leneatur, ut si œs descendent denuo superfundatur. Quod si tu ab hoc labore portantium et diverse fundentium retrahere volueris, acquire tibi maximum cacabum qui sit in fundo œqualis, et fac ei foramen unum in latere ejusdem fundi, atque cooperi eurn argilla intus et extra, sicut superius. Quo facto sistes eum juxta formam non longius quam quinque pedum spatio, et circumfige ei paxillos alque ignem cum carbonibus impone. Cumque canduerit obstrue foramen cum argilla, quod versum erit ad formam, et compone ei ligna quatuor, et paxillos interius fornacemque facito in circuitu, sicut superius. Deinde imposito cupro cum carbonibus et igné, appositisque tribus ordinibus follium, fac flari virililer. Intérim habeas lignum siccum tantœ longitudinis ut possit procédera a foramine cicabi usque ad os formœ, cujus curvatura sit ampla. Quod cum ex omni parte cooperueris argilla et maxime superius, infodies ita ut œquale sit terrœ sed juxta cacabum modice altius, atque superfunde ei ignitos carbones. Mox imposito slagno atque commoto cupro, sicut superius cum curvo ferro quod sit ligno fortiter afiixum, aperi foramen, et astantibus, qui teneant duos colatorios pannos, sine eis fluere; interdum tamen tenendo sicut superius. Cumque forma plena fuerit, si quidœris in cacabo remansit, in su m m ita te ligni grossi pone ni3ssam argillœ et ante foramen fortiter impinge ut eum obstruas. Hoc utroque modo fundendi possint etiain minores campanœ fundi ut secundum quantitatem earuni fiant cacabi.

Cum vero a?s in infusorio duraverit, fac uteertatim terra ejiciatura fossa et exterius aliquantum refrigeretur terra. Ejecta vero terra, ipsa forma inclinotur in uno latere et terra supponalur, sicque fiât donec, eodem modo quo imposita est, a fossa ejiciatur. Quo facto, super unum latus omnino deponatur, et cum securibus aliisque ferris acutis qui sint infixi longis lignis, interior ar-

TRAOUCTION. %6

âuirez, et sur ces deux morceaux de bois, vous en mettrez d'autres de même dimension, et tout autour placez comme des poteaux du même bois s'élevant au-dessus de ces bois jusqu'à l'ouverture du fourneau.

Cela fait, vous pèserez ce que vous avez, ou bien quatre parties de cuivre et une cinquième d'étain, et vous en mettrez dans les marmites selon leur capacité. Allez ensuite au fourneau du moule, levez le couvercle supérieur et examinez en quel état il se trouve. S'il est entièrement ardent, retournez aux marmites et jetez d'abord de gros charbons. Mettez ensuite le cuivre sans étain et mêlez des charbons, en ajoutant par-dessus une grande quantité ; entremêlez des charbons enflammés et faites agir les soufflets, doucement d'abord, et ensuite de plus en plus. Lorsque vous verrez monter une flamme verte, c'est que le cuivre commence à entrer en fusion ; mettez aussitôt des charbons en abondance, et courez au fourneau du moule, et commencez avec de longues tenailles à arracher les pierres et à les jeter dehors. Ce travail, à ce moment, demande des ouvriers actifs, agiles et habiles, de peur que par l'incurie de quelqu'un le moule ne soit brisé, ou que l'un embarrasse ou blesse l'autre, ouïe fasse mettre en colère, ce qu'il faut bien éviter. Toutes les pierres ayant été arrachées et jetées, ainsi que le feu, la terre doit être replacée prompteinent, en sorte que la fosse, autour du moule, soit soigneusement remplie; il y aura des personnes qui marcheront tout autour avec des morceaux de bois obtus, en frappant médiocrement et en foulant fortement avec leurs pieds, afin que la terre presse le moule, de peur que le poids du métal en y coulant ne le rompe en quelque endroit.

La fosse ayant été ainsi remplie jusqu'au haut, retournez aux marmites, et avec un long morceau de bois enflammé remuez le cuivre; si vous sentez qu'il est entièrement fondu, mettez l'étain, et remuez de nouveau avec soin afin que le mélange se fasse bien. Brisez le fourneau tout autour, passez deux bois longs et forts dans les oreilles de la marmite, et à l'aide d'hommes vigoureux et instruits dans cet art, faites-la lever en toute h;He et porter au moule; jettez les charbons et les cendres, prenez un linge à passer et faites verser lentement. Couchez-vous auprès de l'ouverture du moule, écoutant attentivement comment le métal coule à l'intérieur. Si vousentendez comme le murmure lointain du tonnerre, faites suspendre un instant, puis on continuera à verser; on continuera ainsi, en s'arrètant et en continuant de temps en temps, de manière que le métal soit au même niveau, jusqu'à ce que la marmite soit vide. Celle-ci étant emportée, on la remplacera par une autre; on fera comme pour la première, et on agira de même avec la troisième, jusqu'à ce qu'on aperçoive le métal dans l'entonnoir. On n'emporte pas immédiatement la marmite, on l'éloigné un peu seulement, afin que si le métal s'affaisse, on

TRADUCTION

[EOPHIL1 LIB. III.

