‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 245 sur 276 · THE0PHIL1 I.IB. III · texte numérisé non relu

THE0PHIL1 I.IB. III

TRADUCTION

petits nœuds convenables à divers instruments. Lorsqu'ils auront été tournés avec des fers aigus, vous les unirez avec de là prèle, et recueillant les raclures dans un linge, vous les en frotterez en tournant, et ils deviendront brillants. Avec des cendres tamisées et mises dans un linge, vous pourrez polir les manches de corne, les cornets des chasseurs cl les tablettes des lanternes; à la fin, n'oubliez pas de les enduire d'huile de noix

aculis terris tornaveris,cutn aspcrella t'cquabis.eteolligensrasurasin pannolineo desuper toniando i'ortiter fricabis, et omnino liididi lient. Cineribus cribratis et lanco panno inditis poteris manubria cornea,el venatorum cornua, vel tabulas in lucernis polir«?;ad ultimum vero ne obliviscaris ea nucis oleo superlinirc.

CAPUT XCIV

De poliendis gemmis.

Crislallum quod aqua dura ta in glaciom, et multorum annorum glacics duratur in lapidem, hoc modo limatur etpolitur. Toile eonfectionem quoa dicitur tenax, de qua supradit tum est, adhibitamque igni donec liquetiat, consolidabis cristallum ad lignum louguiu quod ci simile sit in grossitudine. Quod cum refrigeratum fuerit utrisque maniions fricabis super lapidem sabuleum duruin, addita aqua donec formam accqnat quam eidare volueris, deinde super alteram Lapidem ejusdem g^neris qui sit sublilior et eequalior donec omnino eequum fiât. Et accipie îs tabulam plumbeam fiequalem, pone super eam tegulam humidam quam cum f-aliva fricabis super cotom duram, atque desuper polies ipsum cristallum , donec fulgurem accipiat. Ad ultimum vero super hircinum corium non denigratum nequo unctum, sed in ligno tensum et clavis infcrius allixuui, fricaturam tegulao pone saliva humidam, et desuper diligenter frica, donec omnino lucidum fiât. Quod si cristallum sculpere volueris, accepto hirco duorum vel trium annorum, colligatisque pedibus ejus, incide foramen inter pectus ejus etventrem, in loco cordis, et impone cristallum, ita ut in sanguine ejus jaceat donec calefiat. Quod inox ejiciens incide in eo quod volueris, quamdiu calor ille durât, et cum cœperit refrigescere atque durescere, rursum repone in sanguine hirci, calefactumque denuo ejice et incide , sicque faciès donec sculpturam compleas; ad ultimum vero calef.ictum et ejectum cum panno laneo fricabis ut cum eodein sanguine ei fulgorem acquiras. Si autem nodos facere volueris ex cristallo, qui baculis episcoporum vel caudae labris possint imponi, hoc modo perforabis eos; lac tibi duos malleos mensura minoris digiti grossos, et pêne palmi mensura longos, et in utraque summitate valde graciles et beno calibatos. Cumque nodum formaveris incide in ligno foramen, ita ut dimidius in eo jacere possit, et cum cera confirmabis eum in eodem ligno ut adhœreat ; tollensque unum malleolum percute leniter in medio nodi in uno loco,. donec foramen narvum facias sienne in medio percutienuo et in circuitu diligenter frangendo , cavaturam augebis. Cumque, sic persistendo , ad meditullium nodi perveneris, couverte illum et in alteram partein fac similiter. Quem cum transforaveris, percute cuprum longitudine pedis unius et rotundum, ita ut foramen transire possit, accipicnsquc sabulum acutum aqua mixtum,

cuAr. xciv.

Manière de polir les pierreries.

