‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 27 sur 276 · FL · texte numérisé non relu

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nous en trouvons de très-curieux échantillons. Il y a peu de châsses antiques, en métal précieux, et ornées de plaques d'or ou d'argent, où il n'y ait des pièces de filigrane. Nous citerons surtout la châsse des grandes reliques, dans le trésor de L'église principale d'Aix-la-Chapelle, et celle des Kois mages, à la cathédrale de Cologne.

FI1S1AL. — Ce mol est anglais, et signifie le sommet d'un pinacle, d'un dais, d'un contrelort, couronné par des feuilles en bouton ou épanouies. Autrefois cette expression était usitée également chez nous : il serait a désirer qu'on s'en servît encore, car elle s'applique convenablement à un objet que nous ne pouvons pas actuellement désigner par un mot propre. L'introduction du jinial, dans l'architecture gothique, est contemporaine des feuilles grimpantes et des crochets placés sur le rampant des frontons et de toutes les formes pyramidales. Les feuilles du finial ont toujours, en effet, la plus grande analogie avec celles qui décorent les angles des frontons, des pignons, des aiguilles, des pyramidions, des clochetons, des pinacles et des flèches. Le finial n'est qu'un bouquet de ces mômes feuilles.

FLABELLIFORME. — Une moulure ou ornement flabelliforme est en forme d'éventail. Cet ornement est assez commun sur les monuments religieux du xieauxne siècle et surtout au xuc siècle, durant la phase de transition du style romano-byzantin au style ogival. Il serait superflu de nommer les édifices qui en présentent, parce que la nomenclature en serait trop longue : citons seulement l'église de la Celle-Guénand, au diocèse de Tours.

FLABELLUM. — Le flabellum ou éventail, d'origine grecque, fut usité longtemps dans la liturgie gallicane. 11 a disparu de nos cérémonies sacrées, mais il est encore en usage chez les Grecs, au moins comme vestige des anciennes coutumes. Nous en trouvons cependant des traces dans nos monuments, et ils sont mentionnés dans certains écrivains ecclésiastiques. Leur destination, surtout dans des contrées où les mouches abondent, était de préserver les saintes espèces, et le célébrant lui-même, du contact de ces insectes importuns. Plusieurs dessins représentent le diacre tenant le flabellum en main et s'en servant à l'autel. Cet instrument était fait de matières diverses et enrichi d'ornements variés. 11 était tantôt rond, tantôt carré, et fixé à un manche d'ivoire ou de métal délicatement ciselé. Hildebert de Lavardin, archevêque de Tours, en envoyant un flabellum à un de ses amis, lui en explique la signification symbolique [Epist. 8), et lui en montre l'usage durant le sacrifice de la messe : Dum iqi ur destinato tibi flabello descendent™ super sacrificia muscas abegerii, a sacrificantis mente supervenientium incursus tentationum calholicœ fidei venlilabro exturbari oporlebit. Jta fut ut quod susceptum est ad usum, mysticum tibi prœbeat intvUcctum. 11 est question également du flabellum dans les Coutumes antiques de

Dictions. d'Archéologie sacrée. II.

Cluny (Spicileg. d'Achéry, tom. IV, ho. u cap. :J0) : Unus ministrorum, qui stmper duo debent esse, stans cum flabello prope saccrdotem,exquo muscâfum infestalio exsurgere incipit, donec finiatur, cas artère a sacrifia,) et ab altari, seu ab ipso sacerdote non negligit. Le livre des Cérémonies pontificales, manuscrit de la bibliothèque Barberini (cod. '2365), ordonne de porter des éventails où fhibella surtout pendant l'été : Déférant quoque œslivo tempore flabella ad ejicicndas 7>iuscas in ministerio. Aujourd'hui , dit le cardinal Bona, lorsque le souverain pontife doit célébrer solennellement, on porte à ses côtés deux grands éventails en plumes de paon , mais ils ne servent point j our la messe.

Chez les Grecs, le flabellum ou éventail, est appelé hexaptérige, parce qu'il porte la représentation peinte ou ciselée des séraphins à six ailes; il est fréquent dans les églises, où on le place ordinairement près de l'autel. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un ornement que l'on porte aux processions. Les paroles du Te Deum sont écrites sur le flabellum, dit M. Didron [Jconog. grecque et latine, p. 72), et rappellent que les séraphins, entre les mains desquels les Grecs figurent cet instrument, louent constamment Dieu, en disant : Saint, saint, saint. Chez nous, oit le môme auteur, au lieu de donner un flabellum aux séraphins, on leur met en main une banderole sur laquelle on écrit : Et clamant, Sanctus, sanctus, sanctus, comme on le voit, entre autres exemples, à Saint-Saturnin de Toulouse.

FLAMBOYANT (Style ogival). — Le style ogival flamboyant est celui qui a été en vigueur dans le cours du xv' siècle et au commencement du xvr. Il a été ainsi appelé, parce que les meneaux qui forment ûqs compartiments dans les grandes fenêtres se contournent en sens divers, de manière à figurer des espèces de flammes. Voy. Classification, Epoques, Fenêtres.

Le style ogival flamboyant s'est développe en France, pendant qu'en Angleterre se formait et se développait le style perpendiculaire anglais. Voy. Anglais (Style). M. de Caumont a cru devoir établir deux époques distinctes dans l'architecture religieuse, depuis l'an 1V00 jusqu'à 1550, tout en avouant qu'elles sont difficiles a caractériser. Nous n'avons pas admis cette division dans le volume intitulé Archéologie chrétienne, publié en 1840; et nous avons vu notre manière d'envisager la question admise par tous les auteurs qui ont écrit depuis sur l'archéologie. Cette division, en effet, ne nous paraît pas suffisamment fondée. Depuis le commencement du XV" siècle, jusque vers la fin de la première moitié du xvic, ce sont les mêmes principes qui sont en vigueur, qui prennent a peine de légères modifications, sous des influences faciles à constater. H y a d'ailleurs une telle analogie, que dis-ie, une si frappante ressemblance dans tous les détails de l'architecture et de l'ornementation,

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