puisse en ajouter. Si vous voulez éviter le travail des ho in m es» qui portent et versent le métal, procurez-vous une très-grande marmite, unie au fond: faites-y un trou au côté de ce fond, et couvrez d'argile à l'intérieur et à l'extérieur, comme plus haut. Cela fait, vous l'établirez à la distance d'environ cinq pieds; plantez des poteaux autour, et apportez du bois et des charbons. Lorsqu'elle sera échauffée, bouchez le trou avec de l'argile, lequel trou est tourné du côté du moule; arrangez par-dessus quatre pièces de bois et des poteaux à l'intérieur, et construisez un fourneau tout autour comme cidessus. Mettez le cuivre avec des charbons et du feu, disposez trois rangs de souiïlets et faites souiller vigoureusement. Cependant avez une pièce de bois sec assez long pour qu'il puisse aller de l'ouverture de la marmite jusqu'à celle du moule, dont la courbure en sera large. Lorsque vous l'aurez couverte d'argile de toute part et surtout à la partie supérieure, vous l'enfoncerez au niveau de la terre, mais un peu plus haut auprès de la marmite; mettez par-dessus des charbons enflammés. Après avoir mis l'étain et remué le cuivre, comme plus haut, avec un fer courbé fortement attaché au morceau de bois, ouvrez l'ouverture, et deux hommes tenant le linge à passer, laissez couler; suspendez cependant de temps en temps, comme cidessus. Lorsque le moule sera rempli, s'il reste un peu de métal dans la marmite, mettez une masse d'argile au bout d'un gros morceau de bois et lancez-la fortement devant l'ouverture pour la fermer. On peut fondre par ces deux procédés de moindres cloches et les marmites sont faites en proporiion.

Lorsque le métal aura séjourné longtemps dans Je moule, faites enlever la terre de la fosse, .; tin que la terre se refroidisse un peu à l'extérieur. Quand la terre aura été tirée, le moule sera penché d'un côté et de la terre posée dessous, et on fera ainsi jusqu'à ce que la terre ait été enlevée, de la même manière

£,uid certalim ejieiatur, quia si permittatur in ea refrigerari, ab humore terra? intlaretur, et campana, absque dubio tinderetur. Qua éjecta, ipsa forma iterum erigatur super terrain, sicque stet, donec exterius omnino refri^eretur ; sicque frangatur argilla et circuli ejiciantur, et quidquid ineequale exterius fuerit, malleis acutis incidatur. Deinde in medio campanœ ponatur lignum, huic siruile inquo primum forma tornata est, et quatuor aliis lignis in modum crucis obfirmetur ora ejus, ita ut infusorium jaceat super unum asserem, et illud lignum super alterum, ut imposito curvo ligno, possit campana tornari, atque cum sabuleo lapide per omnia eequari. Post haec, infusorium ex ulraque parte limatum diligenler frangatur, et circa collum duo ligna conjungantur, inferius per médium minus, et superius in circuitu majus; quee ligna duobus circulis fortiter constringantur, atque ferreis vinculis ex omni parte circa aures colligantur. Illud vero majus lignum sit modice longius quam campana sit lata, sitque in summitatibus aliquantum gracilius quam in medio, et in ipsis summitatibus habeat duos ferros grossos et rotundos, quorum longitudo sit intra lignum spatii dimidii pedis et extra unius palmi. Cumque aptaveris duas trabes ad suscipiendam campanam, fac in eis duas mensuras duobus digitis profundas, in quibus clavi illi magni involvantur, sub quibus etiam pones duos ferros curvos, ad servandas trabes. Habeat etiam illud grossius lignum in quo pendet campana in utraque parte singula foramina, in quibus ponantur duo ligna sursum respicientia, quibus funes innectantur ad pulsandum. Corium etiam spissum, de collo cervi circumponatur ferro illi curvo, quod interius haeret in medio cam panée, in quo batillus pendeat; qui sit tantœ longitudinis ut promineat extra campanam spatio latitudinis manus, sitque grossior in fine longitudine unius palmœ, sursumque gracilior.

qu'on l'avait mise. Cela fait, on la posera entièrement sur un côté, et avec des haches et d'autres instruments en fer fixés à de longs bois, l'argile intérieure sera retirée, parce que si on la laisse se refroidir, elle se renflerait par l'humidité de la terre, et la cloche, sans doute, se fendrait. La terre étant ôtée, le moule sera de nouveau dressé sur la terre, et on le laissera jusqu'à ce qu'il soit entièrement refroidi à l'extérieur ; alors, l'argile sera brisée, les cercles ôtés, et toutes les inégalités extérieures seront coupées à l'aide de marteaux aigus. Ensuite, on placera au milieu de la cloche un bois semblable à celui sur lequel le moule a été tourné, et l'ouverture en sera établie sur quatre autres pièces de bois en forme de croix, de manière que l'entonnoir repose sur un ais, et ce bois sur un autre, afin qu'après avoir disposé le bois courbé, la cloche puisse être tournée et unie partout avec une pierre de grès. Après cela, l'entonnoir limé des deux côtés sera rompu avec précaution. Autour du cou, on joindra deux pièces de bois, l'une inférieure, plus petite, vers le milieu, l'autre supérieure, plus grande, tout autour : ces deux pièces de bois seront fortement attachées par deux cercles de fer, et liées de tous côtés autour des oreilles par des liens de fer. La pièce de bois la plus grande sera un peu plus longue que la cloche n'est large; aux extrémités elle sera un peu moins grosse que dans le milieu, et à ces mêmes extrémités il y aura deux fers gros et ronds, qui entreront d'un demi-pied dans le bois, et qui auront, au dehors, une longueur d'une palme. Lorsque vous aurez arrangé deux poutres pour recevoir la cloche, faites-y deux marques ou incisions profondes de deux doigts, sur lesquelles seront fichés les deux grands clous courbés, sous lesquels ensuite vous placerez les deux fers, afin qu'ils ne puissent pas quitter les poutres. La grosse pièce de bois à laquelle la cloche est suspendue aura de chaque côté plusieurs trous, dans lesquels on placera deux pièces de bois tournées eu haut.

THËOPIÎll.l LIB. !!î.

TRADUCTION

auxquelles on attachera les cordes pour sonner la cloche. On mettra un cuir épais, ue cou de Cerf, autour du fer courbé, qui est fixé à l'intérieur, nu milieu de la cloche, auquel le battant est suspendu. Ce battant doit être assez long pour s'avancer au delà de la cloche de la largeur de la main; h l'extrémité inférieure il doit être plus gros de la longueur d'un palme, et plus eftilé en haut.

c.vpl't lxxxv [bis).