Le cristal, qui est une eau durcie par la gelée, et une glace durcie en pierre par do longues années, est limé et poli de cette manière. Prenez la composition qu'on appelle tenace, dont on a parlé ci-dessus, mettez-la au feu jusqu'à ce qu' elle se liquéfie ; vous collerez le cristal à un morceau de bois allongé, d'égale grosseur. Lorsque cela sera refroidi, vous frotterez des deux mains sur une pierre de grès, en versant de l'eau, jusqu'à ce que le cristal ait pris la forme qu'on veut lui donner; on frottera ensuite sur une autre pierre de même espèce, plus fine et plus unie, jusqu'à ce qu'il soit poli. Prenez une tablette de plomb et posez dessus une tuile mouillée avec de la salive, que vous frotterez avec une pierre à aiguiser : vous polirez dessus le cristal, jusqu'à ce qu'il prenne de l'éclat. A la tin, prenez la raclure de la tuile, mouillée de salive, mettez-la sur un cuir de bouc non noirci, ni oint, mais tendu sur du bois et attaché par dessous, et frottez soigneusement dessus, jusqu'à ce qu'il soit brillant. Si vous voulez sculpter le cristal, prenez un bouc de deux ou trois ans, liez-lui les pattes, faites une incision entre la poitrine et le ventre, à la place du cœur, et laissez le cristal baigner dans le sang, jusqu'à ce qu'il soit chaud. Retirez-le aussitôt et taillez-le comme vous voudrez pendant qu'il est chaud, et lorsqu'il commencera à refroidir et à se durcir, remettez-le dans le sang du bouc, et lorsqu'il sera réchauffé, retirez et taillez : vous continuerez de la même façon jusqu'à ce que la sculpture soit achevée. A la fin, après qu'il aura été échauffé et retiré, vous le frotterez avec un morceau d'étoffe de laine, afin de lui donner de l'éclat, à l'aide du sang. Si vous voulez faire des nœuds ou pommes de cristal qui puissent être mises aux crosses d' évoques ou aux extrémités de la pointe, vous les percerez de cette manière : Faites-vous deux marteaux de la grosseur du petit doigt, très-effilés à l'extrémité et de bon acier. Lorsque vous aurez fait le nœud, faites-un trou dans un bois, de manière qu'on puisse l'établir au milieu, et le faire adhérer à l'aide de cire. Prenez un marteau et frappez doucement au milieu du nœud au môme endroit, jusqu'à ce que vous fassiez un petit trou, et ainsi, en frappant au milieu et en cassant avec précaution tout autour, vous agrandirez le creux. Lorsque, en continuant ainsi, vous serez arrivé, jusqu'au milieu du nœud, tournez-le et faites la même chose.

TRADUCTION

TIIEOPHILI LIC. III.

Lorsque vous l'aurez transpercé, battez un morceau de cuivre de -la longueur d'un pied, et rond, de manière qu'il puisse traverser l'ouverture, prenez du sable coupant, mettez-en dans l'ouverture et limez avec le cuivre. Lorsque vous aurez agrandi un peu l'ouverture, battez un autre morceau de cuivre plus gros, avec lequel vous limerez de la môme manière, et, s'il en est besoin, employez un troisième morceau de cuivre plus gros. Lorsque vous aurez agrandi l'ouverture selon votre volonté, broyez menu une pierre de grès, servez-vous-en avec un morceau de cuivre neuf, et limez jusqu'à ce qu'elle soit unie. Prenez ensuite un morceau de plomb également rond, et après avoir ajouté de la raclure de tuile avec de la salive, vous polirez l'ouverture à l'intérieur, ainsi que le nœud lui-même à l'extérieur, comme plus haut. Du cristal très-pur, taillé en rond et poli, mouillé d'eau ou de snlive, il exposé à un soleil vif, met le feu très-rapidement a un morceau d'amadou appelé fmtura, placé dessous de manière à ce que le rayon l'atteigne. Si vous voulez couper le cristal, plantez dans un banc quatre clous de bois, entre lesquels le cristal sera établi solidement. Ces clous seront disposés deux en haut et deux en bas, de manière à être joints si étroitement que la scie puisse à peine passer entre eux, sans incliner de côté ou d'autre. Placez-y une scie de fer, et jetez par-dessus du sable humide, faites tirer par deux hommes, et jetez continuellement dessus du sable mouillé. Continuez jusqu'à ce que le cristal soit divisé en deux parties, que vous frotterez et polirez comme ci-dessus. De cette mémo manière on scie, on frotte et on polit l'onyx et le béril, la malachite, le jaspe et la calcédoine, ainsi que l'S autres pierres précieuses. On fait aussi une poudre très-fine des fragments du cristal, qui se pose mouillée sur une plancho unie de bois de tilleul, et sur laquelle on frotte et on polit les mômes pierreries. L'améthyste, qui est plus dure, se polit de cetto manière. 11 y a une pierre qu'on appelle émeri, quo l'on broie en poudre; on la mouille et on la pose sur une tablette de

