‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 26 sur 276 · FIG · texte numérisé non relu

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Los fibules ont différentes formes : souvent elles représentent quelque animal ou quelque

partie d'un animal, ou une lyre, etc., etc. On en rencontre souvent dans les tombeaux des

anciens Romains, ainsi que dans ceux des Gaulois et des anciens Bretons, qui avaient adopté leurs usages. On conserve dans les collections publiques et privées une trèsgrande quantité de Emules d'or, d'argent, de bronze ou de cuivre. Dora Monlfaucon et Caylus en ont publié beaucoup. Yoy. l'Antiquité expliquéepar les monuments, par D.Montiaucon, et Recueil d'antiquités, par Caylus. FIGURES GRIMAÇANTES. — Les m'otlillons extérieurs d'un grand nombre d'édifices sont sculptés en l'orme de ligures grimaçantes. On voit des figures semblables aux gargouilleset à certainsebapiteaux. Dans l'ornementation on en trouve également, et toutes sont plus ou moins bizarres, plus ou moins grossièrement sculptées. Faut-il chercher une signification symbolique à ces ligures ? Faut-il y voir simplement une fantaisie de l'artiste? Nous pensons que le plus souvent elles n'ont aucune signification symbolique, et il faudrait que l'ensemble d'une composition vînt en révéler le sens, pour

au'on pût y en trouver un; c'est-à-dire que ans les rares exceptions où ces figures sont destinées à exprimer un symbole ou peuvent être regardées comme emblématiques, il estnécessairequeles circonstances en fournissent un signe évident et en donnent la clef en môme temps. Nous avons eu déjà l'occasion d'émeHre notre opinion à ce sujet dans un article publié dans le tome Vlï des Annales d'Archéologie chrétienne. « Ce sera, disions-nous, pag. 29i et 295, ce sera toujours l'écueil des archéologues, que de vouloir donner un sens aux mille figures plus ou moins grotesques qui couvrent les murailles de certaines églises romanes. Comment trouver une pensée là où il n'y a souvent qu'une forme destinée à plaire aux yeux ? Or, il y a évidemment de nombreuses figures, même sur les chapiteaux des colonnes intérieures, au xn' siècle, qui n'ont, dans l'intention de l'artiste, qu'une signification décorative. Soyons sobres de cette espèce d'exégèse artistisque; nous risquons trop de mettre notre pensée à la place de celle du sculpteur ; une triste expérience nous avertit assez de* nous tenir sur nos gardes et de ne pas nous laisser facilement entraîner aux séductions de l'imagination. Etudiez le symbolisme dans les grandes divisions de l'œuvre du moyen Age : c'est trèsbien. Il s'y trouve en effet. Nos monuments en sont remplis; le symbolisme y respire; on le voit et on le sent partout, pour ainsi dire. Mais ne vous fatiguez pas inutilement à poursuivre sous chaque feuillage, dans chaque figure, où le grotesque remplace trop souvent le vrai, une idée symbolique qui n'y est pas.

A l'appui de ce que nous venons de dire, nous apporterons un exemple ; nous pourrions en citer un très-grand nombre. Il fera ressortir jusqu'à l'évidence le vide et en

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même temps le danger des fausses interprétations symboliques. '

L'abbaye de la Trinité, à Caen, est un des monuments les plus intéressants de la Normandie, au point de vue historique et sous le rapport de l'archéologie. Le sanctuaire est décoré, à son extrémité, d'un péristyle semi-circulaire, à double étage, dont les colonnes portent des chapiteaux couverts d'ornements bizarres et de figures d'animaux. M. de Jolimont pense que les deux chimères ailées placées face à face et en contact immédiat, que l'on voit sur un des chapiteaux dont nous parlons, offrent l'emblème de la théorie fondamentale du manichéisme et figurent les deux principes du bien et du ma! qui, selon ce dogme (c'est M. de Jolimont qui emploie ce mot) , régissent le monde. Ces monstres ont une forme partie humaine, partie animale; l'un, à gauche, a les ailes élevées; c'est, d'après M. de Jolimont, le génie du mal qui est dans une perpétuelle activité. L'autre, dont les ailes sont en repos, représente le génie du bien qui, dans une attitude plus calme, avec moins d'efforts, oppose à son rival une résistance non moins puissante. M. de Jolimont prétend qu'on ne doit point s'étonner de rencontrer un semblable tableau dans les églises catholiques, en considérant que le système des deux principes, qui est de la plus haute antiquité, fut admis, modifié diversement, dans presque toutes les religions, chez presque toutes les nations, et que le christianisme môme n'a pu s'en affranchir entièrement. Cette dernière réflexion indique de la part de l'auteur, ou une distraction étrange, ou un oubli des doctrines catholiques. Le manichéisme est une erreur, non un dogme, condamnée par l'Eglise, anathématisée depuis longtemps, poursuivie avec des armes victorieuses par le grand saint Augustin. Cette monstrueuse erreur a fait explosion au moyen âge, chez les Albigeois; mais en vouloir trouver des traces sur les murailles de nos églises, ce serait difficile, peut-être, et il faudrait autre chose que des figures de chimères ailées pour en fournir la preuve.

FILET. — Le filet, listel ou réglet est une petite moulure carrée, servant à séparer deux autres moulures ou membres d'architecture plus considérables. 11 est d'un usage très-fréquent dans l'architecture antique et dans les monuments modernes. Au xv* siècle, dans les édifices de style ogival flamboyant, le filet remplace dans le sens longitudinal, mais toujours isolé, l'espèce d'onglet que le xivc siècle avait imaginé sur la face du fût des colonnes ou des grosses moulures cylindriques des archivoltes et des nervures. Primitivement, c'est à-dire au xm* siècle, cette ligne se nomme ligne mousse : au xive siècle, c'est un filet; aux xvc et xvi° siècles c'est la moulure prismatique.

FILIGRANE. — Pièce d'orfèvrerie d'or ou d'argent, travaillée délicatement à jour, et faite en forme de petits filets. On a exécuté de très-belles pièces de filigrane dès les temps les plus anciens, et, au moyen âge,

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