De mensura cymbaloratn.

Quicumque vult facere cymbalaad cantandum recte sonantia, ad unumquodque débet ceram dividere cum pondère, et a superioribus incipial ut descendendo possit pervenire ad graviora. Unumquodque autem notet cum propria littera ut illud in divisione cognoscat. Inprimis faciat duas partes cerœœquales cum libra, unam ad a litteram, nlteram ad a. Ceram a litterœ dividat in octo œquales partes, et tantum ad ceram g litterœ quantum est in octava parte cerœ o. Simili— 1er dividat ceram g per octo et tantum det f litterœ quantum est in somma ejus, et insuper octavam ejus partent, et habebit duos tonos continuos. In illo loco semitonium (1) débet esse, et hoc ita inveniat. Summam cène a litterœ dividat in très partes, ipsarnque summam det e litterœ, et insuper ejus tertiam partem. Deindc det tantum cerœ d litterœ, quantum est in summa a et octavam ejus partem. Item tantum cerœ det litterœ c quantum habet g, et mediam ejus partem, Ilaque hab<ret duos tonos post semitonium. Deinde tantum ceraï tribuat b litterœ quantum est in tota summa f litterœ, et insuper tertiam ejus partem, et habebit iterum semitonium ; atque septem symphonias ab a littera usque ad b inveniat. Dyapason vero needum haberet sine octavo cymbalo. Du- ))licet igitur totam ceram a litterœ et sic eam tribuat a litterœ, et nihil deerit. Dyatesseron, Dyapason, atque Dyapente Synemenon autem inveniat ita, tollat summam cerœ litterœ et tantum det f litterœ, et insuper medielatem ejus, ac constituât illam inter a et b.. Omnino autem caveat qui cymbala formare aut fundere débet, ut de supradicta cera quœ îam caute ponderata et divisa est, nihil mittat ad juga et spiramina, sed de altéra cera faciat illa omnia. In magna providentia habeat ut, priusquam aliquid cymbalum fundatur, stagnum cum cupro mis»

ceatur, ut rectum sonum habeat. Quod si aliter fecerit non veniunt ad tonos. Quinta aut sexta pars débet esse stagnum, utrumque bene purificatum priusquam permisceatur ut clare sonent. Si autem fusa cymbala minus recte sonuerint, hoc emendetur lima vel lapide.

ctiAP. lxxxv [bis). De la mesure des cymbales.

Quiconque veut faire des cymbales bien • etentissantes pour chanter, doit pour chacune diviser et peser Ja cire, et commencer par les plus élevées, atin d'arriver en descendant "aux plus graves. 11 aura soin de marquer chacune avec une lettre propre, afin de s'y reconnaître dans la division. D'abord, il faut prendre deux parties de cire égales en poids, une marquée A, l'autre G. La cire de la lettre A sera partagée en huit portions égales, et ajoutez à la cire de la lettre G autant qu'il y en a dans la huitième l>artie de la lettre A. Divisez également la cire G, et ajoutez à celle de la lettre F ai tant qu'il y en a dans sa quantité, et la huitième partie en sus, et vous aurez deux tons continus. En cet endroit il doit y avoir un demiton, et on le trouvera de cette manière. La quantité de cire de la lettre A sera divisée en trois parties, et cette quantité sera donnée à la lettre E, et un tiers en sus. Donnez ensuite à la cire de la lettre D autant qu'il y en a dans le total A, et la huitième partie en sus. De môme donnez à la cire de la lettre G autant qu'en a la lettre G, et la moitié en sus; elle aurait en conséquence deux tons après le demi-ton. Donnez ensuite à la cire de la lettre B autant qu'il y en a au total de la lettre B, et un tiers en sus, et vous aurez de nouveau un demi-ton : on trouvera ainsi sept symphonies depuis la lettre A jusqu'à la lettre B. On n'aurait pas encore le diapason ou octave sans la huitième cymbale. Que l'on double toute la cire de la lettre a et quon la donne à la lettre A, et il ne manquera rien. La quatrième» huitième et cinquième corde seront trouvées ainsi : Prenez le total de la cire de la lettre et donnez autant à Ja lettre F, et la moitié en sus, et établissez entre A et B. Celui qui veut faire ou fondre des cymbales doit bien prendre garde à ne point prendre de la cire qui a été pesée et divisée avec tant de soin, pour en mettre au col ou aux ouvertures; il se servira pour cela d'autre cire. Qu'il fasse très-grande attention, avant de fondre quelque cymbale, que l'étain soit môle au cuivre, afin qu'elle rende un beau son. En agissant autrement,

on n'arrive pas aux tons. La cinquième el la sixième partie doivent être de l'étain, bien purifié avant lo mélange, afin que le son soit clair. Si après la fonte, les cymbales ne sonnent pas bien, on rectifiera à la lime ou à la pierre.

CAPL'T LXXXVI.

De cymbalis musicls.

Facturus cymbala, primum aquire tibi lectionem et secundum quod docuerit formai!) facito, atque ceram diligenter pondéra.

CUAP. l.XWVf.

Des cymbales musicales»

Pour faire des cymbales, procurez-vous d'abord la formule pour vous diriger; suivez-en les préceptes pour faire le moule, et

I) Scmilonus, imo.

Dicïio.sn. D'ARCHÉoLor.ir: sacrée, II.

TRADUCTION

TIiEOPMLl MB. UI.

pesez soigneusement la cire. Lorsque YOUS les aurez fondues comme il a été dit ci-dessus, si par négligence ou incurie il manque quelque chose à l'égalité des tons, vous le «orrigerez. Si vous voulez faire une cymbale plus haute, vous limerez le bord inférieur ; si vous la voulez plus basse, vous le ferez près du bord sur la circonférence.