rnilte in fora mon et cum cupro lima. Cum vero foramen aliquantum dilataveris , percute aliud cuprum grossius, cum quo simiiiter limabis; et si opus fuerit addes cuprum tertium grossius. Cumqueut volueris foramen ampliaveris, frange sabuleum lapidem subtiliter, et hoc imposito cum cupro novo limabis donec requale fiât. Deinde toile plumbum pari modo rotundum , additaque fricatura tegulœ, cum saliva, polies foramen interius, ipsumque nodum sicut supra exterius. Purissimum cristal! um rotundissimum formatum et politum , aquaque vel saliva madefactum et claro soli adhibitum, isca quam tenturam vocant supposita ita, ut splendor in eam vibret , ignem velocissimunï trahit. Quod si cristallum secare volueris, infige quatuor clavos ligneos super scamnum, inter quos cristallum tirmiter jaceat, qui clavi sic stabunt, ut duo superius et duo inferius sic slrictim conjungantur , ut serra inter eos trahi vix possit, et in nullam partem flecli, imponens pie serram ferream atque superjaciens sabulum aculum aqua commixtum, lac stare duos qui eam trahant, quique sabulum cum aqua sine intermissione desuper jaciant. Hoc tamdiu fiât, donec cristallum induabuspartibusdividatur, quas superfricabis et polies ut supra. Eodem modo secantur, fricantur atque poliuntur onyx et berillus , smaragdus , jaspis et calcedonius, ceeterique' lapides pretiosi; fit etiam tenuissimus pulvis de fragmentis cristalli qui , mixtus aqua, ponitur super eequalem lignum de tilia, et desuper fricantur iklem lapiJes atque poliuntur. Jacinctus, qui durior est, hoc mo lo politur. Est lapis qui dicitur ismaris qui comminutus donec sit sicut sabulum, ponilurque super cupream tabulam œqualem aqua mixtus, et desuper jacinctus fricando formatur. Lotura vero quae indo finit diligenter in pelvi munda suscipiatur, et cum sleterit per noctem, sequenti die aqua penitus ejiciatur, et pulvis siccetur, qui postea super tabulam aequalem de tilia saliva humidus ponatur, atque desuper jacinctuspoliatur. Lapides quoque eodem modo vitrei quod cristallum fricantur et poliuntur.

sur une tablei cuivre unie, et en frottant dessus on façonne l'améthyste. La lavure qui en découle est recueillie soigneusement dans un bassin propre, et lorsqu'elle a reposé pendant a nuit, lo lendemain on jette l'eau, et la poudre se dessèche; on l'humectera plus tard avec de la salive, on retendra sur une planche de tilleul, et on polira l'améthyste. Les pierres factices en verre se frottent et se polissent de la môme manière que le cristal.

chap. xcv,

Des perles.

Les perles se trouvent dans les coquilles <le mer et dans certaines coquilles d'eau douce. On les perce avec un instrument d'acier effilé, fiché dans un morceau de bois garni d'une petite roulette en plomb ; il y a un autre morceau de bois pour le tourner, sur lequel on attache une courroie pour faire tourner. S'il est besoin de pratiquer un plus grand trou à quelque perle, on met dans le trou un fil avec du sable très-lin ; on tient un bout de ce fil entre les dents et l'autre de la main gauche; puis de la main

CAPUT XCY.

De margarilis.

