‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 25 sur 276 · FEU · texte numérisé non relu

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l'aire comme certains auteurs, qui, dans un moment de dépit, sans doute, on dit que l'on pouvait donner dix. noms à ia plupart des feuillages d'ornementation, sans que le botaniste le plus scrupuleux puisse y contredire. Voy. Flore mlurilb.

Les monuments «le la période romanobyzantine sont déjà ornés de feuilles et de guirlandes. Lorsqu'ils appartiennent au style primordial, ils présentent des feuillages imités de l'antique et grossièrement exécutés ; si Les feuillages sont de l'invention des artistes de cette période arehilectonique, ils sont d'une l'orme et d'une exécution plus bai bareencore. Cela tient à l'état dedécadenec où les arts étaient tombés; on dirait que le ciseau était alors rebelle entre les mains du sculpteur, et que la pierre résistait à ses efforts. Au xir siècle, la décoration végétale est déjà riche et variée. Les chapiteaux des colonnes sont formés de feuilles fantastiques assez élégamment agencées, de feuilles imitées naïvement de la nature, de fleurons, entremêlés de bandelettes chargées de perles ou de points enfoncés. Les voussures du portail principal sont embellies de feuilles nombreuses, distribuées régulièrement et d'un style assez correct. On a fait à ce sujet une observation que nous devons rapporter ici ; c'est que l'ornementation végétale et fantastique des monuments romano-byzantins du xir siècle est supérieure de beaucoup à la statuaire et à la sculpture en basrelief représentant des figures humaines. On serait môme tenté d'attribuer ces deux systèmes de décoration à deux époques distinctes et éloignées. On peut faire cette remarque en présence de beaucoup d'édifices' où la sculpture sur pierre a laissé de nombreux restes comme à la curieuse galerie de l'ancienne abbaye de Saint-Aubin, à Angers.

Nulle part la décoration murale n'a rien exécuté de plus compliqué ; nulle part, peutêtre, l'observation à laquelle nous venons de l'aire allusion ne se justitie mieux. Les chapi teaux des colon nettes, les archivoltes des arcades à plein cintre, les bandes qui se prolongent du tailloir des chapiteaux dans toute l'épaisseur de l'arcade, sonteouverts de feuillages bien dessinés et bien taillés; les tympans au contraire sont remplis de bas-reliefs représentant divers sujets empruntés à la Bible, comme David tuant le géant Goliath, et ces bas-reliefs indiquent la première enfance de l'art et les premiers tâtonnements de la sculpture. Dans un grand nombre de monuments religieux du centre de la France, érigés dans le cours du xir siècle, l'ornementation végétale a fait des progrès que l'on ne retrouve pas dans les éditices du Nord. La cause en doit être attribuée et à Limitation des modèles antiques et surtout à un mouvement artistique qui fut plus animé dans le centre et le midi delaFrance, que dans le nord, durant la période romanobyzanline : ce même mouvement fut au contraire beaucoup plus grand dans le nord que dans le midi, pendant tout le règne du style ogival. Déjà l'on voit apparaître des en-

roulements de feuillages, des palmelles, des ornements flabclliformes, des guirlandes qui annoncent un goût épuré et une certaine habileté d'exécution.

Au xiiic siècle, on voit germer, monter et s'épanouir une végétation riche et variée, qui peut le disputer en originalité, en élégance et en bel effet à tout ce que l'art de la sculpture décorative a produit de plus parfait. On distingue particulièrement les feuilles de lierre, de vigne ou vigne vierge, de quinte-feuille, de fraisier, de chêne, de roseau. Au xivc et surtout au xve siècle, on voit s'ajouter aux précédentes les feuilles de houx épineux, de chardon, de chou, de mauve frisée, de chicorée, etc. Ces feuillages sont disposés de mille manières. Tantôt les feuilles sont isolées, tantôt réunies en guirlandes, en bouquets, en toulfes, en panaches; tantôt elles grimpent le long du rampant des pignons, tantôt elles se cachent dans des gorges profondes, tantôt elles courent le long des plates-bandes, tantôt enfin elles s'accrochent à toutes les saillies et se serrent sous les encorbellements, les pendentifs et les culs-de-lampe. Vouloir décrire toutes les formes sous lesquelles se montrent les feuilles dans nos grands édifices, ce serait tenter de décrire la disposition pittoresque et capricieuse de mille arbrisseaux différents.

On appelle feuilles de refend celles dont les bords sont découpés comme l'acanthe et le persil. Quant aux feuilles grasses et aux feuilles d'eau, dont il est si fré luemment question dans les descriptions, il n'est pas toujours fort aisé de les caractériser d'une manière bien précise.

On a nommé feuilles de fougère Yopus spicatum. Voy. Appareil.

Le comité historique des arts et monuments dans ses instructions dit que les feuilles peuvent être incisées (découpées par des incisions aiguës et étroites), laciniées (allongées en lanières étroites et découpées irrégulièrement), lyrées (dont la partie supérieure du disque est entière, tandis que l'inférieure se divise en lobes qui vont en décroissant), runcinées (bordées de dents semblables à une large scie), lobées (divisées en plusieurs lobes par des sinus profonds), sinuées (ayant des échancrures arrondies), frisées (crépues, recourbées aux extrémités), pinnatijides (divisées en segments semblables à des ailes.) Ces distinctions pourraient être poussées plus loin; mais ce serait sortir du domaine de l'architecture pour entrer dans celui de la botanique. Voy. Chapiteaux, Fleurons, Flore morale.

FEUILLURE. — Une feuillure est une entaille rectangulaire pratiquée dans le tableau d'une baie, à la partie intérieure.

F1RULF]. — La fibule OU fibula était à peu près, chez les anciens, ce que nous avons longtemps appelé fermait. C'était uneboucle, une agrafe, un boulon servant à retenir la chlamyde, le manteau, la ceinture, la tunique, La pa!la,nu toute autre partie du vêtement.

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