-CHAP. LXXXV1I

■Des luises d'étain.

Fabriquez deux fers de la longueur de la main et un peu moins gros que le petit doigt : ils seront plus gros d'un côté et efiilés de l'autre côté, de manière à pouvoir être tirés facilement du moule. Du côté de la partie la plus grosse, ils auront des queues pointues pour êlre fichées dans des manches arrondis ; à l'autre bout ils auront des clous ronds et courts, dans lesquels ils puissent être tournés. Autour de ces fers mettez de l'argile, d'abord peu, puis davantage, selon la grandeur que vous voulez obtenir. Celle-ci étant sèche, faites usage de votre tour comme on a coutume de le foire pour tourner les écuelles et les autres vases de bois, de manière qu'une colonne se tienne solidement et que l'autre soit mobile : celleci, cependant, sera fixe lorsqu'elle sera attachée en bas avec un clou effilé. Entre les colonnes établissez le moule, et les clous dans leurs ouvertures., et après avoir placé une courroie autour du bois, vous ferez asseoir un enfant pour la tirer, vous tournerez comme il vous piaira et mettrez de la cire dessus. Celle-ci ayant été tournée également, retirez le moule du manche avec le fer ; après avoir posé l'entonnoir, avoir couvert a'argile et avoir fait sécher celle-ci, ôtez la cire et mettez dans le fourneau pour recuire, de la même manière que plus haut. Lorsqu'il aura chauffé jusqu'au blanc à l'intérieur, laissez-le jusqu'à ce qu'il se refroidisse, de sorte qu'on puisse le tenir quelque temps à la main. Aussitôt, l'étain étant fondu dans un bassin de fer ou dans un vase d'argile, vous y ajouterez un peu de vif-argent lorsqu'il sera temps de le verser, de façon ju'il y ait pour une livre d'étain une once de vif-argent; puis versez aussitôt dans le moule. Lorsque le tout sera refroidi, brisez l'argile à l'extérieur ; replacez le manche et remettez au tour, afin de le tourner également partout ; à la fin vous polirez avec la prêle. Après cela prenez un peu des raclures d'étain, mêlez-y un peu de vif-argent ; vous le frotterez avec vos doigts jusqu'à ce qu'il y ait liquéfaction ; alors, à l'aide d'un linge et en tournant autour du vase, vous l'enduirez de ce mélange jusqu'à ce qu'il soit sec et clair. Après avoir ôlé le fer et l'argile intérieure, autour de l'ouverture inférieure où était le fer, vous creuserez au aiilieu de l'étain un petit creux, et là vous joindrez une parcelle d'étain un peu plus épaisse que le vase ; à l'intérieur posez un bois rond sur lequel le vase s'appuie pour ne pas se plier, et avec un marteau moyen frappez à l'extérieur jusqu'à ce qu'il entre

Quas(qua?)cum fudrrrs, sicut supra dictum est, si quid per negiigentiain vel incuriam de cquitate tonorum defuerit, corriges. Si volueris cymbalum altius habere, in ora itiferius limabis, si vero humilius, circa oram ïn circuitu.

'C.APL'T I.XXXVII.

De ampullis slagncis.

Fac tibi duos ferros longitudine manus et modice graciliores minimo digito, qui sunt in una parle grossiores, in altéra summitate deduclim graciliores, ut possint ex forma deduci ; habeantque in grossiori parte caudas tenues, ut singulis manubriis confiugantur, quai manubria sint rotunda ; et habéant in altéra summitate brèves clavos rotundos, in quibus tornari possint. His ferris circumpone argillam, primo parum, deinde amplius secundum magnitudinem quam volueris. Qua siccatafac tornatorium tuumeodem modo quo tornantur scutellae et alia vasa lignea , ita ut una columna firmiter stet, et altéra moveatur, quae tamen cum apposita fuerit inferius clavo tenui firmabitur. Inter columnas statue formam et utrosque clavos in suis foraminibus, corrigiaque circa lignum posita, atque sedente puero qui eam trahat, tornabis sicut placuerit ceramque superpones. Qua similiter tornata, educ a manubrio formam cum ferro, appositisque spiraculis et argilla superducta atque siccata, ejice ceram et ad recoquenduui in fornacem pone , modo quo superlus.

Cumque interius omnîno canduerit ejice ab igné, et sic sine jacere donec refrigeretur, ita ut in manu aliquantum possit teneri. Statimque liquefacto stagnoinpatellaferrea, sive in testa, cum tempus fuerit infundendi adjiciatur ei modicum vivi argenti, ita ut, si est libra stagni quadrans sit vivi argenti, et sine mora formœ infundatur. Qua* cum fuerit omnino refrigerata, frangatur exterius argilla, et reposito manubrio, denuo in tornatorium reponatur, atque ex omni parte sequaliter tornetur, ad ultimum vero asperetla poliatur. Post hœc modicum accipe de eisdem rasuris stagni et commisce parum vivi argenti, digitisque tuis fricabis donec omnino liquéfiât ; sicque cum panniculo circa ampullam tornando linies quoadusque sicca et clara remanoat ; deducto autem ferro et interiori argilla, circa foramen inierius in quo erat ferrum, fodies in medio stagno fossulam, et in eo junges particulam ejusdem stagni, modice spissiorem quam sit ampulla, atque interius pone lignum rolundum, cui innitatur ut non complicetur, et cum mediocri malleo exterius percute, donec fossuns illis inducatur et firmiter stet. Aliter eliam ipsum foramen obstruere potes. Iripone ampullœ lignum ut supra, quod in summitate panniculo involves, plumbumque simple*, in foramine , rasa et cera illico, liquefactum infundes, et ita festinanter cum maileolo œquabis.

ns

TlIEOPIHLl LIR. ni.