Margar'Ue inveniuntur in conchis marinis et aliorum fluminum ; qua? perforantur subtili ferro calibato, quod infixum sit ligno habenti rotulam plumbi parvulam, et alterum lignum in quo volvatur, cui sit imposita corrigia per quam circumducatur. Quod si opus sit ut alicujus margaritœ foramen majus fiât filum cum modico subtili sobulo foramini imponatur, cujus tili summitasuna dentibus, altéra sinistra manu leneatur , dexteraque sursum ad deorsum margarita ducatur. inlërirnque sabulum ut foramen la-

oss

THEOPHIU un. n;

TKADICTK»'.

tins fiât apponatur. Secantur ctiaoi chonchn marins per partes et inde limanlur (quasi?) uiargarilffl iii aurosatis utiles, poliunturaue

ut supra.

CâPfT xc.vi il).

De aurea scriptura.

Si quis scripturam quœrit sibi senbere

[ pulchraui Ex auro, légat hoc quod vili carminé dico. Aururn cuin puro mero molat usque solutum Hoc iiimium fuerit; moneo quod sœpe lavet

[ilbi.l, Nani quia deposcit hoc candens pagina libri. Exin taurini faciat pinguedine felhs Hoc liquidum, si vult, seu cuin pinguedine

[gummi.

A (que rogo paritercalamo cum ceperitaurum llluiu comraoveat, pulchre si scribera quœrit. Hinc siccata sed ut fuerit scriptura, nitentem Hune niniium faciat ursi cum dente ferocis.

CAPL'T XCVI1 (2).

De floribus ad scribendum.

Flores in varios qui vult mu lare colores Causa scribendi quos libri pagina poscif, Est opus ut segetes in summo mane pererret, Et tune diversos flores ortuque récentes lnveniat, properetquesibi decerpereeosdem.

Cumquedomifuerint caveatneponatin unum U'os, sed faciat quod talis res sibi poscit Vel quœrit.

Dura super œqualem petram contriverisistos Flores, incoctum pariter tum congère gypsum. Sic tibi siccatos poteris servare colores. Ex quibus in viridem si vis mutare colorem, Calcem commisce cum floribus, inde videbis Quod tibi mandavi, veluti ipse probavi.

CAPL'T XCVIII.

De hedera ne laeca.

Rogalo a le frater ebarissime ut dicam tibi de hedera, quani poêla? aique artifices niînium dilexeiunt, quia occultas vires quas in se continet agnoverunt : poetarum enira car mina cum recilarentur in Iheatro ante convenlum Romanorum, coronabantur he- «lera : — artifices vero antiquî ex bac multos colores invenerunt, ex qu bus unum scriplo tibi oslendam. Mense martio , cum herbœ arboresque succuin de maire lerra suscipiunt, et iterum vires crescendi reeipiunt, subulam accipe et ramusculos bederœ perfora locatim, et egreditur gumim liuuor ex ois, de quo sanguineus coquendo color efficitur, qui lacca mmcupatùr. Decnque ergo gurnmi liquorem queni tibi supra cîixi cum urina, et babebis sanguineum colorem qui est utilis scripturis alquo pic ta ri?. Ex hoc ergo parcia (phœnicia?) eilicitur qui pelles «rietum ac caprarum roseo colore décorai.

(!) EraclH vidvtur esse.

(2j Eivdii rcrJhdé al.

droite on fera aller la perle en haut et en bas, et de temps en temps on ajoutera un peu de sable pour agrandir l'ouverture. On coupe aussi en petits morceaux des coquilles marines dont on fait des espèces de perles, assez employées sur or, et que l'on polit comme ci-dessus.

CHAP. XCVI

De récriture d'or (1).

Si quelqu'un veut écrire en belles lettres d'or, qu'il lise ce que je dis ici en mauvais vers. 11 faut moudre l'or dans du vin pur jusqu'à solution entière; il faut laver souvent, ce qui est exigé par la blancheur des feuillets du livre. Ensuite, faites un liquide de fiel de bœuf ou de gomme détrempée. 11 est nécessaire de remuer l'or en le prenant avec la plume, s'il veut bien écrire. Dès que cette écriture sera sèche, on la rendra brillante avec une dent d'ours sauvage.

