‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 251 sur 276 · FIN DES NOTES SLR THÉOPHILE · texte numérisé non relu

FIN DES NOTES SLR THÉOPHILE

(Voy., à la fin du volume, le sommaire des matières contenues dans V Essai sur divers arts, par Théophile.)

LA TIARE PAPALE. {Voy. au Dictionnaire l'article Tuke.)

On sait que le chef suprême de l'Eglise catholique porte sur la tête, comme signe de son émineute dignité, une triple couronne, que les Italiens nomment triregno et qu'en France on appelle ordinairement Tiare. Ce dernier terme appartient à la langue grecque (■ziccok) et n'est dans sa formation qu'un mot emprunté à la langue des Perses , qui nommaient ainsi une sorte de bonnet en forme de cône. La langue latine a adopté ce terme sans l'altérer et ne l'applique pas exclusivement à l'insigne pontitical, comme on peut s'en convaincre dans divers auteurs.

L'Ancien Testament donne le nom de Tiare à la coiifure liturgique du grand prêtre : Pones tiaram in capite ejus et laminam sanctam vuper tiaram. (Exod. xxix, 5.) Josèphe nous eu a laissé la description dans son livre des Antiquités : « La tiare consistait en un bonnet sur lequel en était enté un autre de couleur d'hyacinthe. Celui-ci était entouré d'une triple couronne sur laquelle on voyait de petits calices d'or semblables à ceux que produit la plante connue sous le nom de jusquiaine. »

Les écrivains ecclésiastiques du moyen âge, et surtout Guillaume Durand, n'emnloient pas Je nom de tiara pour désigner ta couronne papale. Ce dernier parle seulement du règne (regnum) dont le chef de l'Eglise est coillé en certaines cérémonies. 11 dit que le pape porte le regnum, en signe de l'empire, insignum imperii, mais qu'en qualité de pontife il use de la mitre, in signutn pontificis. En effet , lorsque le pape ollicie,il ne prend jamais la tiare pendant tout le saint sacrifice, mais seulement quand, après la inesse célébrée h l'autel papal, il monte à la Loggia pour donner la bénédiction, ou bien dans le pompeux cérémonial de l'exaltation et on quelques autres circonstances assez rares.

Mais ici nous nous proposons surtout do considérer la tiare sous le point de vue historique, en ce qui toucho son origine liturgique et les diverses phases de sa forme.

Nous disons d'abord que cet insigne pontifical a été complètement inconnu des papes pendant les six premiers ficelés de l'Eglise,

et nous ne prétendons rien apprendre, sous ce rapport, à quiconque n'est pas étranger a l'histoire de la religion. Cette fille du ciel fut, pendant les premiers siècles, semblable à ce petit grain de sénevé qui n'offre dans ses commencements qu'une filante faible et délicate. Les écrivains qui nous parlent si haut de progrès ne disconviendront pas que la plante sortie du gland au bout d'une ou de deux années, ne peut avoir la hauteur et l'ampleur du chêne séculaire. A les entendre pourtant, il semblerait qu'après bientôt dix-neuf siècles, l'Eglise devrait être ce qu'elle fut il y a quinze ou seize cents ans... Singulier progrès !

I. Quel est le premier pape qui ait usé de la tiare? C'est ce que nous allons examiner. 11 faut pour cela remonter à l'origine de la souveraineté temporelle des pontifes romains, car ces deux choses sont étroitement unies.

Le pape Constantin fut sans nul doute» investi de l'autorité temporelle sur Rome, el sur un territoire considérable que le roi Aripert (mal nommé Ansprand) concéda, en 705, à la chaire de Saint-Pierre , et dont Luitprand, fils et successeur d'Aripert, confirma la donation au pape Grégoire II, successeur de Constantin. C'est ce qu'on nomme les Alpes Cottiennes , dont le territoire appartient aujourd'hui au Piémont. Anastase dit formellement que Grégoire H exerça à Rome l'autorité temporelle en y faisant construire des remparts en brique. La tiare à une seule couronne devint, à cette époque, l'ornement de tète des papes. Celte tiare est appelée par les anciens écrivains camelaucum ou camelaugum. Le camelaucum était , selon Du Fresne, dans son glossarium de basse latinité, un bonnet rond de pourpre ceint d'une bandelette à sa partie la plus rapprochée du front. Allaserra , dans ses notes sur Anastase le Bibliothécaire, dit que le camelaucum était un ornement de tète dont usaient les rois. Il fait dériver ce mot du grec: K«pA«û- Y.iov, qui signifie chapeau. C'est avec le camelaucum (pie le pape Grégoire 11 alla à Conslantinople visiter l'empereur Juslinien IL Vu diplôme impérial ordonnait à tous les

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