TRADUCTION

dans ces creux et qu'il soit solide. Vous pouvez autrement fermer cette ouverture. Mettez dans le vase, comme plus haut, un bois dont le bout sera enveloppé d'un linge; vous verserez aussitôt du plomb pur fondu, la cire étant encore étendue au même eudroit, et sans perdre de temps vous égaliserez au marteau.

c.vrcT LXXXVIII- Qualiter stagnum solidelur.

Percute in stagno quasi duos scyphos œquales, et conjunge illos in medio, ita ut ora unius in altéra procédât, inpositoque illo

3ui continet cineribus calidis, partem ejusem stagni, plumbi tertia parte admixta, percute tenuissime, et intercidens particulatim circumpone; adhibitisque modicis car- Itonibus ignilis, mox ut incaluerit circumunge resinam abietis, et mox ipsas participas liquescere ac circumlluere videbis. Mox carbonibus aniotis, refngeratum firmum «rit. Hoc modo solidari potest quicquid in puro stagno est opus, videlicet, effusoria in ampuJlis et auriculae, atque ligatura in quibus- opercula pendent, et si aliquid foramen in fusili ampulla per negîigentiam contigerit.

CHAT. I.UWIII.

Comment on soude iétain.

Battez en étain deux espèces de coupes égales et joignez-les au milieu, de manière que le bord de l'une s'avance sur l'autre : mettez sur des cendres chaude* celui qui contient l'autre ; battez très-légèrement un morceau du même étain mêlé d'un tiers de plomb, et après l'avoir coupé en petits fragments, mettez tout autour. Approchez alors de petits charbons enflammés, et dès que. vous verrez chauffer, étendez de la résine de sapin, et vous verrez bientôt ces petits fragments se fondre et couler. Otez les charbons, et après refroidissement ce sera solide. On peut souder de cette manière tout ouvrage en étain pur, à savoir, le bec et le* oreilles des vases, les liens auxquels les couvercles sont suspendus, et les trous qui, par négligence,, pourraient se trouver dans des vases fondus

CAPUT LXXXIX

De fundendo effusorio.

Potest etiam effusorium facile ita formari, ut inciJatur fissile lignum rotundum, et foretur terebro in longitudine, non usque ad finem, et findatur per médium, atque in integro illo formetur foramen, cui ferrum rotundum secundum interiorem amplitudinem infusorii, tenui argilla illilum injungatur, et foris valide circumligetur, stagnumque, il li calefacto , infundatur. Quo refrigerato lignum solvatur, et ferrum ejiciatur, effusoriumque limatum et planatum, modo quo superius dictum est, vasi consolidetur.

CVPLT XC

De ferro.

Ferrum nascitur in terra in modum lapiduin, quod, effossura eodem modo quo cuprum superius frangitur et in massas confunditur, deinde in fornace ferrarii liquatur, et percutitur ut aptum fiât unicuique operi. Calibs dicitur a monte Calibe, in quo ejus usus plurimus invenitur ; qui simili modo praeparatur ut operi aptus fiât. Cum ergo ferrum prœparaveris et inde calcaria, sive caetera equestria utensilia feceris, et ea auro vel argento decorare volueris, sume argentum purissirnum, et percutiendo valde atténua. Deinde habcas rotulam ligneam de quercu, longitudine pedis latam ettornatam, quae sit in circuitu tenuis et in medio ex utraque parte spissam, ubi ei aliud lignum curvum transfigatur in quo possit volvi, cui etiam in una summitate aliud lignum curvum apponatur cum quo circumrotetur.

fumque ipsam rotam aptaveris inter duas

CUAP. LXXXIX.

Manière de fondre le bec d'un vase.

On peut encore faire facilement le bec d'un vase de cette manière. On coupera en rond une pièce de bois facile a fendre, on la percera avec une tarière dans la longueur, mais non jusqu'au bout, et puis on la fendra par le milieu. Dans cette partie entière, on pratiquera un trou où l'on joindra un fer rond de la dimension intérieure du bec du vase, après l'avoir légèrement enduit d'argile ; on l'attache fortement à l'extérieur, et lorsqu'il a été chauffé on y verse de l'étain. Celui-ci étant refroidi, on détache le bois et on retire le fer. On soude le bec au vase, comme il a été dit ci-dessus, après qu'il a été limé et uni.

chap. xc.

Du fer.

Le fer naît en terre, à la manière des pierres ; quand il est tiré, on le brise et on le fond en masse comme il a été ci-dessus pour le cuivre ; il est fondu ensuite au fourneau et battu pour devenir propre à toute espèce d'ouvrage. L'acier (calibs) est ainsi appelé du mont Calybe, où il est très-connu par un fréquent usage ; on peut en fabriquer de semblable et pour le même usage. Lorsque vous aurez préparé du fer et que vous en aurez fabriqué des éperons ou d'autres objets de harnachement, que vous vendrez orner d'or ou d'argent, prenez de l'argent très-pur, et amincissez-le beaucoup en le battant. Ayez ensuite une roulette en bois de chêne, d'un pied de diamètre et tournée, qui soit mince è la circonférence et épaisse au milieu de chaque côté : on la traversera d'une pièce de bois courbée, sur laquelle elle puisse tourner; à l'extrémiu)