CHAP. XCVII

Des /leurs usitées pour écrire.

Celui qui veut changer les couleurs en fleurs variées, suivant le besoin de l'écriture, doit parcourir dès le matin les champs remplis de moissons, pour trouver des fleurs diverses fraîchement épanouies; il les cueillera en hâte. Cbez lui, il ne les posera pas les unes sur les autres, mais il les séparera selon le dessein qu'il se propose. Eu broyant ces fleurs sur une pierre unie, mélangez-les* avec du plâtre non cuit. Vous pourrez garder ainsi ces couleurs desséchées. Si vous en voulez changer la couleur en vert, mélangez de la chaux avec les fleurs, vous verrez l'effet de mes leçons et ce dont j'ai fait moi-môme l'expérience.

CUAP. XCVIII.

Du lierre et de la laque.

Vous m'avez demandé, très-cher frère, de vous parler du lierre, aimé des poêles et des artistes, parce qu'il contient en lui des vertus secrètes. Les poètes, en effet, étaient couronnés de lierre lorsqu'ils récitaient leurs vers sur le théâtre, devant l'assemblée des Romains : les artistes anciens s'en servaient pour composer beaucoup de couleurs, dont je vous indiquerai une seulement par écrit. Au mois de mars, lorsque les herbes elles arbres puisent la sève dans le sein de la terre et prennent une nouvelle vigueur de végétation , prenez une alêne et percez par endroits les jeunes rameaux du lierre ; il en découle une gomme liquide, dont on fait par la cuisson une couleur rouge qu'on appelle laque. Faites cuire avec de l'urine la gomme dont je viens de parler, et vous aurez la couleur de sang qui sert aux écrivains et, aux peintres. On en compose la parcia (2), qui teint en couleur rose les peaux des brebis et des chèvres.

(h Théophile cite ici Erarlins.

f*> Voyez, note : Edera ac Luxa.

987 TRADLCTION.

CHAP. XCIX

De la couleur verte Si quelqu'un désire se procurer de Fa cotileur verte pour écrire, qu'il prenne des feuilles vertes de la plante que 1 on nomme vulgairement morelle, qu'il la broie avec soin avec de la craie blanche sur une pierre de marbre ; lorsque le suc en sera très-liquide, il sera excellent pour écrire. Cela fait, mettez-y tremper une plume ou un pinceau, et ornez les lettres capitales que vous voudrez orner de cette couleur. Mais gardezvous, mon frère, de mettre trop de craie avec le sue des feuilles.

cnAP. c.

Même sujet.

Celui qui veut se faire de la couleur verte pour écrire, mettra dans un vase d'airain du miel et du vinaigre en quantité égale, et il enfouira le \ase dans un fumier où il y a le plus de chaleur.

CHAP. CI

Même sujet.

Prenez un vase de cuivre, lavez-le à Tinlérieur et à l'extérieur et faites-le sécher au soleil. Prenez ensuite du miel très-pur et couvrez-en la surface au dedans et au dehors. Broyez du sel sur une pierre et répandez-en sur le vase, que vous placerez audessus d'une écuelle pleine de vinaigre, dans du fumier de cheval, de manière cependant à ne salir de fumier ni le vase de cuivre, ni le vinaigre : laissez ainsi pendant cinq ou six jours. Enlevez ensuite le vase, ôtez le fumier, et exposez au soleil pour faire sécher; alors, raclez avec un couteau toute la couleur qui s'est formée sur le vase, mettez-la dans un autre vase, mélangez-la encore avec du miel , et servez-vous-en pour peindre.

CHAP. Cil (1).

De la sculpture du verre.

Artistes qui voulez sculpter élégamment le verre , je vous donnerai un procédé éprouvé par moi-même. J'ai cherché de gros vers, mis à nu par le soc de la charrue, et je me suis procuré en même temps du vinaigre. C'est un procédé utile en cette matière , de prendre du sang chaud de bouc que l'on a retenu quelque temps attaché à l'étable et nourri de lierre. J'ai versé les vers et le vinaigre dans ce sang chaud, et j'en ai enduit entièrement la fiole claire et billante. Cela fait, j'ai essayé de sculpter le verre avec une pierre dure qu'on appelle pyrite.

chap. cm.