TRADUCTION

de cette pièce, vous placerez un autre bois à l'aide auquel on tournera. Lorsque vous aurez disposé cette roue entre deux petites colonnes, faites autour de son bord à l'extérieur, des incisions en manière de degrés, dirigées en arrière, afin que ces petites colonnes sur lesquelles la roue tourne, soient fixées solidement sur un banc en la-geur, de façon que le bois courbé soit du coté droit. Qu'il y ait encore une petite colonne, du côté gauche, dans la partie antérieure, auprès de la roue, dans laquelle soit fixé un bois effilé, de manière qu'il soit étendu sur la roue et qu'il ait à son extrémité un petit morceau d'acier, de la longueur et de la largeur d'un grand ongle, solidement attaché au moyen d'une ouverture et bien aigu, de sorte que lorsque la roue tourne, ce bois tombe toujours d'un degré sur l'autre, afin que l'acier mis en mouvement coupe tout ce qui est mis à portée. Lorsque vous aurez limé également un éperon, posezle sur les charbons ardents jusqu'à ee qu'il noircisse. Lorsqu'il sera refroidi, prenez-le de la main gauche et tournez la roue de ïa main droite ; placez-le sous l'acier, coupez délcatement partout à l'extérieur en longueur, puis doublement en largeur. Cela fait, avec de petites tenailles, frottez de petites parcelles d'argent et mettez-en pardessus, et avec ces mômes tenailles frottez l'extrémité de l'argent afin qu'il y ait adhérence. Lorsque vous aurez tout travaillé, replacez sur les charbons ardents, jusqu'à ce que cela devienne encore noir; vous lèverez avec des tenailles, et avec un long instrument d'acier bien égal et fixé dans un manche, vous polirez fortement. Si vous voulez le dorer en entier ou par parties, vous le pourrez faire. Coupez de la manière indiquée ci-dessus, mais plus profondément, les freins et autres objets de harnachement, on tout autre objet enfer; vous aurez des (ils très-légers d'argent et d'or, dont vous ferez de petites tleurs et des cercles, ou tout autre dessin qui vous plaira, et avec des tenailles délicates, posez-les sur les instruments de fer à l'endroit que vous voudrez, frappez doucement avec un petit marteau pour faire adhérer; qu'il y .ait toujours un tleuron d'or et un autre d'argent. Après avoir rempli de cette manière toute la surface du fer, posez sur les charbons jusqu'à ce que celui-ci noircisse ; avec un marteau léger frappez avec précaution pour que les incisions soient égales partout où le fer apparaît, et que l'ouvrage semble orné de nielles. Si sur des couteaux ou autres objets en fer, vous voulez écrire des lettres, commencez par les creuser avec un burin ; après avoir fait un gros fil d'argent, façonnez-le en forme de lettres à l'aide de tenailles délicates ; mettez-le dans les traits creux et battez avec un marteau pour faire pénétrer. De cette manière aussi vous pourrez exécu-

TiiFoi iiii.i i.m. m. T)7s

columnellas, fac circa Qram ejus exterius, incisuras in modum gradus, qua? rétro respiciunt, ut ipsœ columnellee in quibus rota vergitur, firmiler sint fixœ super scamnum in latitudine, ita ut curvum lignum ad dexteram manus sit. Stet quoque adhuc una columnella ad sinistram rnanum in anteriori parte juxla rotam, in qua sit fixum gracile lignum, ita ut super rotam jaceat et'ha'beat in summitate sua particulam calibis, longitudine et latitudine majoris unguis, firmrler per foramen infixam, et valde acutam, ita ut cum rota^olvitur illud lignum semper cadât ab uno gradu in alterum, ut sic vibratus calibs quidquid apponitur incidat. Cum vero limaveris calcar unum eequaliter, pone illud super carbones ardentes donec nigrescat, refrigeratumque tene manu sinistra et rot a in volve dextra, appositumque calibi, incido subtiliter per omnia exterius in longitudine, et rursum dupliciter in latitudine. Quo facto, cum parrulo forcipe frica particulas argenli sicut volueris et superpone, atque cum eodem forcipe frica summitates argenli ut adhœreant. Cumque totum operaveris, denuo pone super prunas ardentes donec rursum nigrum fiât, atque elevans forcipe, cum longo ferro ex calibe valde œquali et manubrio infixo diligenter polies, suppositumque prunis,iterum calefacies rursumque cum eodem ferro fortiter polies. Quod si volueris illud per partes aut ex toto deaurare, in tua sit potestate. Hoc modo frena et ca> tera instrumenta equestria vel quodeunque in ferro volueris incide modo quo superius, sed profundius, habcasque fila ex argento subtil issima atque ex auro, formabis tibi inde brevissimos flosculos et circulos, sive aliud quodeunque libuerit, et cum gracili forcipe super ferrum qualiter volueris pone, atque cum brevi malleo leniter percute ut adhœreat; sitque semper unus flosculus aureus alter argenteus. Impleto autem taliter spalio ferri totius, pone super prunas donec nigrescat, atque cum mediocri malleo percute diligenter, donec ubicunque ferrum apparet incisuree iilae aoquales fiant, et sic opus illud videatur quasi nigellum sit. Si vero in cultellis sive in aliis ferris litteras habere volueris, cum fossorio ferro fode cas inprimis, deinde facto filo argenteo grosso, forma cum gracili forcipe litteras, et impone eas fossuris illis, percutiensque superius cum malleo impie eas. Hoc modo etiam flosculos et circulos facere potes in ferro, et cum filis ex cupro et aurichalco impie. Si quid vero hujus operis vetustate seu negligentia fractum fuerit, si argentum quod est volueris acquirere, mitte illud in iguem donec candeat, tenensque sinistra manu cum forcipe, dextera longum plumbum frica super omnia loca ubi argentum apparet, et mox liquescente plumbo ipsum liquescit, et ei commiscetur; sicque plumbum comburitur et argentum acquiritur.

ter sur fer des fleurons et des cercles, et les remplir de cuivre ou d'auricalque. Si par négligence ou par vétusté, quelque partie de cet ouvrage vient à se briser, si c'est de l'argent que vous vouliez enleyer, mettez-le au feu jusqu'à ce qu'il soit fortement cha'utfé ; tenez-le de la main gauche avec des te-

TIIKOPHILI 1,115. III

TKVDUCTION.

nulles, et de la main droite frottez du plomb sur tous les endroits où l'argent apparaît, le plomb, en se liquéfiant, le fait fondre aussi et fait alliage avec ce métal. De cette manière on brûle le plomb et on enlève l'argent.

o\im;t xci

De solidatura ferri.

Fiuut cliam ex ferro circuli tenues qui pcnuutur in manubriis ferramentorum qui non possunt pef se solidari, quibus in junetura circumvolvitur cuprum tenue, atque oipcumponitur modicum argiliœ. Qua siccata, cum an te fornacem sub carbonibus Mitll.it canduerit, inox liqu.factum cuprum circumfluit et solidal. Hoc modo etiam claves stagnât^, si frangunlur, et alia quœlibet in ferro solidari possunt. Quod si vis seras componere qnibus inanticie serantur, perctite ferrum tenue et cirea aliud ferrum rot u 11 lum complica, at<|ue conjunge ei fundum superius et inferius. Deinde circumpone ei corrigiolos ex eodem ferro et inter eos flosculos sive circulos qualiter volueris, sic tamenut una parlicula semper impingatur alteri ut adhœreat, ne cadere possit. Commisce quoque duas partes cupri et terîiam stagni, et comminue illud rnalleo in vasculo ferreo subtiliter, comburensque viniceuin lapidem, adde ei modicum salis atque commisce aqua, et liniens in cireuitu circumsparge ipsutu pulverem. Quo siccato, rursum superlinies confectionem illam spissius, imponensque prunis ac diligenter eircumtegens, sicut argentum superius, eodem modo solidabis ; réfrigéra tumque per se lavabis. Hoc modo quicquid-volueris in ferro solidare poles> quod tamen nullo modo deauratur. Quicquid super stagnare volueris in ferro, prirnuin lima et priusquam manu tangas, noviler limatum in patellam stagni liquefacti cum adipe projice, et cum forcipe coiiimovo, donec canuidum liât, eduetumque fortiter exeute, atque cum furfure et lineo panno purga. Seras ferreas atque ligaturas scriniorum et ostiorum cum feceris, ad ultimum calefacies et pice Unies, clavi vero stagnati sint. Cum feceris calcaria , frena et instrumenta sellée humilium clericorum et monachorum, et ea œqualiler limaveris, calefac mediocriter et frica super ea cornu bovis, sive pennas anseris, quœ cum a .calore modicum liquefacta ferro adhœserint, nigrum colorem et quod a modo ei convenientem prœbebit.

ciiap. xei.

De la soudure du fer

On fait aussi en fer de petits cercles qui se mettent aux manches des outils en 1er qui ne peuvent pas être soudés par euxmêmes. A la jointure on enroule un cuivro mince, et on met autour un pou d'argile. Celle-ci étant sèche, on pose sur les, charbons, devant un fourneau, et l'on souffle : le cuivre ne tarde pas à fondre et à souder. De cette môme manière, on peut souder les clefs étamées qui se brisent, et tout autre objet en fer. Si vous voulez fabriquer des serrures destinées à fermer des coffres ou armoires, battez un fer mince et ployez-le autour d'un autre fer rond, et mettez-y un fond supérieur et inférieur. Placez autour de petits cercles de fer, et entre eux de petits fleurons ou de petits enroulements, comme vous voudre-, de manière cependant qu'une petite pièce soit toujours frappée sur une autre de façon à y adhérer, alin qu'elle ne puisse pas tomber. Mêlez deux parties de cuivre avec une partie d'étain, broyez ce mélange avec un marteau dans un vase de fer; brûlez du tartre, ajoutez un peu de sel, et de l'eau; faites-en un enduit tout autour et répandes celte poussière pardessus. Cela étant sec, vous le couvrirez d'une couche plus épaisse de ce mélange; vous mettrez sur les charbons, en recouvrant soigneusement, comme pour l'argent, ainsi qu'il a été dit plus haut-; vous souderez de la môme manière ; lorsque cela sera refroidi de soi-même, vous le laverez. De cette manière vous pouvez souder tout objet en fer, lequel toutefois n'est pas doré. Tout objet de fer que vous voudrez étamer doit être d'abord limé, et avant d'y toucher avec la main, il faut le plonger dans un vase rempli d'étain fondu aveG de la graisse, et remuer avec des tenailles, jusqu'à ce qu'il soit blanc; en le retirant, secouez fortement, et nettoyez a.vec un linge et du son. Lorsque vous ferez des serrures de fer et des attaches de coffrets et de portes, vous les ferez chauffer à la fin et vous les enduirez de poix ; les clefs seront étamées. Lorsque vous ferez des éperons, des freins et des accessoires de selles de chevaux à l'usai

„ge d'hum blés clercs et de moines, et que vous les aurez limés également, chauffez-les médiocrement et frottez-les avec de la corne de bjeuf ou des plumes d'oie, qui en se fondant par la chaleur et en adhérant, communiqueront à ces objets la couleur noire qui leur con-

vient.

capct xcir.

De sculpiura ossîs.

Sculpturus os, primum forma tabulam cujus magnitudinis volueris, et superponens cretam, pertrahe cum plumbo imagines secundum libitum, atque cum gracili ferro des ^na tractus ut apparcant ; deinde cum di

citap. xcn*.

De la sculpture de l'ivoire.

Pour sculpter l'ivoire, faites d'abord utie tablette de la grandeur que vous voudrez ; couvrez-la de craie ; dessinez avec du piomb les images qui vous plairont, et avec un fer aigu marquez les traits, afin qu'ils soient

TKADLCTIO.