De la peinture de verre.

Si quelqu'un désire peindre des vases avec du verre, qu'il prenne deux pierres de inar-

(I) Ce chapitre elles suivants, jusqu'au chapitre lu. bout d'Lractius.

TlfèOPHÙri LIB. Ht.

CAPUT XG!X.

De viridi colore.

Viridem si quis quœrit colorem ad scri bendi usum facere, accipiat folia virida ex herba qua3 vulgo morella nuncupatur , eamque cum creta candida super petram marmoream diligenter lerat, tlonec sint valde liquidai, atque ad usum scribendi optima. Hoc autem facto, pennam facere temperatam, seu pincellum in hune colorem inunge, atque illumina capitales litteras quas ex eodem colore visilluminarc. Sedcave,frater, ne nimium ponas ex creta cutu succo folioruin.

CAPUT C

Iterum de eodem.

Colorem viridem qui vuft ad usum scrrbendi sibi facere, in vase a)reo mel cum aceto valde immixtum requo pondère infundat, ac deinde in sterquilinio, ubi calet plus, illud absco-idat.

caput cr.

Item.

Àccipe vas cupreum,' et lava illud intus et foris et milte ad solem ut siccetur. Poslea accepto melle purissimo perunge intus et foris. Deinde contere sal super lapidem, et cum eo totum prœdietum vas asperge, et tune idem vas pone super scultellam ple.iam aceto, positam in medio stercoris equorum, ita tamen, utdestercore neque vas cupreum,. neque acetum, contaminet-ur ; et sic dimilte stare per quinque aut sex dies. Postea toile idem vas, remoto stercore, et milte ad solem donec siccetur , et tune cum culteilo abrade totum colorem qui de eodem vase confectus est, et mille eum in aliquid. vas, et misce eum adhuc cum melle, et sic depi nge.

caput en {[).

De sculplura vitri.

O vos artifices qui sculpere vultis honeste Vitrum, nunc vobis pandam, velut ipse pro-

[bavi.

Vermes quœsivi pingues quos vertitaratrum Per terram, atque siniul jussit me quaîrere

[acetum, Utilis ars istis rébus calidumque cruorem Exhircoingenti, quem sollerstempore parvo Herba ex hedera forti parti tecto religaturn. Sanguine cum calido post hsec vermes et

[acetum Infudi, ac totam fialam clare renitentem Unxi ; quo facto tentavi sculpere vitrum Cum duro lapide pyritis nomine diclo.

caput cm.

De pictura ex vitro.

Ex vitro si quis depingere vascula quœrit, Eligat ipse duas de rufo marmore petras.

(1) Hoc cap. et seqq.. usque ad cap. 11!, su ni Eradh.

TIILOPMM L1B. 11..

Interquas vitrum romanum conterat, et cum

Ut pulvis terrre fuerit pariter rcsolutnm, Hue faciat liquidum clara pinguedine gummi ; Septies hoc scilicet aqua nitide ablue clara. Posthœc depingat paginasquas tinxithoneste Figulus : hoc facto succensa) imponat easdem Eornaci, caveatquc, simul quo ter-raprobata Has teneat, quo sic valoant obstare calori : Masque faciat plena virtute nitentes.

CAPLT ClV.

De viridi vitro.

Qui vultis pretiosum vitrum facere, auribus percipite banc artem quam vobis de vitro scribere curavi. Pulverem arsi sulphuris cum viride vitro indagavi, parit^rque pulverem arsi cupri mihi quœsivi. Dcinde vitrum valdo clarum supra petram marmoroam redegi in pulverem, atque sulphuris ac cupri pulverem valde tritumeommiseui ; facta autem tali commixtione, illam puro gummi liquore temperavi, et super testam ex hac causa probandi pincello traxi, atque iu fornacem eamdem posui. Ast ubi rufa fuit, illam a foruace extraxi, et commixtio quam super testam pinxi in viride vitrum conversa est.