TI1E0FMIM LIlî. III.

visibles. Ensuite, avec divers instruments en fer, creusez les champs à la profondeur que vous voudrez, et alors, selon votre habileté et voire génie, sculptez les images ou tout autre sujet que vous aurez choisi. Si vous voulez orner votre ouvrage avec une feuille d'or, étendez de la colle faite avec la vessie du poisson appelé huso ; coupez la feuille par parties, et posez-la comme vous voudrez. Faites aussi des manches en ivoire ronds ou à côtes, percez-les au milieu dans le sens de la longueur; ensuite avec diverses limes propres à ce genre d'ouvrage, élargissez l'ouverture, afin qu'elle soit à l'intérieur comme à l'extérieur, et qu'elle soit unie et convenable. Dessinez délicatement autour des fleurons, des animaux, des oiseaux ou des dragons enchaînés par le cou et la queue; percez les champs avec des outils fins, sculp-tez ensuite avec toute la légèreté et la délicitesse possibles. Cela fait, remplissez le trou à l'intérieur de bois de chêne, que vous couvrirez de cuivre mince doré, de manière qu'à travers tous les champs on puisse apercevoir l'or. Fermez l'ouverture en avant et en arrière, à l'aide de deux petits morceaux d'ivoire que vous consoliderez avec des clous d'ivoire, si délicatement que personne ne puisse savoir comment on a mis l'or. Après cela, dans la partie antérieure faites un trou pour mettre le couteau, dont la queue, chauffée légèrement, peut être placée solidement , parce qu'il y a du bois à l'intérieur. Faites encore un manche simple, comme vous voudrez, et selon sa dimension ; faites-y un trou pour placer un couteau ; joignez-y un morceau de bois avec soin, et faites disposer la queue du couteau selon la forme de ce bois. Broyez ensuite très-menu de l'encens brillant et emplissez-en l'ouverture du manche ; avec un linge humide enveloppez trois (bis le couteau auprès de la queue; et plaçant devant le fourneau, chauliez cette queue jusqu'à ce qu'elle soit un peu chaude; placez-la promptement dans le manche avec soin, afin qu'etfe y soit bien jointe et qu'elle y tienne solidement. Si par hasard le couteau vient à être cassé par vétusté ou par négligence, de manière qu'une partie sorte

v rsis ferris fode campos quam profunde volueris, et sic demum ingenium et scientiam tuam sculpe imagines, vel aliud quoi! libuerit. Quod si volueris opus tuum auri petula ornare, gluten de vesica piseis qui dicitur huso suppone, et incisa petula per particulas, sicut volueris suppone. Forma etiam manubria ex ebore rotunda sive costata, et fac foramen per médium in longitudine , deinde cum limis diversis ad hoc opus aptis amplifica foramen ut sit interius sicut exterius et sit per rotum œqualiter et mediocriier tenue; aique pertrahe in circuitu subtiliter flosculos, sive bestias, aves, vel dracones collibus et caudis concatenatos, et cum subtilibus ferris campos transfora, deinde sculpe quam gracilius et operosius possis. Quo facto, impie foramen in» terius ligno quercineo, quod cooperies eupro tenui deaurato, ita ut per omnes cam- ]M)s aurum videri possit ; sicque ex eodeu* osse particulis duabus injunctis, obstrue foramen ante et rétro, quas obfirmabis osseis clavis, lam subtiliter, ut nullus considerare possit qualiter aurum impositum sit. Post hœc in anteriori particula fac foramen in quo cultellus imponatur, cujus cauda calefacta leviter potest imponi, quia lignum est interius et firmiter stabit : fac etiam manubrium simples qualiter volueris, et secundum quantitatem ejus fac foramen cui cultellus imponi débet , atqtie injunge ei lignum diligenter, et sicut ligpum formatum est, ita fac foimari caudam cultelli. Deinde tere thus lucidum in tenuissimum pulverem, et inde impie foramen manubrii, atque cum lineo panno humido involve cultellum juxta caudam tripliciter, ponensque ante fornacem, calefac ipsam caudam donec mo-* dicum candescat, statimque infige manubrio diligenter ut beue conjungatur, et firmiter stabit. Quod si aliquando vetustate, vel incuria, cultellus frangatur, ita ut particula ejus extra manubrium emineat, calefac forcipem ferrarii atque appréhende ipsam caudam et aliquantisper tene, donec incalescat, et statim extrahe. Cum sulphure, quo trito, eodem modo firmari potest cultellus, nou solum in osse sed in duro ligno.

lu manche, faites chauffer des tenailles de forgeron , serrez la queue pendant quelque temps, jusqu'à ce qu'elle soit échauffée, et retirez aussitôt. On peut aussi fixer un couteau de la même manière avec du soufro broyé, non-seulement dans l'ivoire, mais encore dans le bois.

chap. XCHI.

Procédé pour rougir l ivoire

Il existe une plante appelée rubrica, dont la racine est allongée, grêle et rouge. On i'arrache et on la fait sécher au soleil ; puis on la pile dans un mortier, et on fait cuire en l'arrosant d'eau de lessive. Lorsque cela a bien bouilli, les os d'éléphant, de poisson ou de cerf qu'on j met, deviennent rouges. On peut aussi, avec cet ivoire ou ces cornes, exécuter au tour des nœuds pour les crosses d'évèques ou d'abbés, ou d'autres

CAPUT XCIII

De rubricando osse.

Est etiam herba rubrica dicta, cujus radix| est longa, graciliset rubicunda, quœ elfossa sole siccatur, atque in mortario pila tunditur, et sic lexiva perfusa in olla radi (rasa ?) coquitur. Cui cum bene bulluerit, os elephantis seu piseis vel cervi impositum, rubrum fit. Possunt etiam ex his ossibus ve* cornibus tornatili opère fieri noda (1) in baculis episcoporum, abbatum, atque minores noduli diversis utensilibus apti. Quos cum

fl) Nodi, inio.

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