CAPUT CV

De pictura cum vitro.

Vilrum quod nimium viret si quaeris ad pingendi usum tibi facere, accipe cupri ruhiginem, itemque pulverem arsi cupri, ac fac hoc quod utilis ars tibi quœrit. Diligcnter rubiginein et pulverem cupri cum vitro claro tere, et facta tali commixtione, causa probandi ex ea super testam pingeac deinde in fornacem valde incensam illam pone. Ast ubi pictura nirnio lucida est super eamdem testam illam a fornace recipe : ut autem frigida eril, colorem pretiosum in se recipiet. Hoc ideo frater tibi dico, quia quamdiu est vilrum calore perfusum non proprium sibi dédit colorem.

CAPLT CV!.

De albo vitro.

Album vitrum si quœris tibi facere ad pingendi usum, candidum sulphur cum vitro claro diligenter tere. Cum autem in pulverem redactum fuerit cum sulphure, illud super spissam testam pone, ac deiude in fornacem valdô incensam pone. Ut autem in calore ignis conglutinatum est illud ab igné extralic. Et si ex codera seultcllas arte figuli studiose fartas vis depingerc, illud ad usum contere pictura?, et te verte ad banc artem quœ in primo libro scripta est. H.ec enim ita se habet. « Ex vitro si quis depingere vascula quierit. »

bre rouge. 11 broiera sur ces pierres du verre romain, et lorsqu'il sera réduit en fine poussière, il le mettra dans de la gomme détrempée d'eau, après l'avoir préalablement lavé sept fois. 11 peindra ensuite les vases que le potier lui a préparés convenablement. Cela fait, il les placera dans un fourneau bien chauffé; il aura soin que l'on emploie pour les vases seulement des terres qui puissent résister au feu. Il réussira à les rendre ainsi brillants en toute perfection.

CHAP. ClV.

Du verre vert.

Vous qui voulez faire du verre précieux, écoutez avec attention ce procédé que j'ai eu soin d'écrire pour vous. J'ai pris de la poudre de soufre brûlé avec du verre vert, et je me suis procuré également de la poudre de cuivre brûlé. J'ai réduit ensuite en poudre du verre bien clair sur une pierre do marbre, et j'ai môle ensemble cette poudre avec celle de soufre et df» cuivre. Ce mélange fait, je l'ai détrempé d'eau de gomme pure; je l'ai essayé, en en mettant un peu au pinceau sur un vase que j'ai placé dans un fourneau. Lorsque ce fragment fut rouge, je le retirai du fourneau, et le mélange que j'y avais mis au pinceau était changé en. verre vert.

CHAP. CV

De la peinture avec le verre.

Si vous voulez vous procurer pour poindre du verre qui verdisse beaucoup, prenez de l'oxyde de cuivre, ainsi que de la poudre de cuivre brûlé, et agissez selon les prescriptions de l'art. Brovez avec soin la rouille et la poudre de cuivre avec du verre clair, et après avoir fait ce mélange, mettez-en un peu sur un vase que vous placerez dans un fourneau pour l'éprouver. Lorsque celte peinture brilie beaucoup sur ce fragment, retirez du fourneau : lorsqu'elle sera refroidie, elle prendra un ton remarquable. J& vous dis cela, mon frère, parce que tant que le verre est fondu par l'effet de la chaleur, il ne montre pas sa couleur propre.

CUAP. CVI.

Du verre blanc.

Si vous cherchez à faire du verre blanc pour peindre, broyez avec soin du soufre blanc avec du verre clair. Lorsqu'il sera réduit en poudre avec le soufre, placez-le sur un vase d'argile épais, et mettez dans un fourneau fortement chauffé. Lorsque celi est agglutiné par l'action du feu, retirez du fourneau. Si vous voulez vous en seryir pour [teindre des écuelles artistement faites par le potier, broyez-le peur l'employer, et recourez au procédé qui a été décrit dans le premier livre, sous ce titre : ex vitro ai guis depinnerc vascula quœrity si quelqu'un veut peindre des vases avec du verre.

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